CHAPITRE XVI
Exportations aux États-Unis . £30,000 0 0
Importations d’Angleterre. . . £200,000 0 0 Importations des Antilles. . £130,000 0 0 Importations des États-Unis £280,000 0 0
Balance en faveur de la colonie . £546,000 0 0
On importait des Antilles anglaises du rhum, de l’eaude-vie, du sucre, des mélasses, du café ; tous ces articles, cependant, devaient passer par l’Angleterre avant d’atteindre le Canada ; et comme il y avait un tarif de protection en faveur de l’Angleterre, sur ces mêmes articles, le commerce des Antilles anglaises était considérablement gêné par toutes ces entraves, et le Canada, lui aussi, en souffrait beaucoup ; il résultait également de toutes ces restrictions qu’il se faisait une contrebande très active de spiritueux entre les ports américains et les ports canadiens des provinces maritimes, et du golfe Saint-Laurent.
Les principaux articles d’exportation étaient les céréales : blé, orge, avoine, seigle, les pois, les bois de contruction, les fourrures, la potasse et la perlasse. Les guerres qui suivirent la révolution française provoquèrent bientôt une disette générale en Europe; l’Angleterre, ne pouvant plus se procurer sur le continent le blé dont elle avait besoin, demanda à ses colonies de lui en fournir. Les cultivateurs canadiens profitèrent de la bonne aubaine qui leur était offerte, et se livrèrent largement à la culture du blé, qu’ils avaient généralement négligée jusque-là. Aussi, lorsqu’en 1796, on n’exportait que 3,106 boisseaux de blé, en 1802, on expédia du port de Québec, 1,010,033 boisseaux de blé, et 28,301 barils de farine. La récolte en 1801 avait été très abondante ; on ne se rappelait pas d’en avoir jamais vu une pareille. Un chroniqueur de l’époque, Auguste Labadie (1), raconte qu’il partit du port de Québec durant l’été de 1802, 123 navires et brigantins, chargés de blé en destination de l’Angleterre. Cette abondance était exceptionnelle ; elle ne devait pas durer. En 1802, la récolte des céréales manqua, et les exportations pour l’année 1802 ne montèrent qu’à 372,533 bois-
(1) Edmond Roy, Ilist. de la S. de L. v. III, p. 302, note 2.
LE DÉVELOPPEMENT COMMERCIAL
seaux de blé et 14,584 barils de farine; en 1807, à 234,543 boisseaux de blé et à 20,424 barils de farine. La récolte de 1806 avait été abondante et de première qualité (l).
En 1808, les exportations de grains tombèrent à 186,708 boisseaux de blé et à 12,519 barils de farine, et allèrent toujours en diminuant, jusqu’à l’ouverture de la guerre canadoaméricaine. Pendant la durée de la guerre, malgré l’abondance des récoltes de 1813 et 1814, les exportations de blé et de farine furent réduites presque à rien.
Les fourrures restaient toujours un des principaux articles de commerce, sinon le principal. Après la cession du pays, ce commerce fut continué par quelques individus qui s’y livraient pour leur propre compte. Ils remplacèrent les anciens fonctionnaires du régime français, et continuèrent à utiliser les services des coureurs des bois, lesquels avaient la confiance des sauvages. Les trois frères Frobisher, Joseph, Benjamin et Thomas, avaient établi, dès 1772, un poste de traite au Grand-Portage, sur le lac Supérieur. Ce sont eux qui, s’unissant en 1784, avec Peter Pond, Alexander Mac- Kenzie et MM. Todd, McGill et McTavish, fondèrent la compagnie du Nord-Ouest, qui fut réorganisée sur de nouvelles bases en 1790 (2).
On voit, par une lettre de Robert Shore Milnes à lord Hobart (3), que cette compagnie faisait de brillantes affaires. Elle comptait, en 1802, vingt associés et 117 postes ; elle employait 161 commis et interprètes, 877 engagés, soit, en tout, un personnel de 1058 hommes, ainsi répartis : 95, dans le territoire des États-Unis depuis le lac Supérieur
(1) La récolte de bled est actuellement finie dans ce district, et nous avons le plaisir de pouvoir annoncer, avec certitude, qu’elle est extraordinairement abondante. Elle a été serrée sans aucun accident, soit avant ou après être coupée, et elle se trouvera être supérieure dans la qualité. Nous apprenons que quelques parties du district de Montréal ont souffert au commencement de la saison par la sécheresse, mais on dit qu’en général dans toute la province, cette année peut être regardée comme une des medleures. Gazette de Québec, jeudi, 2 octobre 1806.
(2) Articles of agreement entered into at the Grand Portage between’ McTavish Frohisber et coy, Nicholas Montour, Patrick Small, Robert Grant William McGillivray, Daniel Sutherland, John Gregory, Peter Pangman and Alexander MacKenzie, for the purpose of carrying on a trade on their joint accounts to that part of the lndian country commonlj ealled the North-West. . .
Des Archives du Séminaire de Québec.
(3) Rapport sur les archives du Canada, par Douglas Brymner, 1892, pp. XXXVI et suivantes.