REPRODUCTION SOCIALE
tvec arme* et bdgages, emmenant tout avec elle; la popola- Lion initiale t'est en réalité divisée en deux : c'est U un phénomène auqaei le nom de scissiparité ne convient pas moins la'mu dédoublement de la monade en deux monades klen- Uqnes.
Plus haut dans l'échelle des êtres, la reproduction ne se fait plus par simple et grossière division : un bourgeon, une gemme se détache, tout petit, du corps de l'organisme reproducteur; une fois qu'il est détaché, ce bourgeon grossit, se dévelt^pe et devient tout à fait identique à son progènitenr. Panllèlement, nous voyons une société déjà élevée en organisation laisser sortir d'elle-même un noyau de colons, d'émigrants, qui forme nn véritable bourgeon, une gemme; ce bourgeon, porté dans l'Amérique ou dans l'Australie, grostit, se développe et devient identique à son progéDÎteur. Ce n'est plus, comme tout à l'heure, la mère patrie qui s'est divisée en deux ; ce sont quelques individus, un noyau colonial, qui oot évolué et qui, lentement, progressivement, après évolution, ont égalé, souvent même dépassé le type qui les Kvait produit.
Jusqu'ici nous n'avons considéré, daas la reproduction des organismes animaux ou végétaux et daus la reproduction dea sr^oismes sociaux, que le mode qui ne comporte qu'un seul individu progènitenr : c'est une seule moaade qui s'est reproduite, c'est une seule société qui a bourgeonné.
Mais certaines sociétés ont présenté dans l'histoire un phénomène identique à la reproduction par accouplement de deux organismes en produisant un troisième, qui tient une sorte de moyenne entre ses deux progéniteurs. De la conjugaison entre la société romaine fécondée par la société Barbare qui l'envabissait et la recouvrait, sont nés les peuples modernes; un semblable accouplement n'est-il pas présenté par les populations maure et espagnole conjuguées, par les Arabes et les Nègres à la cote orientale d'.\frique et ailleurs
Je disais tout à Theure que Tavenir n*était pas aux colonia de peuplement, mais bien aux colonies cx)mmerciales, i ce qie la vieille langue de la vieille politique coloniale, avec un assez grand bonheur d'expression f nomme des comptoirs. Je vois là la véritable image d*un mode de reproduction très usité dans la haute culture végétale, la greffe. En quoi consiste la greffe, qui est en réalité un mode rapide, pratique et savant de reproduction? Il existe un individu sain, robuste, plein de sève, qui ne demande qu*à croître, qu'à pousser, qu*i fructifier, mais cet individu est un sauvage ou, pour employer le terme technique, un sauvageon ; il existe à côté un individu vieux, épuisé, depuis longtemps domestiqué, cultivé, civilisé, dont on connaît la personnalité supérieuit de parfum, d'aptitude, de nature. On greffe une branche, un faible rameau, une partie très petite de ce vieux civilisé sur le tronc du vigoureux sauvageon et cette association t pour résultat, que la sève riche, vigoureuse et abondante do sauvage fournit au civilisé ce qui lui manque le plus, la rusticité, la force et entretient ainsi, en les décuplant, au profit de Tun et de Tautre, les qualités spécialisées du dernier.
Le phénomène est le même, lorsque sur une populatioo saine, robuste, pleine de sève, qui ne demande qu'à croitre et à fructifier, mais qui manque de débouchés et de cette qualité spéciale aux populations depuis longtemps civilisées, vous greffez un petit nombre choisi d'individus empruntés à une société vieillie, épuisée, mais depuis longtemps civilisée. La sève du pays sauvage se répand abondante et fécondante dans les vieux canaux, que vous avez adaptés sur son parcours, et avec deux sociétés inégales dont Tune, la plus Âne, a été greffée sur Tautre, jeune et vigoureuse, vous arrivez à faire comme tout à Theure avec deux arbres, l'un fin et cultivé, greffé sur l'autre sauvage mais rustique, un troisième organisme doué de force native autant que de qualités acquises.
Cette comparaison, qui pourra paraître artificielle à quel*