‹ La colonisation du Canada sous la domination française; précis historiqueChapitre 3 sur 19 · ARCHIVES · texte numérisé non relu

ARCHIVES

Nous croyons faire œuvre utile pour les amateurs d'histoire du Canada en indiquant les sources où nous avons puisé et les ouvrages que nous avons consultés dans la composition du préssnt travail.

Nous avons pris un soin scrupuleux de ne rien écrire qui ne fût appuyé sur des preuves authentiques.

Après la capitulation de Montréal, les fonctionnaires de la colonie emportèrent en Fiance les papiers du gouvernement et de l'intendance. Ces papiers déposés aux Archives du Ministère des Colonies à Paris, sont répartis en six séries.

(1) L'histoire de nos villages c'est de l'histoire de France en petits morceaux, a dit V. Hugo.

SÉRIE "A". — Actes du pouvoir souverain. — Ce sont les édits du Roi et les arrêts du conseil d'Etat. En 1803 et en 1806 le gouvernement du Canada a fait publier ces édits et arrêts. Il y en a eu une deuxième édition, revue, corrigée et augmentée en 1854.

SÉRIE "B". — ^EUe comprend 212 registres qui renferment des dépêches émanant du roi, des secrétaires d'Etat, du président du conseil de Marine, des gouverneurs et autres officiers des colonies.

SÉRIE "C". — C'est la correspondance générale, c'est-à-dire, les lettres adressées du Canada au Roi et à ses ministres, par les gouverneurs, intendants, commandants militaires et autres fonctionnaires. Elle comprend 221 volumes et deux cartons subdivisés, comrne suit:

C-U (1) Canada. Correspondance générale. 124 vol. et deux cartons. C-11 (2) Acadie, correspondance générale. 10 Vols. C-11 (3) Papiers concernant les limites. 16 Vols. C-11 (4) Ile Royale et Ile Saint-Jean. 38 Vols. C-1 1 (5) Ile Royale et Terreneuve. 16 Vols. C-11 (6) Correspondance Raudot et autres mémoires. 12 Vols.

SÉRIE "D". — Cette série se divise en deux parties:

D (1) Correspondance relative aux troupes. D (2) Matricules et revues.

Le volume 47 de la série D-2, contient la liste des soldats du régiment Carignan-Salière qui s'établirent au pays.

SÉRIE "F". — C'est dans cette série que se trouve la collection Moreau de St-Méry, qui renferme un grand nombre de documents importants sur l'histoire^ du Canada, qu'il est impossible de rencontrer ailleurs. La série F contient aussi un certain nombre de cahiers concernant les compagnies de commerce et les missions religieuses du Canada.

SÉRIE "G". — Cette série se partage en trois subdivisions:

G (1) Etat civil des colonies, recensement, actes de foi et hommage,

aveux et dénombrements et titres de concessions. G (2) Greffes judiciaires.

G (3) Notariat des colonies.

Presque tous les registres des séries B, C-U, D et F, ont été anlysés par MM. Marmette et Richard; les sommaires qu'ils en ont rédigés ont été publiés dans les rapports sur les Archives canadiennes pour les années 1885, 1886, 1887, 1899, 1904 et 1905.

Ces registres ont été copiés et sont maintenant déposés au département des archives à Ottawa; c'est là que nous avons pu les consulter; grâce à l'obligeance de l'archiviste en chef, M. A. G. Doughty et de ses assistants, le travail de recherche à travers cette masse de papiers est grandement facilité; d'autant plus qu'un guide très complet de toute la collection des archives canadiennes vient d'être publié par M. David Parker. (1)

Les archives provinciales à Québec contiennent plusieurs collections précieuses, à savoir :

Les ordonnances des Intendants;

Les registres d'intendance;

Les édits, arrêts, déclarations et commissions de Sa Majesté;

Les registres plumitifs ou jugements du conseil supérieur;

Les insinuations du conseil supérieur;

(1) A guide to the documents in the manuscript room at the Public Archives of Canada, Vol. I, prepared by David W Parker, Ottawa, 1914.

Les registres de la prévôté de Québec;

Les papiers terriers;

Les actes de foi et hommage;

Les aveux et dénombrements;

Tous ces documents sont des originaux; ils sont maintenant réunis en un seul dépôt sous le titre général d'Archives de la Nouvelle-France.

Les archives de Québec renferment en outre trente-cinq volumes de manuscrits relatifs à l'histoire du Canada, divisés en trois séries. Ces manuscrits contiennent plus particulièrement des copies de la correspondance officielle du gouvernement français, des gouverneurs et intendants de la Nouvelle-France, contenue dans les séries B et C-11 des archives mentionnées précédemment.

Bien que ces manuscrits soient loin d'être complets ils sont cependant très utiles au chercheur.

Les archives provinciales relèvent du secrétariat de la province. Le préposé à la garde de ces documents précieux est M. Eudore Evanturel à qui nous sommes heureux de témoigner notre reconnaissance pour l'obligeance dont il a fait preuve envers nous.

Les archives judiciaires déposées au Palais de Justice, rue Saint- Louis, renferment les greffes des anciens notaires et des anciens arpenteurs, les procès-verbaux des grands voyers, les registres de baptêmes, mariages et sépultures pour le district de Québec, depuis l'origine de la colonie. Il y a là une mine de renseignements pour l'historien en quête des petits détails; et quel charme de retrouver sur ces chiffons jaunis et à peine lisibles quelque chose de la vie intime de nos ancêtres, de presser ces vieux papiers où leur main plus habituée à porter la hache et le fusil que la plume, à apposer la signature d'un nom qui vit toujours.

Si c'est un travail ardu que de défricher ces vieilles écritures qui nous reportent à deux cents ans en arrière et olus, la récompense est souvent magnifique.

Pour faire l'historique complet de la colonisation française en Amérique, il resterait à consulter les archives de St-Sulpice, de l'Archevêché de Québec, du Séminaire de Québec, et tout spécialement celles des anciennes paroisses.

"Enfin, dirons-nous avec M. Edmond Roy, pour bien comprendre l'histoire des premiers colons français il nous manquera toujours un élément essentiel: la correspondance qu'ils ont eue. Le fait que la plupart de ces colons savaient lire et écrire implique qu'ils devaient envoyer des lettres à leur famille en France. Le colon heureux, content de son sort et de sa situation, a dû le dire aux siens. Que sont devenus ces milliers de lettres ? C'est une lacune qui probablement ne sera jamais comblée. Une phrase de ces lettres serait souvent plus expressive qu'un volume. Pour une de ces lettres ne donnerait-on pas bien des commentaires ? C'est le caractère, le tempérament, le genre même des individus qui apparaîtraient. Plus de suppositions. C'est l'homme même qu'on verrait". (1)

(1) Rapport sur les archives de France relatives à l'Histoire du Canada, par J.-Edmond Roy, Ottawa, 1911, p. 7-

Page 1