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la voi re par excelleuce pour les mauvais chemins et les montagues, ik est d’une légèreté extraordinaire, ne pesant ordinairement nue 125 livres. Elle recoit un ou deux ièges et il reste assez d'espace pour mettre sur la planche un bagage de 500 à 1000 livres. On monte ou on descend facilement de cette voiture, qui est basse, et elle n'offre aucun Ganger, même au cas où elle viendrait à verser, Aussi nous sommes-nous promis de n’en avoir jamais d’autres pour une suvelle excursion. Lorsque nous calculâmes que les chevaux de M. Beaubien traînaient, en sus d’une charge de 2000 livres, un wagon d'environ 1200 livres, nous fûmes effrayés d’avoir exposé ces pauvres bêtes, pesant 1200 à 1300 livres, à se morfondre, Hourrah donc pour la barouche et le cheval maigre du voiturier Piché qu., trois jours durant, et de longs jours, tenait le devant, de bonne humeur, au bas comme au haut des monts qu’il gravissait pour la moitié au galop. Mais quel art il mettuit à les descendre ! Il commençait à se placer l’arrière-train de travers pour lui faire porter la charge, et il louvoyait dans ces côtes qui sont quelquefois d’une raideur à donner le vertige.
A 7 heures du matin (c'est trop tard), le 8 août, les chevaux piaffaient dans la cour du presbytère et nous partions, au signal des détonations des fusils, en route pour le nord. Il faisait un temps ravissant, Le soleil était prodigue de ses feux, c'est vrai, mais une brise légère en tempérait les ardeurs. Ta petite ville de St-Jérôme était superbe à voir, drapée dans ses feuillages verts, disposés en guirlandes le long de ses rues. Sa rivière, que les rapides font murmurer, souriait à l’industrie qui se réveillait dans les moul'ns et les manufactures. C'était la veille du marché
qui, à St-Jérôme se tient le mardi et le vendredi, et nous
fûmes vraiment étonnés de rencontrer une foule d’habitants s'y rendant pour vendre leurs produits. De fait, on y
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comptait à certains jours plus de cent voitures. C'était vraiment beaucoup pour un marché qui n’avait été ouvert que depuis quelques années,
Ce qui nous surprit le plus, ce fut de voir la quantité de framboises que les habitants du Nord descendaient à la ville de St-Jérôme, où quelques commerçants achetaient toutes celles qui leur étaient apportées. Avant cette époque, on laissait se perdre une quantité considérable de ces fruits, qui viennent avec tant d’abondance dans les terrains incultes que le feu a visités. Chose singulière, tandis qu'aux Etats- Unis on cultive la framboise et qu’elle rapporte jusqu’à 8500 piastres l’arpent, on ne profitait pas d’une abondante récolte que nous offrent spontanément nos brûlés pour la seule peine de la cueillir, Aujourd'hui c’est un commerce à St-Jérôme comme les bluets (myrtilles) au Saguenay. Les marchands prêtent des sceaux de deux gallons aux colons qui les leur rapportent remplis de framboises à raison de 50 centins chacun. Les mêmes framboises se revendent à Montréal de 75 à 80 centins le seau.
En cette année, on y expédiait jusqu’à quinze cents seaux pur jour, et l’on nous assure qu’il s’y est vendu pour environ $15,000 de framboises provenant des alentours de St. Jérôme, en 1883; pour $20,000 en 1884, et pour 825,000 en 1885. Voyez donc quel commerce pour une seule localité, sans compter les avantages qu'offre la consommation de ce fruit du framboisier, qui constitue un aliment sain et qui peut se convertir en différentes boissons rafraîchissantes. En effet, les framboises ont une odeur suave et une saveur aromatique, On en fait du ratafia, du vinaigre framboisé, du vin, de l’hydromel. On en obtient par la fermentation une liqueur alcoolique. Elles servent à argmatiser les glaces ; on les conserve entières dans des sirops ou de l'alcool faible sucré. Ecrasées dans l’eau ou en sirop, les framboises forment une boisson rafraichissante, qui convient
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| De dans les fièvres inflammatoires, bilieuses, l'angine, le scorbut, etc.
Les feuilles du framboisier, inodores et légèrement styptiques, servent en gargarisme dans les irritations de la gorge et comme détersives, Ses fleurs sont sudorifiques comme celles du sureau, Aussi je ne saurais trop recommander la culture du framhoisier qui vient à mervéille dans tous les terrains, et pour lequel la cerdre de bois est un excellent engrais. Les pépiniéristes ont des plants d'excellentes variétés. D'ailleurs notre framboisier sauvage cultivé acquiert des qualités tout à fait remarquables. La culture en est très facile, et il se reproduit par les tiges nombreuses qui croissent à ses pieds,
Laissons là notre dissertation sur le framboisier, sans renoncer cependant aux framboises elles-mêmes qui s’étalent le long de la route et qui offrent un bon dessert à nos repas rustiques.
Nous traversons la paroisse de St-Jérôme dont les limites sont désignées au décret du 15 novembre 1834, comme suit : “ bornée vers le nord-est, partie à l'augmentation de la seigneurie de Terrebonne et partie aux terres de la couronne ; vers le nord-ouest, partie au Canton d’Abercrombie, et partie aux terres de la couronne ; vers le sud-ouest, partie aux terres de la couronne et partie à l’augmentation de la seigneurie du Lac des Deux-Montagnes; vers le sud-est, à la seigneurie de Blainville annexant à la dite paroisse cette partie de la dite augmentation du Lac des Deux-Montagnes, qui se trouve comprise entre la rivière du Nord et la ligne nord de la paroisse de Ste-Scholastique.” Moins ce qui forme la paroisse de St-Janvier, laquelle, au nord, est bornée par la ligne qui longe la profondeur des terres nord de la côte St-Pierre, et celle qui longe la profondeur des terres sud-est de la côte Ste-Marie (Décret du 24 déc. 1845); moins cette partie comprise dans la municipalité des Mille-
Isles, organisée le ler juillet 1855, qui comprend les côtes Ste-Marguerite, St-Eustache, St-Joseph et Ste-Angélique ; moins cette partie comprise dans St-Colomban, c’est-à-dire cette partie de l'augmentation de la seigneurie du Lac des
Deux-Montagnes qui se trouve au nord de la rivière du Nord,
En 1845, pax proclamation du 18 juin, la partie de la paroisse comprise dans le comté du Lac des Deux Montagnes fut retranchée de St-Jérôme pour les fins civiles,
Par proclamation du 4 novembre 1846, une autre partie
en fut détachée pour former la paroisse de St-Janvier de Blainville.
La municipalité comprend toute la paroisse canonique (Proclamation dn 22 avril 1847 et du ler juillet 1865) à l'exception de cette partie de la côte Ste-Marie, annexée à Ste-Monique par ordre en conseil du 11 décembre 1873, et à l'exception enfin de la ville de St-Jérôme qui, par la proclamation du 7 décembre 1880, est délimitée comme suit: ‘“ du côté ouest de la rivière du Nord, s'étendant depuis la route Meunier jusqu'à la propriété d’Alphonse Bélanger inclusivement, sur toute la profondeur des terres de cette concession, y compris la propriété de Toussaint Trudelle, sise sur le côté est de la propriété du dit Alphonse Bélanger ; sur la rive est de la dite rivière du Nord, elles s'étendent depuis la route de la côte St-André jusqu’à la ligne nord de la propriété de Mélassippe Longpré; comprenant dans les dites limites, outre les limites du village de St-Jérôme actuel, toutes les terres de la première concession de la rivière du Nord jusqu’à la ligne sud du domaine de Bellefeuille ; et de là, en partant d’une distance de treize arpents de la dite rivière du Nord, jusqu’à la partie supérieure de l’île du dit Mélassippe Longpré, comprenant toutes les tles de la rivière du Nord, situées dans les limites ci-dessus.”
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Pour compléter les informations que me fournit M. C. E. Deschamps dans sa “ Liste des Municipalités dans la Province de Québec,” il convient de dire que le cadastre pour St-Jérôme, par proclamation du 18 octobre 1877, est en force depuis le 2 novembre de la même année,
En quittant St-Jérôme pour nous diriger vers St-Sauveur, nous laissons à notre droite Ste-Sophie, dans la seigneurie de Terrebonne, et St-Hypolite, avec son grand lac de l'Achi: gan, dans le canton d’Abercrombie,
À propos d’Abercrombie qu'on me permette une digression, et ce ne sera pas la dernière, Dieu merci, C’est avec un sentiment pénible qu'on aperçoit notre province de Québec couverte de noms anglais qu’on a donnés aussi aux rues, aux villes, aux cantons. Passe encore pour Abercrombie qui est un homme célèbre, mais quand on apercoit des noms comme Kilkenny, Howard, Wesford, Wentworth et d’autres encore plus barbares, on est à se demander comment il se fait que les Canadiens endurent un tel empiètement dans.notre province de Québec si française, et qu’on ne laisse pas à Ontario le soin de glorifier ces noms, qui nous sont inconnus, quand ils ne sont pas ceux d'hommes hostiles à notre race. C'est de l'indifférence de la part de nos hommes d'autrefois, qui ne remarquaient pas que ce sont des monuments élevés en l'honneur de ces étrangers, qui n’ont eu rien à faire avec nos gloires, (Cette complaisance de notre part aura pour effet de faire croire aux générations qui viennent que les Anglais nous avaient sous leur talon. Mais là où l'indifférence devient coupable, c’est lorsqu'on laisse partie de notre territoire porter les noms de ceux qui nous ont persécutés. C’est plus que de la libéralité. Et pourtant ça existe !! Il ne faut rien moins qu’apercevoir les grands noms de Montcalm, Morin, Cartier, de Salaberry, de Lorimier et autres pour empêcher la honte de aonter au front et la rage de se loger au cœur!
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Est-ce qu’il n’en existe pas, dans l’histoire de notre patrie, des hommes qui ont droit à la reconnaissance des Canadiens-français ? Donner leurs noms aux divisions du pays serait un moyen de leur ériger des monuments. Pourquoi ne le faisons nous pas? Qu’auront à dire messieurs les Anglais ? Soyons justes, mais ne soyons pas trop naïfs, et surtout n’abandonnons pas des privilèges que nous n’avons pas le droit de céder, et qui sont plus importants qu’on ne se l’imagine, puisque l'exercice de ce droit redirait que notre nationalité est maîtresse du sol et que nous sommes chez nous, Comment se fait-il qu’une poignée d’aventuriers soit venue ici nous faire la loi? C’est parce que nous n'avons jamais eu foi en notre force, et que l’audace nous a supplantés. Que ceux qui sont aux affaires le sachent, les concessions ne doivent pas se faire au détriment de droits qu'il nous est libre de conserver et qui touchent de si près à notre nationalité. Un dira peut-être que ces noms ont été donnés à une époque où le Haut-Canada était uni au Bas. C’est vrai pour la plupart; mais ne peut-on pas les remplacer? Que ferait à M. Doncaster, à M. Chilton ou à M. Grandison que les çantons qui portent leurs noms s’appelassent Plessis, Lartigue ou Bourget? Est-ce que les valeureux officiers français ou nos hommes politiques dévoués, qui ont si vaillamment lutté pour nos libertés, ne valaient pas les commerçants de bois de la Rivière rouge de la Lièvre ou de la Gatineau ? Allons donc! La plupart de ceux-ci se sont enrichis des sueurs de nos voyageurs, tandis que ceux-là ont sacrifié leur vie pour le bonheur du peuple.
Je ferme ma parenthèse et je continue mon chemin vers
St-Dauveur,
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SOMMAÏRE : LA ROUTE DE ST-JÉROME A ST-SAUVEUR, — “ PONT SHAW”. — LES ÉTRANGERS. — LES PRÉJUGÉS RELIGIEUX. — ST- SAUVEUR. — SA POPULATION. — LETTRE DU RÉV. M. ST PIERRE. — LE CANTON MORIN. -- UN TOUR DE JEUNES GENS.
La route de St-Jérôme à St-Sauveur est très poétique. Elle longe tantôt à l’est, tantôt à l’ouest, la Rivière du Nord, qui serpente à travers des collines et des plaines d’un riant aspect. Son lit est quelquefois côteleux, mais ses eaux, presque toujours calmes, réflètent la sérénité des cieux. L'étoile y scintille le soir avec l'ombre des arbres qui les rendent sombres même pendant le jour. Elles se précipitent quelquefois en bouillonnant des rochers à fleur d’eau, et forment des cascades écumantes, dont la course folâtre s'annonce au loin par un babil qui porte à la mélancolie, L'industrie a placé sur ces torrents des moulins qui mêlent leurs voix à cette clameur constante des chaussées qu'a ménagées la nature ou qu'a élevées le géuie,
Comme ces cours d’eau sont bien une image fidèle de la vie, qui s'écoule tranquille ou agitée, riante ou sombre, suivant que les écueils y abondent, que le ciel s’y mire, que les rameaux bienfaisants y entretiennent une douce fraîcheur. Les passions, ces récifs de l'existence, qui sont si souvent l'écueil où se brisent les embarcations mal dirigées, ne servent-elles pas, elles aussi, quand elles sont réprimées par les digues de la raison, à faire des merveilles plus grandes encore que celles que l’on constate dans l’industrie ?
Où vont-elles ces eaux qui prennent naissance dans ces antres profonds des montagnes ? Elle sortent du sein de la terre comme nous. Comme nous elles passent en faisant plus ou moins de bruit, en semant quelques bienfaits et en causant beaucoup de dégats, pour aller se confondre dans le
gouffre sans fond d’ur océan sans bords,
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Cette rivière du Nord, qui est charmante dans tout son parcours, peut, avec quelques travaux, ouvrir son sein à la navigation, Des ingénieurs se sont déjà occupés de la question, et ils prétendent qu'avec peu de frais on pourrait éviter les obstacles que la nature y a jetés. Quoi qu'il en soit elle est flottable, et les forêts du N ord lui ont confié les plus riches de leurs dépouilles.
Elle était autrefois poissonneuse, mais les digues que l'industrie a élevées dans son bassin empêchent maintenant le poisson d'y monter. C’est un malheur. Ci-devant le doré, le brochet, l’éturgeon y abondaient, ÆEt ce n’est certes pas petite ressource pour les habitants des bords d'une rivière que l’abondance du poisson,
Aujourd'hui c'est à peine si l’on y capture quelques mulets, des carpes rondes et du crapet, Pourtant il existe une loi; (31 Vict., c. 60, s. 12) qui pourvoit à faire faire des passes migratoires au moyen desquelles le poisson le moins alerte émigrerait jusqu’à la source de cette rivière, Et nous avons des députés au Parlement qui connaissent cette loi et qui pourraient, en la faisant mettre à exécution, rendre un immense service aux populations du Nord. Rien ne se fait, J'ai moi-même attiré sur ce sujet l'attention du député d'Argenteuil, où se trouvent les plus grands obstacles ; mais inutilement,
A huit milles de St-Jérôme, à l'endroit appelé “ Pont Shaw, ” où il y a un bureau de poste, on traverse la rivière, Ce poste se composait lors de mon premier voyage en 1884 de quelques maisons qui entouraient une belle résidence construite il y a une trentaine d'années par un M. Wm Shaw, maintenant décédé, sa maison même est devenue la proie des flammes.
Voilà un Irlandais protestant, qui s'était établi au milieu
de nous, seus sou ni maille, ct qui est devenu irès riche, possédait de belles terres et exerçait dans la localité une
certai Mais de nos
quelq écono
temps aurait fait fo
J'a que le le tra a-t-on ardeu ou q prove au co grant bœuf, abonc peut comp mora
certaine influence. Il était très probe et brave homme. Mais il n’était certes pas plus intelligent que les trois quarts de nos Canadiens. Qui lui a valu ce succès? Il avait quelque peu d'instruction, il a travaillé beaucoup et il a économisé encore plus. C’est un homme qui est resté longtemps dans sa coquille en faisant un petit commerce. Il aurait pu répondre à qui lui aurait demandé comment il a fait fortune : “ C’est en me mêlant de mes affaires.”
J'ai constaté bien souvent, et vous comme moi, lecteurs, que la raison du succès vient de trois choses essentielles : le travail, l’économie et la persévérance. (Combien n’en a-t-on pas vu de gens, qui pleins de talents, travaillent avec ardeur, mais qui ne peuvent rien acquérir faute d'économie ou qui, par défaut de persévérance, prouvent la vérité de ce proverbe : Roche qui roule n'amasse pas mousse, Combien, au contraire, n'avez-vous pas vu d'hommes dépourvus de grands talents et qui à force de travailler avec la lenteur du bœuf, à la même place, creuse un sillon d’où sort une abondante moisson. C’est bien connu d’ailleurs qu’on ne peut courir deux lièvres à la fois, et Lafontaine l’a fait bien comprendre dans sa fable du Lièvre et de la Tortue, dont la morale est : “ Rien ne sert de courir, il faut partir à &:mps.”
Quand je parle d'économie je prie mes compatriotes de remarquer que l’économie ne consiste pas à dépenser le moins possible; mais le moins inutilement possible, En effet, c’est encore de l’économie que d’acheter un outil qui épargnera pour plus de sa valeur en temps ou en santé, C’est encore de l’économie de faire de grandes dépenses qui doivent rapporter un plus grand profit. (C’est pour cela qu’à côté du proverbe vrai qui dit: “ Qui waie ses dettes s'enrichit”, parce que c’est le moyen d’avoir du crédit, il y a cet autre dicton: “ Qui s'endette s'enrichit,” également vrai, car celui qui s’endette rationnellement en tire des profits. C’est ainsi qu'agissent presque tous les homme:
d'affaires qui paient leurs dettes pour avoir un nouveau crédit avec lequel ils réalisent des bénéfices.
Je ne voudrais pas citer M. Shaw comme un exemple à suivre en tout, mais il est juste de lui reconnaître d’excellentes qualités qui l'ont fait prospérer. L'incubation a été longue dans sa coquille ; mais elle s’est opéré sûrement, et aujourd’hui beaucoup de ceux qui s'étaient rendus là avant lui sont ses humbles serviteurs, dans ses comptoirs, ses scieries et ses briqueteries,
Je m'empresse de dire que le prestige qu’avaient alors les étrangers sur nos populations l'avait puissamment aidé, et que depuis quelques années nos Canadiens ont appris à mieux utiliser leurs ressources, Aussi constatons-nous que, depuis St-Jérôme jusqu'au fin Nord, les pouvoirs d'eau sont presqu'exclusivement utilisés aujourd’hui par des Canadiens-francçais,
Mais ils ont naturellement encore beaucoup à apprendre, Généralement l'habitant qui économise quelques piastres s'empresse de les prêter à 6 ou 8 par cent, et néglige des améliorations qui lui rapporteraient beaucoup plus.
Je donne à méditer un article très bien dit dans le Manitoba, intitulé : “ Unc banque donnant 20 par cent de profit ” :
Un jeune cultivateur, qui avait de l'argent à prêter, demandait un jour à son voisin, qui s'était enrichi par la culture, quelle était la banque la plus sûre et pouvant payer le plus fort intérêt sur les argents déposés, — Je vais vous le dire, reprit le riche cultivateur. |
-— La bauque, qui a mieux servi mes intérêts, est celle qu 4 «onpé de 12, 15 à 20 par 100, sur mes dépôts; et cette vanque, c'est ma ferme,
{Juice 5 laine cultivate ar était étonné de cette réponse, con lV'terlocuteur ropnit :
ve vais vexpliquer la chose, Lorsqu'il m'arrivait
davon de l’arrent à disposer, j'examinais si ma maison, mon etable, et toütes le: autres dépendances de la ferme étaient
utile gner