CHAPITRE III
tions, et les travaux d’arpentage se poursuivaient dans un nombre égal de cantons.
Samuel Holland, dans un tableau que nous reproduisons en appendice (1), donnait un état du travail fait dans chacun de ces cantons, et la raison pour laquelle l’arpenteur en charge des travaux, n’avait pas encore fait le retour de l’autorisation.
Dans la lettre qui accompagnait ce tableau, Samuel Holland donnait la raison pour laquelle des instructions n’avaient pas encore été données pour l’arpentage des vingt-six autres cantons. C’est que les pétitionnaires ne se présentaient pas pour payer la moitié des frais d’arpentage, comme il était convenu ; d’un autre côté, ceux-ci hésitaient à déposer la somme de quinze louis qu’on exigeait d’eux, parce qu’ils étaient dans l’incertitude quant à la manière dont les réserves pour le clergé et la couronne seraient disposées dans chacun des cantons, et quant à la quantité des honoraires ou des droits d’acte qu’ils devraient débourser pour obtenir les lettres patentes de ces mêmes cantons, deux questions que les membres du Conseil exécutif avaient longtemps étudiées et sur lesquelles ils n’avaient pu arriver à une solution définitive.
L’on n’en continua pas moins à distribuer, sur le papier, des concessions de terrain à tous les chefs de cantons qui se présentaient (2).
Au mois de juillet 1793, on refusa tout à coup d’accepter de nouvelles demandes de concessions. Des autorisations d’arpentage avaient été accordées, jusqu’à cette date, pour 173 cantons, sollicitées par au-delà de 250 chefs et de 10,000 associés. Quand on jette un coup d’œil sur la carte de MM. Samuel Gale et Jean-Baptiste Duberger publiée en 1795 (3), on s’aperçoit que presque toute la partie de la province encore inhabitée, avait été distribuée pour des fins de colonisation. Evidemment, les commissaires des terres et
(1) Appendice H, p. 308-317.
(2j Voir à 1 appendice H], p. 318-321, la liste des autorisations d’arpentage émises depuis le mois d’octobre 1792 jusqu'au mois de juillet 1793.
(3) Cette carte a été reproduite dans les Documents relatifs à l’histoire constitutionnelle du Canada, 1791-1818, par MM. A. Doughty et D. A. McArthur. Le livre de renvoi de MM. Gale et Duberger, encore manuscrit, est conservé au département des archives publiques du Canada, à Ottawa.
LES CANTONS
les membres du Conseil exécutif avaient fait preuve de prodigalité. Cependant, aucune décision n’avait été prise sur la question soumise à leur considération par les chefs des cantons d’ Aston, d’Auckland et de Simpson, à savoir : combien d’acres de terre le chef du canton et chacun de ses associés pouvaient espérer recevoir, lorsque les lettres patentes du canton leur seraient octroyées ?
Une requête de Isaac Ogden, qui avait obtenu, conjointement avec le colonel Eleazer Fitch, une autorisation d’arpentage pour le canton de Stanstead, amena de nouveau cette importante question devant les membres du Conseil exécutif.
Isaac Ogden avait été prié par l’arpenteur général de déposer la somme de quinze louis, requise pour les premiers frais d’arpentage. Il voulut, avant de débourser cette somme, savoir à quelles conditions l'étendue de terrain qu’on lui avait promise lui serait concédée à lui et à ses associés. Il fut bien surpris d’apprendre qu’ils ne devraient recevoir chacun que 200 acres de terre, et que le chef de canton serait tenu de payer les honoraires pour l’obtention des lettres patentes et toutes les dépenses encourues pour l’arpentage du canton.
Dans ces conditions, disait-il dans sa requête, il ltd était impossible d’établir les colons qui s’étaient engagés à le suivre. D’après une enquête sérieuse, il en était arrivé à la conclusion que les déboursés à faire par le chef, pour l’obtention et l’établissement des cinq septièmes d’un canton, soit quarante-huit mille acres de terre, s’élèveraient à la somme de £657 0 0
Raisonnablement, le chef ne pouvait encourir d’aussi fortes dépenses sans espérer d’en retirer quelque profit. Voici ce que M. Ogden proposait pour compenser les déboursés que le colonel Fitch et lui-même devraient faire :
Dans le but, disait-il, d’assurer le développement rapide des terres désertes, le présent pétitionnaire daigne faire à votre Excellence, en son nom et au nom du colonel Fitch,, la proposition suivante : qu'il s’engage à conduire dans cette province et établira dans le dit canton de Stanstead, dans l’espace de cinq ans, quarante colons approuvés par votre Excellence et les citoyens, qu’il paiera tous les hono-