‹ La Colonisation Militaire sous BugeaudChapitre 12 sur 77 · ERA · texte numérisé non relu

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Alexandre Hardy qui, nommé à Alger vers 1840, devait, pendant

près de trente années, consacrer toute une vie de science et de labeur à cette grande œuvre agricole ; il étudia les principaux végétaux dont

Ja culture convenait à l'Afrique et les propagea par les sujets qu'il

mit chaque année par milliers à la disposition des colons.

Vers 1846, en dehors de cette pépinière centrale, il y en eut quatorze autres dont six principales, à Boufarik, Bône, Philippeville, Constantine, Misserguin, Mostaganem, et huit secondaires, celles de Médéa, Miliana, Orléansville, Ténès, Guelma, Sétif, Mascara et Tlemcen. Toutes étaient alors en pleine production et l’auteur des statistiques officielles qui paraissaient dans la Situation des Etablisse-

ments Français (1) en Algérie se plaît à énumérer, suivant les ordres

du Maréchal, la quantité d’arbres sortis des pépinières à cette époque : 1.605.626 arbres, et le nombre de ceux qui seront bientôt prêts à être distribués : 1.387.959. « Les pépinières du gouverne- «ment sont, dit-il, én état de suffire aux besoins des plantations pu- «bliques et d'encourager puissamment les plantations particulières,

«en livrant chaque année des masses d’arbres considérables aux

«colons, soit à titre purement gratuit, soit à des prix inférieurs de « moitié à ceux du commerce».

La plupart de ces établissements furent créés par les travailleurs militaires et sur l'initiative de Bugeaud ; il les tenait pour une des œuvres les plus utiles dans un pays fort déboisé comme l'Algérie. Nombre d’entre elles étaient encore, en 1847, entretenues par les soins de l’autorité militaire ; de là, la circulaire du 13 février (2) de cette année concernant l’organisation, le personnel et les principes des cultures dans les pépinières militaires ; c’est une nouvelle preuve de sa sollicitude pour les soldats qui y sont employés et de son désir de maintenir à ces pépinières leur caractère d'intérêt général et de production très économique. Aux militaires, qui touchent leur solde, ne seront attribuées que des indemnités de 360 francs par an pour le sergent sous-directeur, de 240 pour le caporal jardinier-travailleur, et de 180 pour le soldat jardinier. Le gouvernement tolère bien qu'un carré de la pépinière soit cultivé en légumes ou en fruits pour la consommation du personnel, mais il bannit toutes les plantations de luxe et d’agrément (3) : :

(1) 1845-46. Page 259.

(2) Elle fut publiée quelques jours auparavant par le Moniteur Algérien du 25 janvier 1845.

(3) Zbidem.

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