‹ La colonisation pratique et comparée: Colonies françaises, colonisationChapitre 17 sur 24 · GI · texte numérisé non relu

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pas même ce Groenland qui semble cependant ne rien rapporter à la Métropole. Comme vous le voyez il n'est pour ainsi dire plus de colonies danoises à l'heure actuelle, puisque les discussions diplomatiques avec les Etats-Unis vont enlever, ou plutôt acheter les trois îles qui représentaient le meilleur noyau colonial du Danemark. Et cependant les terres articques qui lui restent sont encore d'un assez boa rapport, grâce aux richesses minières qu'elles possèdent et qui d'un jour à l'autre pourront être mises en valeur par ce peuple danois auquel, pour le moment, il manque seulement le nerf de la guerre, c'est-à-dire les ^ros capitaux ; mais si lui-même ne peut le faire, il est probable que ces mines tenteront dans l'avenir les capitalistes étrangers qui, pendant les trois mois de l'été, pourront entreprendre et mener à bien l'exploitation souterraine. Cette terre glacée n'est donc paii sans présenter un intérêt réel «tl'on peut arriver à dire, après étude et réflexion, qu'il n'y a vraiment pas de mauvaises colonies; qu'il en existe certainement de plus ou moins bonnes, mais que toutes, si défavorable que soit leur position géographique, peuvent ■donner quelques avantages aux nations qui les possèdent- Je voudrais, en passant, attirer votre attention sur un phénomène qui a été étudié dans ces dernières années par une commission desavants envoyée au pôle nord. J'ai parlé longuement autrefois de ces régions avec un de mes amis, unéminentprofesseurauMuséum,M.Pouchet,mortaujour -d'hui, qui m'a raconté les phénomènes auxquels il avait assisté pendant les longues explorations faites dans toulcs «es îles. Il fit notamment des constatations extrêmement cu- . rieuses à propos de la lumière sur la mer, à propos de ces jours sans interruption pendant trois mois de l'année et il ■a recherché, ainsi que les autres membres de la mission scientifique dont il faisait partie, l'explication t^es

lois singulières qui semblent régir les phénomènes si complexes de la polarisation de la lumière au pôle.

Partis abord d'un navire de l'Etat, aune époque qui leur faisait éviter les fameux icebergs ou montagnes de glaces que les courauts entraînent, ces savants purent en obserser cependant un grand nombre de faible grandeur et re - marquèrent quf> bien souvent chacun de ces glaciers étaient colorés d'une lueur différente, tantôt rouge, tantôt bleue, tantôt verte. Les matelots s'emparaient d'un morceau de cette glace colorée, et aussitôt on s'apercevait qu'on avait en main non pas un bloc bleu ou vert, maïs absolument transparent et par conséquent incolore. Comme ces braves professeurs savaient fort bien n'avoir pas été victimes d'un effet d'optique, ils en concluaient à un phénomène de réfraction qui produit ces couleurs diverses.

Ils ont pu aussi déterminer d'une façon précise la marche des glaciers ; jusqu'à ces temps actuels on n'avait pu se rendre compte de la formation de ces énormes blor^. ■ On a pu observer que sous un certain degré d'intensité de froid, à 40' degré.-! au-dessous de zéro, par exemple, lasurtace de la merarticque se couvrait d'une couche de glace relativement très mince, et on pouvait s'étonner de se trouver en présence de massifs de glace dont quelques uns présentaient """ à 350 mètres d'épaisseur. Il y a dans le Groenland ;ontrées où, même en été, on ne sait pas définir si on 0UV8 sur une terre recouverte d'une épaisse couche de e, ou sur un vrai bloc glacé. Voilà conjment on est /é à saisir le mécanisme de la formation de ces ice- ;3 ou de ces montagnes de glace, si l'on peut s'expriainsi; au fureta mesure que tombe la neige, elle forme ■moncellement dans lequel se produit peu à peu une !ce de phénomène chimiques ou plutôt physique qui ,it se convertir en glace fondante. Peu après sous l'ao-

tion stratifiante de la température, si j'ose dire, cette glace arrive à former des masses d'abord peu importantes mais qui se rencontrant, se réunissant, se superposant, deviennent des massifs durs, allant d'abord avec une sage lenteur qui rend leur déplacement, paralt-il, insensible, tant qu'ils sont ou sur les continents ou sur le littoral, mais qui devient progressif au fur et à mesure que cea blocs gagnent la pleine mer. Parfois une moitié de la masse est sur la terre qui lui sert de point d'appui, alors que l'autre moitié a'élève sur mer, il arrive un moment où l'une des deux parties étant plus volumineuse, plus lourde et dans le vide au-dessus de la mer qui la mine régulièrement, détruit l'équilibre qui les maintient, et alors c'est un ébranlement, une séparation brusque, un effondrement de la montagne glacée dans la mer qui produit un bruit formidable que l'on entend àplusieurs kilomètres. Desglaçons énormes s'en vont ainsi à ta dérive, ; ce sont les icebergs si redoutés des navigateurs, car leur choc peut briser la coque des navires, si solides que soient ceux-ci. Un de ces icebergs est venu un jour s'arrêter à l'embouchure de Saint- Laurent ; il s'est fixé là forcément, car une de ses pointes touchait au fond de la mer. Son épaisseur était telle qu'il a mis trois ans pour fondre complètement.

Il est curieux, comme vous le voyez, de visiter ces contrées polaires qui ont tenté tant d'explorateurs eh de savants jusqu'à nos temps modernes. Beaucoup n'en sont pas revenus pour nous en raconter les mystères pour ainsi dire impénétrables ; mais ceux qui, apr33 avoir fouillé et étudié ces régions, ont pu nous en rapporter quelques renseignements scientifiques, ont déclaré qu'il y a dans ce Groenland, des mines ne demandant qu'une exploitation bien conduite, pour donner de beaux bénéfices à qui tentera l'expérience. II est à présumer que ce n'est pas la mère

i-dire le Danemark qui, malgré l'intelligence le son gouvernement et de sa population, er l'extraction de ces minerais. Je le répète nque, ce n'est pas le bon vouloir, mais simapitaux nécessaires à la mise en valeur de sa glacée.

mivre l'étude de la colonisation des peuples petits de notre continent européen, nous vere, la semaine prochaine, ce qu'est la colonîsae des Italiens.

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