CHAPITRE XYII
combler le déficit, puiser, chaque année, dans le fonds appelé en Angleterre les Extraordinaires de V armée, et destiné à l’entretien des troupes dans les colonies.
Une anomalie existait : c’est que le revenu provincial, obtenu moyennant les divers actes mentionnés, excédait de beaucoup les dépenses auxquelles on l’affectait.
D’un côté, le revenu permanent de la couronne ne suffisait plus à solder les dépenses de la province, pendant que les lois provinciales du revenu accumulaient, entre les mains, du receveur général, des sommes qui dormaient, parce qu’elles n’avaient reçu aucune affectation spéciale.
Régulièrement l’Exécutif ne pouvait toucher cet argent sans un vote de crédit des Chambres. Il n’eut pas la force de résister à la tentation qui s’offrait. Sous l’administration de sir James Craig, l’on se mit à équilibrer le budget en tirant sur le surplus non affecté à la dépense publique et provenant des revenus provinciaux. En 1812, le gouverneur Prévost, constatant qu’on s’était ainsi approprié une somme de £25,000, en avait demandé la restitution à même les Extraordinaires de V armée. On n’en continua pas moins, durant les années suivantes à puiser dans le trésor de la province et à combler le déficit annuel à même les revenus non affectés. C’était une grave irrégularité qui allait bientôt provoquer une crise parlementaire, et aboutir finalement à la révolution.