‹ La colonisation pratique et comparée: Colonies françaises, colonisationChapitre 16 sur 24 · DIX-HUITIÉME LEÇON · texte numérisé non relu

DIX-HUITIÉME LEÇON

Les colonies danoises en Europe : l'ajiumîI'el de pEnoE, l'Islande. — En Amérioue, les AxTiLi,r.s danoises, îles Sainte-Croix, Saint-Jean et Saint- Thomas. Le Groenland.

Mesdames, Messieuri",

Nous avons fini d'examiner la colonisation des grands pays colonisateurs européens, et mes trois derniers cours ne porteront que sur des colonisations modestes ou récentes. Je pense cependant, qu'avec moi, vous trouverez qu'il n'y a point de colonisation qui ne mérite d'être étudiée de très près, quelque soit le peuple, grand ou petit, qui s'y livre ; surtout quand ce peuple a eu un grand passé, comme les Italiens dont noua parlerons bientôt. Il est toujours intéressant de voir ce que font les peuples, soit au point de vue purement historique ; soit au point de vue économique qui nous montre le contre-coup de leur commerce avec la France. Il y a dans cette étude toujours quelque enseignement à puiser, quelque exemple à imiter. Aujourd'hui nous allons examiner la (-olonisation danoise : quoiqu'il s'agisse de l'un des plus vieux peuples colonisateurs, nous n'avons sous les yeux que des colonies pour ainsi dire du dernier rang. Nous verrons qu'en Europe le Danemark possède l'archipel de FeroC et l'Islande ; en Amérique, les Antilles danoises, soit les iles Sainte- Croix, Saint-Jean et Saint-Thomas ; enfin le Groenland.

lous trouvons en face de deuit genres de coloni- )s particuliers. D'abord nous voyons la première ion européenne en Europe ; quand & la colonisasse en Amérique, il se trouve que je vus avoir à larler juste 4u moment où elle cesse d'exister en traité pa:jsé entre les Etats-Unis et le Danemark cède ses colonies des Antilles. Si cette cession nt un fait accompli, du moins est-on è. la veille de rminer les actes diplomatiques qui laconcernent. (1) irrons tout è, l'heure de quelle importance est is ce marché danois.

arope, l'archipel de Feroë comprend dans l'Océan ue boréal où il est situé; 23 îles dont 12 sont habi-

superficie en est de 1.333 kilomètres carré?, avec Lilation de 11.000 habitants ; cette population est nent bien modeste, cequis'ixplique, car il est bon dire que ces îles ne jouissent pas d'une très grande

Les plus grandes sont : Strœmoë ; Osteroë, , SandoO, Waago, Bardofi, Winderoë.

sont, en général, trèsmontagneuses et très escarles renferment de la tourbe, de la houille, du fer ivre. Bien que les charbons de terre y soient de moins de bonne qualité, il me semble superflu d'inir l'utilité de ce produit, de même que surcelle.des i de fer et de cuivre. J'attire aussi votre attention sur e qui est assez rare en Europe ; on ne eonnidt guère lières en exploitation que dans le nord de la France ollande. Il est très intéressant de constater leur eaux îles Feroë. La tourbe remplace souvent l'ema houille, étant, a-t-on dit, une sorte de charbon

it depuis eetU' époque, la Diéie daiioisi> n'a point voulu iùu'- <U< cc»(icR aux Etats-Unis di- ces di^rniers vestiges d<- la taèp du Panuniark.

de terre en formation. Cette explication, je vous la donne pouf ce qu'elle vaut, attendu qu'elle n'est point scientifique, ce sont en tous cas des couches organiques en terrains souvent alluvionnaires qui présentent un intérêt économique. Il y a deux genres d'extraction de la tourbe : en surface et en profondeur.

En général, on se trouve dans les marais posséder des moyens très primitifs et l'on se contente d'enlever cette tourbe* avecdesbêchesetàraide de pioches qui la partagent en morceaux plus ou moins épais, que l'on met sécher: La population pauvre se chaufiTe avec cette tourbe qui produit peu de calorique et qiïi exhale une odeur assez désagréable. L'autre mode d'extraction se fait en profondeur, il est plus coûteux, mais plus perfectionné, se faisant & l'aide de pompes qui, enlevant l'eau séjournant sous la couche t'égûtale, permettent d'extraire la tourbe en morceaux de plusieurs mètres et à une certaine profondeur. Dansées dernières années la tourbe a été coupées en briques carrées, en longues lamelles, séchées avec plus de soin qu'{},utrefois, ayant été battues et secouées afin d'en retirer, autant que possible le limon, la terre, complètement inutiles. On a si bien séparé les matières végétales adhérentes fi la tourbe, que l'on peut, en temps de disette de paille,, ^'l-ii servir pour litière à l'usage des bestiaux. C'est un commerce' nouveau qui s'étenri et qui rend, dans le Nord de l'Europe, de très grands services. Il s'est fondé des entreprises allemandes en vue de cette vente et en Hollande ou .a eu de fort beaux bénéfices réalisés, grâce à cette toutbe et à sa composition végétale.

Il y a aussi dans ces îles de l'archipel Féroii de très beaux pâturages où l'on élève des chevaux, des bœufs et des moutons. La pèche reste la principale ressource du pays. On y pèche plus ou moins de morues. Il me semble,

à bfl sujet, intéressant de détruire ce préjugé qui fait que l'on croit qu'il uexiste des morues qu'à Terre-Neuve ou dans l'Amérique du Nord. Il me souvient vous avoir dît que ce poisson, qui joue uri si grand rôîe dans l'alimentation des pays intertropicaux, s'acclimate dans toutes les mers, sous toutes les latitudes et qu'il y a des bancs do morues sur les côtes du Sahara, dans les possessions espagnoles, auprès du Cap Blanc et surtout dans tes eaux de notre île d'Arguin.

On n'a pas mis en valeur ces bancs de morues semés sur U plupart des coins maritimes du globe, et l'on a eu tort.

La ville principale est Thorshavn, dans l'île Strœmot-, Je n'ai pu trouver sa population exacte, mais l'ensemMo des îles pi'ésentant 11.000 habitants, on peut en déduire que ces villes i:e possèdent que quelques ceutaines d'habitants, et ne sont en sommes que de gros villages. Cependant, toute proportion gardée, il est bon de constater l'esprit d'initiative de ces danois qui ont su dans ces bourgades ouvrir des gymnases, des collèges, fonder des bibliothi'ques ; dans toutes il y a une certaine activité intellectuelle et commerciale. Les autres villes ne méritent pas d'i'-tre nommées, cependant il faut savoir que dans toutes il y a des commerçants importateurs et exportateurs.

A SyderoO, il y a une riche mine de houille encore inexploitée, faute, d'abord de moyens de transport, et ensuite de capitaux ^.ufTisants. Cette mine pourrait cependant devenir une source de fortune pour l'île ; mais il n'3' a que deux lignes de navigation de Copenhague et de Leith-Granton, en Ecosse, aveccscaleàThorshavn, à Reikiavik en Islande, qui doivent fournir un départ tous les quinze jours. Cependant h'ur service n'est point régulier, parce que les bateau.Y ne partent généralement que s'ils ont à bord assez de voyageurs ou de marchandises et, comme en hiver on

risque fort d'être bloqué par les glaces, it en résulte i^ue <:es îles sont très mal desservies.

Après i^es îles, nous nous trouvons en face de l'Islande, pays qui par certains côtés est encore plus pauvre et plus curieux.

L'Islande a une superficie de 104.785 kilomètres carrés dont 42.070 kilomètres carrés seulement sont babitahie?. Cette île de l'Océan Atlantique boréal est située au sud d ii Groenland, au nord-ouest de la presqu'île Scandinave et -au nord des îles britanniques.

Sa population, ne couvrant qu'une partie de sa surface, est évaluée à 76.000 habitants environ. Si nous voulons une preuve de la pauvreté relative de cette île et de la misère de ses habitants, il faut nous souvenir de l'émigration régulière des Islandais aux Etats-Unis et au Canada, dont je vous parlais l'année dernière.

L'Islande est couverte de plusieurs vastes chaînes de montagnes qui renferment des richesses minéralogiques de premier ordre, que l'on a voulu souvent mettre en valeur, mais jamais avec le succès que méritent ces richesses. Parmi les minerais on remarque le soufre, la pierre à chaux et plusieurs espèces d'argiles ; on y trouve aussi sur la ct'te Est une espèce de spath calcaire ou spath d'Islande, qui est du carbonate do chaux cristallisé en rhomboèdre, matière transparente, douée de la double réfraction et qui par cela même est bien supéreure au mica ordinaire.

Dans toute Vile se irouve de nombreuses sources jaillissantes que l'on appelle des (Jeysers et dont le plus célèbre est le grand Geyser. 11 ne faut pas oublier que ce pays montagneux renferme des volcans qui ne sont pas entré en éruption depuis fort longtemps et ont formé des espèces de puits où l'eau dormante, que le touriste peut ci>ii-

iU3 ses pieds, n'a que deux ou trois mètres de ', et n'offre aucun danger. Ce sont là de même velle-Zélande. des pays très curîeux, mais dont m est rendue très difficile par le climat. Les stes qui s'y aventurent se font un jeu de s'emerres et de les jeter dausle grand Geyser, qui, in quart d'heure renvoit des jets d'eau superbes, tout ce qu'on vient de lui confier, car il est * un estomac d'autruche !

m convenir que si les dix volcans que renferme it le plus célèbre est le mont Hécla, avec une 1.557 mètres, et même 1.730 mètres suivant iographes. ce qui ne serait cependant pas savoir, imitaient cette terrible montagne le 9 mai produisit l'horrible disparition de e, l'Islande serait, en peu de temps, anéantie, ter ces éruptions et leurs conséquencss effrol'a qu'à se souvenir de la plus grande. éruption lie qui se produisit dans la nuit du 26 au 37 . Krakatoa, île de l'archipel de la Sonde, peni le pic de Perbuatan et une partie de l'ile s'effaisaiit périr 20.000 personne?. Phénomène à e couche de cendres fut maintenue dans' les >3phér:que3 pendant près de trois ans. Il est songer que les volcans islandais pourraient se our.

pales industries sont la pèche, l'élevage des 3 chevaux, d^s bêtes à cornes et des mou-

rce d'exportation consiste en poisson salé et imon salé, en huile de poisson, de morue, en . nomme ainsi les œufs de poissons, surfout î qui salés et séchés, servent d'appât pour Japé-

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che de la sardine — en exportation de liiiie, de siiifa, de peaux de moutons, déplumes, de chevaux, de moulons.

Les importations qui jFoviennent du Danemark, de l'Angleterre et de la France, consistent en grains et farines, en bières, eaux-de-vie, liqueurs et spiritueux, en sel, sucres, en drogues pharmaceutiques, en tabac, poudre, . plomb, en étoffes, savons, papiers, verreries, fer, cuivre, bois, etc.

Reikiavik est la capitale de fait ; siège du tribunal supérieur de l'Islande elle possède les mêmes lignes de navigation que les iles Feroë sur Copenhague et Leith-Granton, ayant un service plus ou moins régulier, des départs devant s'effectuer tous les quinze jours, ce qui souvent ne se fait pas. Ceite ville est peuplée de 4.800 habitants et pour cette population relativement petite, il existe cependant un lycée, une école de médecine, une école de navigation, une chimbre législative — Althîng — ce qui montre io véritable caractère de ces races Scandinaves, toujours désireuses d'apprendre. Chaque fois que l'on se trouve en face de la Sucrle, de la Norvège ou du Danemark, ont ne peut s'cmpéchçr de constater à quel degré ils ont su élever et pousser l'instruction en général, aussi bien secondaire que primaire ; ils l'ont poussée jusqu'aux dernières limites de la perfection, et c'est ainsi que dans ces petites villes de l'Islande, on possède toutes les connaissances ou pour mieux dire, selon la formule qu'on n'a point comprise ici, toutes les sciences intégrales. C'est ainsi que la femme possédant tous les arts, est aussi bien initiée aux secrets de la couture qu'aux lignes du dessin ou h l'harmonie musicale. C'est ce qui explique comment dans ces colonies danoises on trouve des centres si intellectuels et si intéressants.

Laissons les colonies en Europe pour examiner les

Antilles danoises qui vienaeat d'être cédées aux Ëtat-Unis 0.U qui sont à la veille de l'être déBoitivement ; il j a U tout un ensemble de faits très intéressants, non seulement pour le Danemark, mais surtout pour nous. C'est pourquoi, même avant do vous parler de ces Antilles, je désire vous entretenir des relations commerciales qui existaient entre elles et la France et nous arriverons À cette constatation curieuse que c'est surtout nous et non pas tant les Danois, qui sommes intéressés dans oe marché avec les Etats-Unis.

On a dit que les Américains appliquaient dans leur gouvernement la doctrine de Monrod. Eh bien quand on connaît les qualités remarquables des Etats-Unis ainsi que leurs défauts, onsaitfortbieuqueleurshommes d'Etat ne sontpas des citoyens à se payer d'une formule plus ou moins diplomatique.

Si donc les Etats-Unis ont eu le désir de s'emparer des Antilles danoises, c'est qu'il y avait dans cet acte un réel avantage pour eux. Us ont en tête l'idée de posséder toutes les Antilles ; ils se sont déjà emparé des plus gros morceaux comme Cuba, Porto-Rico, sanïs compter Haïti, notre ancienne Saint-Domingue, dont, ils s'empareront quand ils voudront. Usontbiencommeacéct, petit àpetit, il est à présumer qu'ils arriveront à traiter à l'amiable avec toutes les nations européennes qui, par compensation, demanderont à garder quelques ports d'attache aux Antilles pour y effectuer encore leurs exportations. Les Etats-Unis ont très bien su que c'était nous surtout qu'ili frappaient particulièrement en payant 25 millions au Danemark pour posséder les trois Antilles danoises.

Il n'y avait on somme aucun sentiment d'animosité, car to'.ijouis ce peuple a su conserver un bon souvenir et une

9incère reconnùdsance aux françus qui leur fournirent. Lafayelte et Rochambeau dans la guerre de l'Indépendance, et s'ils ont accompli cet acte qui nous porte préjudice, ce n'a été que comme commerçants et économistes pratiques.

Les relations commerciales entre la France et les Antilles danoises s'élèvent en général à 10 millons qui se décomposent aiosi : 1|2 million pour les importations en France et 9 millions Ij^ pour les exportations partant de France. Il est bien certain que le jour où ces Antilles appartiendront aux Etats-Unis, qui ne se trou^eiit qu'à quatre ou cinq jours demer alors qu'un parcours de quinze jours est nécessaire entrela France et cette partie des Antilles, il est certain dis-je, que les Etats-Unis seuls fourniront les objets manquants aux colons ; c'est donc 9 millions 1[2 que la France va perdre annuellement.

Nous apportons dans ces contrées principalement des tissus de coton, de la maroquinerie, de la bimbeloterie, des peaux préparées, outils et ouvrages en métaux, vins, parfumerie, vêtements confectionnée, produits pharmaceutiques, chapeaux de paille, etc.

La capitale du groupe est Christianstad ou Bassin, oheflieu de l'ile de Sainte-Croix et résidence du gouvernement général.

On y compte une population de 4.000 habitants ; on y fait la culture de la canne à sucre, il s'en fait une exportation de 18.000 boucauts ou tonneaux par an. Le commerce général s'effectue presque exclusivement avec les Etats-Unis, le Danemark et la France. Ce transit s'opère par Saint- Thomas et Sainte-Croix qui ont de nombreux services réguliers i, leur dispositions, lesquels mettent ces îles en communication directe avec toutes les parties de l'Europe ot de l'Amérique.

11 y a dti nombreux commerçants dans toute l'ile Sainte- (Jroii, comme à Frederickstadou'Westeiid, petite ville de 3.000 habitants.

La petite ile Saint-Jean n'a qu'une superficie de 18 kilomètres carrés, avec une population de 1.000 habitants à peine.

Cette ile n'est donc divisée qu'en un petit nombre de {■ropriétés, et l'on peut s'y rendre, eu sortant de Saintet'roix ou de Saint-Thomas, à l'aide d'une barge, car ces lies se touchent. Le pays est très beau, mais n'a aucune importance commerciale, difiérant en cela de Sainte-Croix ou de Saint-Thomas.

Saint-Thomas, chef-lieu, est la seule ville de l'ile qui suit bien bâtie. A propos de cette île, j'en reviens à vous l.'iire des observations coloniales et économiques que j'ai ilL'jà eu l'occasion de vous exposer au sujet de nos Antilles françaises et de toutes les Antilles européennes. Nous nous trouvons en face d'une des plus jolies villes que l'on puisse voir, et l'île qui n'a que quelques kilomètres cirrés pour ainsi dire, ce qui n'est rien en somme, possède copendantune rade foraine d'une réelle importance, au point (le vue de la stratégie commerciale et dans laquelle on ( ntre très facilement.

Cette ville que j'aisouvent visitée et parcourue, est enlourée de collines formant comme une demie-lune, avec irois mornes perpendiculaires qui avancent sur la mer et lii port ; ces trois mornes qui m'ont parfois rappelé les collines le long de la Seine, en face d'Elbeuf, sont couvertes de chalets et de coquettes maisons aux toits rouges, ce qui donne un aspect enchanteur et l'ittoresque à la ville et la fait ressembler à un joujou de Nuremberg. Comment se fait-il que cette petite île possède une ville si jolie et don t le port fasse un si bon commerce ?

C'est parce que cette île de Saint-Thomas, par sa po géographique sert d'escale à presque toutes les AntiU été, pendant longtemps un dépôt de charbon pour to navires venant d'Europe. Cette dernière attributio peut lui rester à notre époque, où tous les moyei transport sont à marche rapide, où les voyages à tr le monde sont toujours accélérés ; l'importance de île diminûra fatalement, à mesure que la civilisatio mènera chaque pays à sa valeur de production et de merce exacte.

Saint-Thomas a eu cette prospérité parce que je le te, il était le premier dépôt de charbon en arrivant ( rope ; aujourd'hui toptesles nations européennes pei Avoir ce dépôt dans leurs colonies même.

II est vrai que l'horrible désastre de Saint-Pierre momentanément la France de l'un de ces dépôts de chai Mais ce n'était pas la seule source de fortune de Saintmas que ce port servant d'escale aux navires. Ce port f vait l'esprit commercial des Danois et leur coup d'œil pr car ils avaient su en faire un port franc avant que 1 gleterre ne soit arrivé au libre échange, et alors toute Antilles danoises, espagnoles, françaises, anglaises, ho daises. venaient y faire une sorte de contrebande gêné Mais, si ce commerce faisait la prospérité de Saint-Tho il est à présumer que les Américains ne maintiendron cette prospérité, parce que maintenant les Antilles com ciales on adopté un régime douanier beaucoup plus lib et si la contrebande se fait toujours, ce n'est qu'en f proportion, cartons les tarifs ont été baissés. Un'enes moins réel que pendant le siècle dernier cette ile de S; Thomas, d'un si bon rapport pour le Danemark, n( coûtait rienpoursonadministration, attendu que lorsde jtassages j'ai, remarqué que tous les fonctionnaires da

se réduisaient pour ainsi dire à une trentaine de membres, ce qui ne ruinait pas la mère patrie. Le reste de la population n'était pas composé de danois, mais de sujets danois, et la langue danoise était certainement la moins parlée, les langues en usage étant le plus plus généralement le français et l'anglais.

C'était uae organisation pour ainsi dire familiale qui cependant, il faut le reconnaitre, était une organisation merveilleuse. Il y a environ IS.OO'I habitants qui se livrent au commerce. II y a des bateaux de toutes les nations de l'Europe et de l'Amérique ; on y voit des docks flottants de 2.5U0 tonnes, un railway-ship de 300 tonnes, des dépôts de charbon anglais et américains et le transit est considérable en passagers et en marchandises. La ville renferme des consulats, des agences et des commerçants de tons les pays du monde. Il y a dans cet^ !Ie un élément peu connu, parce qu'il est peu répandu dans le monde ; je veux parler d'une chapelle de frères Moraves ou Hernutes. Ce titre vient d'un mot allemand qui veut dire t gardes du Seigneur » et cette association est une secte chrétienne aux mœurs austères, qui procèdent des Hussites. Ces frères Moraves sont répandus en Bohème, en Silésie et en Lusace . Ils ont un centre très prospère dans cette île de Saint- Thomas. Ils sont quelque chose comme les quakers protestants aux Etats-Unis, ou comme étaient chez nous les Jansénistes du temps de Port Royal et de Pascal.

Ils font les honneurs de leur chapelle avec bonne grâce. 11 est encore une deuxième singularité de cette île que je crois intéressant de vous citer ; c'est que dans l'un des faubourgs de la ville, dans un de ces petits ports formés par la mer, il se trouve un village peuplé par trois cents hommes absolument rouges. D'où viennent ces hommes ? On ne sait, ils ne ressemblent à aucune autre race humaine ;

il y a-t-il un mélange de noirs, Jecaraîbea, de [jeaux-rou On ne sait, mais cette race d'hommes n'est pas compa aux peaux-rouges des Etats-Unis, car tout leur c n'est pas d'une couleur indécise ou mate, mais du plus rouge.

Voilà en somme ce que sont ces Antilles danoises en passant aux Etats-Unis, vont nous faire perdre 10 lions de commerce et vont être une source de lent pour les acquéreurs.

J'arrive à la dernière colonie danoise qui est bien v qui est immense même, mais qui a moins de valeur en que les autres ; je veux parler du Groenland ou terre i que. C'est une terre rocheuse découpée, mais formé partie par des glaciers si considérable qu'on ne sait pa distinguer où commence la terre, où finit la glace. Siti l'Ouest de l'Islande et au Nord-Est de l'Amérique sef trionale, on peut dire que ses limites sont inconnue côté du Pôle, si bien qu'on peut supposer que ce Gr lànd est un archipel ou bien un autre vaste continent y trouve des minéraux en assez grande quantité, des n de charbon, de cuivre, de plomb qu'il est difficile d'expic puis des carrières de cryolithe, de l'arbeste, de la p cuivreuse, du fer magnétique, de la tourmaline, de l'é du zinc. La cryolithe est une substance très rare, c'esi matière formée de fluorure double de sodium et d'al nium que les navires européens vont chercher, avec b coup de difficultés et d'empressement, parce que les in triels désirent en extraire l'aluminium qui est utilis l'heure actuelle dans une foule d'otîjets manufacturés principal gisement de cryolithe se trouve au campei d'ivikat, dans le fiord d'Arksout, sur la côte Ouest.

Les exportations se font en huile de baleine. Celte rée se fait de plus en plus rare par suite de la dispar

de ce cétàcé ; c'est un animal qui se reproduit très lentement, gui n'a qu'un petit à la fois. La chasse aux baleines, réputée autrefois comme dangereuse, avait cessé de l'être, parce que les primitifs harpons avaient été remplacés par des canons porte •amarres. Le blanc de baleine qui servait dans la pharmacie et dans la savonnerie était la source d'une industrie qui peu k peu a disparu ; de 3 fraacs, ce produit était passé à 150 francs la livre, et les marins, qui autrefois bourlinguaient pendant neuf mois de t'annéo sans trouver une baleine quelquefois, ont peu à peu cessé de faire cette chasse.

Comme exportations on note encore l'huile de foie de morue, l'huile de phoque et les fourrures de chiens de mer. Les importations consistent en quelques provisions alimentaires pour les habitants de cette terre glacée; ce sont du beurre, lard, pois, biscuits de mer, plus des vêtements et quelques instruments mécaniques. On peut éva- . luer la population à 10.000 habitants, ce qui est insignifiant pour cette vaste étendue. L'intérieur du pays connu va jusqu'au deli du 82* degré de latitude boréale. L'hiver plus ou moins rigoureux, est long ; quant à l'été, qui est pour ainsi dire un jour sa>ii jamais de nuit, il dure trois mois. La température, dans ce moment, est de + 15',. alors qu'en hiver elle descend à 40° au-dessous de zéro ; comme vous le voyez, elle n'est pas encore si dure que dans bien d'autres points de cette zone articque ; comme à l'extrémité du Canada, où l'on compte jusqu'à 5*î" au-dessous de zéro.

Il y a des communications plus ou moins régulières avec Reikiavik, avec l'Islande.

Godbavn, dans Tile Disco, sur la côte occidentale du Groenland est le siège de l'administration de la colonie.

Nous avons fini l'examen de ces petites colonies danoises, et je tiens à vous dire qu'aucune n'est à dédaigner.

d.ïGoogl

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