CHAPITRE Xr
pas qu’il convînt que ceux mêmes qui avaient à juger de la légitimité des applications qui leur étaient soumises, participassent aux faveurs du gouvernement.
En 1809, les idées s’étaient quelque peu modifiées sur ce point, et on accorda à l’honorable Young une part égale à celle des autres membres du comité dans le canton de Sherrington. Celui-ci venait justement de faire cession de ses biens et, pour rembourser un de ses créanciers, James McCallum, il lui abandonna le morceau de terre dont il avait été gratifié. L’honorable Young sollicita la concession d’un nouveau terrain pour lui et pour dix associés. On lui donna, le 21 mars 1814, 8,042 acres dans le canton de Tingwick, et 4,800 acres dans ce même canton, le 24 décembre 1817. Enfin 3,855 acres furent concédés, dans le même canton, à l’honorable François Baby, le 30 juin 1818.
Après la transaction qu’il avait faite avec James McCallum, l’honorable John Young se trouvait encore débiteur envers celui-ci d’une jolie somme ; afin d’aider Young à s’acquitter complètement envers McCallum, le lord évêque céda à ce dernier 4,000 acres sur les 7,800 acres qui lui avaient été concédés dans le canton de Sherrington. On s’aperçut alors que l’ancien seigneur de La Salle, Sanguinet avait concédé des lots dans le territoire vendu à McCallum par le lord évêque ; et Mountain fut obligé de remettre mille louis à McCallum (1).
Comme dédommagement, on donna au lord évêque, en 1816, 4,435 acres de terre dans le canton de Stukeley. En 1824, Mountain fit ériger en fief et seigneurie, sous le nom de Thwaite, les 3,800 acres qui lui étaient restés dans le canton de Sherrington.
De son côté, James McCallum fit aussi ériger en fief et seigneurie, sous le nom de Saint-Jacques et Saint-Normand, les terrains qu’il avait eus de l’honorable Young et du lord évêque Mountain.
Enfin, Suzanne et Marguerite Finlay vendirent, en 1817, à François Languedoc, de Québec, qui le fit ériger également en fief et seigneurie, sous le nom de Saint-Georges (2), le
(1) Pétition du lord évêque Mountain au comte de Dalhousie 1816. Arc. can. Q. 159-2. p. 414.
(2) J. C. d’ass. B. C. 1832-33. Appendice N.
morceau de terrain qui leur avait été donné dans Sherrington.
Restaient encore à récompenser les honorables Osgoode et Dunn. L’ancien juge en chef Osgoode était retourné en Angleterre, lorsque Milnes reçut la permission d’accorder des octrois de terre aux membres de l’ancien comité des terres. En apprenant la chose, Osgoode écrivit à lord Hobart, le priant de lui permettre de participer lui aussi à la faveur royale. Il rappelait au secrétaire des colonies qu’ayant été nommé président du comité des terres, à la mort de l’ancien juge en chef, William Smith, il avait été bien surpris de constater que, pendant la présidence de son prédécesseur, on avait autorisé la distribution d’au delà de 170 cantons, sans s’occuper de faire prêter le serment requis par les instructions de Sa Majesté, à ceux qui en faisaient la demande. Afin de réparer cette erreur, il avait, disait-il, entrepris une campagne pénible, qui avait été la cause pour lui de nombreux déboires et la source de toutes les calomnies proférées sur son compte. Président du nouveau comité des terres, en 1799, il avait travaillé de toutes ses forces, pendant seize mois, pour faire rendre justice à tous. C’est pourquoi il croyait avoir droit à la même récompense que les autres membres de ce dernier comité, d’autant plus qu’il n’avait jamais reçu aucune faveur du gouvernement (1).
On le laissa attendre pendant de longues années cette marque de munificence royale, puisque ce ne fut seulement qu’en 1817, qu’Osgoode reçut 12,000 acres de terre dans les deux cantons de Sutton et Potton.
Quant à l’honorable Dunn, il fut gratifié, en 1816, d’une concession de 11,600 acres, dans le canton de Stukeley.
(1) Pétition de William Osgoode, 10 août 1803. Arc. can. Q. 93, p. 178-182.