CHAPITRE IV
sa résidence habituelle à Rimouski, où se trouvait le plus fort groupe de colons. Le frère Ambroise desservait encore les seigneuries des Trois-Pistoles, de 1’Ile-Verte, de Villeray, de Leparc, de LACHENAYEetde Verbois (Cacouna et la Rivière-du-Loup), où des établissements commençaient à se former. Les seigneuries de I’Islet- du-Portage, et de Kamouraskâ étaient desservies par le curé Truteau, qui résidait à Kamouraska, où l’on trouvait le premier groupe important de colons. A partir de là, les paroisses se succédaient sans interruption. Les seigneuries de la Bouteillerie et de Saint-Denis formaient la paroisse de la Rivière-Ouelle, qui avait aussi un curé résident, M. Dosque. Dans la seigneurie de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, il n’y avait qu’une seule paroisse dirigée par M. Porlier, le grand ami de Mgr Briand. La paroisse de Saint-Roch-des-Aulnais comprenait les seigneuries de la Grande-Anse et le fief Réaume. S aint-Jean -Port-Joly, dans la seigneurie du même nom, n’était encore qu’une mission desservie par le curé de l’Islet, M. Romain Dolbec. Cette dernière paroisse était formée de deux seigneuries : celles de I’Islet-Saint- Jean et de Bonsecours; le fief Lessard, en arrière, était inhabité. Les fiefs Vincelotte, Gamaciie, Lafresnaye et Saint-Josepii-de-la-Pointe-aux-Foins (Fournier) formaient la paroisse du Cap-Saint-Ignace. En face, I’Ile-aux- GRUEset I’Ile-aux-Oies, dépendaient de la même paroisse. Le fief Sainte-Claire, n’avait pas d’habitants. La paroisse de laPointe-à-la-Caille (Montmagny) était formée par la seigneurie de I’Epinay, par celle de la Rivière-du-Sud, partagée entre les héritiers Couillard.
A mesure que l’on approche de Québec, les limites des paroisses se resserrent. O11 en compte trois bien peuplées dans la seigneurie de Bellechasse: Saint-Pierre, Berthier et, en arrière, Saint-François, où le bon curé Bédard, achève la construction d’un beau couvent. De même la grande seigneurie de LaDurantaye, partagée après la conquête, entre celles de Saint-Vallier et de Saint-Michel, renferme les deux paroisses de ce nom. Saint-Étienne-de-Beaumont, la seule paroisse de la rive sud, en bas de Québec, qui n’a pas eu son église incendiée par la torche des Anglais, dans l’été de
1759, est formée par les seigneuries de Beaumont, de Vincennes et de Vitré. En arrière, une nouvelle paroisse se développe bien : celle de Saint-Cliarles-de-la-rivière-Boyer, enclavée dans les seigneuries de la Martinière ou Beauchamp, et de Livaudière. Cette dernière seigneurie, qui s’étend au loin dans l’intérieur, a déjà à son extrémité sud, un petit noyau de colons, qui formeront dans quelques, années, le groupe de Saint-Gervais. Ce sont, pour la plupart, de malheureux Acadiens, que le seigneur Joseph Brassard-Descheneaux a recueillis, lors de leur arrivée à Québec, en 1758. L’immense seigneurie de Lauzon, qui avait une étendue d’au delà de cinq lieues sur le fleuve, ne renfermait encore que deux paroisses : Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévis, et Saint- Nicolas. Le curé de Saint-Joseph, M. Youville-Dufrost de la Jemmeraye, desservait la paroisse de Saint-Henri, en arrière, qui n’était encore qu’à ses débuts. Saint-Nicolas avait son curé résident, M. Ignace Tinon-Desroches.
Des colons attirés par la fertilité du sol dans les vallées des rivières Etchemin et Chaudière, avaient commencé, depuis plusieurs années déjà, le défrichement de cette partie de la province. Cependant, immédiatement en arrière de Lauzon, les deux seigneuries de Joliette et de Saint-Étienne, étaient presque désertes. C’était surtout dans la Nouvelle- Beauce que le plus beau travail s’était accompli. Ce territoire était partagé en cinq seigneuries : Sainte-Marie ou Linière, Saint-Joseph ou Fleury, Rigaud-Vaudreuil, AuBiN-de-l’IsLEet Aubert-Gallion. Les deux paroisses de Sainte-Marie et de Saint-Joseph sont déjà bien peuplées, celle de Saint-François se développe rapidement ; tout de même, ces trois paroisses n’ont pas encore de curé. Le missionnaire que les dessert, le frère Théodore Loiseau, réside habituellement à Saint-Joseph.
Sur le fleuve, à l’ouest de Lauzon, la seigneurie de ViLLiEU ou de Tilly, les fiefs Maranda ou Duquet et Bonsecours, formaient la paroisse de Saint-Antoine-de-Padoue, qui avait pour curé le sieur Noël, frère du seigneur du lieu. En arrière, étaient les trois fiefs Gaspé, Desplaines et Saint-Gilles, qui n’avaient pas encore d’habitants. Les trois seigneuries de Sainte-Croix, de Lotbinière et de Saint-Jean-Des-