‹ La colonisation de la province de QuébecChapitre 40 sur 197 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

Lord Dorchester refusa d’accepter les honoraires de dix chelins qui lui étaient attribués.

Ce gouverneur, dont on ne saurait trop admirer le désintéressement, avait une opinion décidée sur ce sujet des honoraires et des commissions que les fonctionnaires du gouvernement se faisaient payer en sus de leur salaire. Dans une lettre très énergique à lord Dundas (31 décembre 1793), il disait c^u’il était contre

un système politique (1), qui, dans les circontsances où nous sommes, finit par détacher tout serviteur de la couronne de celui qui est chargé du gouvernement du roi.

Je considère que cette politique a été mise en pratique dès l’origine des gouvernements de Sa Majesté dans l’Amérique du Nord et a été la cause de leur destruction.

Comme eile n’avait pour objet que des avantages personnels auxquels le public ne pouvait participer, elle établissait un principe qui fut mis à profit avec diligence et s’implanta sans bruit jusqu’au jour où l’influence du gouvernement se trouvant neutralisée, les gouverneurs furent réduits au rang de correspondants incapables d’empêcher ni les spéculations pécuniaires des gens en place et des parents et associés de ceux-ci, ni les irrégularités d’aucune sorte.

Aussi il ne fut pas surprenant de voir ce fantôme de pouvoir exécutif sombrer dès l’explosion d’un premier orage pèlitique.

A l’arpenteur général.

Au procureur général.

Au secrétaire provincial Au registraire.

A l’auditeur.

A l’inspecteur des bois.

L’arpenteur général retourne le rapport d’arpetage, inscrit sur le plan général le nouveau canton et indique les subdivisions de celui-ci . £0 5 0

Sur réception du rapport de l’arpentage une copie en est envoyée par le secrétaire du Conseil au procureur général, avec l’ordre de préparer

un projet de lettres patentes . 0 2 2f

Ce projet est expédié au secrétaire provincial pour y être grossoyé et recevoir le Grand-Sceau 0 6 0 Ces lettres patentes sont ensuite inscrites dans

le bureau des registraires . 0 1 9f

Enfin elles sont enregistrées dans le bureau de l’Auditeur, et des copies de tous ces enregistrements doivent être régulièrement envoyées

au commissaire du Trésor . 0 1 6

Pour certifier s’il y a dans la partie de terrain concédée, des bois propres à la construction des navires de la marine royale . 0 1 0

Total du montant par 1000 acres . 200

En récompense de ses services, Hugh Finlay fut nommé auditeur pour les concessions de terre, le 17 juin 1795.

Il y avait des défectuosités dans la constitution de leurs gouvernements et des erreurs furent commises dans l’administration, mais malgré ces erreurs et ces défectuosités, il était impossible qu’il ne se trouvât pas au moins un gouverneur sur le grand nombre, capable de lutter avantageusement pour conserver sa province à la couronne, si tout pouvoir et influence n’avaient été au préalable détruits, et si la multitude déchaînée n’avait été abandonnée aux fauteurs de rébellion, qui enflammaient les passions et trompaient notre crédulité, jusqu’à ce que, conscients de leur force, ils se fussent montrés sous leur vrai jour.

La politique qui a perdu ces grandes provinces ne saurait préserver les fragments éparpillés qui restent.

Pour le moment, je me bornerai à conclure que tout ce qui peut avoir pour effet d'affaiblir le pouvoir exécutif sur ce continent, tend à détacher pour toujours celui-ci de la couronne de la Grande-Bretagne.

Le duc de Portland félicita lord Dorcliester de son désintéressement. Celui-ci lui répondit (1) que, s’il agissait ainsi, c’était en conséquence d’une proclamation faite en l’année 1766 par laquelle il se refusait à recevoir des honoraires tant qu’il serait gouverneur.

Les colons étaient alors très pauvres, et cette perception d’honoraires pouvait paraître, dans le temps, oppressive et sordide.

Parmi les fonctionnaires du gouvernement, il était nécessaire que quelques-uns fussent à l’abri de tout soupçon de péculat. Les circonstances ont quelque peu changé: les gens, sont plus riches ; on s’est habitué à cette manière d’agir, mais il continuait à croire que le représentant du roi en ce pays devait recevoir tous ses émoluments du roi seul.

Lord Dorcliester disait, dans cette même lettre, que les honoraires indiqués dans la table pour chacun des fonctionnaires chargés de voir aux concessions des terres de la couronne, n’étaient pas en proportion du travail que quelquesuns d’entre eux accomplissaient et des dépenses qu’ils avaient à faire. Il proposait de mettre au compte de l’arpenteur général les dix chelins qu’il avait refusés, pour sa part d’honoraires.

(1) 16 mai 1795, Arc. can. Q. 72-73, 1, p. 13.

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