‹ La colonisation de la province de QuébecChapitre 115 sur 197 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

et avait servi comme volontaire sous le général Burgoyne,. en 1776. Il s’intéressa fort peu au développement de ce canton, et ne s’occupa nullement d’y établir des colons.

Un autre lieutenant de milice, Gother Mann, qui avait eu une recommandation de lord Hobart, pour une concession de cinq mille acres de terre (1), parvint à se trouver assez, d’associés pour se faire concéder la moitié du canton d’Acton (22 juillet 1806).

L’autre moitié de ce canton fut donnée, le même jour, à George Waters Allsopp, fils de George Allsopp. Arrivé à Québec en 1761, ce dernier se livra d’abord au commerce, et fut un des marchands qui s’opposèrent le plus au gouverneur Murray. Nommé député secrétaire provincial, par Carleton, en 1766, il détint cette charge jusqu’en 1777, alors qu’il fut remplacé par George Pownall. En 1775, il remplit la fonction de commissaire général de l’armée de défense, et se distingua pendant l’attaque de Québec par Montgomery. Il fut membre du Conseil législatif de 1775 à 1783.

Déjà en possession des fiefs de Jacques-Cartier et d’Auteuil, qu’il avait achetés de Charles- Auguste Rhéaume, en 1773, George Allsopp demanda, en 1792, la concession du canton deBlandford, pour lui-même et pour ses fils George, John, Carleton, Robert, James, William, pour sa fille Anna-Marie, et pour ses associés, John Taylor Bondfield et autres. Plus tard, en 1800, trouvant que la terre dans ce canton était peu propre à la culture, il abandonna ses prétentions sur ce canton et demanda qu’on lui accordât une égale quantité de terre dans le canton de Farnham. La moitié de ce dernier canton avait été accordée à Samuel Gale, en 1798, et l’autre moitié avait été demandée par le lieutenant Abraham Cuyler, dès 1794.

Abraham Cuyler était nicdre d’Albany, lorsque la révolution américaine éclata ; jeté en prison à cause de ses opinions loyalistes, ses propriétés furent confisquées, et après la signature de la paix en 1783, il vint se fixer à Montréal avec sa famille. N’osant se prononcer sur les prétentions de l’urt ou de l’autre pétitionnaire, les membres du comité des terres prirent le parti de laisser tramer la chose. Les nombreuses pétitions de Cuyler restèrent sans réponse. Ennuyé

(1) Hobart à Milnes (16) 9 septembre 1803. Arc. can. Q. 72, p. 58.

CANTONS CONCÉDÉS PAR LETTRES PATENTES (suite) 213

de tous ces atermoiements, Cuyler se rendit en Angleterre, et obtint une concession de 5040 acres de terre dans le canton de Farnham, qui lui fut donnée par lettres patentes, le 9 septembre 1805. Quant à Allsopp, il continua à faire valoir ses droits ; il décéda avant de pouvoir obtenir ce qu’il demandait. Son fils, John parvint à se faire concéder, en 1809 (11 février), 10,176 acres de terre formant le “ reste et résidu du canton de Farnham”.

Nous avons vu, au chapitre XI, que les cantons situés à l’ouest des seigneuries bordant la rivière Chaudière, avaient été concédés de bonne heure, grâce à leur magnifique situation. Ceux de Frampton et de Buckland, situés à l’est de la même rivière, ne devaient pas tarder à l’être. Un quart du canton de Frampton fut donné, le 10 juillet 1806, à Pierre- Édouard Desbarats, et un autre quart, le 9 septembre 1808, à un groupe d’associés, dont le plus remarquable était William Henderson. Ces deux chefs prirent sérieusement à cœur l’organisation et le développement du canton de Frampton, mais ce fut seulement en 1817 qu’ils commencèrent à y établir des colons.

“ L’action de Henderson, dit M. Edmond Roy (l),se fît plus particulièrement sentir sur la rive droite de l’Etchemin, dans la partie maintenant connue sous le nom de Saint- Malachie, et vers la région de Saint-Léon-de-Standon. L’œuvre de Desbarats s’étendit d’une façon toute spéciale sur 1a. rive gauche, sur le territoire qui a définitivement gardé le nom de Frampton.”

William Henderson, originaire des îles Shetland, était arrivé à Québec en 1799. C’était un esprit original, qui tout en cultivant son domaine de Frampton, s’occupait d’études littéraires et s’intéressait grandement à l’histoire du Canada. La société littéraire et historique de Québec a publié plusieurs de ses mémoires. Il vécut jusqu’à l’âge de cent ans, et décéda, le 21 août 1833, à sa résidence de Hemison où il était venu passer les dernières années de sa vie (2).

fl) Edmond Roy, Hist. de la S. de L. v. V ,p. 88.

(2) Ce fut lui, dit M. Edmond Roy, qui organisa la première compagnie d’assurance sur la vie qui ait existé dans la colonie. Cette compagnie constituée en 1818 portait le nom de Canada Life Assurance Company. Henderson en fut nommé le premier secrétaire et il occupa cette charge pendant plus d’un demisiècle. Quand il eut atteint la limite d’âge et qu’on voulut lui donner un successeur, on s’aperçut que la charte était rédigée de telle façon que Henderson

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