‹ La colonisation scientifique et les colonies françaisesChapitre 17 sur 122 · ACCLIMATEMENT. — LE TEMPS · texte numérisé non relu

ACCLIMATEMENT. — LE TEMPS

Uts-Unis reviendraient aux Peaux-Rouges, car l'accroisse- «nt dû aux naissances est supérieur A ce qu'il est en Europe wz les peuples les plus favorisés.

NoDS-mémes combien ne différons-nous pas de ce qu'étaient as pères, les Aryens, quand ils ont quitté les hauts plateaux i l'Asie pour venir acclimater leur descendance jusque dans Europe occidentale ! Mais ce phénomène, comme tous ceux aiMHtt relatifs A l'acclimatement et par conséquent A l'aeclilatttioo, a demandé, pour s'accomplir, une série d'étapes par •qnelles les Aryens sont passés, avant d'arriver jusqu'aux Tsges de l'Océan ; c'est de proche en proche, de jonr en lar, d'année en année, que nos pères te sont avancés; uaais le changement de milieu n'a donc été pour eux très nuque ; ils n'ont jamais eu a effectuer que ce qu'on nomme ? petit acclimatement.

Il n'en est plus de même aujourd'hui de ceux qui s'embaruent en Angleterre et qui, quelques jours après, débarquent IX Antilles. Là, c'est le grand acclimatement qui est écessaire: or celui-là est plus difficile; il exige surtout un mpa fort long. Le temjts, c'est là un facteur dont les coloisateurs offlcioU des bureaux ne tiennent pas assez compte !

Si cependant nous avions l'habitude de chercher des douées sociales, plus souvent qu'on le fait, dans {'histoire aturelle; autrement dit. si nous nous avisions de les cherler là où elles sont, nous verrions avec quelle lenteur tous ■% êtres s'acclimatent.

Lorsqu'on porta pour la première fois noire blé d'Europe

Sierra-Leone, on remanjua que la promit-re année no donna 3ur ainsi dire que de l'herbe et p<-u de grains ; la seconde mée. du petit nombre de j^raine^ qu'on avait pu semer, très en germèrent; cellfs qui le firent, donnèrent di-a pieds plus coads que ceux <le la première année; d'année en »nnée, If ombre des graines ol des bonnes graines devint plus considétble; mais il a fallu plusieurs années pour arriver A pronire un blé identique A celui qu'on avait apporté d'Europe;

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du mouvement d'immigration dont elle est le centre. Li mortalité des colons nouvellement débarqués est en effet toujours très supérieure à celle des colons déjà installés et plus ou moins acclimatés ; la différence sera d'ailleurs d'autant plus grande, que le climat de la colonie différera davantage du climat quitté par les émigrants. Walther a constaté qu'à la Guadeloupe la mortalité des immigrants est de 7,56, tandis qu'elle est de 3,28 pour le même nombre de créoles, dans le même temps ; si donc la colonie reçoit encore beaucoup de nouveau-venus, cet apport continu pourra pendant quelque temps augmenter notablement le chiffre de ses décès. sans qu'il faille trop s'en alarmer, pourvu toutefois que le phénomène ne soit que passager; en résumé, comme le dit le docteur Vallin, la colonisation élève les naissances, mais la colonie (à son début et si elle est peu salubre) élève h mortalité.

§ 4. Acclimatement. Importance du temps. — Liorsqne Texcès des naissances sur les décès se maintient constamment au même chiffre supérieur, on peut dire que les colons sont acclimatés à leur nouveau pays. Cet acclimatement est nécessaire et indispensable. Il se caractérise, toutes les fois qu'il existe, par un certain nombre de modifications dans la stnicture, dans la composition physico-chimique des tissus comme des humeurs, par un certain nombre d'aptitudes ou d'imma* nités physiologiques et pathologiques, par un fiabitus total. Le Yankee, certes très acclimaté, diffère de l'Anglo-Saxonqui Ta produit et ne se rapproche pas du Peau-Rouge, ainsi que l'ont prétendu les partisans excessifs de l'action du milieu. Cette action est déjà assez puissante pour qu'on n'ait pas besoin de lexagérer ; il a pris un cachet à lui, caractérisé par la maigreur, la perte du tissu cellulo-adipeux, la diminution du système glandulaire, surtout chez la femme, enûn par une activité toute spéciale. Il est complètement acclimaté et grande est l'erreur de ceux qui pensent, que, si Témigration cessait, les

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Jois nriendraient aux Peaux-Rouges, car l'accroisse- A aux naissances est supérieur i ce qu'il est en Europe s peuples les plus favorisés.

i-mémes combien ne différoDS-nous pas de ce qu'étaient «i, les Aryens, quand ils ont quitté les hauts plateaux ie pour venir acclimater leur descendance jusque dans le occidentale! Mais ce phénomène, comme tous ceux t relatirsà l'acclimatement et par conséquent à l'accU- >D, a demandé, pour s'accomplir, une série d'étapes par les tes Aryens sont passés, avant d'arriver jusqu'aux I de rOcéao ; c'est de proche en proche, de jour en d'année en année, que nos pérea se sont avancés;

le changement de milieu n'a donc été pour eux très e ; ils n'ont jamais eu a effectuer que ce qu'on nomme ' acclimatement.

en est plus de même aujourd'hui do ceux qui s'embarin Angleterre et qui, quelques jours après, débarquent ntillps. Là, c'est le grand acrltmatement qui est lire: or celui-là est plus difficile; il exige surtout un fort long. Le temps, c'est 1;\ un facteur dont les coloirs officiels des bureaux ne tiennent pas assez compte ! ^pendant noua avions l'habitude de chercher des don- Kiales, plus souvent qu'on le fait, dans \'hisloir<elle ; autrement dit. si nous nous avisions de les cheri où elles sont, nous verrions avec quelle lenteur tous es s'acclimatent.

iqu'on porta pour la première fois notre blé d'Kurope •»-Leone, on remarqua que la première année ne donna insi dire que de l'herbe et peu de crains; la seconde du petit nombre de graines qu'on avait pu semer, très rmèrent; cellt-n qui le Hn-nt, donnèrent dw pieds plus I que ceux de la pn-iniére année; d'année en année, Iv e des graines et des bonnes graines devint plus considé-

mais il a fallu plusieurs années pour arriver à proin blé identique à celui qu'on avait apporté d'Europe;

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or plusieurs années représentent autant de générations de blé et, s'il s'était agi d'hommes, non de blé, le même nombre de générations aurait supposé un nombre d'années bien autrement considérable.

Un autre exemple pris dans le règne animal : le voyageur Roulin raconte, que, lorsqu'on importa les oies à Bogota, elles donnèrent peu d'œufs; la plupart de ces œufs étaient clairs, ceux qui réussissaient donnaient des petits peu viables ; l'année suivante, le nombre des œufs fut plus considérable, celui des œufs clairs relativement plus faible et le nombre des petits qu'on parvint à élever augmenta ; d'année en année les conditions s'améliorèrent et, au bout de 20 ans, l'oie était arrivée à se reproduire à peu près comme en Europe, sur le platean de Santé-Fé-de-Bogota. Il avait fallu 20 générations, c'està-dire 20 ans ; si au lieu d'oies il se fût agi d'hommes, ks 20 générations, à 25 ans chacune, auraient fait un total de 500 années; ceux qui, au bout de 50 ans, auraient désespéré de l'acclimatation, auraient donc porté un jugement trop bàtif. J'appelle l'attention sur ces faits ; ils montrent quelle esl rimportance du temps dans les phénomènes biologiques. Il en est de même pour les phénomènes démographiques.

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