‹ La colonisation de la province de QuébecChapitre 135 sur 197 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

D’autant plus que des Américains établis à Québec et à Montréal encourageaient activement ce commerce.

Il faut se rappeler, en outre, qu’avant l’ouverture de la route Craig, les colons établis dans les cantons le long de la frontière des États-Unis, n’avaient aucun moyen de communication avec Québec et Montréal ; ils devaient nécessairement s’approvisionner sur les marchés américains, et exercer, pour cela, la contrebande.

C’est pour mettre fin à cette concurrence, qu’ils considéraient comme déloyale, que les hommes d’affaires de Québec jetaient, en 1809, les fondements d’un Commitiee of Tracle, l’origine de notre Chambre de commerce, afin de s’entendre avec les marchands de Halifax et de Montréal, pour demander au gouvernement de la Grande-Bretagne de favoriser davantage le Canada, et de les aider dans leur projet de supplanter les Américains dans leur commerce avec les Antilles, et surtout pour représenter à la mère patrie le dommage fait au commerce canadien, par la suspension des actes de navigation.

C’était toujours le principe du pacte colonial qui était en jeu ; comme les colonies ne travaillaient que dans l’intérêt de la métropole, celle-ci devait, à son tour, les protéger, et protéger leur commerce. La guerre de 1812 allait, pour un moment, suspendre les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis, et permettre aux marchands canadiens de rétablir sur des bases solides leur commerce qui s’en allait à la dérive.

L’agriculture était négligée. Weld dit, dans l’ouvrage déjà cité, que

Les Canadiens français d’alors connaissaient peu l’usage des engrais, et qu’ils se contentaient, pour toute préparation, de retourner légèrement la terre avec une charrue. Us regardent, disait-il, les travaux de l’agriculture comme des occupations secondaires, et ne s’y livrent qu’avec une sorte de répugnance.

Us commencent néanmoins, ajoute-t-il, à être plus industrieux, et les encouragements des négociants de Québec qui, tous les ans, envoient dans les campagnes des agents pour acheter tout le grain qui n’est pas nécessaire à la subsistance des habitants, leur ont inspiré des ressources et une activité dont ils ne paraissaient pas susceptibles. Les négo-

LE DÉVELOPPEMENT COMMERCIAL

eiants exigent d’eux qu’à un prix fixe, ils transportent leur grain sur le bord du fleuve où des bateaux le prennent et le conduisent au port où il doit être embarqué.

La Société d’agriculture, fondée à Québec en 1789, faisait, en effet, du bon travail, si nous en jugeons par le rapport de l’assemblée des directeurs en 1795 (18 septembre).

Le Trésorier, disait ce rapport, a présenté à l’assemblée une liste des souscripteurs qui ont payé leur Guinée de souscription, en même temps, une Liste des Membres absents et. de ceux qui sont indécis et une autre des Personnes qui désirent se retirer de la société.

Résolu, qu’un Compte général de l’argent reçu et dépensé par les Trésoriers Respectifs, depuis l’institution de la société, sera publié dans la Gazette de Québec.

Résolu qu’un prix ou récompense de trente piastres sera payé par le Trésorier à l’habitant qui, à la récolte prochaine, aura ramassé la plus grande quantité de bled marchand, sur un arpent de terre en superficie, et non moins qu’un arpent, un prix de vingt-cinq dollars à celui qui approchera, le plus, la quantité du premier, et un prix de quinze piastres au troisième, pourvu que ce soit d’aussi bon bled, et sur une même étendue de terre.

Résolu aussi qu’un prix de douze piastres sera payé par le Trésorier à tel habitant qui, l’année prochaine, aura ramassé la plus grande quantité de Patates, sur un demiarpent de terre en superficie ; huit piastres à celui qui approchera davantage la quantité du premier, et quatre piastres, au troisième.

Résolu, qu’un prix ou récompense de quarante piastres sera payé par le Trésorier, à la personne qui, sur un arpent de terre en superficie, et non moins, aura récolté, en 1797, la plus grande quantité de bled d’automne marchand, et vingt piastres, à celui qui approchera le plus du premier par la quantité et la qualité. Si les personnes qui auront mérité ces prix préfèrent une médaille d’or ou une tasse d’argent ce sera à leur option, et le Trésorier y pourvoira en conséquence.

Il faut observer que le bled d’automne, en question, doit être semé avant le 25 août prochain, sur des terres hautes et bien préparées.

Résolu, qu’il sera payé par le Trésorier à la personne qui ramassera, sur un demi-arpent de terre en superficie, la plus grande quantité de bonne graine de Lin, douze piastres, à celui qui en approchera le plus, huit piastres, et quatre, au troisième. Les susdits prix seront payés sur des Certificats

Page 1