EVOLUTION DES COI.OMBS
M esprits pea habïtaés aux procédés de la science, n'étonra pas ceux qn'ane trop longue habitude de la métaphysique lara pas, pour toujours, détournés de la méthode oaturetle.
g 7. Évolution coloniale. — D'ailleurs la comparaison
me semble pas seulement vraie, au point de vue de l'acte ■me de la reproduction sociale : on peut la poursuivre jusque ns te produit do véritable accouplement de deux sociétés anies pour en Eaire ane troisième.
A peine formé, l'embryon, l'enfant, je veux dire la colonie, besoin de protection, de tutelle ; elle ne saurait être abannoée à die-méme. La mère patrie, comme la plupart des rents, ne se refuse pas à oette protection. Au contraire, nmesouvent les pères, le pays reproducteur prétend mainlir cette tutelle le plus longtemps possible, même A une >qQe où le fils est devenu un homme. Sous l'ancien régime.
te flis toujours mineur, en quelque sorte, devait plier is le joDg de l'autorité paternelle, les mœurs autoritaires la famille avaient leur pendant dans les mœurs tout aussi lontaires de la mère patrie vis-A-vis la colonie. Le n'gimr 'onial, qui a fait tant de mal aux colonies, n'était qu'une iséquence du régime paternel qui faisait loi dans les fa* Iles.
Dépassant même ici les espérances qu'un pèru est on >it de fonder sur son fils, la mère patrie prétendait souit retirer directement de l'argent do sa fille la colonie, ■n qu'elle eût dû comprendre, au contraire, que l'éducation 10 enfant coùlo beaucoup, ne rapjwrte rien et que les seuls léÛces, que le père soit en droit d'attendre du tils, sont
bénéfices indirects qui résultent, quand ce (Ils est grand, son libre développement et do iton libre amour. Tout imbue du ces principes de l'ancien réginio, rEurojn-
ae souciait donc nullement de Vi-tiui'fUii)n ie ses culonies, leur Jévelo{i[>ement en pleine liberlé, et ne leur rt-connais* t que des devoirs, sans leur reconnaître aucun droit.
C*est le moindre mérite de Tanalogie qae je viens de montrer entre la reproduction des êtres vivants et la reproduction sociale, que d'enseigner que pour les colonies, comme pour les enfants, la loi de la nature demande la tutelle d'abord, l'émancipation ensuite. Ce fils q/ie vous caressez dans son enfance, il faut vous faire à l'idée qu'il s'émancrpera, lorsqu'il sera grand, et n'attendre de lui qu'une association dictée par l'amour et la reconnaissance filiale ; cette colonie que vous tenez en tutelle, il faut vous attendre à la voir s'émanciper plus tard, à la voir faire acte d'indépendance et n'attendre d'elle qu'une augmentation d'infiuence, ainsi qu'une libre mais filiale association. « L'un des buts de la colonisation, dit Leroy-Beau lieu, si ce n'est le seul, c'est la créatios d'un grand état riche, industrieux et libre. » Au surplus, U mère patrie ne perd jamais à reconnaître l'indépendance de li colonie qu'elle a enfantée. Â partir de 1783, lorsque fut signé le traité de paix qui reconnut l'indépendance de l'Amérique émancipée après sommations peu respectueuses, les relations des deux pays, loin de cesser, se multiplièrent. C'était toujours en Angleterre, dit encore Leroy-Beaulieu, que les Américains trouvaient le plus long crédit et au meilleur ma^ ché ; l'exportation de l'Angleterre pour les États-Unis passa, du coup, de 3064 000 livres sterling à 3359864 ; tant il est vrai, que, comme le dit encore l'auteur que je viens de citer : « L'analogie des mœurs, la communauté des langues et encore plus les habitudes commerciales invétérées rattachaient Tuii à lautre les deux pays par un lien beaucoup plus fort que le pacte colonial. »