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DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE

La période de l'histoire de la Nouvelle-France qui s'étend de 1714 à 1754, devait être l'âge d'or du commerce et de l'industrie. Les esprits clairvoyants avaient compris que le trafic de la fourrure qui jusques là avait été le grand objet du commerce de la Nouvelle-France, était bien aléatoire et sujet à des baisses considérables.

Il fallait songer à établir l'avenir commercial de la colonie sur des bases plus solides.

Le Canada était avant tout un pays d'agriculture; son sol fertile produisait abondamment toutes espèces de céréales, mais en outre les

(1) — L'Instruction au Canada, sous le régime français, p. 133. Ouvrage de grande valetir et d'une très riche documentation.

(2) — Mgr. A. Gosselin, Loc. cit. p. 135. Nous avons compulsé nous-même plusieurs liasses d'actes et surtout de contrats de mariage rédigés par les notaires Audouart, Aubert,Becquet,Chambellon,Duquet, Rageot, et Vachon, depuis 1636 à 1716, et nous y avons trouvé en grand nombre les signatures des fils et des petits fils des premiers colons, établis sur la côte de Beaupré et autour de Québec, à côté de la signature des hauts fonctionnaires de l'époque.

forêts, les mines, les pêcheries pouvaient devenir une source précieuse de revenus; il ne s'agissait que de faire valoir toutes ces richesses.

Talon s'y était employé pendant les quelques années de son intendance (1665-1672) et l'on avait vu régner alors sur les rives du St-Laurent et dans le havre de Québec, une activité qui ne devait renaître qu'après la paix d'Utrecht. Les intendants Bégon et Hocquart allaient être les instigateurs de ce mouvement de renaissance commerciale et industrielle.

Les Céréales.

Naturellement on encourage avant tout la culture des céréales. Le recensement de 1719 donne comme résultat des récoltes de l'année 234,566 boisseaux de blé, 50,416 boisseaux d'avoine et 46,408 boisseaux de pois (1). Le recensement de 1734 donne 737,892 boisseaux de blé, 163,988 boisseaux d'avoine, 63,549 boisseaux de pois et 3,462 boisseaux d'orge. (2).

En 1719,il y a 76 moulins à farine dans la colonie, il y en a 118 en 1734.

Dans les bonnes années, la récolte de blé dépasse la consommation annuelle; l'on exporte des farines aux Antilles et surtout à l'Ile Royale. Beauharnois et Hocquart annoncent au ministre en 1731, que le commerce du blé avec l'Ile Royale prend de l'importance. On y a expédié cette même année 700 quintaux de fleur de farine et 537 quintaux de pois blancs. Ils ajoutent que les habitants de l'Ile Royale se plaignent de la mauvaise qualité des farines que l'on envoie; ''cela provient, disent-ils, de ce que les blés de ce pays sont fort sales parce que l'on est pas dans l'usage de les cribler et que l'on n'a pas même les instruments nécessaires pour le faire" (3).

A leur requête le roi envoie en 1732 six cribles cylindriques qui sont distribués à divers propriétaires de moulins à farine dans le gouvernement de Québec, et en 1733 quatre autres destinés au gouvernement de Montréal sont expédiés. On défend aux propriétaires de moulins et à leurs meuniers de moudre du blé non criblé, à peine de cent livres d'amende et du double en cas de récidive. (4).

D'après un arrêt du roi, afin d'éviter toute fraude, les quarts de farine expédiés de Québec à l'Ile Royale ou ailleurs seront marqués aux deux bouts (5). Toujours est-il que l'exportation des farines canadiennes à l'Ile Royale et aux Antilles se fait avec succès jusqu'aux dernières années du régime français.

Le Chanvre.

Le chanvre réussissait parfaitement. C'était une culture que Talon avait fortement encouragée et qui se continue après son départ. En 1721, on le paie aux magasins du roi 60 livres du quintal (6).

(1) Recens, du Canada, Vol. IV, p. 52.

(2) Op. Cit., p. 57.

(3) A. C. G., 15 octobre 1731, Vol. 55, Fol. 249.

(4) Arrêt et Ordonnances, Vol. 2, pp. 352 et 363.

(5) A. C, Reg. Dep. 1732. Règlement pour les farines du Canada, Vol. 57. Fol. 733}4.

(6) Le Conseil de Marine à M. de Bégon, 14 juin 1721. Vol. 44. Fol. 5883^.

Les habitants ncouragés par ce haut prix cultivent cette plante avec grand succès. De 1722 à 1728 on a reçu 114,513 livres de chanvre dans les magasins du roi; sur cette quantité, 58,198 livres ont été expédiées à Rochefort. Il en reste dans les magasins 55,704 livres (1).

En 1729, Hocquart écrit à M. de Maurepas qu'il a 103,000 livres de chanvre dans les magasins, et que la récolte de l'année rapportera au-delà de 80,000 livres (2). Evidemment le prix de 60 et 40 livres du quintal est trop encourageant, il faut le diminuer.

Le roi annonce à l'intendant Dupuy qu'à partir du 1er janvier 1730, le chanvre ne sera plus payé que 25 livres du quintal (3). S'il y a surplus à l'avenir, on devra trouver le moyen de le consommer dans le pays; au printemps de 1732, le roi fait passer en Canada un cordier qui apprendra aux Canadiens à utiliser sur place ce produit (4). On en fabriquera surtout des cordages pour les navires en construction; tout de même, la réduction à 25 livres du quintal cause une diminution considérable dans la production, puisque le recensement de 1734 ne mentionne que 2,221 livres pour la récolte de l'année.

En 1746, le ministre écrit à M. Hocquart qu'il est bien fâcheux que la culture du chanvre soit presqu'entièrement abandonnée (5).

Le Tabac.

Le tabac croît à l'état naturel dans le pays. Le directeur du domaine du roi, le sieur Cugnet envoie en France en 1736 des échantillons de cette plante, qui sont jugés de qualité supérieure (6). Seulement la préparation est défectueuse; et les habitants ont beaucoup de peine à y remédier.

Ils le vendent au sieur Cugnet qui leur donne quatre sols de la livre (7). En 1743, les fermiers généraux décident de payer le tabac canadien 25 livres le quintal, rendu en France. (8). Les Canadiens trouvent ce prix peu élevé; ils demandent une hausse; les fermiers-généraux s'y refusent obstinément. La conséquence c'est que la culture du tabac est limitée à la consommation de la population, les habitants ne trouvent pas de profit à le cultiver sur une grande échelle.

La Pomme de terre.

Il est curieux de constater que l'on n'a pas songé à cultiver la pomme de terre au Canada avant les dernières années de la domination française. Le 24 février 1758, le ministre écrivant à MM. de Vaudreuil et Bigot (9), leur fait part d'un avis qu'il a reçu et qui lui permet de

1) M. D'Aiguemont, au Ministre, 8 nov. 1728. A. C. G. S. Vol. 50. Foi. 247.

2) A. C. G. s. Vol. 51. Fol. 240.

3) A. C. Reg. Dep. Vol. 52. Fol. 481 H- '4) A. C. Reg. Dep. Vol. 57. Fol. 665.

5) A, C. Reg. Dep. Vol. 83. Fol. 11.

6) A. C. Reg. Dep. Vol. 64. Fol. 424^.

7) A. C. Reg. Dep. Vol. 74. Fol. 50.

8) A. C. Reg. Dep. Vol. 76. Fol. 111.

9) A. C. Reg. Dep. Vol. 107. Fol. 25.

croire que l'on pourrait obvier à la disette dans une large mesure au moyen de la culture de la pomme de terre.

Ils voudront bien s'informer si ce tubercule existe en Canada et dans ce cas, devront pousser les habitants à le cultiver; ils feront en sorte cependant que cette culture ne nuise à celle des blés et ne conduise insensiblement le paysan à la paresse. Le ministre ajoutait qu'il valait mieux ne pas faire connaître cette plante aux sauvages.

Vaudreuil et Bigot répondirent que la pomme de terre était connue au Canada, mais que personne jusques là ne l'avait cultivée; dans les circonstances pénibles où se trouvait la colonie, il serait très à propos d'introduire cette nouvelle culture dans le pays; elle serait très profitable, disent-ils, au peuple qui manque de pain et meurt de faim. (1).

Les Pêcheries.

Il y a longtemps que l'on connaît l'étonnante richesse des eaux du golfe et du fleuve Saint-Laurent; elles abondent en poissons, cétacés de toutes espèces.

*' La pêche, dit Charlevoix, pourrait bien plus enrichir le Canada, que la chasse et on n'y dépend point des sauvages. Deux raisons de s'y appliquer qui n'ont pourtant pu jusqu'ici engager nos colons à en faire le principal objet de leur commerce". Ce qui empêchait les Canadiens de se livrer à ce commerce, c'était surtout le manque de fonds (3).

La pêche à la morue attirait chaque année grand nombre de vaisseaux français dans le golfe Saint-Laurent. Dès 1672, Pierre Denis, sieur de la Ronde avait établi à l'Ile Percée un poste important pour se livrer à cette pêche. Ce poste fut détruit en 1690 par Phipps (4). En 1688, le sieur Denis Riverin, marchand de Québec, qui s'était fait concéder une certaine étendue de terrain au Cap-Chat, sur la côte de Gaspé, établit un poste de pêche sédentaire à Matane. L'entreprise fut bientôt abandonnée; il essaya de nouveau de se fixer au Mont-Louis en 1697, et pour se procurer des fonds, s'adressa aux sieurs Barolet et Magneur de Paris; ''mais ceux-ci, dit Charlevoix, voulant receuillir avant que la moisson fut mûre, leur impatience fit avorter tous les projets" (5).

En somme, à venir jusqu'à la conquête, les Canadiens se contenteront d'envoyer chaque année, pendant la belle saison, quelques vaisseaux qui fréquenteront les bancs de morue et retourneront à l'automne au port de Québec.

La pêche qui semble le mieux réussir aux Canadiens est celle des marsouins. Ces amphibies foisonnent dans le fleuve. Charlevoix en a vu plusieurs prendre leurs ébats devant Québec; il ajoute qu'ils ne montent guère plus haut que cette ville (6).

(1) Il est à remarquer, que la pomme de terre, quoique connue depuis longtemps en Allemagne, en Suisse, en Irlande, ne fut réellement introduite en France, qu'en 1771, par Parmentier, qui eut à vaincre une forte opposition de la part du publie français.

(2) A. C. G. S., 8 août 1758. Vol. 103. Fol .3.

(3) Journal d'un voyage dans l'Amérique Septemtrionale 1744, p. 143.

(4) Les Pêcheries de la Province de Québec, par E. T. D. Chambers, p. 38, et seq. Ip) Histoire et description de la Nouvelle-France, Tome I, 1744, p. 539.

(6) Journal historique d'un voyage en Amérique 1744, p. 147.

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D'après les documents de l'époque, il appert que le privilège de cette pêche aurait été concédé en 1705 au sieur Hazeur de Québec, pour une période de 15 ans, avec une gratification de 500 livres chaque année (1).

En 1721, ce privilège fut renouvelé en faveur de sieur Boishébert, seigneur de la Rivière-Ouelle et du sieur Peyre (2). Le roi leur accorda une gratification annuelle de 500 livres qui fut supprimée en 1732 (3).

En 1721, il y avait sept pêches à marsouins établies à la Baie-St-Paul et six à la côte sud, dans les paroisses de Ste-Anne de la Grande-Anse, de la Rivière-Ouelle et de Kamouraska. On avait capturé cette même année dans les pêches de la Baie St-Paul, 160 marsouins qui avaient produit 1200 barriques d'huile vendues à 100 livres la barrique. Toutes ces pêches sont exploitées par des particuliers et les "profits iraient fort loin, si les marsouins étaient des animaux d'habitude, mais soit instinct ou caprice, ils trompent souvent toutes les mesures des pêcheurs et prennent une autre route que celle où on les attend" (4).

La pêche du loup-marin et celle de la vache-marine se fait dans le Golfe, aux Iles-de-la-Madeleine surtout. Les sieurs Antoine et Joseph Pascaud, négociants de la Rochelle, reçoivent du roi en 1744, le privilège exclusif de la tuerie des vaches-marines et des loups-marins aux Iles de la Madeleine (5).

Ce privilège leur est renouvelé en 1751 pour neuf ans (6). De la peau des loup-marins, "on fait de très bons souliers et des bottines qui ne prennent pas l'eau. On en couvre aussi des sièges dont le bois est plutôt usé que la couverture" (7).

Les eaux du golfe St-Laurent ne renferment pas seulement des marsouins, des loups-marins, des vaches-marines; le plus gros des cétacés, la baleine s'y rencontre également. Les Basques le savaient depuis longtemps.

En 1735, deux négociants de St-Jean-de-Luz, les sieurs D'Etcheverry et Daragorry entreprennent la pêche à la baleine, dans le Golfe (8) Le roi leur accorde un privilège exclusif pour quatre années. Chaque printemps leur frégate "l'Adélaïde" quitte Bayonne pour les Sept-Iles où ils ont un établissement sédentaire. La chasse est généralement fructueuse; soit manque de fonds, soit difficulté de transport, les armateurs Basques abandonnent l'entreprise après quelques années. Les sieurs Daragorry obtiennent un nouveau privilège en 1755 (9) avec promesse d'une indemnité pour chaque baleine capturée; mais bientôt, leurs navires naviguant sous pavillon espagnol, sont pris par les Anglais; c'est la ruine définitive des armateurs.

(1) Le Ministre à Hazeur et Cie, 24 juin 1905, A. C. Reg. Dep. Vol. 27. Fol. 68.

(2) A. C. Reg. Dep. Vol. 44. Fol. 503 J^.

(3) A. C. Reg. Dep Vol. 57. Fol. 6523^.

(4) Charlevoix. Op. Cit., p. 148.

(5) A. C. Reg. Dep. Vol. 78. Fol. 2. (6 A. C. Reg. Dep. Vol. 93. Fol. 2.

(7 Charlevoix, Journal historique d'un voyage en Amérique, 1744, p. 148.

(8) A. C. Reg. Dep. Vol. 63. Fol. 4953^.

(9) A. C. Reg. Dep. Vol. 101. Fol. 1.

Mines, Forges de Saint-Maurice

Dès le début de la colonie, les explorateurs français s'étaient occupés de la recherche des mines. La relation de 1672 fait mention d'une mine de cuivre sur les bords du lac Supérieur (1).

Dès 1686, on connaissait l'existence d'une mine de plomb sur les bords du lac Témiscamingue (2). Cette mine fut visitée en cette même année par le chevalier de Troyes, au cours de son expédition à la Baie d'Hudson. C'est la mine actuelle de Wright.

Il ne semble pas que les mines du lac Supérieur et celle du Témiscamingue aient jamais été exploitées par les Français.

On s'occupa surtout des mines de fer. Des gisements de ce minérai avaient été découverts en 1666, au bord de la Rivière-du-Goufîre, à St-Urbain. L'intendant Talon faisait faire à la même époque,des explorations dans d'autres parties du pays et découvrait de riches mines aux environs des Trois-Rivières. Malgré la grande valeur de ces mines on ne songea pas alors à les exploiter et ce n'est seulement que soixante ans plus tard que les premières forges furent établies au Canada.

En 1730, en effet, le roi accorda au sieur Poulin de Francheville le privilège d'exploiter pendant vingt ans, les mines de fer du Saint-Maurice (3). De Francheville se mit aussitôt à l'œuvre; des bâtiments, des usines furent bâtis et bientôt commença l'extraction du minerai. Deux ouvriers experts furent envoyés de France pour enseigner aux Canadiens les procédés de fonte du minerai (4).

Le roi accorde au sieur de Francheville une avance de 10,000 livres (5). Le succès de l'entreprise est certain; malheureusement de Francheville étant mort au commencement de l'année 1735, les opérations ne purent continuer et le 23 octobre les associés survivants remettent entre les mains du roi la propriété des Forges et le droit d'exploitation des mines.

Dès l'année suivante, une nouvelle compagnie formée des sieurs François-Etienne Cugnet, Pierre François Taschereau, Olivier de Vé/iain, Jacques Simonet et Ignace Gamache, achète la seigneurie de St-Maurice et le 22 avril 1737, par un arrêt du roi, elle obtient le privilège d'exploiter les mines de fer (6).

Le roi fait aux associés une avance de 100,000 livres (7) ; bien plus, il consent d'acheter 400 milliers de fer pour les arsenaux de la Marine en France (8).

Les Forges fabriquent pour la population canadienne des poêles, des chaudrons, des marmites, des fers à repasser, des haches et autres articles d'un usage quoditien. Malgré le succès apparent de l'entreprise, les

(1) Relation des Jésuites, 1672, p. 2.

(2) Chemin du bout de l'Ile de Montréal au lac Témiscamingue sur le bord duquel est la mine de plomb, 1686. Etablissement de divers postes. Canada, C. II. Vol. 13. Fols 277, 278.

(3) Brevet en date du 25 mars 1730. A. C. Reg. Dep. Vol. 54. Fol. 487.

(4) A. C. Reg. Dep. 1731. Vol. 55. Fol. 127.

(5) A. C. Reg. Dep., 1733. Vol. 58. Fol. 437}^.

(6) A. C. Reg. Dep., 1737. Vol. 65. Fol. 436H.

(7) A. C. Reg. Dep., 1737. Vol. 65. Fol. 39.

(8) A. C. Reg. Dep., 18 mai 1738. Vol. 67. Fol. 29^-

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affaires vont mal, et en 1743, les associés remettent au roi leurs privilèges; ils doivent au Trésor la somme de 192,692 livres (1).

Le premier de mai 1743, les Forges sont réunies au domaine royal (2). Ce que deviennent les forges exploitées au nom et au profit du roi, les documents des dernières années du régime français, nous l'apprennent, elles fournissent le fer pour l'équipement des vaisseaux du roi construits à Québec, pour les industries de la colonie; bon an, mal an, les recettes et les dépenses s'équilibrent. Franquet qui visita l'établissement en 1753 en donne une description intéressante (3). Tout de même il ne peut s'empêcher d'avouer que l'exploitation des Forges est une charge onéreuse pour le roi (4).

Bois. — Construction des vaisseaux.

La forêt qui couvre la plus grande partie de la Nouvelle-France est encore sa principale richesse. Seulement les Canadiens ne semblent pas presser d'aller puiser à ce trésor. L'on se contente d'en tirer du bois de chauffage, de quoi à bâtir sa maison, clore ses champs et c'est tout.

Les plus belles essences: le chêne, l'orme, le frêne, l'érable, le pin, l'épinette sont impitoyablement brûlées dans le défrichement.

C'est encore Talon qui prendra les devants, il sera ''le pionnier de la construction des navires en ce pays " (5). Dès son arrivée à Québec, il écrit à Colbert (6). "Je juge qu'on pourra quelque jour bâtir ici des vaisseaux propres à la navigation, lors particulièrement que nous serons plus avancés vers le sud où les arbres sont d'une belle venue et où les chênes sont moins rares qu'ici".

Dès l'été de 1666, il fait construire un navire de 120 tonneaux (7). A son retour de France en 1670, il oblige les seigneurs à réserver, pour la construction des navires, les chênes qui pourront se trouver dans l'étendue des concessions qu'ils feront à leurs censitaires. L'année suivante, il a sur les chantiers un navire de 400 tonneaux, (8).

La construction des vaisseaux est abandonnée après le départ de Talon. Les deux intendants Raudot essaient de restaurer cette industrie, mais leurs efforts se heurtent à un obstacle insurmontable: le manque de ressources dans la colonie (9).

L'on continue cependant l'exploitation de la forêt pour en tirer des bois de commerce que l'on expédie en France. En 1688, le sieur Hazeur, négociant de Québec, a deux moulins à scie, établis dans sa seigneurie de la Malbaie. De même les messieurs du Séminaire de

(1) A. C. Reg. Dep., 30 avril 1743. Vol. 76. Fol. 48.

(2) A. C. Reg. Dep. Vol. 76. Fol. 51.

(3) Voyages et Mémoires sur le Canada. Manuscrit des Archives provinciales.

(4) Op. Cit.,

(5) Jean Talon. M. Chapais, p. 90.

(6) Mémoire de Talon au ministre sur la situation du Canada. A. C. G. S. Vol. II. Fol. 150.

(7) Talon au roi, 11 novembre 1666, A. C. G. S. Vol. II. Fol. 216.

(8) Mémoire de Talon à Colbert, sur le Canada, 11 novembre 167Ï, A. C. G. S. Vol. III. Fol. 172. ^ . .,.,

(9) "Il est vrai que les habitants de cette colonie et la plupart des négociants domjcilies se portent naturellement à la construction, mais la main-d'œuvre y est si cher et les habitants si peu opulents qu'ils peuvent pas faire de grandes entreprises". Beauharnois et Hocquart au ministre, 25 octobre 1729. A. C. G. S. Vol. 51. Fol. 15.

Québec ont un moulin à la Baie St-Paul, qui produit annuellement vingt-cinq milliers de planches (1).

A la demande du sieur Hazeur, le roi envoie de France un vaisseau pour prendre chargement des planches, des bordelles, des barriques préparées dans ses moulins (2). En 1720, il y a dans la colonie 28 moulins à scie (3). On connaît depuis longtemps en France la grande valeur des bois canadiens, car, tous les ans, les vaisseaux qui reviennent de Québec, en apportent de beaux échantillons; ces bois pourraient être employés, avec profit, pour la construction des vaisseaux de la marine royale. En 1724, le roi charge un lieutenant de vaisseau M. de Tilly de visiter les pinières du Canada (4). Celui-ci explore les forêts de la Baie-St-Paul, de la Malbaie, du Saguenay. Il se rend jusques sur les rives du Richelieu, dans la seigneurie de Chambly, qui appartient à M.deRamezay; c'est l'endroit qui semble le plus avantageux pour l'exploitation du bois de construction. On y a coupé des mâts de 78 pieds de long, de 22 pouces de diamètre, à 17 pieds du gros bout et 15 au petit

L'intendant Bégon avait passé, dès 1724, un contrat avec M. de Ramezay pour la fourniture chaque année de 8,000 pieds de bordages de pin et de 4,000 planches (6). M. de Ramezay étant mort, sa veuve continue de charger chaque année, sur les navires qui retournent en France, les planches, les bordages, les mâts de pin, mais en 1727, on refuse tout-à-coup de prendre les bois de madame de Ramezay.

L'intendant Dupuy surpris de ce mauvais vouloir de la part des capitaines de navires, écrit au ministre que le commerce du bois sera toujours languissant si Ton ne trouve pas un débouché à ce commerce dans le pays; il suggère au ministre d'entreprendre ici même la construction des vaisseaux du roi (7).

Le roi hésite, la colonie n'est pas encore assez développée pour se lancer dans une pareille entreprise. Il suffit pour le moment d'encourager la construction chez les particuliers (8).

En 1729, Hocquart allait reprendre l'idée de ses prédécesseurs; quelques jours après son arrivée à Québec, il écrivait au ministre: ''Je regarde la construction des bâtiments comme un des objets qui méritent le plus d'attention par rapport à l'augmentation du commerce" (9).

L'année suivante il annonçait au ministre qu'il avait choisi un endroit proprice pour l'établissement d'un chantier. Cet endroit était à quatre ou cinq arpents du Palais, sur la rivière St-Charles au-delà

(1) Denonville et Champigny au ministre, 6 novembre 1688, A. C. G. S. Vol. 10. Fol. 8.

(2) 26 octobre 1692, Requête de François Hazeur, marchand de Québec et Jean Grignon, marchand de la Rochelle, son associé, à M. de Frontenac et Champigny, exposant qu'ils ont depuis six ans établi à grands frais des moulins à scie à la Malbaie et qu'ils feraient de grandes pertes, si sa Majesté ne leur venait en aide en mettant ses vaisseaux à leur disposition pour transporter leur bois en France. Ordonnance faisant droit à cette requête. Coll. Moreau, de St-Maury, 1691. Vol. 5.. Fol. 107.

(3) Recensement du Canada. Vol. IV, p. 53.

(4) 6 juin 1724, A. C. Reg. Dep. Vol. 47. Fol. 1183.

(5) Le ministre à Beauharnois, 14 mai 1726. Reg. Dep Vol. 49. Fol. 63 SJ/^.

(6) 30 mai 1724, A. C. Reg. Dep. Vol. 47. Fol. 1126.

(7) Dupuy au ministre, 21 octobre 1726. A. C. G. S. Vol. 48. Fol. 297.

(8) Le Ministre à M. Dupuy, 8 mai 1727. A. C. G. S. Reg. Dep. Vol. 50. Fol. 515.

(9) 25 octobre 1729. A. C. G. S. Vol. 51. Fol. 296.

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de l'Ermitage de St-Roch; "il s'y trouve, dit-il, 18 ou 20 pieds d'eau dans les grandes mers ordinaires, qui est un fond suffisant pour y construire les plus gros vaisseaux" (1).

Le roi se décide enfin à faire quelque chose pour encourager les particuliers qui font les frais de la construction des vaisseaux au pays; il accorde une gratification de 500 livres pour chaque vaisseau de 200 tonneaux qui sera construit, 150 livres pour chaque bateau de 30 jusqu'à 60 tonneaux et 200 livres pour ceux de 60 tonneaux jusqu'à 100 (2).

La gratification provoque un réveil soudain. Il y a de suite augmentation considérable dans la construction des vaisseaux marchands. Dix navires sont construits en 1732; onze en 1733 (3).

De longs trains de bois réuni en cages, bordages de chêne, pièces de mâture de pin, descendaient à Québec et venaient s'échouer à l'entrée de la rivière St-Charles. L'abbé Louis Lepage de Sainte-Claire, seigneur de Terrebonne, fournissait la plus grande partie de ces bois (4) ; il avait bâti des moulins dans sa seigneurie et se livrait avec un grand zèle à l'exploitation des forêts de son domaine.

Il avait même préparé un long mémoire sur la construction des navires, que Hocquart adressa au ministre, l'accompagnant d'une lettre où il parle en termes très élogieux de l'abbé Lepage de Sainte-Claire (5).

L'on pouvait maintenant se dispenser de faire venir de France ce qui était requis pour l'équipement des navires, les forges de St-Maurice fournissaient le fer, du chanvre qu'on récoltait ou fabriquait des cordages solides; de la forêt on retirait un autre produit qui joue un rôle important dans la construction des vaisseaux : les brais et les goudrons. Des fournaux pour la fabrication de ces produits avaient été établis à Berthier, (6) à Kamouraska, à la Baie-St-Paul, à Chambly (7). Ils fournissaient une marchandise de première qualité.

Rien de surprenant si au cours de ces années, la construction des navires à Québec, prend de merveilleux développements.

En 1739, Hocquart voit ses efforts couronnés de succès, le roi lui apprend (8) qu'il fera construire à Québec pour son compte une flûte de 500 tonneaux, le sieur Néré LeVasseur, sous-constructeur, sera chargé de la direction des chantiers; si le succès de cette construction répond aux espérances, le roi fera entreprendre d'autres corvettes d'un plus fort tonnage. M. Hocquart exulte; avec quel intérêt il suit les progrès de la construction de cette première frégate. Aussi les bois les plus précieux

(1) A. C. G. S., 1731. Vol. 55. Fol. 19.

(2) Mémoire du roi à Beauharnois et Hocquart, 8 mai 1731. A. C. Reg. Dep. Vol. 55. Fol. 521 1^.

(3) Mémoire du roi à MM. Beauharnois et Hocquart, 12 mai 1733. Vol. 58. Fol. 470J4-

(4) Le sieur abbé Lepage a livré au commencement d'octobre les bordages et les planches ' qu'il est tenu de fournir en exécution de son marché. Ils ont été tirés à terre et mis derrière le Palais. Ils sont bien travaillés et de bonne qualité. 3ème série. Vol. XI. (Hocquart à M. de Maurepas). 25 octobre 1729. A. C. C. G. Vol. 51. Fol. 276.

(5) 25 octobre 1730, A. C. C. G. Vol. 52. Fol. 181 à 188.

(6) Le ministre à M. de Beauharnoir, 22 avril 1737 R. D. Vol. 65. Fol. 409^.

(7) Le ministre à Hocquart, 14 avril 1738. Vol. 68. Fol. 7.

(8) Mémoire du roi à M. Hocquart, 1er mai 1739. Vol. 68. Fol. 34.

de la forêt canadienne: chêne blanc, chêne gris, orme, pin blanc sont seuls utilisés dans sa construction (1).

Le 4 juin 1742, le premier navire de guerre bâti à Québec, le ''Canada" est lancé aux acclamations de toute la population québécoise; sous le commandement du sieur le Gardeur de Beauvais et avec un équipage de 80 marins levés à St-Malo, il cingle vers Rochefort.

Chaque année, l'on assiste à ces lancements qui attirent toujours un grand concours de peuple.

Au printemps de 1744, c'est le ''Caribou" vaisseau de 700 tonneaux portant 22 canons et un équipage de 104 hommes, qui quitte le chantier de la rivière St-Charles. En 1745, c'est le "Castor", frégate de 26 canons et portant un équipage de 200 hommes, ce navire commandé par le sieur Morpain, capitaine du port de Louisbourg, reçoit une destination nouvelle; il est chargé de protéger le commerce du Canada avec l'Ile Royale, l'entrée et la sortie du St-Laurent aux vaisseaux allant ou venant de France (2).

''La Martre" lancé en 1747 est le dernier vaisseau de guerre construit au chantier du Palais. Le tonnage des navires augmentant continuellement et par conséquent leur tirant d'eau,bientôt le lit de la rivière 9t-Charles, même au niveau des plus hautes marées, ne fut plus assez profond pour permettre aux vaisseaux de sortir sans difficulté de son estuaire et être conduits en rade. Un nouveau chantier fut installé au Cul-de-Sac, à la Basse- Ville (3).

Le premier navire construit au nouveau chantier est le "Saint- Laurent", lancé au printemps de 1748; il est armé de 60 canons de 18 pouces et commandé par le sieur de Tilly.

En 1750, c'est le tour de "l'Orignal" frégate de 70 canons qui malheureusement se rompt en quittant le chantier (4). En 1753, c'est "l'Algonquin" (5); en 1756, c'est "l'Abénaquise" capturée par les Anglais, l'année suivante. Ces deux derniers navires n'étaient que des petites corvettes armées très légèrement.

A partir de 1755, l'on avait abandonné la construction des grands navires. Le ministre écrivant à Vaudreuil et à Bigot (6) leur annonçait qu'il avait pris cette décision parce que les frégates, le Caribou et le Saint-Laurent n'avaient pas répondu aux belles espérances qu'elles avaient d'abord données; les bois employés dans leur construction étaient de mauvaise qualité, et ces deux navires construits au prix de si grandes dépenses étaient déjà en ruine.

On n'en continue pas moins de construire des vaisseaux marchands jusqu'à la conquête.

(1) Le ministre à M. Deslandes, 27 septembre 1743. Vol 77. Fol. 70.

(2) Le ministre à MM. de Beauharnois et Hocquart, 10 mars 1745. Reg. Dep. Vol. 81. Fol. I.

(3) Le ministre à MM. Beauharnais et Hocquart, 5 mai 1745. Vol. 81. Fol. 54.

(4) La Jonquières et Bigot au ministre, 11 octobre 1750. A. C. C.G. Vol. 95. Fol. 23.

(5) Le ministre à M. de Villeon, 23 avril 1755. A. C. Reg. Dep. Vol. 98. Fol. 77.

(6) 13 juillet 1755, A. C. Reg. Dep. Vol. 101. Fol. 16.

Importations et exportations

Les Canadiens ont maintenant une flottille de vaisseaux d'assez fort tonnage (1) qui transportent aux Antilles, à l'Ile Royale et en France les produits de la colonie et reviennent chargés des marchandises de la mère-patrie. On exporte aux Antilles et à l'Ile Royale des farines des pois, des légumes, des bois de charpente; en France, des peaux de castor, d'élans, de cerfs, de chevreuil, des pelleteries, des fourrures, de la morue, des huiles, du saumon salé, du tabac, des bois de construction, de charpente, de menuiserie.

En retour, les Iles fournissent à la colonie, les tafias, les sirops; la France, les eaux-de-vie, les vins, les sels, les étoffes de laine, les cotonnades, les soieries, les chapeaux; les moulins de Montpellier en Languedoc fabriquent annuellement pour le Canada cent mille couvertes de laine (2).

Quelle est la valeur de ces importations et de ces exportations? Hocquart donne un premier état en 1729. Il a calculé un peu à l'aventure, aussi M. de Maurepas reste surpris; il ne peut comprendre que la valeur des marchandises entrées dans la colonie puisse s'élever à trois millions et celle des marchandises qui en sont sorties, y compris les lettres de change, qu'à 1,287,256 livres (3).

(l) Voici à titre de renseignement la liste des navires qui sont venus devant la ville de Québec' tant de France que des Iles de la Martinique et de l'Ile Royale, et ceux qui sont partis de la même ville en l'année 1725.

Noms des navires

Capitaines

Lieu d'où ils sont

Départ

de Québec

Lieu de

leur

destination

Ile Royale.

Bordeaux.

Ile Royale.

Bordeaux.

Ile Royale.

La Martinique.

Marseilles.

Ile Royale.

La Martinique.

Lacatin

Le Vaudreuil

DeSouche

Picoza

St-ViUemay

Latour

Chevalier

Ile Royale

17 juillet. . . .

2 août

L'Union

La Marie- Anne

La Madeleine

Le St-Charles

Abel

Rodrigue

Lamalotière

Ile Royale

4 août

Le St-Pierre

La Ste-Anne

Le St-Jean de Bayonne

La Marguerite

La Richardière. . .

Sorbe

Le Duc de Bourgogne

Le Fier

Veillon

La Martinique . . .

27 juillet

La Ste-Clair

Le Comte de Toulouse

CaiUau. . ;

Chevalier

Freneuse

Notre-Dame-des-Angea

La Minerve

Lafortery

André Coreille. . . .

Nantes

St-Malo

31 Octobre. . .

La Marie-Anne. . :

(2) La grande quantité de ces couvertes s'explique par la traite avec les sauvages qui s'étendait au nord, au nord-ouest, à l'ouest et au sud à 200, 400, 600 lieues de Québec. B. Suite, Le commerce de France, M. R. C. S., section I. p. 56.

(3) A. C. Reg. Dep., 10 avril 1731. Vol. 55. Fol .477^.

Hocquart précise davantage; en 1734, les marchandises entrées montent à la somme de 2,100,271 livres et celles sorties ne s'élèvent qu'à 809,932 livres; l'excédant n'est pas aussi élevé qu'il le parait, attendu que les marchandises entrées dans la colonie sont portées au prix vendant tandis que celles expédiées le sont à leur valeur à la sortie (1).

En 1735, les marchandises d'entrée montent à la somme de 2,303,662 livres et les retours à 1,755,798 livres (2), en 1737, 1,913,142 contre 1,677,695 (3); en 1739, 1,827,081 contre 1,760,917. Dans les années qui suivent, les exportations diminuent considérablement. Hocquart exphque le fait par la médiocrité des récoltes. A la veille de l'ouverture de la guerre en 1754, il ne reste plus pour ainsi dire, que l'exportation des pelleteries.

Commerce des Pelleteries.

Malgré la contrebande qui en fait passer une partie dans la Nouvelle-Angleterre, la pelleterie de castor reste encore le grand objet du commerce canadien. Le privilège de la traite de cette pelleterie accordé en 1706 aux Siurs'Aubert, Néret et Gayot (4) expire en décembre 1717.

La Compagnie d'Occident, plus tard des Indes, qui leur succède, obtient "le privilège de recevoir, à l'exclusion de tous autres, dans la colonie du Canada, à commencer du 1er janvier 1718, jusques et y compris le dernier décembre 1742, tous les castors gras et secs que les habitants de la dite colonie auront traités (5)".

Les congés que l'on donne pour aller en traite chez les sauvages, abolis depuis 1696, sont rétablis en 1716 (6). Sur les représentations des missionnaires qui se plaignent amèrement des désordres causés par le trafic de l'eau-de-vie chez les nations indiennes, les congés sont de nouveau abolis en 1719 (7) ; ils sont définitivement rétablis en 1726.

On ne tarde pas à découvrir des abus considérables dans la vente de ces congés; c'est ainsi qu'ils sont payés jusqu'à 1000 livres chacun au lieu de 250 livres, le prix fixé (8). Bien plus, les postes de traite qui jusques là ont été affermés à des particuliers sont affermés aux officiers militaires qui en ont le commandement, moyennant finance. On voit de suite les inconvénients d'un pareil système. L'officier use de son autorité pour extorquer aux sauvages les fourrures qu'ils sont forcés de vendre à des prix dérisoires.

(1) Le ministre à Hocquart, 10 avril 1736. Vol. 64. Fol. 423 K-

(2) Le ministre à Hocquart, 22 avril 1737. Vol. 65. Fol. 411^.

(3) Hocquart au ministre, 1738, A. C. G. S. Vol. 70. Fol. 247.

(4) Chap. VI. page 39.

(5) Lettres patentes pour l'établissement d'une compagnie de commerce sous le nom de Compa gnie d'Occident. Arrêts et Ordonnances. Vol. p. 378.

(6) Déclarations du roi portant le rétablissement des 25 congés pour aller faire la traite avec les sauvages qui seront marqués par ces permissions. A. C, Col. Moreau de St-Méry, 28 avril, 1716. Vol. 7. Foll. 356.

(7) Le ministre à l'Evêque de Québec, 14 juin 1721, A. C. Reg. Dep. Vol. 44. Foll. 515.

(8) Le ministre à M. Dupuy, 14 ami 1728. Vol. 52. Fol. 497.

C'est à ce cumul impolitique que le roi attribue la diminution du commerce des fourrures (1).

Les sauvages portent leurs pelleteries aux Anglais qui leur fournissent des écarlatines bleues (2) et surtout de l'eau-de-vie à bien meilleur marché que les Français (3).

Dans l'espoir d'arrêter ces courses qui causent un tort considérable au commerce canadien, et surtout éloignent les Indiens des établissements français, le roi décrète, en 1742, que l'exploitation des postes des pays d'en haut sera faite à l'avenir par les marchands et négociants de la colonie à qui la traite de ces postes sera affermée, après enchère (4).

La Compagnie des Indes se résout en 1746, à payer le castor gras, quatre livres, le castor veule et sec, 3 livres et quinze sols au lieu de cinquante cinq sols, les autres espèces, trente sols la livre au lieu de vingt (5).

Ces ordonnances ont un résultat appréciable, le commerce du castor et de la pelleterie en général reprend vigueur et demeure actif jusqu'aux dernières années du régime français (6).

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