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Est-il besoin de faits, au lieu d'arguments, pour démontrer la fail-
lite de la colonisation par les condamnés militaires ? Consultons
la Situation des Etablissements français dans l'Algérie de 1845-1846; publication officielle remplie de renseignements et de chiffres. Quel était l’état des centres de Saint-Ferdinand et de Sainte-Amélie au 31 décembre 1846, c’est-à-dire quelques mois seulement avant que le Gouverneur quittât l'Algérie ? Et, puisque le parallèle entre ces centres et les villages civils s'impose, quelle était aussi la situation de Draria, de Douéra, d’El-Achour ? Des uns ou des autres, lesquels avaient le plus prospéré ? ; Saint-Ferdinand (1) — et dans le périmètre de ce centre sont compris le Marabout d’Aumale et la Consulaire — avait une circonseription de 1.377 hectares ; Sainte-Amélie une autre de 660 et Mahelma une de 1.053. Dans le premier seulement, l'Etat avait eu la précaution de réserver une assez grande quantité de terrains pour pouvoir en disposer plus tard. Le nombre des concessions s'élevait pour le premier à 51, pour le second à 53 et pour le troisième à 48. Mais la plupart avaient été abandonnées ; les acheteurs étaient partis. A Saint-Ferdinand, il n’y avait que 94 habitants dont 19 hommes, 18 femmes, 43 enfants et 14 domestiques. Sainte-Amélie était un peu plus peuplée : 128 habitants se répartissant ainsi : 31 hommes, 29 femmes, 54 enfants, 14 domestiques. Enfin, le troisième comptait 109 habitants : 48 hommes, 35 femmes, 26 enfants, pas de domestique. Or, à cette même époque, les centres civils dont on médisait étaient plus peuplés, bien que leur territoire fût moins étendu ; la statistique suivante en témoignera : 5
Centres Périmètre Population totale Draria certe Re GSM ETS ES In TS ee 365 El-Achour: 22. . 00 DOS re AU 169 Chéraras nes DOG rt nee 420 Ouled-RayeLe rex DAME A CEE Ne 281 AOÛ PAT LATE AS or a ere 161 Crescia rase ODA rec aie 262 Baba-Hassen ........ DAC TT NE 167 Donéra eee SON ER ne 1.259
S'ils sont moins peuplés, les villages du colonel Marengo l’emportent-ils sur ceux du comte Guyot par leur prospérité matérielle ? Les défrichements, exécutés par les condamnés et tant vantés par le Gou-
(1) Situation des Etablissements français dans l Algérie, 1845-1846. Pages 148- 149,