ADMINISTRATION. — HYGIÈNE
blanche, entrepris dans les climats torrides, même dans x>nditions matérielles supérieures i celles où se sont rés les transportés-colons du Maroni, la rareté des enfants s arrivant i l'état adulte a été le phénomène qui a le attiré l'attention. Dans Tlnde le gouvernement anglais ité, par tous les moyens, de multiplier les mariages de oldats avec des femmes anglaises ; malgré tous ces efforts savons qu'on n'a jamais pu, suivant l'expression du r général Bagnold, élever assez d*enfants màles pour iter le corps des tambours et des fifres. » Je souhaite ces lignes tombent sous les yeux de l'administration.
Administration. Hygiène. — § 1. Administration. — comme ailleurs, radministration française a abusé des ^ments; contrairement aux préceptes que recommandait
Malbouët, on a préféré le système des concessions à de la vente des terrains à prix débattu. On fut surtout Pi injustice révoltante avec les nègres ; lors de leur émanion, en 1818, les blancs voulurent faire face à la crise, la nouvelle mesure allait entraîner pour Tagrioullure : , au lieu de se rendre compte que TinténH de la colonie
de se fairt* des amis libres des anciens esclaves libérés, jue les noirs seuls j)euvent travailler la terre en ce pays, magina, i)our empêcher les atlranchis de devenir proaires, un iin|)ôt inique sur les mutations de terrain; au d'instruire les nègres on supprima les écoles gratuites; réa, en un mot, ]K)ur les affranchis, une situation plus
et moins franrhe que l'ancien esclavage. 11 arriva, co
était aisé de prévoir, «jue les nègres exasp^Tés s'en- >nt dans les lx>is et que la crise», qu'on aurait pu conjurer, it une aruité ixtrème. Il faut bien d'ailleum, que notre inistration ait été mauvaise, pour que la colonie de la
Guyane ait subi la déchéance, dont les chiffres suivants empruntés à Leroy-Beaulieu et relatifs à certaines productions. ainsi qu*à Timportation et à l'exportation totales donnent une idée :
Canne 1375699 fr. 38890 fr.
Café 107424 35396
Coton 883 » »
Cacao 56581 38070
Importation .... 10 699 239 7 640 233
Exportation .... 2 154 870 504 132
§ 2. Hygiène. — Nous ne devons compter relever la Guyane que par une nouvelle méthode et par une application scientifique des lois de Thygiène : gagnons les hauteurs, qui sont plus saines que les régions basses; pratiquons le déboisement avec méthode et mesure; ne comptons que sur le travail des noirs et des métis dlndous.
La Guyane française n*a qu'à méditer cette conclusion, qui termine Tétude du l>^ Van Leent sur la Guyane néerlandaise et qui s*applique complètement à la Guyane française : < C'est Y hygiène dans V acception la plus étendue du mot, qui, de concert avec une modification radicale dans la position so?iale et dans les conditions vitales de la population no'u^ aujourd'hui si dispersée, ainsi que de la partie malbeurease (le la société coloniale, doit régénérer ce pays si richement doté sous plusieurs rapports, mais dont le climat patholo- [Tique, les maladies héréditaires et contagieuses surtout et en premier lieu le terrible fléau de la fièvre jaune menacent la santé et la vie des Européens colonisateurs, font hésiter le risque des capitaux, compromettent Timmigration des races blanches, mongoles et malaises, et, en dernier lieu, U domination européenne dans les parages intertropicaux do l'Occident. »
CULTURE. — ^ ACCLIlIATATIOIf. 483
IL CuLamui. AooLmÂTATioN. — § 1. Forêts. — Crevanx a dit une parole bien juste : € L'ayenir de la Guyane n*eit pas dans l'exploitation de l'or et des pierres précieuses, mais dans celle des forits et du sol. Quand la soif de l*or sera apaisée en Ouyane, on s'occupera des bois précieux et des bots de construction, qui tombent de vétusté sur le bord des fleoTes; on se mettra à cultiver le sol fertile, qui rend avec usure, an centuple ce que les efforts de Thomme lui demandent. » Ici, comme toujours, la découverte de Tor est en effet le plus grand malheur, qui puisse arriver aux agriculteurs. Il en est de même à la Guyane hollandaise : le IK Van Leent se plaint, que depuis que la foule se précipite sur les placers la colonie n*est plus exploitée comme elle devrait Tétre. Les forêts sont en effet dans ce pays une richesse, qui n'a pas sa pareille dans le monde : les grands bois commencent à 50 ou 60 kilomètres des côtes et renferment plus de 600 essences propres i la construction, à rébénisterie, à la teinture, à la médecine et à l'industrie; malheureusement toutes ces richesses sont inexploitées. Le D** Harmand, qui signale le fait, accuse la pénurie des capitaux d'avoir empêché jusqu'ici toute exploitation sérieuse. Si, ainsi qu*il le dit du reste, les 9 dixièmes des Français, ne réussissent pas à l'étranger, ce n'est pas, comme on le croit vulgairement, par un défaut d'aptitude, d'activité et de persévérance, mais bien par cette seule cause que, leurs ressources trop minimes s*épuisant rapidement, ils se trouvent dans l'impossibilité de trouver en France des capitaux suffisants. La timidité de notre épargne, qui nous est si souvent et avec tant de raison reprochée par les étrangers, ne permet pas A nos colons de monter leurs entreprises sur un assez large pied, ce qui est cependant, dans les pays neufs, la condition ii>i^ fua fwn de la réussite. En outre la Guyane n*a pas de port : une o'ite basse sous-marine empêche les vaisseaux d'approcher et les force à ne pas dépasser les lies du Salut, Le pajrs n*a pas non plus d'aboutissant et, en aurait-il^^'''^^ip4ne
de routes pour y parvenir; aussi tandis que les exportatioDs de la Guyane française se sont montées pour 1875 à 391 000. celles de la Guyane hollandaise ont dépassé 5000000 de francs. Que de richesses cependant renferment les forêts!
La salsepareille abonde sur les rives du Parou et du Yary ; le châtaignier {Bertholotia excelsd) se trouve partout.
Le caoutchouc est fourni par ÏHevœa guyanensis^ svringa des Brésiliens ou siphonia; cet arbre a été découvert par Tingénieur Fresneau, en 1751, sur les indications des Indiens Nourajes qui modelèrent devant lui avec de la terre glaise rimage du fruit pour lui apprendre à le reconnaître.
Le bidly tree produit en abondance la balata, substance qui tient à la fois de la gutta-percha et du caoutchouc; c*est un arbre magnifique, qui atteint jusqu*à 20 mètres de haut sous branches avec un diamètre de 15 à 80 centimètres.
Les produits oléagineux sont très abondants : en tête il faut placer un des plus beaux arbres de la Guyane, qni atteint jusqu*à 30 mètres de haut sur 1>^,50 de diamètre, le carapa {Carapa gtiianensis^ Xylocarpiis carapa^ Crah loood des Anglais). Avec le bois de cette méliacée on fabrique (les lattes, des pièces d ebénisterie et de charpente, des planches, des caisses de voiture; du fruit les Galibis et les nègres retirent une huile épaisse; ils la mêlent au rocou et s'enduisent avec le mélange les cheveux et toute la surface da corps, afin de se préserver des piqûres des chiques. Cet arbre est très abondant dans TOyapock, dans TAprouague, sur li rive gauche du Courouaïe. Dans certains endroits le sol est recouvert d*une telle quantité de fruits du Carapa, que. d'après le D*" Harmand, on y enfonce jxisqxC aux genoux : € 11 y a certainement, ajoute-t-il, de quoi alimenter une bonne partie des savonneries de Marseille. » Les fruits du carapa. traités par Téther, le sulfure de carbone, donnent en effet .50,22 d'huile pour 100. Débarrassées de leur péricarpe Us amandes donnent jusqu'à 60 pour 100; on peut compter sur un rendement industriel de 25 pour 100 sur les noix sèclMi.
CULTURE. — ACCUHATATION. 48&
Ortto hmto donne un exceUent sayon, très dur; on pournil donc k mélanger ayec d'autres oorpe, qui produiarat des WTons mous. Épurée elle peut être employée pour graisser las machines; elle est excellente pour Téclairage.
Le cocotier ne réussit pas aussi bien qu*en Asie méridionalo «t qu'en Océanie. Un palmier indigène, Vastrocaryum^ pourrait être utilisé.
Le D' Harmand signale parmi les euphorbiacées une astre liante très recommandée, Vomphalea diandra d*Aublet, ou ouabé; c'est une grande liane, qui porte des gimines à coque ligneuse, cornée, très dure, très noire, dont cm fiût, i l'emporte-pièce, des grains de colliers, que l'on espcMie aux Antilles. L'amande contient une huUe extrêmemttit limpide, d'une couleur ambrée, très bonne pour l'éclairage, la saponification et le graissage des machines fixes. La proportion d'huUe atteint jusqu'à 64,58 pour 100.
Dans les forêts de la Guyane se trouve la liane urariy qui sert A la fabrication du poison de flèches des Indiens Trios. Cette liane est une strjchnée et la substance qu'on en retire est un curare; Turari de la Guyane française est le strychnos crevatiwiana ; celui du haut Amazone lestrychnos cas^ telneauna et celui de la Guyane anglaise le stryd^nos ioœifera,
§ 2. Cultures diverses. — Parmi les cultures, qui ont été le plus souvent recommandées, il convient de citer le coton, la canne, le café, le manioc, la vigne même, dont le Brésil cultive un grand nombre de variétés.
La Guyane hollandaise possédait, en 1879, 42 plantations de sucre, 43 de cacao et céréales, 25 de cacao, 8 de bananes, 5 de coton. Ou peut cultiver le copal, le copahu, le ricin, Tarow-root, le tabac, Tindigo, le gingembre, le curcuma; les eucalyptus n'ont pas réussi : la fréquence et l'abondance des pluies ne leur conviennent pas. Le D' Michely a conseillé la culture d'une plante indigène, qu'il considère comme un
tonique amer des plus puissants, Yemilia rigidula. M. Martinet a conseillé la culture de Verythroxf/lon coca : cette plante précieuse, qui ne réussit pas à Lima à cause de la sécheresse, trouverait, pense-t-il à la Guyane les conditions les plus favorables, c'est-à-dire, comme dans presque toutes les terres équatoriales, un climat très chaud, très uniforme et très humide.
§ 3. Élevage, — Mais dans beaucoup de contrées de la Guyane les agronomes, qui connaissent le pays, s'accordent à reconnaitre qu'on s'obstine trop à faire de la canne, au lieu de faire du bétail, qui ne demanderait pas comme cette culture un nombre considérable de bras et qui se ferait seul comme dans la province brésilienne de Para, Où la population a été enrichie par lui depuis quelques années. La Guyane éviterait ainsi de faire venir ses bœufs du Sénégal et ses mulets du Poitou.
La culture méthodique du poisson très abondant dans certaines parties de la Guyane mériterait également d'attirer Tattention des colons. Parmi les meilleurs poissons on cite le moroquo à la chair jaune, qui vit dans l'eau vive et claire; le coumaron poisson aplati, qui vit dans les ressauts et les rapides; le gonrami dont j'ai parlé déjà, que les Galibis nomment coimani et les Brésilietis toucounarê tiiangne. Tous ces poissons pourraient être non seulement cultivés à la Guyane, mais acclimatés dans nos autres colonies.
M. Barthélemy-Lapommeraye a recommandé un beau gailin acé indigène, dont la chair est excellente et dont l'élevage ressemblerait un peu à celui de l'autruche, le hocco de la Guyane {Crax globicer^a)^ connu sous le nom de Paoui en Colombie et très abondant au Para.
III. L'Amazone. — Une colonie ne vaut pas seulement par elle-même; elle emprunte encore une grande partie de si
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Talem* A la richesse des régions, qui l'entourent et dont elle peut devenir le canal commercial. C'est ainsi, que j'ai longuement insisté sur la valeur, que les richesses de l'Afrique centrale et notamment du Soudan donneraient à notre colonie du Sénégal et à nos possessions du Gabon.
La Guyane se trouve dans des conditions analogues par son voisinage du riche bassin de TAmazono et M. Wiener, un de nos agents consulaires les plus actifs en même temps que les plus intrépides, a montré, au retour d*un long voyage à travers l'Amérique méridionale, quel était l'avenir de cette immense région du bassin de l'Amazone, grande comme 37 fois la France, peuplée de 1 million et demi d'habitants, parcourue par le plus beau fleuve du monde, grossi dans son cours de 1 100 affluents. « Lorsqu'on déboise un terrain dans cette contrée, dit ce voyageur, qu'on brûle les feuilles et les bois, lorsqu'ensuite on sème sur ce sol non labouré des haricots, du maïs, de la canne à sucre, des l)ananes, de la yuca (sorte de manioc), on obtient les n»sultats suivants : 15 jours après les semailles on rérolte des haricots verts; .'M) jours après des haricots mûrs; 45 jours après le maïs; 00 jours après la yuca; au bout de 6 mois la canne à sucre; au bout d*un an les bananos et en prenant certaines précautions les plants ilo canne à sucre, des bananes et de yuca {i^uvent durer plus d'une f^énêration. » Or, comme dans cet étrange pays les centres de population sont S4**parés par des forèU impénétrables, les communications ne peuvent se fain^ que par eau et la navigation à vapeur a littéralement transformé cotte contrée. < Du Para à Temljouchun» du Rio-Negro im mettait jadis «i mois; aujourd'hui on parcourt ces 1 200 kilomètres en 2 jours et demi. I)u Para À la frontière du Pérou (à Tabatinga) on mettait 9 mois: aujourd'hui on s'y rend en 7 jours. La ville du Para, qui avait à peine 1 21X) habitant» il y a 30 ans, en compte (JOCKK). Alors on exportait de ce point des fruits destinés aux autres |K)rts brésiliens, d'une valeur de 100(K) francs environ; aujounl'hui il s'agit d'un
commerce annuel de plus d*un quart de milliard. Alors la petite cité deManaos, a l'embouchure du Rio-Negro, était une colonie pénitentiaire de 300 à 400 condamnés; de nos joui^ c'est une ville de 15000 habitants, parmi lesquels on trouve de notables commerçants. L'excédent des recettes de cette ville se chiffrait en 1880 par une dizaine de millions. € Dans TAmazone, dit-il encore, il ne s'agit ni de spéculations financières, ni de gisements de guano, qui peuvent s'épuiser, ni de mines, qui donnent des résultats trop souvent aléatoires: il s'agit de la sève inépuisable de l'arbre de caoutchouc et de gutta-percha ; il s'agit de baumes précieux et de fruits tels que la châtaigne ou l'ivoire végétal, de bois de grande valeur, de racines médicinales comme la salsepareille; il s'agit de plantations, qui augmentent la valeur du sol et de l'extension de la navigation fluviale, qui augmente la valeur des régions éloignées de la mer. » Voilà ce qui double la valeur de notre Guyane.