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CHAPITRE XI

il demanda à Milnes de lui dire la valeur d’un quart de canton concédé sans aucune condition.

“ Ce n’est pas, disait -il, que l’on veuille assujettir aux lois générales un acte spécial, émanant de la munificence royale, mais le moins on s’écartera des règles établies, le mieux ce sera.”

Portland admettait que le plan proposé par Milnes était de nature à faciliter la distribution des octrois entre ceux qui avaient assisté régulièrement aux réunions du comité, et ceux qui n’y avaient fait que de rares apparitions, comme les honorables McGill et Lees. Ceux qui n’y avaient pas assisté du tout ne pouvaient espérer de participer à la faveur royale.

“ Dans tous les cas, ajoutait Portland, Sa Majesté s’en rapportera entièrement à votre discrétion sur ces différents points (1).”

Au mois de février 1801, Milnes annonçait à Portland qu’après une enquête sérieuse, il pouvait lui donner un état assez exact de la valeur d’un canton.

Un canton, disait-il, contient environ 44,000 acres à l’exclusion des réserves de la couronne et du clergé. Dans les cantons où les lignes extérieures ont été tracées la valeur d’un acre de terre est estimée au moins à quinze sous, soit 2,750 louis sterling pour le canton entier. Les frais d’arpentage pour diviser le canton en lots de deux cents acres chacun, peuvent être évalués à une somme allant de 140 à ISO louis et les déboursés à faire pour les droits d’acte, au taux de £3 6 8, par chaque mille acres, atteignent presque ce montant. En déduisant le chiffre de ces dépenses, la valeur réelle d’un canton peut donc être estimée à £2,500.

Quant à la valeur relative d’un canton octroyé avec ou sans des associés, il y a un point important que probablement Votre Grâce ignore, et qui complique l’évaluation qu’on en peut faire.

D’après le système adopté primitivement, le chef et ses associés ne devaient recevoir que douze cents acres chacun, et je ne crois pas qu’une plus grande quantité ait jamais été accordée, si ce n’est dans le cas où il s’agissait de récompenser quelqu’un pour services rendus en temps de guerre.

Dans la suite, par contrat passé entre le chef et ses associés, ceux-ci se sont engagés à remettre au chef toute

(1) Portland à Milnes, octobre 1800, Q. 85, p. 172-173.

Tétendue de terrain qui leur avait été concédée, ne se réservant que la bagatelle de 200 acres, le chef, de son côté, s engageant a solder lui- meme les droits d’acle et les dépenses encourues pour l’arpentage, de sorte que, dans le cas où un canton entier était donné à un chef, celui-ci, lors de l’obtention des lettres patentes, entrait en possession de 36,000 acres de terre, ou à peu près des 5-6 du canton. Il me semble qu'il serait contre la dignité d’un membre de l’Exécutif de conclure un pareil arrangement avec des associés, et je suis d’opinion que les concessions de terrain, que l’on se propose de faire aux membres du comité des terres, devraient leur être accordées sans l’obligation de se trouver des associés (1).

Milnes avait gagné son point. Dans le cornant de juin 1801 (2), Portland lui faisait savoir que Sa Majesté avait décidé d’accorder à chacun des six membres de l’Exécutif qui avaient assisté régulièrement aux assemblées du comité, le quart d’un canton, sans associés. Il laissait à sa discrétion de décider ce que l’on pourrait donner à MM. McGill et Lees, et s’il était convenable d’accorder quelque chose aux autres membres de l’Exécutif.

Il s’agissait maintenant de trouver un endroit propre à un établissement, où l’on pourrait découper des étendues de terre de nature à satisfaire les exigences des conseillers.

Il y avait, entre les limites des seigneuries de La Salle, de Léry et de Beauharnois, un territoire abandonné, que personne n’avait songé à demander. C’était le canton de Sherrington, situé dans le comté actuel de Napierville. C’est là qu’on décida de placer nos conseillers. Mais les choses traînèrent en longueur, et les lettres patentes pour ces terrains ne furent émises seulement qu’en 1809. Le 22 février 1809, 7,600 acres furent donnés à l’honorable François Baby, et 7,800 au lord évêque Mountain. Suzanne|et Marguerite Finlay reçurent en commun 8,395 acres, le 29 mai de la même année.

L’honorable John Young avait demandé, dès l’année 1796, la concession de la moitié d’un canton pour luifet pour dix -neuf associés. Dans le temps, sa pétition avait été renvoyée, parce que les membres de l’Exécutif ne croyaient

(1) Milnes à Portland (44) 24 février 1801. Arc. can. Q. 86-1, p. 134-136.

(2) Arc. can. Q. 86-1, p. 139-140.

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