‹ La colonisation pratique et comparée: Colonies françaises, colonisationChapitre 13 sur 24 · QUINZIEME LEÇON · texte numérisé non relu

QUINZIEME LEÇON

21 avril 1902

AFRIQUE ORIENTALE PORTUGAISE OU MOZAMBIQUE. — COLONIES PORTUGAISES EN ASIE : PROVINCE DE GOA, PROvr:<CB DE MACAO. — EN OCÈANIE : FROTINCG DE TIMOR.

Mesdames, Messieurs,

Aujourd'hui, nous allons nous occuper de l'Afrique orientale portugaise ou Mozambique. J'espèr» qu'il nous restera quelques instants pour parler rapidement des établissements que le Portugal possède en Asie et en Océanie et qui, bien que petits, sont restés intéressants et d'une importance stratégique commerciale très grande pour le Portugal.

Commençons donc par voir le Mozambique qui a 800 kilomètres dans sa plus grande largeur, mais qui mesure 2.000 kilomètres de longueur sur la Côte Orientale de l'Afrique, avec une superficie de 1.896.400 kilomètres carrés. C'est une 1res vieille colonie, dont la population, de race blanche, monte à 350.000 habitants ce qui est un gros chiffre dans cette partie de l'Afrique, où la race noire est représentée par plus de 10 millions d'indigènes.

Le Mozambique est divisé en cinq districts : Cabo- Delgado, Mozambique, Quelimane, Inhambane et.Lourenço-Marquès, plus trois commandements militaires : Angoche, Tète et Sofala. Lourenço-Marqnès doit rappeler dans l'esprit des hommes qui se sont occupés décolonisation dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle, un

point de stratégie commerciale, politique, diplomatique, certaioement l'un des plus importants dans les temps actuels ; je serais presque tenté de dire le plus important. Il doTleot lecentre des convoitises diplomatiques et est d'une position capitale, comme certaines villes, comme Constantinoplc, par exemple, qui est un nœud entre les de ix vieux continents.

Lourenço-Marquès est appelé à jouer un rôle capital dans l'Afrique de demain; voilà pourquoi il convient de l'étudier de près. Je n'ai pas à revenir sur ce port, je l'ai déjà dit tout au long dans mes cours de l'année dernière, c'est U qu'il faut chercher en grande partie la cause de la guerre du Transvaal. J'ai expliqué, démontré comment les deux Républiques avaientbesoîn d'échapper à la domination anglaise au point de vue des transports. Il me semble inutile de vous refaire tout un cours à ce sujet, il vous suffira de revenir sur mes leçons précédentes dont quelquesunes ont étéaufond de cette question de Lourenço-Marquès.

Les expoitations du Mozambique comportent : du caoutchouc, du riz, du coprah, des dents d'hippopotames, cire, carvi — plante potagère de la famille des ombellifères, telle que les carottes, les céleri?, les raves, etc., — les arachides qui sont, je l'ai redit à satiété, d'une exportation facile ; «nsuite les cuirs et peaux, sésame, gomme élastique, ivoire, orseille, comme dans toutes les colonies portugaises, bois d'ébène, etc.

Les importations se composent de : tissus de coton, scheirting, comme dans toute l'Afrique, charbon, su^re raffiné, eaux-de-vie, vins, conserves, verroteries, liqueurs, etc., etc.

J'ai toujours appelé votre attention sur les importations, et, avec un peu d'habitude, vous pouvez arrivera discerner il quelle clientèle spéciale vont les objets importes.

Les tissus soDt destinés aussi bien aux blancs qu'aux noirs ; le charbon dénote une industrie naiâsaate ; le sucre raffiné, les conserves et les liqueurs indiquent la population blanche ; les verroteries ne conviennent qu'aux noirs, grands enfanta aimant tout ce qui brilli;. Quant aux eauxde vie, elles sont aussi bien consojnmécs par les blancs que par les noirs.

Vous voyez que derrière les importations, il y a la question de population et de la situation économique d'une colonie qu'il est inutile d'énuméreret de présenter en détail, lorsque l'on a l'habitude de ces choses. Nous avons vu la semaine dernière que sous le rapport de la,colonisation le Portugal avait accompli de grands progrès. Eh bien ils fie sont manifestés aussi bien au Mozambique qu'ailleurs» plus même; le commerce qui y avait été très restreint dans les dernières années, subit une augmentation sensible et les relations sont plus suivies entre la Métropole et la colonie, surtout depuis le percement du canal de Suez.

Cela parait un peu paradoxal au premier abord, mais il suffit cependant de réfléchir [uo la situation même du Mozambique lui permet de faire un énorme transit dans les deux sens, aller et retour ; sa position géographique lo met sur le passage des navires qui, prenant le caîial de Suez, vont au Cap, ou de ceux qui, partis pour l'ouest de l'Afrique, longent la côfe orientale au retour.

Enfin est-il besoin de solliciter votre attention sur ce phénomène qu'un immense transit s'opère avec le Transvaal. Depuis l'ouverture du chemin de fer de Lourençô- Marquès, au fond de la baie de Delagoa. Ce commerce transitaire, déjà considérable, est appelé h le devenir de plus en plus ; il sera colossal le jour ou la ligne de Beira à Salisbury et les autres villes de la Rhodésia sera ouverte. Alors l'avenir économique de la colonie sera superbe. ïl ne s'agit

pas seulement des colonie» anglaises, mais de tout un ensemble de pays qui naissent à la civilisation, qui formeront peut-être un jour une vaste cnnfédéralion au point de vue de l'exploitation, soit comme commerce transitaire, ainsi que le fait présumer Lourenço- Marques qui est destiné à devenir un point capital dans l'histoire économique du monde ; soit comme commerce général intérieur, et alors son importance qui toujours ira en augmentant, sera cependant partagée par les voies ferrées de la I.lîodc^ia.

L'avenir du Mozambique, avec ses 2.000 kilomètres de côtop, est colossal, non seulement parce qu'il renferme des pays de^tinés & avancer dans l'ordre économique, non seulement parce qu'ils contiennent des mines d'or, — c'est une soi-disant fortune contre laquelle je me suis toujours élevé, — mais i eause de tous les autres modes d'exploitation, élevage, culture, qu'on y fera, et à cause surtout des relations commerciales qui s'établiront dans l'intérieur de cet immense continent africain par l'entremise de ces deux débouchés, ports et lignes de chemins de fer.

Justement parce que nous sommes dans une vieille colonie, nous nous trouvons en face de villes qui ont déjà une impoi tance relative, plus par leur commerce que par la population, et surtout par sui'e de cette longueur de 2.000 kilomètres bordant la cùte africaine. Au Congo, belge ou français, dans les nouvelles colonies allemandes du Sud-Ouest -Africain, nous ne trouvons pas celte importance du commerce et de la population, parce que nous 20US trouvons en face de colonies naissantes, dont la création ne remonte qu'à quelques années ; à l'Ouest, en un mot, nous n'avons pas à compter autant de blancs qu'au Mozambique. C'est une vieille colonie, ce tilre pouvant seul expliquer et s;i poiiulatîon condensée et son commerce en grande activité.

A riiciiro [trésciito, quiiiil il s';ig;it ilu Con^o, ou d; toute la partie occidentale de l'Afiiquc, on se sent obligé de trancher cotte question brûlante, de résoudre ce problème économique qui se pose à tous les esprits et qni présente bien des diflicultés, bien des obstacles. Je vous en ai donné la solution probable, quand nous regardions la question non pas compliquée, ^telle qu'on croit la connaître, mais sous forme simple et qui amène fatalement l'enquête économique plus sur la construction des chemiDS de fer que sur des mines d'or qui ne font qu'une faible pression dans la balance des destinées 'du Sud-Africain. Autrement dit la mise en valeur du pays doit toujours l'emporter sur la richesse factice des mines d'or.

Mozambique, la capitale de la province, est situé sur le canal du même nom ; cette ville ne renferme que 10.000 habitants, mais par ses compagnies de bateaux à vapeur, et ses maisons de banque, elle a une importance bien supérieure à sa population.

Je fait une consiation que j'aurai l'occasion de refaire au fur et à mesure que nous parlerons des villes établies sur le canal de Mozambique, et non pas de celles crées à l'intérieur; c'est que là se trouvent des maisons portugaises et françaises connues, telles que : Mante et BorelH, de Régis, Mante frères et BorelH, de Régis aîné, Auguste Fabreet (ils, de Marseille, qui y ont toutes des comptoirs. Ce sont non seulement des maisons portugaises, mais aussi des maisons françaises dont le siège principal se trouve à Paris où à Marseille, et c'est là une constatation aussi intéressante pour la France que pour le Portugal, qui nous révèle des inl(5rèls communs, des échanges réciproques aux deux nations, ce qui fait que nous autres Français, nous devons avoir le désir de sentir se développer ces colonies portugaises, où un commerce nationnl nous est presque

assuré, grâce à ces succursales de nos grandes maisons françaises.

Dans cette partie du Pacifique, nous nous trouvons en face de races latines qui travaillent, dans plusieurs branche», d'une façon analogue, parallèle, dont chaque mode ou chaque méthode n'a qu'un hut : l'accroissement du pays, ]'a mise en valeur des possessions acquises. Je redis ce que j'ai déjà eu l'occasion de dire à propos de l'Australie : c'est que toutes les fois que. nous voj'Ons des étrangers s'introduire dans la colonie où nous sommes, et que ces étrangers sont comme nousds race latine, je le dis très haut et non pas d'une façon sentimentale, mais au point de vue de la science économique, il n'y a jamais péril quand CCS deux éléments semblables par leur origine se font vne concurrence économique très active. Car une bataille raisonnable et raisonnée sur le terrain commerciale entre deux peuples est toujours bonne, parce que deJa lutte, pour les vainqueurset les vaincu?, il résulte des besoins nouveaux qu'il faudra contenter, des fortunes nouvelles aussi qui, créées par le commerce, retourneront sans doute au commerce et augmenteront mutuellement la prospérité des deux nations.

Quand dans un pays neuf on se trouve en face de ces fortunes importantes, il est du plus haut intérêt de cherclicr à les sauvegarder, et il n'y a pas de moyen plus sûr que celui qui consiste à développer le commerce, le t.'^afic, en leur permettant de disposer utilement de leurs capitaux. Alors, entre ces deux peuples c'est la lutte, mais la lutte féconde et pacifique sur le terrain des affaires. C'est pourquoi, en passant, je salue la présence et l'accroissement des maisons de Marseille et de Paris au Mozambique ; il y a en elles un lien entre les deux nalions. Espérons qu'il ira en se resserrant, qu'il deviendra de pJus en plus

étroit, ce qui serait pour le grand bien des deux peuples.

Il y a encore pour nous un autre avanta^je; je dirai qu'il est réciproque et que le gouvernement portugais est 'lestiné à en profiter sur une plus large échelle que la France. Je veu.T parler du voisinage de notre grande colonie, Madagascar qui, certes, ne pourra qu'établir des relations constantes avec ces maisons françaises et toutes ces villes portugaises du Mozambique. On verra s'accroître l'exportation des produits des deux colonies européennes, les rapports y seront journaliers et là existeront des débouchés que, des deux côtés, on n'aurait pu que trouver difficilement autre part.

Beîra est le siège de la grande Compagnie de Mozambique à laquelle le gouvernement a cédé l'exploitation d'immenses territoires.

Nous aurons l'occasion de dire un mot très rapide sur cette compagnie de Mozambique qui, depuis son établissement, a su activer le développement du commerce qui y est devenu considérable, et qui sera décuplé le jour où les lignes sur la Rhodésia seront livrées au trafic. J'espère arriver à vous faire comprendre comment la prospérité de cette compagnie à charte, celle de toutes les villes et de loute la colonie sont liées et inséparables les unes des autres.

A Beîra, nous trouvons des compagnies de bateaux, des banques, des maisons de Marseille et du monde entier, des «comptoirs, des succut-sales de Lisbonne, des représentants lie l'Allemagne et de l'Angleterre, ce qui nous prouve que, •le môme que Mozambique, cette ville de Beïra est destinée A devenir le terrain d'une lutte commerciale très intense ■ ntre tous les états européens. Lourciiço-Marquès, chcflieu de district au sud de Mozambique, compte à Thcuro ] récente une population de 7.000 blancs et 10.000 iniHvidus

de couleur. On ne peut oublier qu'il est la tête de ligne d'un chemin de fer pour Pretoria. Aujourd'hui les géographes indiquent : « centre commercial le plus important de la province, et grand entrepôt pour le Transvaal » ; nous pouvons y ajouter ; « demain l'un des premiers centres commerciaux de toute l'Afrique, sinon le premier ! »

Si vous prenez ce mot pour l'appliquer à l'heure présente, vous pourrez vous dire : a: Ce n'est pas ! il est vraiment fou d'affirmer cela !» Je ne dis pas il est, mais simplement il sera dans l'avenir le premier centre commercial de l'Afrique.

Dans combien dé temps, nous n'en savons rien, mais il est probable que ce phénomène économique s'accomplira dans ce siècle. Il y a là une fatalité historique ; du temps de Virgile on aurait pu après lui répéter : « Tu seras Lourenço-Marquès ! » C'est un fait tout à fait exceptionnel, que l'on n'a peut-être jamais vu dans l'histoire coloniale du monde. Noua possédons à Madagascar un grand port, Diégo-Suarez, qui est merveilleux, mais qui en somme ne nous conduit à rien ; il n'en est pas de même de Lourenço-Marquès qui se trouve dans une situation bien supérieur à i;anzibar. Tout le monde s'en rendra compte, à commencer par les Anglais. Toutes les grandes compagnies maritimes y font relâcher leurs navires et forcément y font un coinmerce transitaire colossal.

Quelimane, chef-lieu du district de ce nom, à l'embouchure du Zambèze, a une population de 10.000 habitants qui fa,it un grand commerce d'exportation en graines oléagineuses, arachides, cire, ivoire, caoutchouc, etc.

Senna, sur le Zambèze, à SflO kilomètres Nord-Ouest plus haut, grâce à son altitude, et grâce à un sol d'une fertilité extraordinaire, produit tout à la fois du blé, du riz, du millet, des haricots, du manioc, des légumes et des

fruits de foutes sortes, produits des pays tempérés aussi bien qu'intertropicaux. On y trouve des gisements très riches en minerais de cuivre, fer, or et argent, i côté desquels viennent se grouper des mines de charbon de terre et de salpêtre. Nous retrouvons là la confirmation de la théorie des altitudes que j'ai toujours fait valoir devant vous, et qui est la seule vraie en matière coloniale ; nous voyons qu'à Senna nous avons les cultures intertropicales et dea régions tempérées, ce qui indique un climat très sain pour les colons et un avenir très riche pour la colonie.

Sofalla, chef-lieu du district du mémo nom, est une vieille petite ville qui ne compte que trois mille habitants; située dans le pays de Gaza, à l'entrée du canal de Mozambique, elle est le centre dos importations de l'industrie des chapeaux de feutre.

Ces chapeaux, faits généralement en poils de lapin, sont devenus la source d'un fort commerce dans ces dernières années et, de même qu'en Australie, pas tant cependant, ce qui est un bonheur pour le pays, car c'est un vrai fléau, partout où les lapins sont en grand nombre, on a bien vite conçu l'idée d'en faire des chapeaux de, feutre sur une très vaste échelle. On a inventé des machines perfectionnées et par un des mille hasards de l'économie politique et coloniale, il y avait, à l'endroit même que redoute l'Angleterre, au point de vue commercial, un débouché assuré de ces chapeaux, dans le Japon, qui a vu sa coiffure nationale abandonnée au profit de ces chapeaux de feutre ; de même on en exporte beaucoup à Sofalla pour les colons. Il y a deux siècles, quand on voulait dire qu'un gentilhomme français partait pour les pays lointains, on disait : « Il va à Sofalla ou au Monomotapa ! d Depuis le monde a marché et la colonie a fait son chemin.

A Tête, chef-lieu du district du même nom, nous voyons 7.000 habitants; il y a des mines de fer et de cuivre.

Après vous avoir fait rénumération de ces villes, je voudrais vous donner quelques indisations précises sur les compagnies à chartes qui se partagent ]e Mozambique. Je vous l'ai dit : une compagnie à, charte est toujours la première base de la colonisation, lorsqu'il s'agit de l'Afrique à rUcure présente. Si j'en ai parlé longuement à proprs de la Côte Occidentale, je me vois cependant encore obligé de vous en dire quelques mots, quand nous nous trouvons sur la Côte Orientale, car ces compagnies s'y présentent d'une façon toute particulière. Nous -voyons d'abord, parmi les premières, celle du Mozambique qui est constituée avec un capital de 25 millions; puis celle du Zambèze, et enfin la Compagnie filiale du Luaho qui a été constituée au capital de 1 ,800.000 francs. Il est nécessaire, surloutaprèscequi vient de se passer avec nos Compagnies du Congo, que nous fassions une ^tude approfondie et comparative de toutes ces Sociétés africaines, .-ilin de connaître les difficultés qui se piésentent et lus moyens employés par chaque nation pour les vaincre. Alors seulement on verra ce que chaque état européen peut et doit faire.

En parlant du Congo, les journau.x les mieux intentionnés et les plu-ï indulgents avouent qu'il y avait un autre mode de colonisation à employer que celui qui le fut. On a concédé ()es terrains en bloc, à quarante compagnie.'^, sans que celles-ci connussent au juste la valeur et la superficie do leuri coecessions personnelles; et l'on est arrivé, après engloutissement des G5 millions cn\iron de capital initial, à ce résultat que, sur quarante compagnies, trois cette semaine viennent de demander à renoncer à leur monopolo eu concession.

CV-st. en (]uel(iue sorte, comme l'ôlagngc des bois morts, l'un des grands béncficiaires ne pouvant faire face à ses engagements, se retire et deux autres l'imitent, parce qu'ils avaient accepté d'immenses territoires qui ne pouvaient rémunérer les valeurs engagées, attendu qu'on les avait exploités trop liàlivement et sans enquête, sans prospection préalable.

On vous dit qu'au Congo français, l'on â établi des impôts différentiels entre leGabon et le Congo ; il faut supprimer ces impôts. On n'apas toujours respecté ledroit des colonsqui avaient déjà des exploitations en activité dans les territoires concédés aux quarante compagnies ; c'est un tort, car on doit toujours respecter les propiîétés. On a vendu des fusils aux noir;3-tant qu'ils en ont voulu ; pour mon compte personnel j'estime qu'on étaitlibre de le faire, en se souve* nant que cette race noire devait être traitée par nous non en esclave mais avec douceur ; cependant il fallait y apporquclque discrétion. II y avait des traités entre tous les états européens établis sur la côte, l'Allemagne, la Delgique, le Portugal, la France et l'Angleterre ; ils n'ont pas toujours été respectés,

Quand on pense que d'autres grandes compagnies à charte ont réussi et que les nôtres subissent un échec fort désavantageux, on se demande avec envie comment ont pratiqué les premières. Je reviens à la théorie simple qui s'impose et que, cependant, on perd de vue. constamment ; chez nous elle s'impose immédiatement, elle est la question sine quâ non. Je veux dire l'installation prompte et à bon marché d'un chemin de fer de pénétration intérieure pour toute possession européenne en Afrique. , Avec la théorie des altiludcs, vous trouvez des moyens de culture dans des pays qui voussontconnus paravance ; vous pouvez juger d'après leur élévation, s'ils sont sains et

d.yGooglc

quel genre de pio^inils il- voii::! ré.'Ci'voiil. .M:iis co iiV'st pas tout que de posséder uti clitnnin de fer et des produits de la terre concédée, il faut absolument posséder une maind'œuvre sûre. Nous sommes incapables de f;iire quelque chose par nous-mêmes, si nous n'avons aucun auxiliaire, et cette main d'œuvre nous ne pouvons nous la procurer qu'cnagissaiit avec justice et avec le respect de la parole donnée. Je )egrolte d'avoir à redire toujours les mêmes choses ; cependant si j'însisle, c'est que là est le nœiid de toute entreprise coloniale. Prenez une carte d'Afrique actuellement, et vous verrez que tous les états européens se livrent aune noble émulation pour faire des chemins de fer de pénétration; car ils ontenlin reconnu que c'est de première nécessité. On me faisait remarquer que cette construction éf ait un des meilleurs indicateurs de la main-d'œuvre africaine.

Cet exemple nous est donné par le Mossamédès et dans toutes lescoloniesportugaises,demême qu'au Congo belge. La main-d'œuvre devient de cette façon un peu plus régulière ; le noir devient meilleur travailleur et l'on arrive à de très bons résultats. Le noir est paresseux de sa nature, il est heureux quand il boit, dort ou fume ; s'il a un champ de patates, il le fait cultiver par sa femme. II ne sort de salassitude désœuvrée que pourvous faire de longs palabres. Mais pour un européen, il faut se dire que le noir n'a pas d'argent, qu'il fera de longues courses àpied ou sur unebéte de somme ; proposez-lui de le payerraisonnablement,dêletraitera vec justice et il sortira de son engourdissement, surtout si TOUS pouvez lui faire comprendre que le chemin de fer est à son avantage comme au nôtre. Mais pour cela ne méritons pas le reproche d'avoir augmenté les impôts et de n'être pas intègres et honnêtes ; donnons-lui de l'argent, il nous 'donnera son travail. Soyons bons et loyaux, il ne se servira

pas contre nous des fusil? vendus par nous. Je reviensi cette Compagnie du Mozambique qui, est en train de transformer Riei'ra.

Je vais vous lireles statutsdecette compagnie, ce qui vous donnera une idée de sa constitution et de son but. Us sont datés de 1893.

• Le but de la Société est l'accomplissement intégral des obligations énumérées dans les dits décrets ayant force de loi. et qui consistent principalement dans l'augmentation, par les voies légales, et l'amélioration des territoires de sa concession, afin d'en développer la richesse et d'affirmer la souveraineté du Portugal, à l'exécution des travaux publics tels que : chemins de fer, routes, canaux, ponts, ports, quais, docks, télégraphes, éitifices publics, maisons urbaines, maisons suburbaines ou poui' colons ; les exploitations minières, induslriellesct commerciales, l'organisation des services m-irilimcs ou de navigation fluviale, les transports de toutes nature par eau et par terre, etc. Le capital de la Compagnie est cltvù à 4.âOO contos de reis [25 millions de francs) divisé en un million d'actions de 4.500 (soit 25 francs). »

La Compagnie, comme vous le vojez, embrasse toutes les exiloitalioiif, aussi bien minières qu'agricoles. C'est ce qu'il faut faiio quand ou veut rén.-^si," aux colonies; il ne faut pas dire : « .Te ferai du tabac ou du caoutchouc»; mais sagement, il faut débarquer avec cette idée bien arrêtée ; a Je ferai tout ce que je pourrai faire, aussi bien des pommes de terre que du tabac, du caoutcliouc que de l'exploitation minière ».

Maintenant, si j'examine la Compagnie du Zambèze, je trouve qu'elle s'est livrée à l'exploitation de la terre avec différentes cultures du caoutchouc qui se vend dans fous les comptoirs; des cocotiers qui depuis (rois ans, d'après

un rapport que j'ai sous les yeux, ont augmenté d'une manière colossale.il y en a actuellement 15.195 en pleine production, ce qui donne la somme de 30.390 francs comme rendement probable, et comme dans le? pépinières il y en a également 291.500, on peut espérer, dansdii ans, avoir un rendement de 953.086 francs. Vous voyez que c'est une culture qui promet d'être des plus rémunératrices.

D autre part, comme le riz est l'alimentation préférée de tous les indigènes de la province et de toute l'Afrique du Sud, la compagnie, qui possède de grandes étendues de terrains propres à cette culture, pense, dans quelques années, approvisionner toute la contrée et même le Transvaal et une partie des possessions anglaises, qui foutes, jusqu'ici, faisaient venir leur riz des colonies anglaises et portugaises de l'Inde. La canne à sucre et le café, encore à l'essai, font pourtant espérer de beaux bénéfices.

C'est ainsi que cette compagnie à charte arrive à la rémunéralion complète de son capital, de même que celle du Mozambique. Si nous regardons celle du Lnabo qui est une filiale.de la compagnis du Mozambique, dont le siège est à Lisbonne et qui a des bureaux à Paris, nous verrons qu'elle poursuit le même but qui est de construire des chemins de fer et d'ouvrir des routes, de créer des ports, canaux ou autres travaux publics. Dans ses bénéfices, nous voyons d'abord les impôts du mussoco.

« Cet impôt est d'environ 3 francs par indigène adulte et par an. La compagnie remet au gouvernement da Zam- bèze et à la compagnie du Mozambique une portion de cet impôt. L'impôt qui n'est pas payé en prestation de services est en partie payé par des produits dont la réalisation donne un certain bénéfice. On peut calculer que le bénéfice net annuel de l'impôt s'élève à environ GO.OOOfr.»

Un autre revenu de la compagnie réside dans les plantations de cocotiers ; si l'on calcule le revenu de chaque arbre à deux francs, on peut présumer qu'un revenu annuel de 200.000 f.-ancs lui sera assuré dans cinq ans, époque où les cocotiers seront en pleine production. L'exploitation du sucre, confiée à une compagnie, avec un capital de 6 millions de francs, et un' bénéfice qui peut s'évaluer à 200.000 francs, espère de meilleurs résultats dans lavenir.

L'exploitation du caoutchouc va être poussée vigoureusement, et promet des revenus considérables ; le sel donne un chiffre annuel de 40.000 francs ; la navigation i vapeur internationale sur le Zambèze ne consomme que du bois, et c'est la compagnie qui le fournit, ce qui lui procure un revenu annuel de 30.000 francs. Elle se livre également aux exploitations forestières ; elle commence à faire de l'élevage, elle tire des bénéfices de l'ivoire, de la cire et des cultures diverses.

Nous vovous qu'elle est intéressée dans la compagnie de la pêche des perles de Bazaruto. Enfin cette compagnie du Luabo possède des champs miniers ajant dos filons aurifères très riches et si elle ne fait pas absolument que cette exploitation di^s mines, elle s'y livre cependant très activement, ce qui augmente ses revenus déjà assures par toutes les branches que je viens de vous énumérer.

Enfin, n'oublions pas un des points les plus importants, à savoir que ccttccompagnifi est l'initiateui', le fondateur principal et le plus grand actionnaire de la compagnie des chemins de fer du Zambèze. Elle a droit, grâce à ces titres, à 1.000 hectares de terrains le long des lignes, par kilomètre de voie construite. La voie ferrée do Quelimane à la frontière anglaise est la tête de la plus importante ligne de pénétration, par les territoires de l'Afrique centrale

anglaise, dans la région des laos Nyassa et Tanganyika.

Vous voyez comment sont constituées et administrées ces grandes compagnies qui réussissent admirablement dans l'Est-Africain. Je dirai en passant que nous n'avons pas su les imiter dans notre Congo, et si nous avons une conclusion à tirer de cette étude, afin d'en profiter, j'émettrai celle-ci : c'est que toutes ces compagnies coloniales doivent être constituées à de très gros capitaux, sans quoi elles courent à la ruine ; au Congo français, nous avions C5 millions, c'est vrai, mais pour 40 compagnies, ce qui donnait un capital insignifiant à chacune d'elles. Lorsqu'on va mettre en valeur des pays neufs, il iaut bien penser que les frais d'installation seront énormes, et surtout il est imprudent de s'en aller disposer de sommes quelconques, sans connaître aucun des avantages, ni aucune des difficultés des concessions obtenues.

11 serait sage d'envoyer à l'avance des prospecteurs coloniaux, très au courant des cultures intertropicales ou autres ; et lorsqu'on est résolu à mettre sur pied une compagnie, il est nécessaire de comparer ce quelle fera à ce que font déjà d'autres compagnies établies depuis un certain temps dans des pays similaires, sociétés soit anglaises, portugaises ou françaises, peu importe la nationalité. C'est le travail fait et les résultats obtenus qu'il faut considérer. Et d'après cette comparaison, il sera facile à la compagnie !>e constituant d'établir des devis, non pas justes, parce que, VQU3 le savez, c'est presque chose impossible, mais du moins approximatifs, reposant sur des bases aussi sérieuses que possible.

Une fois cette longue enquête terminée, il faut que cette compagnie commence à consacrer une grosse partie du capital lormé à la construction des lignes de pénétration, bien avant de songer au percement des routes ; nous

voyons que la compagnie du Mozambique a rétrocédé à une société filiale le soin de cette construction.

A propos de ces chemins de fer du Zambèze, je Ils dans un rapport du Conseil d'administration : « Dans le rapport de 1898, il vous a été annoncé que la compagnie des chemins de fer de la Zambézie se trouvait déjà autorisée à émettre un emprunt en obligations destiné à lalre face aux dépenses de la construction et de l'exploitation du chemin de fer de Quelimane au Ruo.

a II serait impossible, toutefois, de procéder, dès lors, à la construction de ce chemin de fer, tant que les éfudes de son prolongement à travers le territoire anglais jusqu'au lac Nyassane seraient pas réalisées, c'est-à-dire tant que les conditions techniques de cette ligne n'auraient pas été fixées, et très spécialement la largeur de la voie etle point de la frontière commun aux deux tracés. La conclusion des études de la ligne anglaise s'imposait donc, les conditions économiques du tracé de cette ligne dont dépendait, en grande partie, sa construction, ayant une influence considérable sur le bon résultat do l'opération financière à réaliser ».

Nous voyons dans un autre rapport :

« Le principal objectif de la formation de la compagnie des chemins de fer a élé la construction du chemin de fer de pénétration vers la région des lacs Nyassa et Tanganyika, par la voie la plus courte et la plus commode de Quelimane. Celte ligne passera en territoire portugais, depuis Quelimane jusqu'à la frontière anglaise, délimitée par le cours du fleuve Ruo, ensuite sur le territoire anglais, par Blantyre, à travers une partie de l'Afrique centrale britannique, déjà très cultivée par des colons de cette nationalité. Quoique le traité anglo-portugais de 189(> garantisse au Portugal le droit de prolonger jusqu'au

Nj'assa, à travers le territoire anglais, la voie ferrée qu'il auraitconstniitedepuisla cô te juaqu'âlafiontiêré commune, dans le cas où l'admiaistration anglaise ne voudrait pas construire cette partie de la ligne, la Compagnie des Chemins de fer du Zambèzen'a jamais eu l'inlention d'user de ce droit. Elle se bornera à, construire, en terrain portugais, et jusqu'à la fronlicre, une ligne qui sera prolongée jusqu'au lac par une autre ligne construite par une administration anglaise ».

Vousvoyezenpassantque cette compagnie filialedu Luabo qui, au début, ne possédait que 1.800.000 francs, présente de jour en jour un intérêt plus considérable. Nous devons en constatant ces résultats, chercher à imiter ce qu'elle fait et rendre hommage au mérite de M. le colonel Païva d'Aiidrada, son directeur, quia su" déployer une grande activité et une intelligence particulière de- la situation de cette contrée, do cette belle possession portugaise. îl ne faut pas oublier que cette question intéresse au plus haut point la France, puisque toutes les fortes maisons de Marseille ont des établissements dans tous les ports du Mozambique et que toutes les compagnies portugaises ont des bureaux h Paris. (1)

J'ai à peu près fini l'étude des colonies européennes en Afrique. Je ne voudrais pas quitter ce continent noir sans faire une constatation curieuse dans 1 liistoire dj l'humanité, Nous nous trouvons, en Afrique en face de l'un des trois vieux continents centraux ; il est immense et renferme des parties énormes, très fertiles ; de plus, il se trouve à notre porte, touchant presque par un point à l'Espagne et est uni à l'Asie. Eh bien ! depuis le commencement du

(1) SI. Alninda .WjriTii-os vient de pulilirr «n ïohime tri's documeiiii', tri'S complet et iri>s prnti<tui' sur le Mozambique ci itonl je ne saurais ii-o]> ii-coiiimauilcr li lectui-e à tous ceux qu'îni<'i-ess<' cpiic Ix-llc cotoiii<' |)Oj-Uigai«i>.

monde, on a mis en valeur toutes les terres mêmes lointaines : l'Amérique, à peine découverte, aétè peuplée, exploitée, civilisée ; on a peuplé et colonisé TAustralie et cô monde africain qui est notre voisin n'a été exploité, exploré, habile par nous, civilisé, que dans la seconde partie du siècle dernier. On peut dire que seulemi^nt on commence à connaître l'Afrique.

Il y a là un phénomène «lue je n'ai jamais compris, surtout qu'il y a des milliers d'années que l'on a contourné ce continent, qu'on l'a rendu légendaire par la Heine de Saba et l'empire des Pharaons, et jamais avant les temps modernes on n'a pénétré dans son intérieur, du moins historiquement, jamais on n'a cherché à trouver en lui des nouveaux débouchés pour notre exportation euro[(éenne, ou de nouvelles contrées pour déverser le trop plein de nos populations.

Eh bien I si l'.Vfrique n'a pas été la ferre du passé, dans ces derniers siècles du moins, il est â prévoir que ce sera le continent de l'avenir. C'est pourquoi il est intéressant d'y suivre les progrès de la colonisation européenne et d'y faire des études comparatives sur les divers modes employés pour sa mise en valeur, d'autant plus qu'il offre beaucoup moins de déchet, comme je lai déjà indiqué, que le continent asiatique.

Je. vais vous donner très rapidement la nomenclature des possessions portugaises en Asie. Klles ont toutes une importance au point de vue de la stratégie économique et commerciale. Ce sont ;

La province de Goa, dont la population est très mélangée et qui se monte à près de 500.000 habitants. On remarque Nova-Goa, ou Pangim, la capitale dans l'île de Goa avec une population de 25.000 habitants. Lcport d'Aguada peut recevoir les grands navires. Nous trouvons là, dans

ce tout petit pays, ce qui est une marque de prospérité, un lycée, une école de médecine, un institut professionnel, une école de pilotage. Le pays est entouré de vastes forêts. Lfe commerce est important ; il consiste eu exportation de blé, haricots, sel ; comme bots précieux, l'acajou ; huile de coco, bois, fruits. Quant aux importations, elles portent sur les tissus de toute espèce, le tabac, le riz, les vins et boissons alcoolisées, le thé, le sucre et. d'autre part, en chevau'lc et bœufs, ensuite en euiwe,- huile de cérame, papier, porcelaines, chaussures, vêtements, etc.

Damao, chef-lieu de l'un des trois districts, à 350 kilomètres au nord de Goa, compte 6.000 habitants. C'est un bon pon sur la mer des Indes ; il est entouré de forêts ^ui fournissent un excellent bois de construction.

Diu, le troisième cheMieu, a 13.Q00 habitants et est aitué dans une île sur la côte ouest de l'Inde ; il fait un commerce d'ivoire et de poissons secs.

La province de Macao, sur la côte méridionale de la Chine est à ne kilomètres de Hong-Kong. Sa superficie est de -4 kilomètres carrés ; séparée de la Cbiop par une muraille. Le climat est très sain et l'on y compte une population de prèsdeSO. 000 habitants. Ily a là une grosse difficulté qui porte un préjudice énorme au commerce ; c'est que les navires de haut bord ne peuvent pénétrer dans le port qui ne possède pas un assez fort tirant d'eau. Cependant par ellemême, la ville qui forme tout le pays, est très commerçante ; il s'y fait surtout un commerce de transit. C'est une ville entrepositaire de thé, opium, riz, coton de fil, soie, laque de Chine, crochets et broderies de soie confectionnées par les indigènes. L'opium qui vient des Indes, est exporté en Californie après épuration. Naturellement Macao a perdu beaucoup de son importance depuis que

Hong-Kong est devenu le grand centre commercial de la Chine méridionale.

Comme vous le vojxz, le Portugal possède en Asie des points assez importants..

Si nous passons en Océanie, nous voyons (ju'il y possède encore ia province de Timor, c'est-à-dire. un peu plus de la moitié de l'île de Timor, dans l'archipel de la Sonde, le reste appartenant aux Hollandais. Nous riîmarquons là un bon port à, Babao. La superficie affcrenie à la partie portugaise est de 17.000 kilomètres carrés, avec une population de 200.000 habitants.

Cette province est divisée en 11 districts. La climat est trop chaud, sur les côtes, mais très sain sur les, hautes montagnes du centre. Le sol, d'une fertilité admirable, produit du café, tabac, pommes de terre, blé. Le café de 'fimor, l'un des meilleurs connus, est plus cher que celui de Java sur les marchés de la Hollande même et lui est préféré.

Les indigènes fabriquent des tissus de coton et de soie. L'exportation comprend de la cire, du maïe, des buffles et des chevaux.

Dilly, chef-lieu de la province, compte près de 10. 000 habitants, c'est un port sur la côte nord-est, mais il possède malheureusement une maavaise barre qui rappelle un peu celle du golfe de Bénin.

Il s'y fait un très grand commerce de nids d'hirondelle pour les Chinois, sandal, cuivre, fer, etc.

A la suite des colonies portugaises, nous examinerons les possessionshollandaiseset nous ferons des constatations analogues à celles qu'ont provoqué ces premières, ce qui prouve bien que dans toutes ces questions de colonisation, c'est l'expérience, la ténacité, la sagesse du peuple qui culoiiise qui font tout, plus que sa puissance et sa grandeur.

Les Anglais ont toujours fait et suivi une admirable polititiqiie coloniale ; la France, tout en étant l'un des grands peuples européens; n'a fait de la bonne colonisation que par à-coups, pourquoi ? Parce que nous n'avons jamais eu une politique coloniale suffisamment pratique. Je ne veux pas encore parler de l'Allemagne qui nait d'hier comme peuple colonisateur ; mais d'autre part le Portugal se réveille sibien, qu'il nous donne l'exemple etlaHollande suit ses traces ou mf^me le dépasse dan^ ses colonies océaniennes, — que l'on confond parfois pur erreur, avec les Indes Transgangétiques, — par la plus noble des émulations.

Lorsqu'on veut faire de la bonne colonisation, je me résume par ce dernier conseil ; il faut aller puiser chez tous les peuples, petits ou grands, des exemples, des méthodes, des enseignements acquis par l'expérience et la pratique.

Voilà certes le meilleur systôme pour coloniser en grand à l'heure présente, car il faut comparer avant de pratiquer.

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