‹ La colonisation de la province de QuébecChapitre 145 sur 197 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

La religion et l’éducation

Mgr Hubert. — Mgr Denaut.— La question de l’érection civile des paroisses catholiques. — Intex-vention de l’Assemblée législative. — Conduite habile de Mgr Plessis. — Le lord évêque Mountain et l’éducation. — L’Institution Royale. — Elle place l’éducation delà jeunesse canadienne française entre les mains des protestants.- — Lettre du lord évêque à sir Robert Shore Milnes. — Réponse de lox-d Hobart. — Le gouverneur propose à Mgr Plessis de faire reconnaître les droits de l’évêque catholique. — Entrevue de Mgr Plessis avec le procureur général, à propos de la nomination aux cures. — Correspondance à ce sujet entx-e Mgr Denaut et Mgr Plessis. — Requête de Mgr Denaut au roi.

Monseigneur Jean-François Hubert administrait le diocèse de Québec lorsque l’Acte constitutionnel de 1791 devint en vigueur. Il avait pris possession du siège de Québec, le 12 juin 1788, à la mort de Mgr d’Esglis. Il vit mourir son coadjuteur, Mgr Bailly de Messein, le 20 mai 1794, et un mois plus tard, le vénérable Mgr Briand. Après un épiscopat fructueux, il descendit lui-même dans la tombe, le 17 octobre 1797. Mgr Pierre Denaut, coadjuteur depuis 1794, devint évêque de Québec, le 4 septembre 1797.

L’Église de Québec traversait une période de tranquillité. Tous ses évêques avaient joui de la confiance des gouverneurs, et les relations entre les représentants du pouvoir religieux et ceux du pouvoir civil étaient cordiales. La religion florissait dans les villes et les campagnes, et le clergé, formé par une éducation saine, édifiait et instruisait.

Ce calme ne pouvait durer. Les chefs de l’oligarchie fanatique, qui désiraient asservir l’Église catholique à l’autorité royale, n’avaient pas renoncé à leur projet. “ Ils sentaient, en effet, qu’à côté de l’autorité civile, qu’ils exerçaient, existait un pouvoir d’un ordre supérieur, dont ils

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