‹ La colonisation dans les comtés de Dorchester, Bellechasse, Montmagny, l'Islet, KamouraskaChapitre 48 sur 50 · L'INDUSTRIE LAITIERE.-LE MOUVEMENT COLONISATEUR · texte numérisé non relu

L'INDUSTRIE LAITIERE.-LE MOUVEMENT COLONISATEUR

L'industrie laitière a toujours été florissante dans ce comté. Le dénombrement de 1891 donnait déjà 11,067 vaches laitières et les rapports officiels de 1896 signalaient dans le même comté l'existence de dix-neuf fromageries et de trois grandes beurreries, à St-Denis, à Notre-Dame du Mont-Carmel et à St-Philippe de Néri.

La production de l’année 1899 a été elle-même des plus satisfaisantes. lle a donné $36,621 pour le beurre et $100,217 pour le fromage. D’après les apparences, ce chiffre sera encore dépassé pour l’année 1900

Si l’industrie laitière est en plein épanouissement dans ce beau comté. l’on ne saurait en dire autant du mouvement colonisateur, au moins pendant les trente à quarante dernières années. Nous n'irons jusqu'à dire que ce mouvement a été nul, mais qu'il s’est affirmé d’une manière peu sensible.

I] ne faudrait pas en conclure que le territoire à coloniser dans ce collège électoral est inférieur à bien d’autres, ou même qu'il ne-s’y rencontre pas assez de terres dont l’Etat puisse disposer. Entretenir cette opinion ce serait se tromper grandement. L'étendue des terres

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disponibles dans ce comté est en eftet près de 300,000 acres, avec six cantons dont quelques-uns comme ceux de Pohénegamook, Chabot, Ixworth, renferment nombre de lots d'excellente qualité.

Ce qui parait avoir enrayé le mouvement colonisateur dans ce comté, ou, pour être plus précis, ce qui l’a empèêché de se déverser dans les cantons qui le composent, c’est la campagne faite 1l y a plus de quarante-cinq ans déjà en faveur de la région du lac St-Jean. Monsieur le curé Hébert, de regrettée mémoire, qui avait visité cette région et qui en était revenu avec une impression des plus favorables, fut le principal artisan de cette propagande. À sa voix, les fil: de cultivateurs du comté de Kamouraska, anxieux de se créer un établissement, dirent adieu à leurs foyers et vinrent jeter les fondements d’une nouvelle colonie dans le canton Labarre, dans le comté du lac St- Jean. Les terres y étaient magnifiques, le sol fertile, le pays dénué de roches. C’en fut assez pour que les pionniers venus de Kamouraska s’éprissent d’affection pour le nouveau sol qu’ils toulaient. De nouvelles recrues vinrent bientôt se joindre à eux, et en quelques années les colons de Kamouraska fondaient ce superbe village d'Hébertville qui est devenu la plus grande paroisse de la région du lac St-Jean.

Le courant, une fois dirigé de ce côté, il ne pouvait plus être question de le contrecarrer. Au reste, ce déplacement, quoique fait au détriment du comté de de Kamouraska lui-même, servait en définitive la cause de la colonisation et c'était le principal but à atteindre.

L'absence de voies de communication n’a pas été non plus sans empêcher quelque peu un bon nombre de familles des vieilles paroisses de Kamouraska de pénétrer à l'intérieur et d'y asseoir de nouvelles colonies. On semble compter maintenant—et après tout l’on n’a pas tort— pour s'emparer des cantons et ouvrir la forêt, sur le chemin de fer qui doit traverser les comtés de Bellechasse,

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Montmagny, l’Islet et toucher Pohénegamook dans le comté de Kamouraska. Il est hors de doute qu’une voie ferrée traversant les immenses et belles forêts de ce comté, imprimerait une impulsion vigoureuse à la colonisation tout aussi bien qu'à l’industrie forestière dans ce petit coin de notre pays.

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