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CHAPITRE XVI

Le Haut-Canada fournissait déjà sa quote-part au commerce du bois. John Lambert (1) note que, du 27 avril au 28 novembre 1807, il était passé sur le Saint-Laurent, de Châteauguay à Montréal, 340 trains de bois, comprenant 277,010 pieds de chêne, 4,300 pieds de douves, 72,440 pieds de planches et madriers et 985 pieds de bois pour les mâts, à part 6,300 cordes de bois de chauffage. De plus 39 barges avaient transporté, du Haut-Canada à Québec, 19,893 barils de farine, 1,460 minots de blé, 127 barils de potasse, 48 de porc.

On peut, d’ailleurs, se rendre compte du développement extraordinaire que prit le commerce du bois de construction, durant les premières années du dix-neuvième siècle, par les tableaux suivants des exportations du port de Québec, pendant l’été de 1803 et ceux de 1808 et 1810 :

Morceaux de bois de chêne . .

Morceaux de bois de pin ....

Morceaux de noyer, érables,

etc .

Mâts de navire .

Beauprés .

Espars en pin .

Barres d’anspec .

Madriers et planches .

Douves et fonds .

Bouts de douve .

Rames (par paire) .

Cercles de baril .

Lattes .

Bardeaux . .

Bouchette calcule que les exportations de bois de toutes espèces s’étaient accrues, de 1806 à 1814, d’environ 100,000 à près de 375,000 tonneaux, dont près de la moitié était expédiée du seul port de Québec (2).

Aussi, l’on pouvait à peine compter les navires qui, chaque année, y venaient prendre leur chargement. Les états de la

(1) John Lambert. Travels t. Canada. . . v. 1. p. 246.

(2) Joseph Bouchette: Description topographique de la Province du Bas- Canada, p. 246.

LE DÉVELOPPEMENT COMMERCIAL

douane donnent les chiffres suivants des navires d’outre-mer partis du port de Québec, de 1806 à 1814 :

Vaisseaux Tonnage Hommes

Presque tous ces navires venaient, sur lest, des ports de Londres, Liverpool, Newcastle, Dublin, Greenock, des Antilles, et repartaient du port de Québec, chargés des produits des forêts du Canada.

La construction des navires en bois prit aussi une grande importance, durant ces années. De grands chantiers avaient été installés à l’embouchure de la rivière Saint-Charles, le long du fleuve, au Cap-Blanc, à Lévis et à Wolfe’s Cove, et il en sortait, chaque été de beaux navires richement équipés. Il y a quelques années (1897), il a été publié un petit volume contenant la liste de tous les bâtiments, navires, brigantins, barquemines, goélettes sortis des chantiers de Québec et de ses environs, de 1797 à 1896.

L’auteur, un ancien constructeur lui-même, en porte le nombre à 2,542, représentant une capacité de 1,377,099 tonneaux. “ En mettant, dit-il, le prix du coût de ces 2,542 vaisseaux à $40 le tonneau, nous arrivons au chiffre assez rond de $55,119,600, que la construction des navires a rapportées presque exclusivement au district de Québec. De ce montant, les ouvriers ont touché leur belle part, qu’on peut évaluer à $16,529,988 (1). Ce n’est pas une exagération de dire que la population ouvrière de Saint-Roch a vécu, pendant plus d’un siècle, de cette importante industrie”.

(1) La construction des navires à Québec. Grèves et naufrages, par Narcisse Rosa. 202 pp. in-8. Québec, Imprimerie Léger Brousseau, 1897.

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