LES CANTONS DE LA CASPESIE
La Graspésie compte actuellement vingt-sept cantons arpentés et divisés en lots ferme, plus les nombreuses îles des rivières York, St-Jean et Darmouth. Les cantons sont :
Romieu
Chlorydorme
Cap Chat
De Beaujeu
Tourelle
Douglass
Christie
Doucrlastown
Duchesnay
Fox
Taschereau
aalt
Dénoué
Baie de Graspé, nord
Blanchet
Baie de Graspé, sud
Cap-Rosier
Laforce
Fo.tin
Larocque
Malbaie
Sydenham
Percé
York
Rameau
Newport
Seigneurie de Pabos.
L etendue de terres disponibles de ces divers cantons
est de 490,000 acres.
Six de ces cantons n’offrent aucune ressource à la colonisation. Ce sont les cantons Gralt, Laforce, Larocque, Blanchet de Beaujeu et Fortin. Ils n’ont pour la plupart de valeur que comme région minière.
Le sol du canton Rameau est lui-même, pour une bonne partie, de qualité inférieure et ne pourrait guère offrir d’avenir aux colons.
Les agences des terres y sont au nombre de trois. L’une installée à Cap Chat comprend toute ’.a partie du comté de Graspé incluse entre la limite ouest du comté et la ligne de division entre la seigneurie de la G-rande Vallée des Monts et le canton Chlorydorme, M. Delphis Roy en est le titulaire.
Le siège de i’agence de Gaspé-Centre, est au bassin de Gaspé, où l’on peut se rendre par bateau à vapeur, en partant de Québec ou encore par le chemin de fer Intercolonial jusqu’à Dalhousie et de là par le steamer jusqu’à la résidence de l’agent. M. John Carter est l’agent de cette division.
Il y a enfin une troisième agence à Percé qui comprend tout le territoire situé entre les cantons de Malbaie et de Fortin, avec le canton de Newport. C’est M. J. A. Lespérance qui exerce ici les fonctions d’agent.
Pour communiquer avec cette agence, ou prend le bateau à vapeur à Québec qui nous mène en droite ligne à Percé. On peut aussi s’y rendre par le chemin Intercolonial qui se rend jusqu’à Dalhousie et là prendre le bateau qui fait escale à Percé.
Il ne nous reste plus maintenant qu’à faire défiler la série des villages qui bordent les côtes nord et sud de la Gaspésie, qu’à étudier la condition actuelle de chacun de ces centres de population, le mouvement progressif des cantons, la qualité de leur sol et leurs perspectives d’avenir pour les colons qui viendront peupler un jour ou l’autre les espaces immenses qui restent encore à coloniser.
Pour éviter toute confusion, nous suivrons autant que possible, le même itinéraire que celui des steamers qui,
partant de QuéLec, longent d’abord la côte nord de la Gaspésie, entrent ensuite dans la baie de Gaspé, et poursuivent leur route dans la baie des Chaleurs jusqu’à Newport.
Notre première halte sera à Cap Chat.
Saint-Norbert — {Canton de Cap Chat). — A trois lieues seulement de Sainte-Anne des Monts, et à trente lieues de Matane. On s’y rend facilement en voiture sur une belle route carrossable.
La colonisation a débuté dans cette paroisse, il y a environ cinquante ans.
Les braves gens de Cap Chat, comme tous ceux qui sont échelonnés le long du golfe, ont un faible pour la pêche. Du bateau qui longe ce village sans y aborder, l’on aperçoit toute une petite flottille mouillée dans les anses, et qui appartient aux pêcheurs de la morue et du homard.
Depuis quelques années cependant, la pêche n’ayant pas donné tout ce qu’elle promettait, on s’est livré plus qu’autrefois à l’agriculture. C’est une amélioration dont nous sommes bien aise.
La population de Saint-Norbert est actuellement de 1,200 âmes.
Quant à la propriété foncière, on l’estimait en 1897 à
Le 1er rang du canton de Cap-Chat, ainsi que le deuxième et le troisième ran^s sont en grande partie établis.
Le terrain qui borde le fleuve à Cap Chat est d’un caractère montagneux. Les collines courent en succession réffulière vers l’intérieur.
Su! le Cap il y a une colline conique de 366 pieds de hauteur, et à environ trois milles plus bas, la rivière entre dans le Saint-Laurent, par le fond d’une baie de peu de profondeur.
Un explorateur estime que toute l’aire dont la rivière de Chatte reçoit les eaux n’excède pas trois cent milles carrés.
MALBAIE.— (Pointe Saint-Pierre).
Près de la moitié de cet espace se trouve au sud de quelques montagnes ou entre elles.
L“ sol est léger sur les bords de la rivière du Chat, audessus de son embouchure, se composant de sable et de gravier. Les parties basses, telles que les plaines le long des ruisseaux, peuvent fournir cependant d’assez bon foin.
Les principaux bois du canton Cap-Chat sont l’épinette qui atteint une bonne hauteur, le sapin, le cèdre et le bouleau blanc.
La rivière Sainte-Anne, ooi sillonne une bonne partie de ce canton, offre un bon hâvre.
La partie du rang ouest de la rivière Sainte-Aune est d’un terrain raboteux, très accidenté, parfois même montagneux. Là cependant où n ■ se présentent pas trop d’aspérités, le sol est de bien bonne qualité. Ces lots sont richement boisés en cèdre, épinette, merisier et bouleau blanc.
Les mêmes remarques s’appliqu mt au rang V.
Le 10e rang est moins accidenté. Le sol y est de qualité supérieure et très propre à la culture. Ou y rencontre du beau bois mêlé dont les espèces dominantes sont le bouleau blanc, l’épi nette, le cèdre et le merisier.
Les r.ings lie et 12e so -t plus accidentés. Le sol y est cependant de bonne qualité sur le sommet et dans le fond des ravins. On y rencontre le cèdre, l’épinette, le merisier et le bouleau. Ces bois sont de larges dimensions.
Le bras sud de la petite rivière Cap-Chat, forme dans le rang 12, une vallée d’une largeur de dix à quinze arpents bien boisée en gros cèdre, épinette et peuplier.
La partie du rang ouest rivière Sainte-Anne, traversée par la rivière Côté, est abrupte et tout à fait impropre à la culture. Il y a une quarantaine d’années, la maison Price a fait une exploitation considérable de bois sur cette rivière.
Dans toute l’étendue des rangs A et B, le terrain est généralement plan, de très bonne qualité et boisé eu merisier, bouleau et érable, sapin, épinette et cèdre. Il y a une
ffoute qui part du fleuve dans le fief Sainte-Anne et qui se rend jusqu’au rang A.
Le terrain des rangs C, D, E et F, est ondulé mais en g'énéral d’excellente qualité et propre à la culture.
Dans le rang Gr, il y a un bon pouvoir d’eau capable de faire fonctionner en tout temps de l’année, un moulin à farine et un moulin à scier le bois.
Sainte-Anne des Monts. — {Canton Tourelle.) — Cette paroisse est située sur la rive sud du Saint-Laurent, à environ 2*70 milles de Québec.
C’est le premier poste du comté de Graspé, en descendant vers le golfe.
L’un des beaux bateaux de la compagnie des steamers de Québec, le “ Campana ”, fait une halte à ce poste pour y prendre les produits que l’on expédie sur les marchés de Québec et de Montréal et qui consistent surtout en poissons de toute espèce.
L’église, surmontée de deux jolis clochers, est coquettement assise près de la mer.
Cette paroisse est florissante. Si elle compte encore beaucoup de gens qui ne connaissent d’autre industrie que celle de la pêche, elle eu compte aussi un grand nombre d’autres qui vivent dans l’aisance sur les fermes qu’ils cultivent avec intelligence.
Un homme bien connu dans notre monde commercial, M. Théodore Lamontagne, a fait autrefois, et jusque dans ces dernières années, un grand commerce de bois dans cette paroisse. On peut même affirmer qu’il a contribué dans une large mesure à l’épanouissement de ce village.
Sainte-Anne des Monts renferme aujourd’hui une population de 1,600 âmes et sa propriété foncière est près de $110,000.
Cette paroisse fait partie du canton Tourelle, qui compte onze rangs et dans lequel il y a plus de 12,000 acres de terres à vendre.
Il y a déjà près de cent lots vendus dans les 2ènie, Sème et 4ème rangs.
On rencontre même depuis plusi; urs années un grand nombre d’établissements dans les rangs 5 et 6.
Ce qui reste du canton, savoir les rangs 8, 9, 10, 11, est assez avantageux pour la culture.
Christie. — Trois raugs et 10,000 acres de terres disponibles
D’une manière générale, ce canton est bon, notamment dans les deux bassins formés par les branches de la rivière à Martre et de la rivière Marsouis.
Entre le ruisseau Vallée et la rivière à Martre, le terrain est également propice à la culture.
Les bassins des riviè.es à Martre, Marsouis et Claude offrent un excellent abri aux goélettes. Aussi ces endroits sont-ils généralement fréquentés par des pêcheurs venant de Saint-Anne des Monts et d’ailleurs, qui se rendent ici tous les ans pour faire qifelques mois de pêche.
Les terres du second rang sont aussi bonnes que celles du premier.
Les bois dominants sont le sapin, le bouleau, l’épinette, le merisier et l’érable.
Duchesnay. — Ne comprend que trois raugs arpentés.
Il y a 35 lots vendus dans les premiers raugs, et il reste 14,000 acres de terres à disposer.
Le littoral de la mer est ici bordé de hautes falaises.
Les terres les plus dignes d’attention sont celles qui se trouvent dans les alluvious des rivières Marsouis et Claude.
Le cours de ces rivières offre des terrains d’une culture avantageuse, sur une profondeur de quatre à cinq milles.
La rivière Marsouis, à une distance d’environ trois quarts de mille du fleuve, se divise en deux branches qui toutes deux offrent un terrain propre au défrichement.
Sur chacune de ces rivières se trouvent des érablières considérables.
VILLAGE DE PERCÉ— (Le fameux rocher “ percé ” à droite),
Depuis le ruisseau à Rebours jusqu’à la seigneurie dii Mont- Louis, la côte du golfe est douce et les terrains avantageux.
Les terrains situés le long de la rivière Claude sont en. grande partie occupés.
St-Maxime {Mont Louis). — A 36 milles au-dessous de Sainte-Anne des Monts.
Plusieurs petites rivières, telles que les rivières Mont- Louis, Claude et Saint-Pierre arrosent la vallée du Mont- Louis, qui se trouve encaissée dans d’énormes montagnes. Au bas de ces monts, il y a çà et là de grandes lisières de bonnes terres.
La pêche est cependant la grande préoccupation des habitants du village. Eu 1861, la population de ce village n’était que de 200 habitants. Ou la porte aujourd’hui à- 1027 habitants.
La propriété foncière est estimée en valeur à $115.000.
La branche ouest de la rivière Mont-Louis est très rapide. Elle est encaissée dans des bancs de près de cinquante pieds de hauteur, puis un peu plus loin b s bancs s’éloignent pour se rapproche! un peu avant d’arriver au grand Lac.. Autour du grand lac, le terrain est généralement pauvre. Ou n’y voit que des cédrières ou des savanes d’épinette noire.
Le long de la branche Est, les terres sont riches en bois de toutes sortes, et le terrain très propre à la culture.
Taschereau. — Il y a 9,000 acres des terres à vendre dans ce canton.
On ne trouve cependant de sol propre ù la culture que dans les anses et les vallées formées par les rivières de l’Anse-Pleureuse, du Oros Mâle et de Manche d’Epée, et aussi sur le bord de la mer.
Le terrain compris entre ces différentes rivières est fort boisé et formé de montagnes élevées. A l’intérieur, le pin est assez abondant.
Dénoué — Ne compte que deux rangs arpentés. Le" terrain y est montagneux et le sol sec et aride.
La partie ouest du deuxième rang est la seule qui contienne quelques bons lopins de terre.
Ce qui donne quelque valeur à ce canton, c’est son bois de pin qui est assez abondant à l’intérieur.
St-François-Xavier {Grande Vallée des Monts). — A 12 milles de Chlorydorme et à 42 milles de St-Martin.
Les familles qui composent cette paroisse viennent en grande partie de la paroisse de Saint-Thomas, dans le comté de Montmagny. Elles se livrent à la pêche, et quelque peu à l’agriculture.
En 1860, la population se limitait à 14 familles ; elle s’élève actuellement à près de 600 personnes.
Chlorydorme. — A trente milles de St-Martin, en remontant le fleuve St-Laurent.
Ce canton ne comprend qu’un rang qui est très montagneux.
Le sol le plus propice à la culture se trouve sur le bord de la mer, et plus particulièrement à la Petite Vallée, à la Pointe à la Frégate, à la Petite Anse, au Petit et au Grand Chlorydorme et à la Pointe Sèche.
Ce canton ist doté d’une église avec un curé résident.
La population qui est adonnée en grande partie à la pêche, comprend environ 650 personnes, et la propriété foncière estimée à $40,000.
Anse de l’étang. — Un poste de pêche situé à quelques milles seulement de Chlorydorme.
A l’est du Grand Etang, l’on rencontre le canton de Sydenham qui renferme 1Y,000 acres de terres disponibles.
Les plus belles terres de ce canton se trouvent sur la rivière Darmouth où une vingtaine de lots ont été pris.
Ce canton est quelque peu montagneux à l’intérieur.
Saint-Martin, {Rivière aux Ren'irds)~CQiie. paroisse possède un prêtre résident depuis 1855. Sa population n’était à cette époque que de 80 âmes.
C’est un excellent poste de pêche et il faut bien admettre que l’industrie de la pêche constitue pour le plus grand nombre d’habitants de ce village la principale occupation.
Saint-Martin forme partie du canton Fox où le terrain, dans certaines parties, est supérieur de beaucoup aux terres situées près de la côte.
La population de ce canton, en y comptant celle de Sydenham, est de 1,422 âmes. La grande majorité est canadienne-française.
SviNT-JoSEPH {Anse au Griffon). — A six milles seulement de la rivière aux Renards.
Les terres y sont bonnes, mais comme sur le reste de la côte, la population s’adonne surtout à la pêche.
C’est au reste un excellent poste pour la pêche à la morue.
Un chemin met en communication cette paroisse avec la baie de Gaspé.
La population de l’Anse au Griffon est de 1,030 âm'*s.
Le 1er rang sud ainsi que les rangs est et de l’Anse au Griffon sont colonisés.
En ce dernier endroit, les premiers lots ont été pris en 1854 par M. John LeBouthillier.
St-Alb.4.n [Canton Cap-Rosier). — Le chiffre de la population est de 810 âmes et la valeur de la propriété foncière de $50,000.
Cette paroisse se trouve à dix milles de Saint-Martin.
Il y a aussi du côté de la baie de Gaspé la mission de St- Jean-Raptiste ou Cap-aux-0.s. C’est un poste de pêche.
Quoique la pêche constitue le principal revenu des habitants, on se livre cependant un peu plus cj^ue dans le passé à la culture.
Le canton du Cap Rosier est quelque peu montagneux; le premier rang est toutefois propre à la culture.
Il reste encore 6,000 acres à disposer dans ce canton.