DE LA GRANDE- BRETAGNE EN ASIE : EMPIRE ANGLO-INDIEN
lames. Messieurs,
Ions parler aujourd'hui de la colonie ta plus î, la plus considérable, comme chiffre de popuon comme surface territoriale, que l'Angleterre ns le monde. Sous ces deux points de vue du terrila population c'est une des plus importantes colo- ■nt jamais existé ; je veux nommer l'empire Anglo- !es Indes Angolaises, régies sur la base de l'union e, depuis le 1" janvier 1857. Cette « union e » et ce nom d'empire appliqué aux Indes 50nt des formes nouvelles, sinon inattendues, de le coloniale. Il était très difficile aux anglais ' autre chose, une autre combinaison que celle-ci ms une certaine mesure, alors que le mot n'était
et le principe pas encore appliqué, l'équivalent, 3e qui s'est fait dans ces temps modernes sous le l'otectorat, de droit et efïectif. Nous allons voir l'Angleterre ne pouvait pas faire autre chose e l'on appelait 1' o Union personnelle » mot qui resque à toute espèce d'analyse à l'heure où nous
d'autres formules mieux définies.
nense empire des Indes comprend d'abord neuf uovinces que je vais vous énumérer très rapi-
dément, n'étant pas ici pour ne faire que de la géographie pure.
Nous voyons donc ces neuf grandes provinces : Assam, Bengale, Berars, Bombay, Birmanie, provinces centrabs, Madras, provinces du nord-oticst, Ondli, Pemjab et environ 950 districts, et plus de COU états indépendants existant dans les Indes anglaises. J'avais sous les yeux, il y a quelques jours des statistiques de 1890, marquant le nombre de 650. Rien que ce chilire vous indique l'importance de la colonie, son immensité à tous les points de vue, mais surtout aussi l'intelligence particulière, la ténacité, l'espiit de suite qu'il a fallu à l'Angleterre pour maintenir sous la domination, assez douce en somme, de sou gouvernement, un pareil assemblage d'états plus ou moins indopendants.
Parmi ces états, il n'y en a guère que vingt qui aient une population supérieure à un million irhabitarits ; nous trouvons pourtant l'Hyderabad avec 1 1 millions, le Mysore avec 5 millions, et, encore une douzaine d'autres états ayant une population supérieure à 1 million, comme chllfre moyen.
Ces noms de Mysore et d'Hyderabad sont devenus familiers à nos oreilles, parce que leurs princes, leurs rajahs sont venus souvent se promener en Europe ; ils y sont renommés pour leur luxe labulenx, l'éclat de leur cour, le faste de leur habillement, les pierreries, les diamants semés à profusion sur leurs vêtements, ce qui en a fait autefois, aux yeux des européens, des personnages de contes merveilleux. Qu'importent ces cours et leur éclat, l'Angleterre a su, grâce à une politique très sage, maintenir dans sa main, tous ces souverains.
Cet état de choses ne s'est pas toujours produit sans luttes. Je ne vous ferai pas l'historique dus Indes anglaises, mais dans leur passé je vous rappellerai les luttes de la Hol-
lande et de l'Angleterre, la Hollande marchant de l'avant remplacer peu à peu le Portugal qui avait disle la grande activité coloniale, et s'en prenant qui dut se défendre de la façon la plus dure hcile. A peine débarrassés des Hollandais, it k s'en prendre aux Français qui, grâce au 1 homme, Dupleix, auraient pu à jamais posse empire des Indes. Mais depuis les traités le Versailles, l'Angleterre jouit d'une domite dans les Indes, troublée un seul instant des Cipajes. L'ordre revint vite et à l'heure peut dire qu'il règne une paix profonde les petits rois, ses rajahs jouissent d une raineté, d'une certaine autonomie, ils ne s davantage.
res anglais et les états tributaires ont une 5.l47.3ïOi kilomètres carrés, soit à, peu près lue de l'Angleterre, de la métropole, et une 291 .445.000 habitants dont 67 millions pour' :ènes et le reste pour les possessions imméit là. des chiffres récents, datant de deux ans ;st certain qu'on peut difficilement savoir exacuelle part les 625 états indépendants, environ, cette population, les statistiques ne pouvant c d'une façon précise et quelques extinctions tes dans ces 625 états, bien que l'Angleterre s à la disparition de ces royaumes, ayant u contraire à les laisser subsister. ; donc par ces chiffres, que les anglais se res d'un vaste empire, d'une partie du conti- , de la partie la plus fertile. Souvent je vous sie renferme des contrées qui ne sont pas e vaste continent, si l'on parle de la partie
susceptible d'exploitation, se réduit à la moitié environ de son étendue. L'Angleterre, à elle seule, possède 5 raillions de kilomètres carrés dans la partie la plus intéressante, la plus fertile, la plus utilisable de l'Asie ; et non seulement elle a cet avantage de l'immensité, mais elle jouit encore de tous les climats, depuis celui du pôle au sommet squ'à celui do l'Europe chaude ou temontagnes moyennes, celui des tropiques le long du Gange, aux bords de l'Indus, bords de la mer.
ite le sommet del'Himalayac'est une façon car c'est là la seule chaîne de moritagnus le, dans l'état actuel de lascience, il e:>l iinsr(l). On ne peut pas peupler ces sommet."*, s'aventure dans les rcvcs audacieux de la I. Il est donc certain quojamais le sommet îcses 9.000 mètres d'altitude ne se trou- >loité ; mais, dans les altitudes moyennes chaîne de montagnes, qui forme comme l'immense presqu'île, nous nous trouvons it comparable à celui de l'Europe, absoropre à l'acclimatation.
is dirai que ce n'est pas là une colonie de iuplement proprement dite, mais d'exîrciale. Avant de vous faire la descripommerciale du pays, il est une chose intéressant de vous spécifier, bien que û h des redites ; mais, en examinant ingères je me trouve obligé de faire 1 avec nos colonies françaises, situées
dans une même zone, et obligé aussi de vous dire que nous /lov-nno aller cherchep cHez nous, dans nospossessions ce ut, trop souvent nous demandons à l'étranger, une considération d'un ordre général qui est plus immédiate et plus considérabje que l'énudes productions du pays. C'est pourquoi aux laisse toute la partie historique, artistique, tout erveilleux et poétique évoqué par les ruines du ute l'histoire, non seulement politique mais igieuse, de oepays qui a été Tim des plus beaux ; riiumanité, un des berceaux du monde avec après l'Kgypte, et qui par conséquent présente ! captivante, pour n'aborder que le côté éconoit je vais vous retracer les grandes lignes. A i'sente, lorsque l'on s'occupe des Indes anglaises, me en face d'une population très dense de 3W ;nviron d'individus, chiiFre énorme, malgré les ai surgissent brusquement et déciment le pays. iléau pour les Indes et il n'y a aucune laute, isponsabilité, à imputer aux Anglais, pas plus ne il n'y a de la faute des Chinois dans son cadémique. Je ne m'appesantirai pas sur ce point, , la quantité de la population étant seules en s cette question.
examinons la configuration du continent asiati- Dutraste nous frappe immédiatement. A côté de territoires du nord à peu près inutilisables, exceplour la colonie russe, en partie, à côté de cette Perse ctive, à côté de ces lacs et de ces déserts, à côté :ie isotherme du centre, nous voyons brusque- ;ir cette presqu'île peuplée d'une manière excesommerce actif, à la civilisation industrieuse et nous nous trouvons en présence de cette popu-
lation de l' extrême-orient qui, de même qu'au Japon et en Chine, se caractérise par son extrême sol^riét(^. Tous les asiatiques, à part les habitants tle certaines parties du nord, sont sobres. Les indiens se nourrissent d'une poignée de riz ; ils le font d'abord parce qu'ils sont sobres naturellement, et, il faut bien Tajouter, parce que aussi ils ne peuvent pas faire autrement.
Les pauvres hindous' n'ont pas toujours cette poignée de riz, et alors la famine sévit, terriide et mortelle ; les villages présentent l'image de la dévastation, d'une population à l'agonie ; les cadavres décharnés couvrent les places publiques; plus de 500.000 habitants meurent de faim parfois, et malheureusement les anglais De peuvent rien pour arrêter ces désastres, pour conjurer ce danger qui provient de la population extrêmement dense et par conséquent en proie à la misère. Vous me direz qu'à côté de cette misère du peuple se rencontre le îes 625 rajahs. C'est là l'image d'une nt, qui n'a presque rien de réel ; si nous 33 se promener en Europe avec des le pierres précieuses, nous n'avons dele les représentants d'une grandeur idants d'une noblesse en quelque sorte t par se perdre dans la nuit des temps et mps présents, si j'ose m'exprimer ainsi, que les dehors de la domination ancesr est si limité que l'Angleterre ne s'en : qu'eux-mêmes ne se sentent aucun protection à exercer sur ce peuple qui loins à leurs côtés, qui gagne incomplèexpose à ces famines terribles. Cepenidèlement toutes ces ombres au tableau, es exagérer.
D'une façon générale, on vit aux Indes dans un état de prospérité relative qui n'est, ni la richesse fabuleuse vantée par des historiens à l'imagination vive, ni la misère noire citée par d'autres, comme antithèse sans doute. Quelquesuns ont représenté un pays merveilleux où loules les rivières roulaient des diamants et de l'or, d'autres, s'occupantde questions plus matérielles ou pour mettre en jeu des passions politiques, ont raconté que les fonctionnaires anglais, civils ou militaires, trouvaient aux Indes ud rapide moyen d'y faire fortune. « S'il n'y avait pas de roupies et de l'or à récolter aux Indes, a-t-on dit depuis longtemps, les Anglais n'y resteraient pas.
Certes, c'est là une vérité, mais ces roupies ne se ramassent pas sur les grands chemins, il faut les gagner, travailler heaucoup, et ensuite si ce que j'appellerai l'ètatmajor civil ou religieux anglais ramasse ample provision de roupies, pour mon compte personnel je trouve que c'est chose légitime, car d'autre part, pour un gouvernement, il est économique de payer fort cher les hauts fonctionnaires, s'ils consentent à ne s'occuper que de leur tâche et s'ils sont compétents. Il faut croire que les fonctionnaires de l'Angleterre savent très bien remplir leur devoir, avec un esprit persévérant et tenace, car la Métropole n'a qu'à se louer de la manière dont se l'égit la colonie, et eux-mêmes ne regrettent pas leur séjour aux Indes où on les voit bien souvent rester, leur mission remplie, ne désii'ant pas revenir (!:ins cette vieille Eun)])e qu'ils av;iieiit quittée dans leur jeunesse.
Lorsque les Anglais ont été, après les crises successives notées plus hautes, les maîtres de cette péiiin-=ule, ils se sont trouvés en face du problème colonialle plus curieux, le plus difïicile à résoudre, qu'il ait été donné à une nation européenne.
Oui, il est vrai le mot de M. CheviHard, un Français distingué qui coriHaissait bien ces colonies.
tt L'Angleterre, en face d'une population très dense, avec une civilisation avancée, une religion ancestrale, n'a eu rien è cràer mais tout à organisùr. »
En elFet que pouvait créer une nation européenne, lorsqu'elle se trouvait en l'ace de cette organisation orientale, de ces villes florissantes, de ces poits prospères et commerçants, en face de cette immense agglomération d'impires assez puissants, de cette population dense où le colon n'aurait pu introduire un clément nouveau de civilisation, où mêr.ie il n'aurait pas eu de place à occuper dans la masse.
Tout à organiser, rien à créer. Telle était la situation ■ que l'Angleterre a bien vite comprise. Elle a tout organisé avec son esprit de suite habituel ; elle n'a rien introduit, elle a tout gardé, souverains, système politique et religieux. Elle n'a pas cherché à faire une colonie agricole et de peuplement là où il n'y avait pas dejtlace pour le colon ; elle s'est contenté d'en faire une colonie commerciale prospère, et n'a eu qu'à se féliciter de sa sage organisation dont elle a tiré les meilleurs résultats. Après des siècles de lutte contre les Européens, il est curieux de constater, comment, l'Angleterre — et c'est à son honneur — a su vaincre tous les obstacles intérieurs et extérieurs avec son esprit de suite, sa méthode pratique, sa ténacité, son libéralisme sincère, son projet bien arrêté d'arriver à résoudre tous les problèmes qui se poseront, sans les brusquer.
Et cela, en n'ayant dans ce chiflro de 29 1 millions d'habitants, à inscrire comme fonctionnaires et comme compatriotes, qu'un tout petit nombre d'individus anglais. En edetles statistiques relatent qu'il n'y a que 1-2 1.1)00 Européens en présence de près de 300 millions d'indigènes,
maintenus par une faible armée de Cipayes, encadrés anglais.
examinons le système religieux aux Indes, nous ms qu'il n'y a vraiment pas une religion ancesue jamais la question religieuse n'a provoqué s (àclieux, "207 millions d'habitants pratiquent le ïralima, religion hindoue à côté de laquelle se 'autres sectes. On y compte 57 millions de ms, importante minorité, pratiquantcette doctrine Arabie et ayant passé en Perse ; Jomme vous le 1 ne se perd pas dans la nnit des temps puisque )ns nous arrêter tout simplement à Mahomet trouverrorigine. Puis viennent les sectateurs de uisont au nombre de 7 millions ; Boudha est le iateur d'une religion nouvelle en Extrême-Orient iférée des peuples orientaux, et vous vous raples chinois sont surtout Boudhistes. Enfin les 36 chidrentpar deux millions seulement, ce qui jue que l'Angleterre, sagement, s'est détachée question religieuse et n'a pas essayé d'imposer ices. Parmi ces sectes, les Mahométans surtout lent par leur activité, leurs qualités commerciales ; certaine mesure, ils sont aux Indes ce qiie les ut en Perse, c'est-à-dire l'élément travailleur, lant, si nous abordons les chiftres des emprunts enus aux Indes, nous aurons sous les yeux un lent puissant pour la France, car le système agiais aux Indes nous montre ce que nous aurions ans notre empire Indo*Chinois. En 1897, — les it peut-être changé depuis, c'est certain, mais il gé que pour l'avantage du pays que j'ai l'honneur ire connaître — en 1897, dis-je, les emprunts de indienne émis en Angleterre se montaient à U 5
— nommions de livres sterling, et avec les dettes intérieures on arrivait à un total Ac plua de 225 millions de £ soit 5 milliards 625 millions de francs. Lorsqu'uii Etat aussi petit que l'Angleterre trouve le moyen, avec une seule de ses colonies, la plus grande du monde comme chiffre de population, il est vrai, de prêter une somme de 5 milliards, c'est qu'il est certain de retrouver l'intérêt de son argent, en faisant la fortune nationale et celle de la colonie. Devant la grandeur d'une telle spéculation on reste frappé de l'esprit pratique de ce peuple ; on doit se dire aussi que nous devrions chercher à imiter cet exemple et ne pas continuer à prèternos capitaux aux nations étrangères, dèslors que nous pourrions les employer au prolit de notre Métropole et de ses colonies. II y a là un placement réji:ulier, permanent, un système financier avantageux pour tons, dont les répercussions économiques sont générales et nationales. Par ce placement de vos capitaux, vous fournissez aux colonies le moyen d'écouler leurs marcliandlses, vous créez de nouveaux débouchés pour la Métropole, vous échappez de la sorte à la concurrence étrangère, tout en faisant fructifier vos capitaux, à l'exemple de i'Aii}ïIoterre, d'une façon très rémunératrice. C'est à l'avantage du la nation, de la colonie et des capitalistes que se pratique- celte excellente politique colorJale.
Il laut maintenant que je vous parle du système monétaire adopté aux Indes, et vous apprenne quel est l'éejuivalent de la roupie. Cet équivalent de la roupie avait été lixé, par rapport à la livre sterling, à deux schelling, l'on prenait dix roupies [tour une livre sterling, et d'une façon générale on énonçait 10, roupies ■= livre sterling. — l'on additionnait indifléremment R X = £. 1.
Dans ces dernières années, il s'est produit toute une série de phénomènes économiques sur lesquels je suis oMi-
gé d'insister un peu pour vous mettre cette situation monétaire en lumière.
ites les fois que l'on se trouve en face de ces phéuomè-onomiquea paraissant plus compliqués qu'ils ne le n réalité, toutes les fois que l'ons'occupe du libre jeu ihanges à travers le monde, on constate de grands ats économiques et financiers, dont on doit tenir :e, si l'on ne veut pas marcher à la ruine. On avait ■d fixé la valeur de la f^ à 25 francs, comme à Lont cette fe valait dix roupies ; mais les anglais ont ite reconnu qui leur était impossible, aussi bien à u'aux Indes espagnoles admettant la piastre mouéi 5 francs, qu'il leur était impossible, dis-je, de fixer façon absolue la valeur même d'une pièce d'or, à cause FKcultés du change.
ir aplanir les obstacles entre le commerce extérieur ommerce intérieur, pour faciliter les relations entre îlais de la Métropole et ceux des Indes, on adécrétéfortque les opérations extérieures s'eflectûraient parti- ;ment en or, et que les opérations intérieures, avec liens se pairaient particulièrement en argent. 11 faut ' amprendre que les moyens de transport quels qu'ils , l)ateaux ou chemin de fer, sont rapides à, l'heure ite et que l'or est plus commodo à écouler à cause de si fixité, à travers les places du monde, que l'argent, ut plus qu'en peu de temps, grâce au lélégraphe, au 3ne, vous pouvez de San-Francisco, Londres, Berlin mbay, savoir quel est le change, la valeur de l'or. Il résulté ce phénomène financier que l'argent revient i à sa valeur fiduciaire ou cou veu tien aelle, suivant ^s après des lluciuations, et que l'or conserve tousavaleur intrinsèque. Les Anglais en dernier lieu, ux Indes, gardé les deux formules R X et ^, mais à
la fin de chaque opération une ligne est consacrée î'i la perte du change. Cela revient i dire que pour vous françaia, anglais, européens, lorsque vous opéivz une livraison quelconque aux colonies, il vous est impossible d'imposer un tarif régulier, général pour les monnaies d'or et darg-ent ; il iaut toujours tenir compte de la différence du change, et de la^dillérence de la valeur des métaux. Mais il faut toujours exiger votre paiment en or courant, anglais, français ou américain, par exemple. Or, on pourrait simplilier toute ceile complicption, éviter toute conlestation entre Etats, en adoptant une grande règle monétaire internationale. ^ Les paiments extérieurs seront e0ectués en or. » Ainsi on évite le change ; on est obligé de ne tenir compte que delà valeur intrinsèque du métal.
Je vous disais tout à l'heure que l'Angleterre avait trouvé dans les Indes un pays parfaitement civilisé et qu'elle n'avait eu non pas à créer, mais àorganiser. Elle n'a l'ien détruit, mais à tout transformé. Il est évident que depuis cent vingt ans si nous entrons dans cet ordre d'idée le monde entier s'est transformé ; tout l'outillage économique et social a subi un changement général. Ainsi aux Indes les Anglais ont couvert le pays de chemins de fer, et cela d'une façon merveilleuse. En 1898, le I'' janvier, il y avait 20-879 milles anglais de voies ferrées établis soit par l'Etat, soit parles Compagnies. Ce sont là les seuls chitïres que j'ai pu me procurer, regrettant de ne pas avoir en ma possession des statistiques plus récentes que celle de 1899, année où l'on a construit 5.055 milles pour 59. 665. OUO roupies ; plus 2.(>2G de raccordements pour la somme de 16.189.900 roupies,
Examirions les revenus nets appliqués aux capitaux procurés pour cette construction. En 189'i-1895 ils ont été de 5. 09 et 5.78 0/0, et si vous voulez savoir de
il)ien tist baissé le taux dans une année de famine, ncns rannée t896, où le revenu net aété de 5.20 0/0, au ment où survenaient de lourdes ch^.rges ponr la colo- , sans compter la perte du change et le manqua de mainuvre. Ce sont là des chiffres très intéressants que je s prie de retenir, car mieux que tous autres ils servent iC'monstration en faveur de la valeur p.ratique coloniale 'Angleterre. Ce n'est pas à dire qu'elle seule puisse arrià d'aussi beaux résultats. Non, tous les peuples eurons peuvent (aire aussi bien que les Anglais, s'ils veulent lonner la peine d'appliquer toute leur attention à la jnisatioD.
îous pouvons dire que l'argent anglais prêté aux Indes d'un placement sûr et avantageux, car il est rare, à un; présente, de trouver un placement de 5.7S ou 5.69 même en France, où nous n'avons pas les pertes de nge que subissent les Compagnies de chemins de fer Indes.
L côté de ces chemins de fer et grâce à eux, nous voyons le commerce général des Indes devient de jour en jour i florissant, plus considérable, grâce aussi aux voies de igation nombreuses. Le Gange est navigable sur une nde partie de son cours, 1500 milles environ, jusqu'à cutta ; rindus et le Bramapoutre sont navigables sur 3 de 1 .800 milles, et fertilisent une superficie de 1 . 125. 000 'es. Ce sont là les artères principales par où se transtent les produits de cette immense péninsule qui a, en ce, l'avantage de posséder un littoral où les navires xliands du monde entier trouvent des ports pour s'aer. Mais le temps me presse et c'est très rapidement je dois vous parler du commerce des Indes et je ne vais voir vous donner que la nomenclature la plus restreinte re.\portalion et de l'imporfalion de cette contrée.
insistant sur les passages où se montre réqiiivaleiit de ce que nous pourrions faire en Indo-Chine.
Les principaux produits du sol sont: le riz, de même qu'en nos possessions orientales, la canne à sucre, le coton, le café que l'on n'a pas assez cultivé dans les contrées qui nous appartiennent sous la même zone, les épices, les arômes, lepavot pour faire l'opium, le tabac, rindif;;:o, le thé, le jute, le mûrier, le quinquina. Dans les forêts, ou remarque le châtaignier, le chêne, le bamhou, le bois de teck. Dans les montagnes on trouve des mines d'or, d'argent, de plomb ; le fer magnétique, du pétrole, quehiues salines, du cobalt et de l'antimoine.
Dans les monts Aravali en particulier, on trouve des granits, des ardoises, du quartz coloré, gneiss, syénites, marbres blancs et colorés, du cristal de roche, puis des pierres précieuses, des grenals, des émeraudes, et enfin e Djemna et le l'ennah.
Nord de Calcutta, dans le discrict de île plus grand bassin houiller de rinde, le 1.500. 000 kilomètres carrés environ.
ant de constater la présence de cet >uiller, parce que certainement c'est ids secrets de la prospérité des Indes.
H Indo-Chine notre mine de Ké-Bao onné, a fait assez de bruit, et qui a été ïttre en valeur ; mais enfin dans ces i est arrivé à utiliser son charbon en iOrte de briquette, mélange de charbons n du pays et de brai, à combustion raotre bassin houiller de l'Indo-Chine is les mêmes avantages que celui des l^lais.
ieilles industries du pays est la fabri-
cation des cotonn;ides, du calicot, duiil U- nom vient de Culiciit, ville iiiipnrt.'iiite siir la cûto de Maialiar ; jiuis celle des mouchoirs, des schirtings, des fabiicaiions du soies unies, ou imprimées, des tissus de soie, d'étofles mêlées, unies ou façonnées, des étoffes de jut-e. Kniio une industrie qui n"e-t plus à la mode en ce moment, est celle des châles de Cachemire qui eut longtemps? une grande vogue en Europe, citons encore des broderies, des tapis de coton ou de laine, de la bijouterie de clinquant qui s'écoule plutôt on Asie qu'en t^urope, et de la joaillerie.
Je ne m'étendrai pas sur l'indiistric de^ soies grèges qu'on importe en Kurope, nù cllesont toujours un débouché assuré, .le m'arrêterai plutôt sur la fabrication des cotonnades. Il s'est produit pour elle une série do crises industrielles et commerciales dans ces dernières annéus, très curieuses à étudier, parce qu'elles mettent en [irésence la Métropole et la Colonie qui deviennent concurren'es.
L'Angleterre est la nation industrielle par excellence. Elle n'hésite pas lorsqu'il s'agit d'avoir des usines pour fabriquer des étoiles et mettre en valeur un de ses produits, sous quelque forme que ce soit.
Arrivant aux Indes, elle a commencé par perfectionner les usines, ou plutôt la fabrication des élolles qui était la meilleure industrie des Hindous; elle leur a apporté des métiers qui ont été en se perfectionnant avec le temps, qui se t-ont transformés même depuis vingt ans. \'oiis savez aussi bien que moi quel changement a subi l'industrie te.\tiie dans ses grands centies, que ce soit Roubaix, Lille, ou autres villes.
L'Angleterre qui perfectionnait cette industrie te.\tile aux IndL's, avait dans sa Métropole, à Manchester, un centre manufacturier, prospère et florissant, mais qui, a
un moment donné, a trouvé une concurrence de la part des Indes. Cette crise a été redoutable ; les grands industriels qui constataient qu'aux Indes les difficultés étaient moins grandes pour le charbon et la maio-d'œuvre, n'hésitaient pas et quittaient l'Angleterre pour aller s'établir dans sa colonie. Mais ce n'est pas tout enrore ; l'Angleterre commence â^ l'heure présente a être craintive et effarouchée des progrés de l'Extrême-Orient, du Japon surtout qui. lui aussi, se couvre d'usines perfectionnées. Il y a de plus un avantage considérable, c'est que la main-d'œuvre est extraordinairement bon marché ; les ouvriers des manufactures se paient de huit à dix sous pas jour, sont sobres et travailleurs, ce qui fait qu'actuellement les Indes anglaises se trouvent concurrencées à la fois par leur Métropole et. par le Japon qui avancera de jour en jour dans la voie du progrès sous toutes les formes comme dans cette industrie, snrtout le jour où son sol se couvrira de Chemins de fer. Ces différentes phases de l'industrie textile a inquiété l'Anr gleterre, et l'inquiète toujours. Elle essaie de ne pas subir de concurrence de la part de l'étranger ; celle des Indes envers sa Métropole ne nuisait pas autantà ses intérêts linanciers.
Regardons les importations et nous verrons qu'elles consistent en mercerie, articles de modes, chaussures, fil de coton, droguerie, qui provient généralement de France, car nous avons ia réputation de faire de la bonne pharmacie, verreries, grains, liqueurs, machines et métaux employés à la construction des chemins de fer, papier, sel, soie écrue et travaillée, sucre brut et raffiné, parapluies, etu.
Toutes les matières d'exportations se trouvent dans la Péninsule ; ce sont le café, le coton brut, l'indigo, les grains, cuirs et peaux, soies et tissus en jute, laque, huiles, opium, salpêtre, soie, thé, tabac, bois, laine brute.
J'arrête votre attention surun point qui me parait Impor- Vous deTez remarquer que dans ces nomenclatures elles de l'exportation et de l'importation aux Inla l-'rance ne figure pas pour un de ses produits qui, tant, tout naturellement trouve là sa place. Je veux r dessous-produits de la houille ou matières coloran- 3nt je vous ai entretenus longuement l'année dernière ipos de nos colonies d'Extrême-Orient, voisines ds [ndes anglaises. Ces sous-produita de la houille qui nt pour nous la source d'un commerce florissant, ont atliis par ceux de l'Angleterre et de l'Allemagne, alors j pouvaient, sans se donner heaucoup de mal, trouver toute l'Asie coloniale leur emploi au point de vue ndustrie textile, puisqu'ils sont destinés à la coloration ■toffes. Eh bien, parce que nous n'avons pas su come sur ce terrain commercial, quelques centaines de ons ont passé dans les mains de l'Allemagne au détrit de la France ; c'est là une constatation qui prouve que ■ance devrait s'occuper sérieusement à relever cette de industrie des sous-prodnits de la houille qui a pris iance chez nous.
jtre point qui attire notre attention : les relations :nerciales entre la France et Tempire Anglo-Indienne vent qu'à la somme de 136 millions de francs par an ; ;ette somme, 123 millions représentent le chillre des trtations en France et 13 millions celui des exportations 'rance.
est la confirmation de ce que je viens de vous dire ; eus activions les relations commerciales de notre ■opole et de nos colonies d'Extrême-Orient avec les s, si surtout, augmentant le trafic des sous-produits : houille et combattant là-dessus la concurrence aile- [le, nous savions y joindre utilement l'envoi de quelques
machines agricoles ou de pièces métalliques pour la construction de Chemins de fer, il est évident que nous pourrions atteindre un chiffre d'exportation française aux Indes, supérieurà ISmillions, dans un pays de JiOO millîon.s d'habitants, où nous jouissons d'un tarif privilégié. Les Indes importent surtout en France, des grains et frijitsoléagineux, du coton et de la laine, des céréales, du café en fèves, de Tindigo, de l'étain brut, de la soie et bourre de soie, du cachou, du poivre ; puis des peaux brutes et des cornes de bétail, du caoutchouc, sagou et fécules, du riz, des bois exotiques, des libres de coco, de la gomme.
Inutile de reprendre ces produits un à un ; à leur simple ênumératioo, vous avez reconnu qu'ils proviennent surtout de pays similaires à nos colonies Indo-Chinoises, Tonkin, Annam, etc., ei. qu'il est déplorable que nous allions chercher aux Indes ce que'nous avons chez nous.
lorte des tissus de coton et de soie, des des peaux préparées, de la maroquinerie, [le l'horlogerie ; puis du safran, du sucre de-vie et des liqueurs, présente un détail qui ne manque pas ue les chiffres qui se rapportent à cette e de rborlogerie me soient sortis de l'es- * se dire aujourd'hui que lorsque l'on est en , est intéressant et prudent de maintenir an, des débouchés pour certaines Induspar le lait même que nos relati(>ns avec urnissent des débouchés similaires chez me une sorte de connexion commerciale omplétement étrangers atout autre point î jour malheureusement nous voyons que ferment et diminuent de plus en plus avec ;aine3.
Donc pour en revenii- au détail que je voulais vous faire [uerau sujet de l'exploitation de la bijouterie et de g'erie, je vais vous rappeler un fait qui s'est passé nvii on une quinzaine d'années. C'est un grand défaut dustrie française de meltre son orgueil à fournir : les rois, les rajahs, les princes du monde entier, liant souvent que les petites bourses sont plus nomî que les grandes.
t certain que pour les objets de luxe nous avon? re la priorité comme fabrication, mais il serait néces- : plus rémunérateur souvent de nous en tenir aux ï bon marché", quand il s'agit d'exportation colo-
i à propos de l'horlogerie, nous avons essayé à on de faire des pendulettes en bois comme cola se e aux Etats-Unis depuis longtemps déjà, où des mécaniques ont été établies spécialement pour le âge de ces petits chalets ou caisse en bois ; les s eux-mêmes sont faits à l'emporte-pièce, ce qui n'en plus mal. Les pendules fonctionnent bien et sont ées rapidement et en grande quantité, ce qui permet néricains de les livrer à un très bas prix, 3 Ir. 50 à ) pai' exemple, somme que tous peuvent dépenser •nt'r leur case ou leur cahute. Eh bien, nous avons à Besan^'on, centre de l'horlogerie, de fabriquer les pendules communes et nous n'avons pu arriver au résultat que les Etats-Unis.
, peu de chose, et cependant, c'est svmptomatique, ous négligez cet état d'infériorité dans lequel vous Duvez pour la main-d'œuvre et la labrication indusil est évident que petit à petit vous vous laisserez îur les marchés européens et étrangers et qu'un ndra où le commerce français n'occupera plus qu'une
] ou de troisième ordro dans le trafic i d'ailleurs ost Iiélas déjà un fait accom-
ou griiiide induslrie locale, joue un rôle oint de vue de l'intérot général et de la onomique nationale à. travers le monde, lestnécessain; de niaîntynir nos dél)0uchcri lutter par tontes nos industries contre la ingère, aussi liien dans lus colonies étraus fois que nous le pouvoii^î, que dans nos ï. Si déjà en 1897 le chilfro total des exndes anglaises était do8.%.().'îy.()03 roupies ortations de 1(18.851.315 roupies, c'est à :i revendi(|uer une partie raisonnaMe, par litiative, par nos cllorts commerciaux les
THOlSIIiMK LEÇON
2;! (t.'-ceml.re l'JOl.
DE (;EVr,A\, ÉTA11LISSEMENT9 DR LA PRESi.lu'ir.E (STRAITS SETTI.EMENTS), l'ROVlNr.E DE MA[.AC:(;A, r.HI-SEMBII.AN AVEC JEI.KHU ET SUNGE1-LJ0N, HOM;. ILE DE PA(,iUKS OL" f.HRISTMOS, ETAT \>F, NU Ot: l'ÉNANG OU l'Ai I.O-I'INANG.
mes, Messieurs,
e Jernière, iimis nous sommes occupés des Indes Anglaises. Aujourd'hui, nous 'une manière particulière des deux Birmanies, ur absortiou ofticielle par cet Empire, sont listinctes de cette vaste Colonie Anglaise, manies, en elfet présentent la partie la plus us singulii're et à la fois la moins connue du t asiatique. Là, se sont conservées les vieilles aussi est un peuple synipathisant avec les sans faire l'histoire de la Birmanie, il est iirel que je rappelle ici qu'il y a une vingtaine iron, celte contrée avait demandé à être Protectorat de la France, ie est habitée par un petit peuple de race ,e tous les Asiatiques les habitants en sont quilles , travailleurs , intéressants à tous grande sobriété. Nous remarquerons qu'ils IX très grandes villes commerciales ; Ranale de la province de Pégu, avec 910.000
habitants, est le centre d'un grand commerce d'importation et d'exportation ; — Mandalay, surl'Iraouaddy, avec 190.000 habitants, fait un assez important trafic avec les Indes et le Siam principalement ; — Prome, possède seulement 40.000 habitants, au milieu d'nn pays cité pour son exportation de riz, de coton, de sésame, de soie grège, de fruits pour la teinturerie ; là se fait la préparation du cachou ; l'importation porte sur dos soies et cotons lilés et ouvrés, des flanelles, des draps, sacs d'emballage, sel, verreries, faïences, vins et eaux-de-vie. Le peuple Birman, tout à fait intéressant, qui n'aime point à combattre mais à travailler, a su trouver des auxiliaires domestiques, des ouvriers d'une force extraordinaire, dans les éléphants nombreux à Rangoon et à Mandalay. Ces aniniaux sont d'une intelligence peu commune, égale h celle de bien des travailleurs humains ; l'année dernière je vous ai déjà cite leur exemple à propos de la main-d'œuvre à employer ; dans les centres commerciaux oïl les voit porter de lourds fardeaux, se rendre utiles dans la construction des quais, charriant les pierres, le bois, chargeant loi navires, soumis au commandement de ceux qui les dirigent, se rendant aux appels d'une cloche qui sonne l'heure des repas et du travail. Ils vont et viennent avec une régularité mathématique. C'est une merveille de voir qu'elle est l'organisation, l'application des éléphants en Exlrcme-Orient; on ne rencontre ce fait dans aucune autre possession.
Maintenant, de même que nous avons vn les Anglais suivre un système colonial en Europe qui consistait à se réserver des dépôts de charbon et des, points stratégiques de Gibraltar à Suez, de môme aujourd'hui, je tiens à vous faire remarquer comment ce système a été maintenu en Asie par la Grande Kretiignc. Là, ses colonies sont en quelque sorte des échelles maritimes et coranierciales
rAiifi:lL'terrc, traversant rEurope méridionale isqu'en BxtrOme- Asie. Je voudrais vous montrer sprit (le suite l'Angleterre a su ?e garder les oints Mil/- la carte asiatique, outre cet empire lui est colossal, comment le gouvernement de je dis de la Reine puisqu'elle a présidé aux : l'Empire colonial anglais — a su jeter cette imer::iale à travers les deux continents, avec îation pratique, continue, voulue. Ayant com- Gibraltar, les Anglais en sont vite arrivés à lue/. Arrêtons-nous un instant à ce canal de je ne veux pas vous retracer l'histoire. U est Il que le canal de Suez a été une création 'ançaise, rêvée et exécutée par un français de ie Lesseps. Comment se peut -il que peu de sa mise en valeur ce moyen de communication lie, soit devenu ipso facto une voie anglaise lusivement ? La chose est simple ; ils ont jugé arine marchande étant considérable, il était le que le canal de Suez vint dans leurs mains, a ils n'ont pas hésité, après avoir laissé les creuser, à acheter toutes les valeurs concernant s marchés Européens, et c'est ainsi que nous iserver dans les statisti([ues que ce canal, iif.'ais, ne sert à la France que dans une très rtion, alors que les chiffres anglais se trouvent roportion colossale. C'est ainsi qu'en face de lavires en général français, nous aurons' un .000 navires anglais passant annuellement le ez. U y avait donc nécessité absolue pour les qu'ils s'emparassent moralement de ce passage lir Kouge, prolongeait leurs stations coloniales. lière, dans mon cours décolonisation française.
je vous est parlé de quelques possessions admirables dans ces parages, en vous faisant remarquer que nous n'avions pas su les mettre en valeur, alors que l'Angleterre, dans une situation analog-ue et même inlérifeure avait su créer une sorle de transit général, tout en se gardant des points
,i„ ^*, ..;„:„ nerciale et militaire, secret de son
"ne. Celte importance est naturellement lyée par Aden et ses dépendances dans )us l'administration de Bomliay, ayant , un eivil et un mililaire. /Cotte ville pendances parvient à faire uu commerce à 95 millions de roupies annuellement.
)us avons vu qu'on comptait dix roupies z donc juger quel important commerce lussi petite ville, surtout lorsque nous ■ a ni culture, ni espérance immédiate de rabie Pétrée qui se trouve derrière. D'où at merveilleux obtenu par les Anglais?
du canal, il est en quelque sorte obligé Iroits de passage, non point officiels, i-, mais qui n'en sont pas moins réels ique navire entrant laisse de l'argent à le prise de charbon, de déchargement, de séjour plus ou moins long, pendant itier achète et consomme. Toutes les l'ois port franc, où soît-il placé, n'importe, dir, à plus forte raison si c'est sur une ■taire ; c'est ce qui arrive à la plupart Vous direz peut-être que dans ce port e chose pour le trésor national anglais, arofonde, le bénéfice des particuliers le bénélice total, et il est évident que trant librement à Aden, laisse toujours
une certaine somme d'argent au commerce général par les dépenses faites par les olïiciers, les matelots, les passagers. Les Anglais ont très bien compris l'avantage du port ttanc et tout Îk l'heure je vous en montrerai un, très important : Singapour.
A cùté d'Aden, dans la Mer Rouge, nous voyons l'île de Pêrim, ayant une superficie de 5 milles carrés, puis l'île Socotora, avec une superficie de 1 .000 milles carrés ce sont surtout des points de stratégie de premier ordre, non par leur élévation, puisque nos colonies voisines les surpassent sur ce point, ayant une altitude supérieure de 65 mètres, nlorsqiic l'altitude des îles Anglaises est presque insignifiant!'.' Miis ces dernières font un commerce de cuirs, de peaux, surtout un élevage de bœufs et de moutons assez intéressant, puis on y voit du café, de même que dans le protectorat des Anglais sur la côte des Somalis. Cette partie di; la côte (l'Afrique arrête mon attention, et sans vous en retracer l'occupation entière, je vous dirai que la domination européenne dans cette partie africaine ne remonte qu'à quelques années seulement. Vous devez vous souvenir que deux navires de guerre se trouvaient à la même époque et pour le même but à Aden, l'un était anglais, l'autre français, ayant tous deux missions de prendre Périm. L'oificier Anglais ayant eu vent du désir de son collègue français partit une demie-heure avant lui et eut le temps d'arborer le drapeau anglais avant son arrivée. C'est donc le hasard et notre impéritie qui donna Pérîm aux Anglais.
La côte des Somalis soumise au protectorat anglais est une partie de la côte d'Afrique d'une superficie de 75.000 milles carrés.
En sortant de la Mer Rouge, nous suivons toujours la grande ligne commerciale qu'il ne faut pas perdre de vue
et sur laquelle les Anglais ont placé leurs points stratégiques, situés ainsi sur le passage de toute la navigation à vapeur moderne européenne. Les Anglais sont donc maîtres de tous ces débouchés maritimes de Gibraltar au Japon. Il est bien certain que depuis le percement de l'isthme de Suez, c'est là la plus grande voie commerciale de l'univers et c'est pourquoi s'est toujours manifesté chez les Anglais le désir de s'emparer de cette ligne ; nous les avous suivis dans leurs colonies européennes, dans ta Méditerranée, la Mer Rouge, nous allons voir maintenant comme ils se trouvent dans leur possession de Ceyian, qui était tout indiquée sur la route maritime.
L'Ile de Ceyian est une colonie delà Couronne, située à 60 railles de Tlnde ; ayant une superficie de 25.635 mUles carrés, c'est-à-dire équivalant à 63.975 kilomètres carrés. C'est là un territoire considérable. Au centre, on trouve à peu près 4.000 mille carrés de montagnes avec des sommets de 7 àS.OOO pieds, puis une série de plateaux et de ▼allées de température relativement tempérée, jusqu'aux plaines basses et chaudes de la côte. C'est là une admirable situation, qui offre des avantages non discutables, d'après la théorie des altitudes queje vous aï longuement démontrée l'année dernière. Vous arrivez à faire toutes les cultures avec une température assez douce dans l'intérieur de l'Ile. De plus, Ceyian possède un port merveilleux, non pa» un de» plus grands du monde, mais excellent pour tout le commerce de l'Ile ; ce port est Colombo où se fait l'exportation de thé, de café, de canelle, d'huile de coco, des fibres, bois d'ébène, écorce de quinquina, cordages, ainsi qu'un commerce de perles. Je vous mentionne en particulier ces fibres textiles employées utilement sous diverses formes ; ici, avec des fibres de coco on fait des cordages. Avec des fibres de cette nombreuse faniille des agaves, des ananas.
TÎvez à faire des cordes imputrescibles, et c'est là imerce qu'il est intéressant de développer en pays jpicaux ; il est presque inconnu en France et dans onies, à part pour quelques maisons spéciales, importations portent surtout sur le riz. il est inutile s dire que cette importation du riz est de source e et qu'elle concerne surtout les Indes et colonies
opulation de Ceylan augmente d'une façon remar- ; il y a deux ans, lors du dernier recensement, elle e 3.30a000 habitants, dont un cbiffre de 6.000 ens seulement. Vous voyez que là comme aux Indes, lais colonisent relativement peu, !.seau de cbemin de fer était, à la même époque, de les. Les exportations pour l'Angleterre se chiflraient !?. 100 ï.pour les colonies anglaises par 1 .380.000 %, ÎOO t pour les autres pays.
t aux importations elles se comptaisnt, pour terre, par •^.1"27 7(i0 H, pour les colonies anglaises 96.200 t, et 854.900 £ pour les autres pavs. Je ie de bien retenir ces chiffres qui vous démontrent paya étrangers font seulement un peu plus de un du commerce général. Decette simple constatation nt, pour Ceylan, toutun ordred'îdées, d'observations intéressantdedégaifer, car elles démontrentqu'elles conséquences heureuses de la politique coloniale si ) des anglais. On a plaisanté l'Angleterre pendant aes années, la targuant de vouloir faire une fédéaniqne de l'Empire, de vouloir considérer ses ; comme des provinces d'un même pays. Eh bien ! 'hui, on peut constater que ce n'est pUis une utopie i empire colonial n'est pas réalisé officiellement et
sur le terrain diplomatique, il est bien réalisé de fait sur le terrain commercial.
Il faut bien l'avouer, l'Angleterre est arrivée à ce résultat merveilleux, qu'elle peut, ainsi que ses colonies, se suffire à elle-même, sans aller chercher d'autres produits à l'étranger. Ce système bien connu, nous devrions chercher à l'obtenir par nos colonies qui ne le cèdent en rien aux colonies anglaises. C'est le système employé par les Etats- Unis, c'est le secret des provinces du Mexique, car les Etats-Unis éprouvaient le désir d'avoir chez eux-mêmes, tous les produits intertropicaux à côté des produits du Nord, et à pouvoir ainsi faire des échanges chez eux, sans aller au dehors, à l'étranger.
C'est là le but de l'Angleterre et de ses colonies ; réunir les produits différents suivant les climats, et d'en faire un échanf^e continu sans recourir à l'étranger. C'est une formule a'^se/. précise qui doit rester gravée dans votre esprit, et nous ii(î pouvons eu trouver une meilleure démotistration qu'à Ceylan. Vous me direz que cette île est dniis une situation particulière, d'.iliord par r.ifiport à ses diflérentes températures, puis, parce quelle est comme le point de jonction dé l'iiurope ;i l'E.\trême-Orient.
Sa situation an contraire rendrait plus singulière cette particularité qu'à Ceylan l'on fait avec la métropole un commerce de 7millions de £., alors que toutes les autres nations qui, par leur marine, passent souventà Colombo, n'arrivent qu'à faire un dixième du commerce général.
L'Angleterre, vous le voyez, a réussi à faire le maximum d'échanges entre ses produits manufacturés européens et les produits du sol de Ceylan.
Quittant Ceylan, et parcourant cette échelle des points stratégiques "anglais, nous allons vers l'Extrême-Orient, et nous arrivons d'abord aux établissements du détroit de
Malacca (straifs ^ettlementi^j ce que les anglais appellent colonies de la Couronne, ayant une importance stratégique de premier ordre parce qu'ils commandent la route de la Cliine. Là encore vous allez voir que nous touchons à l'une des questions commerciales les plus intéressantes de toutes, pour le présent et pour l'avenir, paroe qu'elle commande dps transformations générwles qui finiront par s'imposer un jour ou l'autre aux Anglais eux-mêmes. Dans cette colonie de la Couronne nous remarquons surtout Singapour, sur une ile, port sûr et vaste ; cVfait le quartier général des escadres des Indes et de Chine ; ce port est un grand dépôt de charhon, puis aussi l'entrepôt des produits du détroit, des colonies hollandaises, do Bornéo et des Philippines qui se servent de ce port.
L'île est bien petite, elle n'a que 226 milles carrés et compte 185.000 habitants, et cependant, le mouvement total du commerce en 1896 était de 290.431.830 £. Ce sont là Iês derniers chiffres que j'ai pu me procurer, mais, ils ont dû augmenter dans une proportion assez considérable depuis cinq ans. Ils n'en sont pas moins extraordinaires, car, aujourd'hui nous pouvons les estimer au moins à 300 millions de £, c'est-à-dire à une somme de 7 milliards 500 n\illion3 de commerce général par an ; somme qui est obtenue sui-tout par un vaste transit, car à Sinp^apour il n'y a point de commerce local, autre que l'étain. Ce sont donc les produits venant des pays étrangers pour alleren Eurtope ou uice versa qui arrivent à fournir cette somme de 7 milliards 500 millions. Vous voyez quelle importance est attachée à ce commerce exclusivement transitaire. C'est ce que je vous disais tout à l'heure, et ce que j'aurai souvent l'occasion de vous redire, le port franc peut et doit être une source de l)énéfices pour la métropole, et les anglais l'ont liien compris, puisqu'ils sont arrivés à Hiiro
— Gîi —
de Singapour un entrepôt général qui leur assure un chiffre de 7 milliards 500 millions d'affaires annuelles.
Remontons encore, et nous trouverons la province lie Maîacca, au milieu du détroit, qui mesure 635 milles carrOs avec «ne population bien faible, puisqu'elle se chiffre par 92.170 habitants seulement. ï'uis vient ensuite l'île de Pinang à l'entrée du détroit, avec la province de Wellesley, en facp, sur la côte, mesurant 387 milles carrés et comptant 235.618 habitants. Nous voyons après, des pays de protectorat formés de six états indigènes, avec un résidant anglais, couvrant à peu près 33.000 milles carrés et possédant une population de 718.000 habitants; comme vous le voyez la population est relativement faible ; la presqu'île de Malacca est relativement déserte, surtout si nous la comparons à la Chine, à l'Indo-Chine et aux liiHcs. Mais l'Angleterre voit là des points de stratégie 'est l'important pour elle. La princii^ale réside dans l'exploitation de l'éiaiii ; puis lé, les résines et le caoutchouc, taie des établissements du détroit de Mamilles carrés et la population environ de Autrefoiscesétatsettoutescesilesét:iient ;ion du Bengale; mais depuis I8(i7, ce ; une grande colonie de la Couronne; c'est ourquoi l'Angleterre ne veut pas laisser ortance de Singapour. Cependant un l'importance des navigations Jnternatiolenée à perdre cette suprématie énorme, ngapour d'une façon quelconque au déllle.
istion complexe, souvent mal connue en glais forcent tous les navires du monde, Européens on américains à passer par
ir pour éviter le long détour par San-Francisco, selon toute probabilité ils prévoient que le per- 'un canal dans l'isthme de Kra diminùrait grantmportance de Singapour. En effet, tout navire l'Europe en Asie par la voie la plus courte c'est- ? l'isthme de Suez, se trouve obligé de faire un forcément passe à Singapour pour s'y fournir de c'est ce qui explique l'importance de ce port ; •tout, ce qui montre pourquoi l'Angleterre ne laisser percer l'isthme de Kra qui serait la voix ! l'Extrême-Orient par Suez et le canal des sept
Deloncle avait constitué une société à cette inle percement de cette isthme de Kra n'offrait pas s difficultés que celui de Panama. S'il n'a pas pu m projet à exécution, ce n'est pas que les anglais t de capitaux, ce n'est pas non plus parce qu'ils ; de se voir déposséder d'une colonie nouvelle, pas parce qu'ils craignent de perdre Singapour
qu'ils ont la prétention d'avoir là un second
obligeant tous les navires à passer devant son que, restant les maîtres de leur isthme, ils feraient
tous les navires un ou deux jours, à commencer îurs, non, c'est parce qu'ils se trouvent dans la
où se trouverait une industrie colossale, comme it par exemple, s'il lui fallait opérer un déménage- Les anglais ne savent pa» comment ils remplacengapour, et s'ils trouveraient à Kra un port 1, avec des bassins de réparations comme il en
c'est pour eux une affaire tellement conaidéras reculent autant que possible devant l'échéance ourtant un jour ou l'autre nous verrons certai- Singapour détrôné par le percement de Kra qui
s'impose. Ce jour-là ce percement sera encore une œuvre utile à l'Angleterre, qui tournera à son profit, puisqu'il s'agit d'états sous sa domination, et que là, comme partout ailleurs, elle saura tirer parti des circonstances.
Les productions générales de cette presqu'île et de ces îles de Malacca consistent surtout en épices, poivres, piments ; puis tapioca — arrow-root, — manioc, riz, tabac, café. Il faut que j'arrête votre attention sur le plus gros commerce du pays qui est l'étain. Les anglais sont arrivés à monopoliser à peu près intégralement toute la production de l'étain dans ces contrées, si bien qu'il n'est plus possible de faire un commerce d'étain en debors des maisons anglaises. Les ports, comme je vous le disais tout à l'heure, laissent passer en franchise, sauf l'alcool et les spiritueux, toutes les marchandises. Pour l'alcool, l'opium, les spiritueux, ils n'osent pas faire autrement de peur de scandaliser l'opinion publique, l'opinion du monde entier ; . et d'ailleurs il y a là. un commerce général très dangereux ayant la réprobation internationale, et les anglais ont absolument raison de mettre un frein à la consommation de l'opium qui a des effets néfastes et abrutissants chez la race jaune, et de faire payer des droits sur les alcools et spiritueux alors que tout autre commerce transitaire est complètement libre de tous droits à Singapour. Vous voyez pourtant que cette liberté n'empêche pas les anglais de réaliser un commerce plus ou moins transitaire de 7 milliards 500 millions, dans une ville relativement peu peuplée, qui ne fait que peu de transactions locales, en dehors de l'étain.
Je n'ajouterai qu'un mot au sujet des états qui, dans le se trouvent sous la domination directe nglais, états dont les noms sont presance.
Ce sont les états de Jélébu avec Nigri-Sembilan et Ujong, l'état de Pahang, Jahores.I'ilede Pâques ou os, l'état de Pérak, Selangore, Pinang ou Pénang O-Pinang, etc.
stits états, avec leur très faible population, se sont rement réveillés dans ces dernières années ; cela 'excitation, le mot est bien anglais ou américain ent à cette race, pour arriver au but, cela tient ze que cette faible population se trouve répandue sez vastes territoires possédant des richesses nades mines précieuses, des cultures très rémunémises en valeur par un peuple très jeune au point commercial, de même qu'en Birmanie. Aussi les ont-ils commencé à faire fructifier ces mines très nombreuses, et ayant ajouté cette branimerciale aux productions naturelles du sol, ils ont tats prospérer et grandir tous les jours. Le gouint anglais et les états indigènes rivalisent d'actir construire des chemins de fer en ce moment; ils nt bientôt à les raccorder à la côte et aux autres •éseaux voisins. Depuis sept ans que cette entrepris naissance, on a remarqué qu'au contact des ns ces petits royaumes asiatiques ont subi une mation complète ; ils se mêlent peu à peu à l'acniversello, font des échanges internationaux, et ent à la puissance coloniale anglaise.
>nnaie courante employée dans ces états est, bien . paraisse tout à fait surprenant, non pas une mon- >;Iaise, non pas la roupie comme aux Indes, mais ce monétaire américaine, le dollar. C'est un ène monétaire qne nous avons plusieurs fois l'ocl'observer en Asie et dans la plupart des colonies nnes à travers le monde. Ce sont là de vieux usa-
ges qui, introduits d'abord par les premiers comraer(,-arits, les navigateurs, se sont peu à peu imposés aux autoclitones, ont fait partie des mœurs tie ces habitants qui manquaient d»! toute espèce d'unité motiétaire.
Nous avons vu la semaine dernière comment I:i roupie équivalait à la dixième partie de la £, et à ce propos je vous ai démontré comment la valeur nominale d'une pièce d'argent changeait à travers le monde. Dans ie délrnit de Malacca, tout en conservant encore la roupie, nous ne prenons plus la £. pour point de comparaison, mais le dollar américain qui s'est implanté parce que souvent manquait toute autre monnaie. De même que dans les vieilles colonies espagnoles nous voyons la piastre qui a une valeur de 5 francs ; comme la roupie, cette vieille piastre tend à disparaître parce qu'elle ne peut plus servir qu'aux échanges intérieurs, l'argent ayant énormément perdu de sa valeur libératoire et étant peu à peu, dans les échanges extérieurs, absolument remplacé par la monnaie d'or. D'ailleurs dans ces contrées l'argent se fait de plus en plus rare, alors que la plupart du temps on a éuonnômentd'or.etde pièces nouvelles. Depuiscinquanteans environ on remarque qu'il y a une augmentation constante de dollars alors que le demi dollar tend à disparaître complètement ; en efiet, on n'en trouve plus même à New- York, où on les vend de 25 i 30. francs. La pièce de 50 francs et la pièce de 100 francs, ayant une valeur de 20 dollars, sont comme la monnaie courante. Partout règne le dollar américain dans ces colonies anglaise. C'est un phénomène monétaire assez curieux, puisque les Anglais eux-mêmes n'ont pas pu arriver à créer de la monnaie propre aux pays.
Cette question monétaire est extrêmement difficile à résoudre, j'y reviendrai dans la plupart de mes cours,
u'elle est la base de toute allaire commerciale, t vpnte ;je trouve que ceux qui veulent entrer en is intéressantes et fréquentes avec ces pays, sont t surpris de la manière dont peuvent s'effectuer fes ts et de la dillérence énorme qui peut survenir ne valeur monétaire, selon les changes étabtis.
faut bien retenir ceci : c'est que ce qui est la base ; les écbanges internationaux, ce n'est pas la moniirgent, de quelle espèce soit-elle, mais exclusivei monnaie d'or. La valeur libératoire de ce métal X change peu suivant les pays où il circule et c'est Fait sa qualité. Vous me direz peut-être qu'il est nt quand même que les Anglais n'aient pas su créer l'nnaie courante dans ces petits Etats indépendants, s de la Couronne. Si vous créez une monnaie d'aroiiR remarquerez de suite qu'elle ne peut servir écbanges intérieures ; au contraire pour créer une e d'or locale, il faut d'abord que vous ayez à votre lion un énorme stock de ce métal, ce qui est rare. ï, pour faire entrer votre monnaie dans la circulavous faut avoir des banques assez solidement conspour supporter un fort capital endormi pendant rs années quelquefois. Eb bien, même eu Europe, les banques qui n'ont pas su équilibrer leurs res-
avec ce capital qui souvent ne circule pas libreins les mains d'une nation. Il n'y a rien qui s'impose Tacilement que la confiance au sujet de l'argent ou ier monétaire, il faut que ces deux valeurs aient antie, une contre-partie en or. C'est pour ces raialtiples que l'Angleterre et les autres nations euro- 1 qui, ayant trouvé le dollar américain déjà établi é par certaines colonies-, et ne s'étant pas vues à ie fournir une autre monnaie nationale, se sont
prudemment abstenues de toute tentative et ont laissé circuler le dollar américain.
Dans ces coloDies, au sujet de la monnaie, il est un autre phénomène que l'on découvre au fur et à mesure que s'élèvent et se construisent les voies de locomotion, chemins de f«r, canaux, ete ; on pénètre pïus avant dans l'intérieur de ces iles et de ces Etats, et l'on y retrouve de vieux usages, des habitudes ancestrales qui sont demeurées familières à ces peuplesqui.de même que tous les peuples orientaux, ont les qualités et les défauts de la fourmi. Sobres, travailleurs, économes, ils aiment à cacher, à enfouir l'argent qui passent dans leurs mains ; il arrètentla circulation monétaire, en gardant ainsi des pièces d'or, qu'ils emportent souvent jusque dans leurs tombeaux. Dans des fouilles l'on a en effet constaté que la plupart de -ces peuples orientaux ont la coutume d'ensevelir leurs morts dans des habits constellés de pièces d'or et de déposer -dans leurs caveaux une certaine quantité de monnaie. Les Européens s'efforcent de faire disparaître ces coutumes séculaires et engagent le paysan à faire circuler ses pièces métalliques qu'il cachait souvent dans un terrain ou un «ndroit mystérieux. Depuis des siècles il y a eu des sommes considérables ainsi enfouies ; à quelle valeur peut-on les comparer I aucune statistique ne pourra l'établir.
Pour clore cette question monétaire, concluons en disant que, de quelle sorte que soit la monnaie locale, l'unité monétaire, il faut toujours, d'après les nécessités commerciales, prendre l'or pour valeur internationale : chaque affaire, chaque marché devra porter en mention particulière : « Nous serons payés en or » Il n'importe nullement que cet or soit le dollar américain ou la livre anglaise. Mais les statistiques sont toujours établies sur le compte du Gouvernement de la Couronne en livres sterlings.
sieurs, quelle est la situation actuelle des Liigleterre sur ce cotitinetit Asiatique où elle is le vaste empire des Indes, et cette échelle jmparables à celles du Levant, mais infinie. Se l'éserver des possessions et des ports jndroits favorables, c'est la méthode du gouonial en Grande Bretagne, ce qui parle en politique économique. Elle sait surmonter îcultés intérieures ou extérieures, activant rospérité de chaque colonie en particulier, ervant des sources d'une richesse colossale pôle.
QUATRIEME LEÇON 6 janvier 1902
Bornéo Anglais (North Bornéo), Lauuan et Sara Wak, île de Hong-Kong
Mesdames, Messieurs,
Nous allons aujourd'hui examiner la situation d'un groupe de colonies anglaises extrêmement intéressantes à divers points de vue.-
Ce sont l'ile de Bornéo, Labuan, Sara Wak et enfin l'île de Hong-Kong. Nous allons aussi rapidement que possible, nous rendre un- compte très exact de l'ingéniosité particulière et diverse des Anglais, de leur facilité à tirer, partout, parti de la situation la moins bonne comme de la plus avantageuse.
Dans cette leçon, nous allons trouver l'Angleterre en face d'une colonisation lente, difficile, qui se présente sous une forme d'exploitation particulièrement agricole, mais que les Anglais arriveront à transformer petit à petit avec leur ténacité, leur persévérance habituelles et où ils provoqueront des résultats, je ne dirai pas inespérés, mais très surprenants, très intéressants. Et cela, alors que bien des "■ ■ ' 'aient abandonné tout espoir de mener
n commerciale et productive dans des leur Métropole.
ais ou North Bornéo est situé dans qui, comme vous le savez, est partagée ui en occupe la parti est et sud-ouest,
et la Grande Bretagne qui est maîtresse de la partie nord lest. Le Bornéo Anglais comprend donc les posutrefois connues sous le nom de Sabah et acqui- Itan de Briinei Sulu en 1880.
îrficie de ces possessions est de 79.632 kilomè- 3, avec un littoral de SOO kilomètres. La popuévaluée à 120.000 habitants par certains géogra- 3 que d'autres en accusent jusqu'à 170.000; sur ce compte environ 10.000 chinois. J'avoue que sur ce ;ernantlapopulatiOD,jene suispas absolument Bxé, lents où j'ai puisé ces notes étant tous d'un avis mais, ce qui parait certain c'est le chiffre moyen habitants, et je crois qu'en l'adoptant, nous ne 2;nerons pas beaucoup de la vérité. Le nombre cliinois est une garanti", pour le pays, puisqu'il in-d'œuvre assurée à bon marché relalivement ; i la source d'un j)elit commerce intérieur, car on es Cliinois y sont très enclins.
; baiite montagne de cette partie de Bornéo est ïallu, dont l'altitude est de 3900 mètres. Nous vons à Bornéo foujoui's dans la même situation ique quechez les dernières colonies que nous avons a dernière fois ; cependant ici.les Anglais peuvent es les cultures, grùce à une clitierence d'altitudes jurnit des températures diverses. Je n'ai pas à irlalliéoric des aliitudes que j'ai développée tout 'année dernière ; vous vous r^ouvenez que la tems'abaisse de 1 degré par 100 mètres d'altitude, ce it des cultures diflérentes suivant l'élévation du
nant, après avoir considéré la forme physique de lornéo, voyons quelle eu est la forme adminis-
particulière. Sans revendiquer le protectorat de l'île tout entière, ce qu'elle ne peutpaSjà cause de la Hollande, TAngleterre y eierce une grande influence, y est fortement établie sur trois points de manière à arriver a monopoliser tout le commerce du pays, si cela est possible.
C'est là une sorte de protectorat commercial, qui, bien que n'étant pas reconnu, n'en est pas moins réel, et produit des résultats merveilleux ; à vrai dire c'est le véritable, presque le seul objectif de l'Angleterre quand elle colonise, — puisqu'il contribue, ce protectorat colonial, à. réaliser le système de la colonisation anglaise qui veut arriver à posséder chez elle ou dans ses possessions, le monopole de tous les produits intertropicaux et équatoriaux en même temps que les produits des régions froides ou tempérées. C'est pourquoi, toujours, elle tend à exercer un protectorat économique de fait, et j'ai la conviction quelle est sur le point d'atteindre son but, et cela à cause d'un ensemble de faits que nous examinerons et comprendrons au fur età mesure que nous avancerons dans l'étude de ses colonies.
Bornéo, soumise à l'Angletei-re, est cependant en l'ait, la propriété dune Compagnie à cbarte, la « British North Bornéo, » qui peut et doit être citée comme le motlOle des Compagnies à cbarte, bien qu'elle fut la première constituée. Quand les Etats européens veulent organiser une Compagnie de ce genre, que ce soit dans une possession africaine, asiatique ou autre, ils doivent toujours prendre pour bases et pour modèles les procédés usités par cette c British North Bornéo ».
C'est en 1877 que le territoire du Nord fut cédé aune compagnie privée; en 1882, l'administration en (ut confiée à une compagnie à cbarte, cette « Dristish North
Bornéo a avec iiii conseil d'administration à Londres, et, sur le (erritcire même, ayant à sa tête un gouverneur nommé parla couronne qui est en même temps gouverneur de Labuan, possession voisine dont nous parlerons tout àTIieure.
Jo l'ai dit: quand en 1877 l'Angleterre s'est emparée ou a établi son protectorat sur des points quelconques de cette colonie et des colonies voisines, elle avait un plan d'exécution conçu depuis longtemps et se réalisant à très longue échéance, plan qu'elle exécute aussi en Afrique, plan général de conception coloniale, qui la fît s'établir dans cette partie :' nf II près ignorée du monde afin de pouvoir se complélef, - L'urichir sans enrichir les nations rivales, afin de pouvoir laires de fortes affaires d'exportation et d'importation exclusivement chez elle; c'est ce qui explique ce groupement. Mais en même temps, comme Bornéo, lointain, offrait d'immenses difficultés administratives et gouvernementales, aussi bien que comme exploitation immédiate, l'Angleterre avec son esprit pratique, a cherché aussitôt une simplification générale, et elle l'a trouvée, sous une complication apparente, en concédant ses territoires a une compagnie à charte. De cette façon, à l'heure où se dressaient de grosses difficultés à vaincre, le gouvernement anglais ne prenait aucune espèce de responsablité, tout en restant réellement le maître de la situation au point de vue des indigènes et des nations européennes. J'insiste sur ce mode d'organisation administrative et coloniale, parce qu'il est un exemple à suivre, et parce qu'il met en lumière l'esprit pratique de l'Angleterre, et aussi parce que dans le monde colonial on a pour habitude de le citer, ce North Bornéo, comme un véritable modèle de politique économique. Vous savez comment i! a été copié et suivi dans l'Afrique, particulièrement et malheureusement pas toujours avec le
même bonheur, par notre Congo français, où nous avons A 1 compagnies à charte (jui so débattent à l'heure présente et cherchent à regagner les millions engloutis, laiite d'une bonne direction ; le Poi'lugal aussi a mis en pratique ce mode colonial de compagnies à chaite en Afrique.
Revenons à Bornéo, où il semble intéressant de suivre pas à pas la marche de cette nouvelle organisation, qui ne remonte encore qu'à vingt-cinq ans. II ne s'agit pas là d'une exploitation facile, car nous ne nous trouvons pas en face d'un territoire exceptionnellement riche an point lie vue de l'exploitation minière, ou de l'exploitation agricole appelée culluration ; il s'agit d'une compagnie à charto qui par l'énergie et la ténacité, a évité les échecs et les pertes que nous avons subis ainsi que la Belgique à cùté, dans le Congo.
Le capital autorisé de la Bristish North Bornéo est de £ 2.000.00(ien actions de une livre, dont une partie n'est pas encore entièrement libérée et sur lequel un dividende de 1 0[0 a été payé pour la première fois en 1897, au bout de vingt ans. Ce sont les derniers chiffres que j'ai pu me procurer, mais depuis cette date la dividende augmente chaque année et doit être à l'heure présente de 3 à 4 0[0.
Je vous prie de retenir ce chiffre du capital initial de 2.000.000 # qui est en quelque sorte, si je puis m'esprimer en ces termes, comme le Saint Jean-Baptiste, le précurseur de cette transformation à travers le monde colonial européen. Deux millions de 4 représentent un assez gros capital, et tout fait constater que lorsque l'on veut mènera bien la mise en valeur d'un pays colonial, il faut avant tout autrt: élément, posséder ce très gros capital, et le gouvernement qui a tout intérêt à autoriser et même à aider cette compagnie d'exploitation doit contribuer, autant que le lui permet son budget, à la constitution de ce capital
primitif. Il est nécessaire ce capital, car la compagnie ne doit pas seulement s'occuper d'une exploitation minière oa agricole particulière, mais, son but est surtout la mise en valeur générale d'un pays et elle doit commencer, avant tout autre opération, par percer des routes, construire des chemins de fer, créer des ports — d'abord de simples warfs, et, toutes ces choses entraînent avec elles d'énormes dépenses qui, au début ne sont pas couvertes par des bénéfices, ceux-ci ne survenant que bien plus tard. Un petit capital initial serait donc englouti sans aucun résultat.
Pour réaliser ce capital de deux millions de £, l'Angleterre a provoqué un phénomène financier et à la fois démocratique qui n'était pas encore connu en Europe. Elle a fait appel au peuple anglais tout entier, aux petites bourses aussi bien qu'aux grosses, en émettant des actions de 1 £, de 25 francs seulement. Vous voyez que le gouvernement anglais a fait une œuvre démocratique, en faisant appel au peuple libre de la Grande-Bretagne au sujet d'une grosse affaire ; tous ont contribué à cette constitution de la Bristish North Bornéo, et là s'est révélé le système le plus pratique, le plus économique, en même temps que le plus simple, delà mise en valeur d'une possession coloniale. La Nation toute entière s'est unie avec le minimum d'effort demandé à chaque citoyen. Vous me direz que c'est peu de chose qu'une émission aboutissant à un dividende de 3 à 4 0[0 après 25 ans ; moi je dis que c'est la plus éloquente démonstration de la ténacité particulière du génie anglais qui n'hésite pas à mettre en valeur un point quelconque du globe, même si les résultats semblent très éloignés. A Bornéo le mouvement a été lent, car ce n'est qu'au bout de dix ou douze ans, vers 1890-91 que les Anglais ont senti que la colonie ne serait mise en valeur d'une manière pratique que lorsqu'elle se couvrirait de voies ferrées ; ils avaient d'a-
bord commencé dans uoe proportion trop restreinte, trop limitée à s'occuper des chemins de fer. Chose inaccoutumée chez eux, ils avaient fait des économies mesquines ; ils se sont enfin, tardivement ou à temps, comme vous le voudrez, aperçus de cette lacune dans leur organisation et bientôt, l'on vit les constructions de voies ferrées devenir plus nombreusae. A l'heure présente ils en ont déjà une vingtaine de milles construits et en exploitation.
Maintenant parlons d'une troisième phase de la colonisalion anglaise à Bornéo, plvise qui est extrêmement curieuse et qui porte sur l'organisation de la compagnie à charte.
La compagnie n'exploite pas par elle-même ces vastes territoires à la tête de:^quels l'Angleterre l'a placée, et nous nous trouvons en présence d'une combinaison singulière. Cette compagnie à une charte qui lui donne le droit de lever des impôts pour les besoins des services publics, comme rémunération du capital apporté ; cette charte lui donne aussi ■droit à une part, soit comme actions dans le capital, soit dans les bénéfices des filiales, bien que ce ne soit pas stipulé dans le contrat de la compagnie ni dans h:s documents que j'ai pu me procurer. C'est ce qui arrive hal>ituellement dans toutes les compagnies à chartes de l'Afrique ; c'est ce qui s'est produit en Afrique pour les compagnies qui font actuellementlesujetdetouteslesconversations politiques dans lesquelles reviennent sans cesse le nom de la Chartred et de la North iJristish Bornéo. Cette compagnie a, en vertu de sa charte, non pas demandé des droits régaliens puisqu'il s'agit d'une colonisation douce, n'ayant pas besoin d'une armée pour faire régner la justice, et de plus elle ne tient pas à ces droits régaliens qui pour les compagnies sont souvent une source de diilicuUés de toute nature, et constituant une charge annuelle assez considérable, car
il faut des agents administratifs pour posséder ce grand honneur d'assurer la police, de rendre la justice. Elle a seulement tenu i garder le droit d'organiser le pays, et, c'est là le, phénomène curieux dont je vous ai parlé tout à l'heure, cette société a pris la Métropole pour modèle à imiter, et elle a constitué le plan même de l'Angleterre : elle H, elle, compagnie, conçu à la seconde puissance la même idée exécutée antérieurement par la Mère Patrie.
Le gouvernement anglais semblait s'être dit :« J'aurai beaucoup plus d'intérêt à faire exercer ma domination par une compagnie à charte et ainsi j'éviterai- les complications diplomatiques qui pourraient survenir, soit avec la ' Hollan'le, proche voisine possédant l'autre partie de Bornéo, soitavec tout autre .puissance, et je resterai en même temps le maître, puisqu"en mon nom j'enverrai "ungouverneur ». Eh bien. Messieurs, la compagnie a tenu exactement le même raisonnement, et, si je puis m'exprimer en ces termes : elle qui avait déjà le titre de locataire, elle a cherché des sous-locataires qui, eux, mettent réellement en valeur cette possession anglaise. Il semble que maintenant l'Angleterre cherche à faire partout cette location de SOS possessions. Son raisonnement est 1res logique, très plausible, et si nous n'avons pas réussi dans des essais seaiblables, c'est que maladroitement nous avons procédé. Je suis obligé de faire un retour en arrière pour vous citer des exemples, et je vous dis : lorsque vous voyez ces quarante compagnies du Congo dont je vous ai longuement entretenus l'année dernière, quand vous avez sous lesyeux l'immensité de leurs territoires, vous vousdemandcz comment elles ont coûté près de 60 millions pour les premiers pas fait dans leur exploitation. Ici le cas est différent de celui de Bornéo. Si au Congo les compagnies ont englouti de si fortes sommes, c'est qu'à leur tète on avait placé des lioni-
mes n'ayant aucune des connaissances qu'il iaut acquérir pour faire de la bonne colonisation pratique, tandis qu'à Bornéo nous trouvons des hommes capables de mener à bien une exploitation agricole ou une construction de chemins de fer. Au Congo aussi les directeurs n'ont pas su se concilier la phpulation. A Bornéo la compagnie à charte a fractionné ses pouvoirs en fractionnant ses territoires, mais elle a évité de faire des écoles onéreuses dans la mise en valeur de cettepossessiondontcbaquepartiefractionnée concourt à la prospérité d'un tout global. C'est ainsi que nous y verrons marcher de front les cultures, l'élevage des bes'tiaux avec l'exploitation minière et le commerce ; la compagnie principale se réserve une partie des bénéfices de toutes ces petites compagnies particulières.
Telle est la véritable situation de cette compagnie de Bornéo dont les revenus se sont élevés en 1896 à 407.207 dollars contre 348.947 pour l'année précédente, alors quç ses dépenses ont été pour les mêmes années de 313.807 et 303.559 dollars.
Il est inutile d'insister sur l'avantage présenté par cet excès de receltes sur les dépenses. C'est toujours la simple et pourtant prudente et nécessaire balance commerciale qui équilibre les recettes avec les charges à encourir.
Ces revenus sont surtout fournis à la compagnie par la ferme de la régie, les douanes, les impôts locaux, les taxes sur les charbons, les droits de ports et les loyers de terrains dont plus d'un million d'acres sont en culture.
Dans le contrat de la compagnie et dans les divers documents que j'ai consultés, toutes ces choses concernant l'organisation intérieure de Bornéo sont expliquées d'une façon peu précise, plutôt obscure. Il faut avoir beaucoup de bonne volonté pour arriver à se rendre un compte exact du fonctionnement de cette compagnie. Est-ce parue qu'elle
d.yGoogle .
était la première de ce genre et qu'on ne connaissait paa encore la manière de l'établir ou parce que de grands changements sont survenus depuis sa création dans l'économie coloniale? sans doute! mais quoi qu'il en soit, la compagnie du Bristish North Bornéo met sous les yeux tout le pro fît que l'on peut tirer d'une possession, en conf>ant sa mise en valeur à des sociétés filiales.
A Bornéo, la monnaie courante est le papier-dollar des Etats-Unis qui vaut 2 schellings I penny environ.
Je vous ferai remarquer en passant que lorsque nous parlons de monnaie courante en papier-dollar, nous ne voulons faire allusion qu'à la monnaie d'échange intérieure ; le papier-dollar des Etats-Unis ne peut avoir de valeur libératoire au dehors, et ceci indique d'abord une certaine prospérité intérieure à Bor née et de plus que l'on manque quelquefois de numéraire métallique. D'où il sutt que les Anglais inspirent assez de confiance, puisqu'ils peuvent ae servir d'une monnaie purement conventionnelle. Le papier-dollar américain estune exception dans les possessions européennes de ces contrées, chez lesquelles on use généralement de piastres mexicaines ou de roupies.
Les principaux produits de Bornéo sont : le tabac, le riz, le coton, le ::achou, le tout expédié et exploité au compte d'importantes .compagnies.
Pour 1896, les importations se sont élevées à 1.882.188 dollars tandis que les exportations se chifiraient par 2.473.753 dollars, portant surtout sur les produits suivants :
Importations
Riz et farines .... 389.454 dollars
Cotonnades 281.154 —
Alimentation .... 145.788 —
d.yGoogle
alors que les Exportations se àivisent ainsi :
Tabac 1.372.277 dollars
Rotins 169.305 —
Sagou 148.957 —
Cachou 142.721 —
Caoutchouc 105.595 —
Bois ÎI9.768 —
Ce tableau estsimpleetintéressantàla fois, étant donné que les sociétés qui se partagent le territoire de Bornéo ont mis ving^ ans pour arriver À cet état de prospérité actuelle qui, chaque jour, ira en grandissant. En effet, ces deux chiflres 1.882.188 dollars aux importations contre 2.473.753 dollars aux exportations sont vraiment surprenants chez un peuple aussi neuf, permettez-moi le terme, dans un pays où se trouve mise en pratique h vieille théorie de la balance du commerce qui est toujours une preuve de prospérité indéniable. C'est d'autant plus remarquable qu'il faut tenir compte des premières et énormes nécessités de tout un outillage à créer, d'une mise en valeur à effectuer. Pui:', dans cette nomenclature, vous pouvez remarquer que le riz et autres produits d'importations proviennent à coup sûr des autres colonies anglaises proches voisines de l'Australie, des Indes et que, dans ce commerce extérieur, il y a toujours pour l'Angleterre un bénéfice commun, puisque peu à peu elle arrive h la réalisation de ce grand plan colonial que je vous ai exposé : se suffire à elle-même par toutes ses colonies qui lui fourniront, ou se fourniront entre elles, tous les produits de leur sol.
Dans l'exportation vous voyez que le chifïre concernant le tabac est élevé à 1 .372.277 dollars ; il est de première qualité et rivalise avec celui de Manille et des Indes Transgangétiques. Quant aux rotins, dont le chiffre d'exporta-
tion s'élève à 169 305 dollars, ils sont expcjdiés en Europe,
où il3 servent à faire des meubles de jardins, de campagne,
particulièrement à Vienne en Autriche. Partous ces chiffres
vous voyez ce qu'une compagnie à charte est arrivée à faire
fin inning de vingt-cinq ans dans un pays qui, au point de
imercial, n'existait pas la veille. C'est pourquoi la
North Bornéo a été citée comme le modèle des
nies à charte ; nous verrons, en Afrique où se
nstîtuées plusieurs compagnies du même genre,
int pu atteindre les mêmes résultats.
suivant ma route d'explorateur des possessions s, j'arrive à l'archipel de Labuan, situé sur la côte est de Bornéo. Cet archipel est administré par le saire anglais de Soudakan, capitale de la colonie ière de Bornéo, ville commerçante sur la mer de ssédant lO.OW» habitants, et un port magnifique, raportant de toute la colonie, île, qui appartient aux anglais depuis 1846, a en- 3 kilomètres carrés de supei-ficie. Sa population est de 5.000 habitants, chacune de ses villes ne nt pas plus de 1.500 à 1.800 individus. Le sousette île est riche en mines de houille. On fait une iportante exportation de sagou.
de Labuan possède un trèa bon port, c'est Victo- :3t aussi sa capitale propre et qui ne possède que abitants. Cédée par le sultan de Bornéo en 1846, semble, au premier abord, de médiocre importais en la convoitant, les anglais montraient encore irit pratique en politique coloniale ; Labuan est un massif de charbon et de bon charbon, ce qui èmement rare dans les colonies, car je puis vous
faire remarquer que si nous possédons des mines de charbon au Tonkin, nous n'avons pas sou3 la main la m(;me qualité qu'à Labuan. Le charbon du Tonkin est sec, et l'on n'arrive à l'utiliser pratiquement qu'en le mélangeant avec les charbons japonais qui lo rendent combustible.
L'Angleterre s'est acquis Labuan, bien que son commerce général ne dépasse point 1.300.000 dollars, parce que son port est un point de relâche excellent pour ses vaisseaux qui s'y approvisionnent de charbon supérieur et à bon compte, puisqu'il est extrait dans les environs.
SARAWA.CK
Quitlant Labuan, nous arrivons à la troisième jiartie de ce groiipe d'iles, et nous nous trouvons en face d'une colonie anglaise acquise à la métropole de la façon la plus singulière et la plus romanesque, unique dans les annales de colonisation européenne. *
Je veux parler du royaume de Sarawack, situé au nordouest de Bornéo, et qui a une superficie de 102.400 kilomètres carrés, avec un littoral de 640 kilomètres environ. La population est composée de 300.000 habitants de différentes races. La souveraineté anglaise remonte à 1842 et s'exerçait par un homme dont nous allons parler, jusqu'en 1885, époque à laquelle survint le protectorat ; en 1890, le petit-fils de l'officier anglais qui valut cette possession à la métropole, est nommé officiellement rajah et prend possession de Limbang.
Avant d'arriver à l'histoire un peu romanesque de cette conquête anglaise, laissez-moi dire un mot de l'exportation de Sarawack qui consiste surtout en or, diamants, argent, antimoine, mercure, charbons, gutta-percha, caoutchouc, canne à sucre, rotins, camphre, cires d'abeilles, nids
d'oiseaux, exportés surtout en Chine, sagou, poivres^ gomme8, etc.
Le rajah actuel est sir Charly Johnson Brooke dont legrand-père, sir James Brooke, en 1841, s'installa dans lepays et y fonda une dynastie.
Ce James Brooke était un jeune anglais, fils d'un employé supérieur de la compagnie des Indes qui, dès l'âge de seize ans, avait combattu dans l'armée du Bengale. U aimait beaucoup les voyages et se mit à explorer cette partie du monde, étudiant les mœurs et les hommes, et. cherchant une situation quelconque, ainsi que ''ont généralement les jeunes gens de la Grande-Bretagne. II séjourne à Sarawack alors dévasté par les pirates ; deux partis étaient précisément en présence, discutant à propos de deux prétendants au trône. Il se battit vaillamment pour l'un des deux rivaux et, pendant la lutte, il s'initiait petit à petit & la langue et étudiait les mœurs et les idées politiques de la population. Il parvint à exercer un grand ascendant dans tout le pays, et peu de temps après il se vit proclamé rajah par les indigènes, tout en étant simplement citoyen de sa très gracieuse majesté la reine Victoria.
Tous les collégiens faisant collection de timbres-poste ont pu voir cette figure anglaise qui nous est aussi apparue dans le fils de ce James Brooke qui, il y a peu d'années, vint, en rajah et suivi de nombreux domestiques, faire un voyage en Europe et même à Paris où il s'installa quelque temps avec ses chambellans, sa cour. Il est resté sujetfidèle de l'Angleterre qui a ainsi étendu ses colonies, non pas par la guerre, mais par un roman imprévu et a possédé cette intéressante partie qu'on nomme le royaume de Sarawack, dont le rajah actuel sir Charly Brooke n'est pas seulement le sujet mais surtout l'ami officiel de TAngle-
terre à laquelle, pour employer des termes anglais, il a juré le loyalisme le plus absolu.
Sir James Brooke a introduit avec lui tous les éléments européens, une administration sage et éclairée, une organisation qui fait progresser ces états soumis à la piraterie avant cet homme. Le commerce se développe, et on active la production du sagou qui, à Sarawack, finit par atteindre la moitié de la production universelle. On sait que le sagou est une très bonne fécule alimentaire extraite de la moelle de plusieurs variétés de palmiers, et recommandée aux enfants et aux malades.
En 1896, derniers chiffres que j'ai pu me procurer, les importations ont été de 2.274.159 dollars tandis que les exportations montaient à 3.445.565 dollars. Vous voyez que ce groupe d'îles est dans un état de prospérité qui fait honneur à la colonisation anglaise.