CHAPITRE XIV
Pierre-Édouard Desbarats était imprimeur du roi à Québec, et assistant-greffier de l’Assemblée législative. On peut le regarder à bon droit comme le fondateur de la paroisse de Frampton.
Quant au canton de Buckland, 12,182 acres y furent donnés le 26 novembre 1806, à diverses personnes qui avaient servi durant le blocus de Québec dans l’hiver de 1775-76, lesquelles n’y entreprirent jamais de travaux d’établissement.
La dernière concession faite sous l’administration Dunn, fut celle de la moitié du canton de Stanfold (26,180 acres) à l’honorable Jenkin Williams, membre du Conseil législatif et du Conseil exécutif. Originaire du pays de Galles, Williams était venu à Québec, en 1768. Nommé procureur général en arrivant, il devint greffier du Conseil législatif, en 1778, et du Conseil exécutif, en 1791. Il cumulait en même temps la position de solliciteur général. Juge de la cour des Plaidoyers Communs, en 1792, il devenait juge de la cour du Banc du Roi, à Québec, en 1794. Il abandonna cette dernière position, en 1812, et se retira dans la vie privée.
Sous l’administration de Craig, les concessions d’un canton en entier ou de partie de canton allaient devenir de plus en plus rares, à tel point qu’en 1808, Ryland, dans un rapport sur la situation politique du Canada, considérait le système des compagnies associées, comme abandonné. Il ajoutait, cependant, que les instructions données à Craig démontraient clairement que Sa Majesté n’ivait pas l’intention de réglementer la concession des terres de la couronne, d’autre façon que celle prescrite par les instructions données à lord Dorch ester, en 1791 (1).
Dès le lendemain de son arrivée, Craig avait attiré l’attention du gouvernement anglais sur ce point. Il fallait, écrivaitil, à lord Castlereagh (2) mettre fin aux délais apportés à la concession des terres incultes. Ces retards étaient cause que plusieurs familles de montagnards écossais avaient renoncé
se trouvait secrétaire perpétuel et qu’il était impossible de le démettre. Voilà un moyen de s’assurer des rentes auquel les promoteurs de compagnies ne pensent pas toujours, mais qu'ils feraient bien de noter pour le bénéfice de leurs opérations futures. Ilist. de la S. de L. v. V, p. 106.
(1) D. C. II. C. (1791-1818), p. 353.
(2) Craig à Castlereagh (41) 13 novembre 1807. Arc. can. Q. 108, p. 36.
CANTONS CONCÉDÉS PAR LETTRES PATENTES (suite) 215
à venu s’établir au Canada. On se préoccupait beaucoup dans le moment, en Écosse, des efforts cpie faisait lord Selkirk pour induire les Écossais des montagnes à venir s’établir au Canada. Une brochure où le noble lord (1) racon-
(1) La brochure de lord Selkirk avait été commentée dans deux études publiées en Écosse, dont voici les titres :
Sirictures and remarks on the earl of Selkirk' s observations on ihe Présent State of the Highlands of Scolland, u>iih a view of the causes and probable conséquences of Emigration. — By Robert Brown, Edinburgh, 1806..
Eight lelters on the subject of the earl of Selkirk’ s pamphlet on Highland Emigration as they lately appeared under the signature of AMICUS in one of the Edinburgh news-papers, Edinburgh, 1806.
La Gazette de Québec avait publié l’extrait suivant, emprunté à la dernière étude ci-dessus mentionnée :
Puisqu’il faut que les émigrations des montagnes se continuent jusqu’à ce que la classe des petits tenanciers soit épuisée, il paraît qu’il serait à désirer que le surplus de notre population contribuât à la force et à l’augmentation de nos colonies. Mais par des circonstances d’abord accidentelles, et perpétuées par la disposition naturelle des émigrants, de suivre leurs parents et leurs amis, où ils trouvaient déjà formée presqu’une autre patrie, la plupart des émigrations s’en vont dans les établissements des Etats-Unis. Différents districts des montagnes ont différents établissements correspondants dans lesquels s’en vont leurs émigrants. Le peuple de chaque district a une connaissance passablement exacte, de quelque établissement particulier, où les leurs sont allés ; car les montagnards se défient de toute information à l’égard de l’Amérique, qui ne vient pas immédiatement des leurs; et dans un pays montagneux une nouvelle se répand rarement loin au-delà de la vallée où elle a été reçue d’abord. Le peuple de chaque district est ordinairement tout à fait dépourvu des connaissances de tout autre établissement que le sien, ou a des connaissances très erronées ; et en particulier ceux dont les vues se sont dirigées du côté des États du Sud ont reçu des impressions très désavantageuses du climat du Canada et des Colonies Septentrionales.
Suivant l’avis de Lord Selkirk, l’importance de garder ces émigrants pour nos propres colonies, au lieu de les abandonner à un pays étranger, est devenue plus urgente par la situation particulière de nos colonies Septentrionales de l’Amérique. Dans quelques-unes, il paraît que des colons, d’une description nullement désirable par rapport à leur caractère et à leurs principes, s’y sont introduits et approchent fort de la majorité, pour le nombre. C’est pourquoi il n’y aurait rien de plus expédient pour conserver ces colonies à la mère patrie, que de mettre une forte barrière contre la contagion des sentiments Américains en y mettant un corps de colons dont les manières et le langage sont distincts et qui héritent des anciens sentiments de loyauté et de valeur militaire.
Pour induire les montagnards à changer la direction de leurs émigrations, réglées (comme on l’a déjà remarqué) par leur affection de parenté, le gouvernement devrait, suivant l’opinion du Lord Selkirk, leur accorder quelque encouragement considérable. L’encouragement doit être suffisant pour induire un corps considérable de gens, liés par les nœuds du sang et de i’amitié, à essayer une nouvelle situation ; et si une fois un tel établissement surmontait les premières difficultés, jusqu’à ce que les aventuriers eussent de la confiance dans leurs ressources, on pourrait considérer l’objet comme exécuté. Jl ne serait pas nécessaire que les encouragements fussent continués plus longtemps que cela. Mais ils doivent être d’une nature à convenir à ceux qui éprouvent quelque difficulté à exécuter leur dessein, de la petitesse de leurs moyens. Nous acquiesçons parfaitement au raisonnement du Lord Selkirk, que ceci pourrait se faire, sans augmenter l’esprit d’émigration ou plutôt que d’après les principes de nature humaine, on ne pourrait pas le faire d’une telle manière à augmenter cet esprit le moins du monde.