‹ La colonisation de la province de QuébecChapitre 71 sur 197 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

alors qu’un homme de paille ; et il désirerait que le Comité crût que ce n’est certainement pas le cas.

On peut encore remédier à la perte de l’estime que peut souffrir le Comité, et le gouverneur désirerait sincèrement qu’on y remédiât ; on y remédierait immédiatement, en avouant (et tout le monde sait que c’est la vérité) que le rapport du 20 juin dernier était (1) fondé sur une erreur ; et en donnant de bon gré une assistance pour faire mettre à exécution les règlements de Sa Gracieuse Majesté.

Il est beaucoup plus honorable, dans toutes les situations de la vie de reconnaître une erreur (tous les hommes de temps à autre étant sujets à errer) plutôt que d’entreprendre de la défendre: si le gouverneur en aucun temps tombait dans une pareille erreur, il désirerait seulement pouvoir avoir les mêmes moyens de la réparer. Si le Comité choisit d’agir ainsi, tout sera encore bien : mais si, au contraire, il persiste à soutenir une erreur et à tomber dans une autre, le gouverneur ne se considérera pas blâmable pour aucun mépris auquel il pourrait se trouver réduit ; et dans pareil cas il ne voudra pas se rendre responsable si une pareille erreur était exposée devant tout le monde (2).

Nous avons vu plus haut que Prescott avait permis à certaines personnes de consulter les procès-verbaux du Conseil, et même d’en prendie des copies. Travailla-t-il en sous main à les faire imprimer ? Nous ne pouvons l’affirmer : il semble, toutefois, qu’il ne fut pas étranger à la publication qui en fut faite. Toujours est-il que, dans le courant de septembie, les procès-verbaux des assemblées du 20 juin et du 9 juillet parurent en brochure (3). Cette brochure renfermait une préface écrite pai l’éditeur lui-même, un allemand d’origine, disait Prescott (4), qui désirait remercier le roi et ses ministres de leurs bontés.

(1) Voir p. 115.

(2) Arc. can. Terres de la Couronne, procès-verbal du 20 septembre. Q .81-1 p. 95-179.

N. B. — Nous citons le mot à mot du rapport qui fut publié dans le temps, malgré les nombreuses fautes d’orthograpbe et de grammaire qu’il renferme.

(3) Extract from the minutes of Council containing His Majesty’s late régulations relative to the Waste Lands of the Croivn, with His Excellency the Governcr General’ s order of reference respecting the same, ta a Committee of the whole Council of the Province of Power Canada the said Committee reports thereon, and His Excelle ncy’ s speechin reply. Quebec, printed at the New Printing office Palace Street, 1798, 16 mo 55 pp.

(4) Prescott à Portland, (no 86) 23 octobre 1798. Q. 81-l,p. 45. Cet allemand était William Berczy, qui avait essayé d’établir une soixantaine de familles allemandes dans le canton de Markham, dans Ontario. Berczy ne reçut pas

CONFLIT AVEC LE GOUVERNEUR

En voyant ce petit volume, dont l’impression était annoncée dans la Gazette de Québec , et par des affiches placées dans les endroits les plus en vue de Québec, les membres du Conseil adressèrent (1) au gouverneu; un mémoire dans lequel ils disaient que c’étaient là un scandale “ sans précédent dans les annales des premiers gouvernements coloniaux les plus en butte aux disputes, à n’importe quelle période de leu; discorde

Us regrettaient un tel état de choses dans le Bas-Canada et déploraient surtout qu’il fût propagé par la presse du gouvernement. “ Les membres présents, ajoutaient-ils, se rendent compte que les ministres de Sa Majesté les plus directement en relation avec cette province seront peinés de constater qu’elle est le théâtre de semblables pratiques disgracieuses. De plus, ils regrettent que ces ministres doivent constater avec plus de chagrin encore que, par suite de la décision finale énoncée dans certaines iemaïques de la plus haute autorité de ce pays, il est plus que probable que ce scande le se répétera. Les membres présents sont très peinés que le représentant du roi ait jugé nécessaire de terminer ses remarques par une menace aussi extraordinaire, et de dédaigner leur bon sens au point de croire qu’une telle conduite leur en imposerait (22 septembre 1798) ”.

Ce mémoire fut suivi d’un autre (29 septembre) adressé également à Prescott, et dans lequel les membres du Conseil répondaient, en termes violents, aux remarques que le gouverneur avait faites sur leur rapport du 9 septembre devant l’assemblée de tout le Conseil, tenue le 20 septembre (2).

“ Accusés, disaient-ils, de dissimulation et de mensonge, ils ont été écrasés sous le poids de cette accusation et ont cru, à première vue, que si leur conduite était telle qu’elle les rendait susceptibles d’une pareille imputation, ils étaient indignes de la position qu’ils occupaient et n’avaient plus qu’à se retirer ; mais conscients d’avoir un devoir à remplir envers leur souverain, ils sont prêts à sacrifier leurs senti-

tout l’encouragement qu’il désirait du gouverneur Simcoe et dans la préface de la brochure en question, il raconte au long ses malheurs. Berezy s’établit plus tard à Montréal. Peintre habile, il a laissé plusieurs tableaux de valeur.

(2) Arc. can., Q. 81-1, p. 321. Voir p. 125-129.

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