MILIEU COLONIAL
1. Territoire. — On désigne, en géographie, sous le nom de Oi(i/anCy un vaste territoire compris entre TOréncque au nord, i*Aniazone au sud, le Hio-Negro à l'ouest et l'océan Atlantique à Test. Ce territoire est actuellement divise en plusieurs sections, qui sont : la Guyane brésilienne, au sud de
1 lv|uateur, entre T Amazone et les monts Tumuc-Uumac; la Guyane française entre TOyapock et le Maroni; la Guyane
hoUandaite entre le Maroni et le CorentiQ; la Ouyane anglaise entre la Onyane hollandaise et la Gnjrane espagnole on Vénéraéla, Ajontons nn territoire contesté à Test de notre Gnjrane française, entre elle et la Guyane brésilienne : la contestation renie snr la limite orientale; elle doit être oonstitoée par rOyapock^ mais denx cours d*eau Toisins portent ce nitaie nom; or les Français considèrent comme le véritable Ojrapock, rOjrapock le plus éloigné d'eux à Test; tandis que poar les mêmes raisons, le véritable Oyapock est, pour les Brésiliens, celui qui est le plus éloigné d'eux, i Touest.
La Guyane française a donc la forme d*un grand quadrilatère obliquement placé entre S"" latitude nord et 3^ latitude nord, entre 58* longitude ouest et 55"* longitude ouest. L*Océan, le Maroni, TOyapock sont des limites nettes, mais la limite équatoriale vers les monts Tumuc-Humac est moins précise. Dans ce court espace plus de 22 fleuves, dont la plupart sont très considérables, échelonnent leur cours vers rOcéan parallèlement à celui du Maroni et de TOyapock.
II. CoNFiQURATioN. CLIMAT. — Une coupe du pays montrerait depuis la mer jusqu'au fond de la Guyane une succession de trois zones échelonnées Tune derrière l'autre. Au bord de la mer règne une zone plate d'alluvions récentes, actuelles, qui s'accroît chaque jour : c'est la zone des pripris^ des snranes, où poussent les palétuviers ot les pinotiers 'dont on retire du sel; le bétail trouve là des pAturagos extrêmement riches. Derrière celte zone s'en trouve une plus élevée, qui correspond aux alluvions anciennes; on la nomme zone des terres basses; elle est formée d*un fond plat, sur lequel se détachent une série de petits mamelons arrondis, de telle sorte qu'on Ta comparée à une immense assiette itœufs sur le plat. L'altitude de chacun de ces mamelons émergeant au-<lessus de la zone plate ne dépasse pas liOO mètres; cette région, beaucoup moins malsaine que celle qui est devant ello, se prête â merveille aux cultures industriellt<s. Derrière
elle enfin, sur le troisième plan, se trouvent les haïUes-terret : la montagne commence; les fleuves présentent là lea^ premières cataractes. Ces montagnes ne dépassent guère 1400 mètres; leur hauteur moyenne oscille entre 800 ei 900 mètres. On a du reste beaucoup exagéré la hauteur des montagnes de la Guyane; cela ressort des voyages de Crovaux et les Anglais, dans leur Guyane, ont constaté la même chose : là où les géographes dessinaient une chaîne de montagnes d*un aspect formidable, sous les noms de Sierra Acaraï^ de Sierra Tumuraque^ M. Brown a vu un pays ondulé de 400 mètres en moyenne.
Le sous-sol est argileux, ce qui augmente l'humidité et co qui explique Tan tique habileté des indigènes dans la fabrication des poteries.
La température moyenne est, à Cayenne, de -j- 27%8; elle est plus élevée dans l'intérieur des terres. Le thermomètre ne descend jamais au-dessous de -|- 20*; dans Thivernage, il atteint parfois -|- SS^. Les Guyanes hollandaise el anglaise un peu plus éloignées de Téquateur sont un peu moins chaudes. La température moyenne de la Guyane hollandaise est de 4- 26o,5.
La Guyane est le pays, où la pluie est le plus abondante : l'intensité de ces pluies a pour cause la réfrigération relative et la condensation sur la chaîne du Tumuc-Humac des vapeurs chaudes de l'Atlantique. Il pleut donc pendant 7 mois consécutifs; la quantité de pluie tombée s'élève à 3-4 mètres; pendant les 5 autres mois il tombe de 0'",50 à 1 mètre d'eau: Aussi riiygromètrc est-il toujours voisin du point de saturation : il marque 0,95, 0,96, 0,97.
>:5 1. Maladies. Impaliulisrne, — Toutes les conditions. (jui sont favorables à la malaria, se trouvent ici réunies : au8>i l'impaludisrao revêt-il, à la Guyane, un caractère exceptionnel (lo fré(iuencc et de gravité. La fièvre paludéenne présente même ici ceci de particulier, qu'elle prend une allure qoelquo