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& ment. Îl convient done de déterminer d’une manière exacte‘la limi- «te qui doit séparer les deux établissements ».
Pour la première fois, la colonisation européenne est arrêtée par le retour des indigènes sur leurs terres. Cette difficulté, qu'il eût été facile d'éviter en maintenant rigoureusement le séquestre sur le territoire des tribus insoumises ou rebelles, devait être plus tard infiniment multipliée. La eondescendance des hautes autorités militaires, condamnée par la Commission de colonisation, commençait à produire de fâcheux résultats. Néanmoins, grâce à l’éncrgie du général Changarnier, commandant supérieur à Blida; le territoire délimité fut évacué et le comte Guyot, sur des instructions formelles venues de Paris, s’apprêtait à y placer des colons civils ; une famille de la Kranche-Comté, composée de 14 membres, fut même dirigée vers ce village.
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Or, brusquement, au retour de son expédition, le Cou erneur général, modifiant ses précédentes résolutions, formait une compagnie militaire, exclusivement recrutée parmi les soldats du 48° de ligne. et l’envoyait s'installer à Beni Mered. Elle comprenait un lieutenant et soixante-six sous-officiers, caporaux et soldats. Partie le dix-huit novembre d'Alger (1), elle arriva le lendemain à destination. Comme les maisons qu'elle devait occuper n'étaient pas entièrement terminées, elle fut logée dans une des baraques en planches élevées à l’intérieur de lenceinte. Ce fut, à une année d'intervalle, la répétition du coup d’audace de décembre 1841. Même décision hâtive, même départ précipité, même insuffisance d'installation, même campement provisoire.
Le 20 du même mois arrivèrent les outils, pioches et pelles fournis par le Génie. Du 21 au 30 novembre, on reçut de l’Intendance de Blida onze paires de bœufs indigènes, dix charrues et autres instruments agricoles. Et l’on se mit à défricher, labourer, planter des arbres, semer du blé, de l’orge, des petits pois, des lentilles, des fèves, ete. Puis, entre-temps, avec du bois acheté à Alger et de la toile de hamac, on confectionna des lits et des paillasses. Le troupeau s’augmenta d’une jument, d’un poulain, de 77 bœufs, vaches et taureaux, de 90 brebis et béliers, de 4 chèvres et 13 agneaux, don gracieux du Gouverneur. Le rapport du lieutenant directeur de la compagnie,
(1) Voir le rapport de M. de Montigny, commandant la Compagnie. Dossier de Beni Mered. A.G.G.A.