‹ La colonisation et les colonies allemandes;Chapitre 90 sur 184 · POPULATION · texte numérisé non relu

POPULATION

Au Ie' janvier 1903, la population blanche totale est de 4.682 individus, en y comprenant 42 femmes indigènes mariées avec des blancs.

11 y a 3.391 individus du sexe masculin et 1.249 du sexe féminin.

Le district où les blancs sont le plus nombreux est celui de Windhuk, avec 1.315 blancs.

Au point de vue de la nationalité, on compte : Allemands, 2.998; — Boers et Afrikanders, 973; — Anglais, 453; — Autrichiens, 40; — Scandinaves, 35; — Russes, 19; Hollandais, 29 ; sans nationalité, 101 ; — divers, 34.

A la suite de la conclusion de la paix dans l'Afrique du Sud, le nombre des Boers et Afrikanders, qui était encore de 1.354 en 1902, est descendu à 973 en 1903.

Au point de vue des professions, on compte : fonctionnaires et militaires, 939; — ecclésiastiques et missionnaires, 54; — commerçants, 277; — colons et fermiers, 813; — ingénieurs, architectes, etc., 18 ; — ouvriers, 693 ; — marins, 6; — médecins (autres que les médecins militaires ou du gouvernement), 4.

b) Population indigène.

La population est relativement très faible, au regard de la superficie du pays. Elle n'est que de 300.000 individus environ, appartenant aux peuplades Ovembos, Hereros, Damaras, Namaquas (Hottentots) , etc. Il y a un certain nombre de métis. Une grande partie de cette population indigène s'occupe de l'élevage du bétail et possède une quantité assez importante des animaux dont la statistique a été donnée plus haut.

ORGANISATION ADMINISTRATIVE 1. GOUVERNEMENT, PERSONNEL, ADMINISTRATION GÉNÉRALE

a) Gouvernement et personnel.

Le chef du gouvernement est un gouverneur qui exerce en même temps les fonctions de consul pour l'enclave anglaise de la baie de la Baleine. Avant 1890, le chef du gouvernement avait le titre de Landeshauptmann ou de commissaire.

Il est assisté d'un juge supérieur, d'un receveur des finances, d'un chef de la douane, d'un directeur de la poste. Le juge supérieur est assisté de deux juges et de deux juges-suppléants. Les chefs de service ont sous leurs ordres un personnel de bureau. Il y a en outre un certain nombre de fonctionnaires à attributions techniques, médecins, ingénieurs fdes mines, des cultures, etc.), architectes, etc.

La colonie est divisée en neuf district : Keetmanshoop, Gibéon, Gobabis, Windhuk, Swakopmund, Karibib, Omaruru, Outjo, Grootfontein. Le siège du gouvernement est à Windhuk. Les administrateurs de districts ont le titre de capitaines de district {Bezirkhauptmann) .

b) Administration générale. Ordre et salubrité.

Les plus importantes dispositions particulières du Sud-Ouest africain sont les suivantes :

Police de sûreté. — Arrêtés du commissaire du 10 août 1892 et du 29 mars 1897, interdisant l'introduction dans la colonie des armes à feu, de la poudre et autres munitions.

Avis du gouverneur, du 16 janvier 1899, sur l'application de la loi d'Empire sur les substances explosives.

Police de la voirie et de la salubrité. — Règlement du 12 septembre 1898, sur la construction des maisons.

Différents arrêtés sur la circulation, le droit de péage sur certains chemins, etc.

Agriculture. — Différents arrêtés concernant les mesures préventives contre les maladies du bétail.

Commerce . — Différents arrêtés sur le commerce des spiritueux et les débits de boissons alcooliques.

Arrêté sur les transports des marchandises, la conduite des bestiaux, etc.

Arrêté du 8 novembre 1899, ordonnant d'employer exclusivement les poids et mesures allemands.

Arrêté autorisant la poste à réquisitionner les véhicules privés et l'aide des particuliers pour le transport des messages, sauf indemnité à verser au requis.

Chasse et pêche. — Arrêté du 4 janvier 1892, ordonnant que celui qui voudra se livrer à la chasse, en y employant des bêtes de selle, de somme ou de trait, devra solliciter un permis qui sera délivré pour un an contre un droit de 1.000 marks. La chasse des autruches est interdite du 1er août au 30 octobre, ainsi que la récolte de leurs œufs. Il est défendu en tout temps de tuer les éléphants et les autruches femelles. Le tout sous peine d'amende ou d'emprisonnement jusqu'à trois mois.

Police forestière. — Arrêté du 7 août 1894, établissant dans le district de Windhuk un district forestier réservé dans lequel l'abatage du bois est interdit.

Arrêté du 4 août 1894, interdisant les incendies de forêts et punissant ces incendies ou les tentatives, réserve faite des peines déjà prévues par les lois pénales générales, de l'emprisonnement jusqu'à trois mois et de l'amende jusqu'à 3.000 marks. Le même arrêté ne permet de brûler les mauvaises herbes qu'avec l'autorisation administrative.

Mines. — En raison de l'abondance des richesses minières dans la colonie, les textes sur l'exploitation des mines sont assez nombreux. Une ordonnance impériale du 20 mars 1898,

concernant la recherche et l'extraction de l'or et des métaux précieux, concéda à la Société coloniale du Sud-Ouest africain un privilège sur tout le sous-sol de la colonie, mais ordonna en même temps que ladite société devrait permettre la prospection, sous certaines conditions, et se conformer elle-même à un certain nombre de prescriptions pour ses entreprises propres.

Une nouvelle ordonnance du 15 août 1889 modifia du tout au tout ce premier état de choses et abrogea l'ordonnance de 1888. Furent permises en toute liberté la recherche et l'extraction des pierres précieuses, métaux précieux (or, argent, platine), minerais, minéraux propres à fournir du soufre, de l'alun, du vitriol, du salpêtre, graphites et bitumes, mais seulement dans les territoires de la colonie qu'un avis administratif déclarait territoires libres pour la prospection. Sur certains territoires, notamment sur ceux que la Société du Sud-Ouest africain avait acquis antérieurement à la première ordonnance (celle de 1888), cette société garde son privilège intact. L'ordonnance de 1889 règle encore différents points, notamment le montant des droits à verser pour entreprendre des recherches et la répartition de ces droits, dont la moitié est versée* au propriétaire du sol (particulier ou chef indigène), l'autre moitié appartenant à l'administration des mines (si le sol n'appartient ni à un particulier ni à un chef indigène) pour couvrir les dépenses de cette administration, sauf, au cas où les sommes ainsi reçues sont supérieures à ces dépenses, à remettre la moitié de cet excédent à la Société du Sud-Ouest africain, pour être employée dans l'intérêt de la colonie.

Une ordonnance impériale du 6 septembre 1892 règle les conditions dans lesquelles seront examinés les droits de ceux qui, avant la publication des diverses ordonnances antérieures, avaient fait des recherches, procédé à des extractions, acquis des terrains dans ce but, etc.

L'administration des mines fonctionne sous la haute surveillance du gouverneur, donne son avis sur les permissions de fouilles, fixe les indemnités à payer par les concession-

naires, se prononce sur les contestations en matière de mines, perçoit des droits fixes que doivent payer les concessionnaires et les répartit comme il a été dit plus haut, enfin exerce la police des mines.

Toute réclamation contre une décision de l'administration des mines doit être portée devant le gouverneur, dans un délai de six mois à dater du jour où a été publiée ladite décision (arrêté du gouverneur du 14 juillet 1890).

Indigénat. — Différents arrêtés interdisent l'embauchage des indigènes et leur émigration hors de la colonie. Les agences d'embauchage ne sont pas tolérées dans la colonie et leurs propriétaires peuvent être expulsés immédiatement.

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