‹ La colonisation et la forêt [microforme]Chapitre 4 sur 8 · DIFFERENCE DES SOLS · texte numérisé non relu

DIFFERENCE DES SOLS

En général le vremier, dans son ‘nsemble, est loin de valoir le se- <ond. Il est beaucoup plus rocheux, de composition plus irrégulière, plus <apricieuse. Lorsqu'on le défriche, ©n trouve une terre qui, grârs à l'humus que les siècles y ont accumlé, grâce aux cendres du défrichement, donnera peut-être de bonnes récoltes pendant dix ou quinze ans.

Mais une fois cette provision d'engrais naturel épuisée, le ruissellement superficiel la lavera bien vite, <mportant le plus riche, l'argile, et laissant en place le sable et le gravier, Ce sera la disotte Dour le colon, à moins qu'il ne fasse un copieux usage d'engrais artificiel, ce qui serait assez dispendieux. Kt si de plus, Par suite d’un calcul inconsidéré, il & épuisé la provision de bois d'oeuvre <t de feu qui recouvrait primitivement sa terre, la ruine sera mena- <ante.

A propos de la fertilité naturelle des sols d'origine glaciaire, M. G.-C.

Piché, ingénieur forestier de Québec, a eu l'occasion de faire examiner vinet-et-un échantillons choisis par lui-même dans le canton Tellier, comté de Joliette. Ce district n'est Pas encore ouvert à la colonisation,

RE ne non ee See et il s'agissait précisément de savoir quelle était la valeur du sol au point de vue de l'agriculture, M. le Dr Schutt,, chimiste de rimentale, men, 8e prononce comme suit :

étant de sterres sableuses, n'existant qu'en quantité négligeable dans la plupart d'entre eux, et, là où on la trouve, —dans quatre ou cinq— la proportion en est très faible, Ce sont donc surtout des sables, scuvent à gros grains, avec vier, portion variable de matière végétale. Le plus grand nombre des échantillons sont tout à fait pauvres comme terres agricoles, mique qu'on a en a fait confirme absolument cette manière de voir. Sauf quatre ou cinq, de matières végétales et d'azote. Et, comme il faut surtout tenir compte de ceux-ci quand il s'agit d'apprécier la fertuité moins de pratiquer là une culture spéciale,

la Ferme expéchargé de faire cet exa-

‘“‘On peut regarder ces sols comme l'argile

un peu de graauxquels est associée une pro-

et l'examen chi-

on y rencontre peu

- un sol, je crois que, à

ces terres deviendraient bientôt tout à fait impropres à l'agriculture.

“En somme, je crois que ces lots conserves en forêts et traités suivant un bon système d'exploitation forestière, donneraient de meilleurs revenus que si on voulait les exploiter :'our des fins agricoles. Quelques-uns Pourraient être cultivés avec profit, mais le plus grand nombre ne produiraient que d’une façon transitoire.” Voilà pour le sol morainique.

Le sol d'alluvion au contraire, localisé, comme nous l.vons dit, dans le voisinage des lacs ou dans les vallées des rivières, a une valeur bien plus grande, C'est un sol profond, analogue À celui de la grande plaine du St-Laurent. Sa composition géné-

rale est Plus riche; 1] est éminemment Propre à l'agriculture et, avec {| * On peut affirm des soins intelligents, il devra don- rêts réservées donneront-

ner indéfiniment d'excellentes ré- | ft à la Province que les coltes,

Doit-on Conclure de là qu’il faille retirer du so?

absolument Condamner + ‘t détri- Cependar, “2 étudiant ce Point de chement des parties Morainiques ? licat de la Colonisation Non pas. Les Moraines Peuvent que]. &ions MOntagneuses,

de déboisement et de Culture à bart | Gont

Yéritables réserves de substances blusieurs grandes rivières de la réru

grais ssentiellement transitoire.

Sidérément les Colons vers les en-

Probablement mes profits que ceux des sols d'allu- | dans la gêne toute leur vie, et où ils Vion, 11 Y a là des Conditions Spéciales | auront de la difficuité à élever leurs qui demandent à être eXaminées et | enfants et à les établir,

ran ies. L'existence d'un Petit nom- nord ou du s'id, Colonisés depuis bre de bons Jots dans ün Canton n'en | trente ans Où plus, pour Y rencontrer Justifierait Das, il me semble, l'ou- beaucoup de terres défrichées qui verture au défricheur Pourquoi ne | sont Maintenant abandonnées ‘

de istert déjà, diri les Colons vers les seront difficulté à les établir.

ment serait

avaient Pourtant tenté nt de courage.

P&s ici à Ja légère. Jp ” Quelques Cantons du "14, Colonisés

: beauuc Jes Propriétaires une somme qui ne 1ême la valeur des

it été Construits :

d'autres encore qu'on la‘sserait à n'importe quel prix, pourvu qu'on n'en eût plus la charge, Tout ce bra-

ve monde veut s'en aller sans s’inquiéter autrement de perdre ainsi le fruit de nombreuses années de travail. Le passé est trop triste, l'avenir trop sombre, pour ne pas leur faire perdre courage tout à fait.

Voilà autant de cultivateurs ou de fils de cultivateurs qui se dirigeront tôt ou tard vers les usines des centres manufacturiers Canadiens ou américains.

Je connais de science personnelle, |

entre Trois-Rivières et la Malbaie, sur la rive sud du bouclier Canadien, des Paroïisses, ou mieux des embryons de paroisses, qu'on n'aurait jamais dû ouvrir au défrichement. Depuis un demi-siècle et plus, les culft. «teurs y traînent une miséreuse existence, sans aucun espoir de voir leur sort ou celui de leurs enfants s'améliorer un jour, Et c'est vraiment merveilleux de trouver ces braves sens rete.

nus ainsi sur place par le seul attachement au triste coin de terre qui les a vu naître ou qui a été témoin de leurs premiers labeurs, Des per-

sonnes, que j'ai tout lieu de croire |

bien renseignées, affirment la même chose de avelques localités situées en arrière de Trois-Rivières, dans la région du Nominingue, le long du |

avertisse le nouveau colon du rôle qu'on lui réserve. Surtout qu'on lui dise bien claire: ent qu'il devra cultiver d'une manière spéciale, ne demander au sol que quelques espèces de récoltes, et renoncer aux autres.

Et si, malgré tout, il tient encore à tenter l'épreuve, 11 ne devra s'en prendre qu'à lui des mésaventures qui l'attendent.

Cependant, en dirigeant le colon vers ces régions pauvres, prenons garde, car nous jouons ici avec la fortune publique, avec la richesse nationale. Le sol dont il s'agit, avant que le cclon ne s'en empare n'était Pas un désert, I] pouvait être coté à un prix assez élevé, soit à cause de la valeur de la forêt qui le couvrait, soit à cause du régime régulier que celle-ci assurait aux rivières et, ‘par suite, au développement normal des forces hydrauliques. Par conséquent, si le sol est de qualité tout à fait inférieure ; si la forêt une fois dispa-

rue, la surface perd bien vite toute valeur au point de vue agricole et la terre finit par être abandonnée ; si, après tout cela, il faut attendre un siècle ou plus pour voir renaître une seconde forêt exploitable, soit qu'elle ait repoussé d'elle-même, ou soit par suite de procédés de sylviculture toujours dispendisux ; nous n'avons qu'une chose à faire : éloigner le co-

chemin de fer du Lac St-Jean et ailleurs. | On a dit quelque part qu'il fallait | concéder ces maigres lots pous assu- | rer la continuité des groupes de colons, l'entretien des chemins, etc. ; que ces lots morainiques pouvaient donner de bonnes récoltes, si on les | défrichait et si on les cultivait d’une | manière appropriée. à leur pature. | | |

C'est possible. Mais, au moins, qu'on

lon et conserver précieusement la forêt. Car celle-ci donnera toujours des revenus au pays, alors que le colon

| aurait misérablement végèté dans la

gêne ou l'indigence, lui et ses enfants, sans auCun profit pour personne.

Quand nous parlons de forêts combromises sous prétexte de colonisation, les faits de ce genre ne manquent pas. D’après l’un des derniers rapports de M. Piché, dans le seul

si Possible, l'état dans lards du d

unes vu rates pour servir à Pulpe ;

Je me trompe, n’est pas auss

leur très Place,

le sol est et, pendant des 8,

es l'action ruissellement

sante, le mince cou

pour toujours, Et c’est aiusi qu'on a

notable d'un

Publique COmpromise tage d'indi-

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