‹ La colonisation dans les comtés de Dorchester, Bellechasse, Montmagny, l'Islet, KamouraskaChapitre 19 sur 50 · LOGE · texte numérisé non relu

LOGE

La venue d’un prêtre en 1882, avec mission de résider au milieu de ce premier essaim de colons, fut saluée comme un heureux évènement.

Monsieur l’abbé D. O. Brousseau, car c'était lui qui venait d’avoir charge de la nouvelle cure de Saint-Damien, réalisa du premier coup d'œil l’énormité de la tâche qui lui était dévolue. La paroisse qu’il devait organiser était pauvre, elle semblait même n'offrir aucune ressource, et de plus le peu de culture qu’il y avait se faisait d’après des méthodes surannées. Le curé se met sans retard à l’œuvre. Il rumine des projets, il donne en plein air, trois fois la semaine, des conférences à son troupeau qu’il rassemble aux portes de sa pauvre chapelle, lui révèle les nouveaux procédés de culture, donne l'exemple en même temps que le précepte, en améliorant lui-même les terres de la fabrique, bâtit une église, organise une beurrerie, fonde un aqueduc qui va porter l’eau jusque dans les plus humblies chaumières, introduit la culture des arbres fruitiers qui était jusque là absolument inconnue dans cette ébauche de village, favorise Is construction de moulins à scie, met le village en communication téléphonique avec les centres les plus reculés du comté. Bref, cet apôtre des montagnes fait tant et si bien qu’en peu d'années, l’humble village de jadis change totalement de physionomie.

On se met à bâtir de droite et de gauche, des familles arrivent de partout, la paroisse s'enrichit chaque année de nouvelles habitations, les fermes sont mieux tenues et donnent un meilleur rendement ; un ouvrier habile, et qui, disons-le, a largement contribué, lui aussi, à l’expansion du :village, M. Elzéar Métivier, élève de ses propres mains, un castel avec vérandas et clochetons, tel que l’on en voit dans les petites cités les plus huppées : le même ouvrier érige presque en même temps une scierie d’une capacité de 30,000 à 40,000 billots, puis les cultivateurs pris d’émulation, augmentent d'année en année l'effectif de leurs troupeaux et deviennent les clients enthousiastes

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D pyee de la beurrerie qui vient d’être créée et qui leur rapporte déjà un joli denier. On arrive enfin à 1899, avecun village transformé du tout au tout et pouvant déjà rivaliser avec les vieilles paroisses. La sœêne d'autrefois a disparu ; l’aisance, grâce à l’industrie laitière et au commerce de bois que l’on y fait, est devenue presque générale, et puis, la population, de quatre-vingt-quatre familles dont elle se composait dans Île principe lorsque M. Brousseau prit possession de la paroisse, se montait au mois de décembre 1899, à 1,059 personnes.

Arrivons maintenant à l’œuvre capitale de Saint-Damien, à ce monument qui étonne en même temps qu'il édifie le voyageur qui s’aventure à travers les montagnes de Bellechasse.

Le CD

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