‹ La colonisation de la province de QuébecChapitre 28 sur 197 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ce moyen, le propriétaire futur des réserves sera en mesure de faire profiter sa terre et d’en obtenir un bon prix, même, si elle enferme une certaine proportion de mauvais terrain, ce qu’il ne pourra faire si les terres réservées ne doivent être formées que de petites parcelles détachées les unes des autres (7 juin 1793) (1).

Cette dernière proposition de l’arpenteur général fut rejetée par les commissaires des terres, comme n’étant pas conforme aux instructions du roi (12 juin 1793).

Cependant, à une réunion des membres du Conseil exécutif, le 12 août suivant, il fut décidé que les colons qui avaient demandé des lots dans les cantons de Potton, Sutton, ShefFord, Bolton et Hatley, et qui désiraient en prendre possession immédiatement, pourraient faire le choix entre l’un ou l’autre des plans ci-dessus proposés pour le lotissement des réserves de la couronne et du clergé: soit d’avoir ces réserves disposée en lots de 200 acres, dispersés dans tout le canton, ou de les avoir disposés en parallélogrammes, comme l’avait proposé l’arpenteur général. Ils choisirent la dernière disposition comme étant la plus avantageuse et se placèrent en conséquence. Dans d’autres cantons, les colons, croyant que cette disposition serait finalement adoptée pour le reste de la province, firent de même.

Les rapports des discussions qui avaient eu lieu sur ce sujet avaient été envoyés en Angleterre, par le lieutenantgouverneur (2).

Le 2 octobre 1793, dans une lettre à Dorchester (3), lord Dundas faisait les remarques suivantes à ce propos :

Les minutes du Conseil, sur les affaires publiques, du 13 de mars 1793, au 27 de mai de la même année, contenues dans la lettre du lieutenant-gouverneur Clarke (No 76) renferment un plan pour la distribution des réserves de la couronne et du clergé, dans les cantons riverains et dans les cantons de l’intérieur, avec deux diagrammes I et II servant à faire comprendre le plan proposé, ainsi qu’un diagramme en couleur, par lequel on se propose de démontrer les mauvais effets qui en seraient la conséquence, si ees terres réservées étaient accolées aux terres concédées

(1) Arc. can. Land book C. L. C. p. 300-306.

(2) Arc. can. Q., 63-2, p. 244.

(3) Arc. can. Q., 65, p. 322.

LES RÉSERVES DU CLERGÉ

aux colons. Il pourrait être démontré que ce dernier diagramme est fallacieux, qu’il n’est pas nécessaire de distribuer les réserves en parcelles étroites de la manière indicpiée dans ce diagramme. On pourrait éviter cet inconvénient en faisant les réserves de la largeur de quatre lots. Mais, il n’est pas nécessaire de perdre son temps à raisonner sur ce sujet, parce que, comme il paraît qu’il est plus avantageux pour les colons de distribuer les réserves de la manière indiquée dans les diagrammes, soit pour les cantons de l’intérieur, soit pour les cantons riverains, je ne vois pas que l’on puisse s’opposer ni à l’un ni à l’autre, excepté, que par la disposition des réserves dans les cantons riverains, la colonne 28, dans un canton, joindra la colonne 1, dans le canton voisin, et ainsi tous les lots de la couronne dans ces deux colonnes seront contigus. De même, ces lots dans les colonnes 14 et 15 sont voisins. Comme il n’y a aucune nécessité qu’il en soit ainsi, et comme il a toujours été compris que ces réserves devaient être composées de parcelles détachées (leur valeur approximative dépendant de cette disposition) je suis d’opinion qu’il faudra retoucher les diagrammes, à moins que la proclamation du lieutenantgouverneur ne lie le gouvernement en cette matière.

Pendant que l’on travaillait, de part et d’autre, à régler la question des réserves du clergé et de la couronne, les membres du Conseil exécutif avaient à s’occuper d’un projet important.

Il y avait déjà quatre ans que la révolution française durait ; les prêtres et les évêques avaient été traqués comme des bêtes fauves. Ceux qui avaient refusé de prêter le serment à la constitution nouvelle, et c’était l’immense majorité, durent quitter la France (26 août 1792). Un grand nombre traversèrent la Manche et se réfugièrent en Angleterre, où ils furent reçus à bras ouverts et traités avec toute la déférence due à leurs malheurs. A l’automne de 1792, plus de 5,000 ecclésiastiques avaient trouvé asile en Angleterre ; un nombre considérable de laïcs, de toutes conditions, les avaient suivis. Il devint bientôt difficile de subvenir aux besoins d’un si grand nombre d’exilés, et pour alléger un peu le fardeau déjà lourd que l’Angleterre avait à porter, on songea à envoyer un certain nombre de ces prêtres au Canada ; ils devaient préparer les voies pour les émigrants laïcs qui les suivraient bientôt.

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