‹ La colonisation scientifique et les colonies françaisesChapitre 10 sur 122 · REPRODUCTION SOCIALE · texte numérisé non relu

REPRODUCTION SOCIALE

PIds tard, la migration prend volontiers ta forme d'un« 'âritable armée ; ce sont plutôt des conquérants qui s'avaneot en armes, que des émigrés qui viennent demander une •lace au milieo d'une société nouvelle pour eux. Cette phase ailitaire de la migration a son apogée sous tes xvi*, xvii* et lViii* siècles. Il est malheureusement impossible de nier qu'elle >ossède encore de nombreux partisans en plein xix* siècle. )e trop récents événements sont là pour retenir la plume; ions sommes cependant en progrès et l'opinion publique finit par comprendre que la meilleure des migrations est celle qui le fait pacifiquement par et pour le commerce ou l'agrimltnre.

D'ailleurs le but des migrations ne peut plus être le même {u'aulrefois. Il ne s'agit plus, bien entendu, de l'exode de x>ut un peuple; il ne sera plus possible, dans ce qu'on a lommé, par ironie, le programme du xx' siècle, d'entreirondre une conquête guerrière; récoulemcnt pacifique d'une Kipulation de laboureurs, de colons cherchant k peupler inc terre nouvelle ne sera lui-même bientôt plus possible; 1 a d(^JÂ cessé de l'être, tant les \i\tuxs vacantes ont été rapilement prises et remplies ou tout au moins retenues. Mais si 'ère des colonies de peuplement est passée, l'avenir appartient naintenant aux colonies de commerce; c'est là la forme plus imitée, moins bruyante, mais plus fructueuse, que le phénonène miffralion est appelé à prendre dans l'humanité de 'avenir.

S 0. R)Ue de In migration dans le corjis social. UfproiurtioH S'M-iate. — Lors<|u'on étudie Xhistoire naturelle les tociétés, seule métho<lo scientifique qu'il soit désormais wrmis de suivre, on ne tarde pas A reconnaître, ainsi que >pencer l'a largement démontré, que le corps social est un véritable organisme, qui, comme tous les organismes vivants, »asse par des phn-ses succes-tives et inévitables d'état em- >r>'oonaire, d'enfance, d'adolescence, d'âge adulte, puis de

vieillesse et de décrépitude, pour arriver tôt ou tard à b mort, c'est-à-dire à l'annulation de la raison sociale sobs laquelle se groupaient les molécules composantes de Tindividu pour en faire une entité, et à la dispersion de ces molécules, qui vont s'engager encore une fois dans des asseoh blages nouveaux, pour constituer, temporairement encore, da organismes nouveaux. Le corps social possède une stmctun compliquée et appropriée à ses fonctions comme tout corp organisé vivant. Il a ses organes producteurs, ses organa distributeurs, représentés par les industriels, les commerçants, ses organes régulateurs ; il subit des métamorphoses, et les phases, par lesquelles passe une société, depuis Tépoque où dk était la société fuégienne actuelle jusqu'à celle où elle a soo Newton, son Shakespeare, son Pasteur, sont certes plus dissemblables Tune de l'autre, que l'état de chrysalide l'est, pour le bombyx, de l'état de papillon ou que l'état organique d'us embryon l'est de celui d'un homme adulte. Le corps social i de même ses fonctions de reproduction et la colonisatioa n'est autre chose que Tœuvre de reproduction ; la migraUoo est le moyen.

Cela est tellement vrai, que les diverses formes que prend li migration, k mesure qu'on en suit l'évolution, ainsi que je viens de le faire au § 5, dans la série des métamorphoses successives du corps social, correspondent exactement aux divers modes de reproduction, qu'on observe dans la série des êtres, depuis le bas de Téchelle jusqu'au degré d'organisation le plus avancé.

Les animaux les plus inférieurs, les monades, n'ont d'antre mode de reproduction que la scissiparité : Tindividu se divise tout simplement en deux; vous aviez 1 organisme, vous en avez 2; par le même moyen vous en aurez bientôt 4, puis 8, puis 16, etc. Les sociétés les moins avancées, celles oà le corps social est comparable comme organisation à un être inférieur, se reproduisent absolument de la même manière : nous avons vu (§ 5) qu'une partie de la population partait

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