COMTE DE BONAVENTURE
La statistique municipale de 1897 porte à ^2,180,000 la valeur de la propriété foncière de ce com' é. On sera cettainement plus près de la vérité en ajoutant à ce chiffre $500,000 à 1600,000. Dans la statistique municipale se •trouvent omis en effet plusieurs centres importants qui fournissent d’autant à la richesse générale.
Ce qui a été dit de la richesse et de l’extraordinaire fertilité de la vallée de la MatapéJia p}ut s’appliquer à tous les centres de colonisation du comté de Bonaventure -dont ils sont du reste le prolongement.
On trouve ici en effet, et presque partout, un sol bien égoutté, facile à travailler et d’une fécondité remarquable.
Toute cette région qui mesure une étendue de 3,291 milles n’est cependant habitée que sur le bord de la mer, à un mille ou deux de profondeur. Il est vrai que bon nombre d’autres lots sont pris à quatre ou cinq milles de .profondeur, mais ceux ci ne paraissent avoir été pris que .pour des fins de spéculation et attendent encore des colons 'de bonne foi.
Une autre richesse pour les cultivateurs, ce sont les engrais qui se trouvent sur les bords de la baie des Chaleurs.
Les gens, dit M. l’abbé Marquis, agent de colonisation, qui a visité à plusieurs reprises cette région, gardent peu d’animaux pour fournir les engrais ordinaires, mais cependant on y trouve des champs de blé et de foin qui ne dépareraient pas les meilleures terres de la vallée du Saint- Laurent.
Cette région a en outre l’avantage d’être arrosée par de grandes et nombreuses rivières, dont quelques-unes môme
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VUE DE MATAPEDIA.
sont renommées sur tout le coutiuent pour l’aboudauce et la qualité de leurs poissons. Qui n’a entendu parler, par exemple, des superbes ririères à saumon du comté de Bonaventure ? Elles ont une telle réputation qu’on se les dispute à l’envie chez nos voisins et que les millionnaires américains ne regardent pas au prix lorsqu’il s’agit d’affermer l’une ou l’autre de ces rivières. La grande Cascapéhia, où des amateurs ont déjà capturé des saumons de cinquantedeux à cinquante-qua're livres, coûte à elh* seule, plus de $('0,000 aux sportsmen qui l’ont pris à bail pour dix ans. Et il n’est pas impossible que ce prix soit doublé lorsqu’on la mettra de nouveau à l’enchère.
Il est superllu d’ajouter que toutes ces rivières ont un volume d’eau assez considérable pour porter des billots, et que les propriétaires de limites ont conséquemment toutes les facilités désirables pour leur commerce de bois.