LE MOUVEMENT DE LA POPULATION ET LES NOUVELLES
PAROISSES
Recensements de 1763, de 1784 et de 1790.— Nouvelles paroisses. — Obstacles au développement de la colonisation.— Manque de voies de communication.— Ordonnances de 1766 — de 1777 concernant les chemins — Augmentation des taux de concession dans les seigneuries.— Rapport du Comité sur l’état de la province en
Le recensement fait par les gouverneurs de Québec, de Montréal et des Trois-Rivières, en 1763, accusait une population totale de 61, / 80 âmes, en y comptant les sauvages domiciliés (1). Celui de 1765, donnait 69,810 âmes. En 1784, ce chiffre était monté à 113,012 âmes et, en 1790, à 161,311 âmes. On estimait a 15,000 le nombre des colons d’origine britannique, les Loyalistes y compris (2). Il y avait en outre dans les limites de la province, d’après un recensement fait également en 1790, 2,874 sauvages, dont 612 à Caughnawaga, 754 au lac des Deux-Montagnes, 380 à Saint-Régis, 342 à Saint-François, 103 à Lorette, 101 à Oswegatchie, 582 à 1 île Carleton, dans la Baie-des-Chaleurs.
Les Canadiens peuplaient les districts de Québec et de Montréal ; quelques-uns ét aient aussi fixés dans le district de Gaspé et dans celui de Hesse, à Détroit. Les Loyalistes habitaient les districts de Lunenburg, Mechlenburg, Nassau et Hesse, au nombre d’environ 10,000. Les immigrés de
(1) Ce recensement fut certainement incomplet. On peut, sans exagération, estimer la population du Canada à 65,000 âmes, en 1763.
(2) Nous avons mis à 1 appendice VI un tableau comparatif de l’état de la population, basé sur les recensements de 1765 et de 1790.
Nous mettons aussi à l’appendice VII le recensement que Mgr Briand avait fait au printemps de 1784. Ce recensement a cela de particulier qu’il donne non seulement “ les noms des paroisses, des missions et des curés qui les desservaient, mais aussi le nombre de communiants dans chaque paroisse et la quantité de minots de dîme de blé, d'avoine et de pois reçus chaque année, en moyenne, par les différents curés.”