LE CIVILISE MAUVAIS VOISIN
08 ivrognes; de courageux, lâches; d'honnêtes gens, 1rs ; après leur avoir inoculé nos vices, ces vices mêmes servent d'argument pour les détruire. »
ïtte conduite, qui consiste à maltraiter les indigènes, est tant moins pardonnable, que, tout sentimalisme mis vté, et on m'accordera que le mot n*est pas exagéré, e intérêt égoïste devrait nous dicter une politique tout «ée. Nous avons partout besoin de bras, mais, dans les t chauds particulièrement, nous ne pouvons pas nous ir des nôtres et, après avoir détruit les indigènes, nous nés obligés d*avoir recours à des nègres, à des Indous et a [Chinois. En Algérie la terre est remuée par les Arabes et es Kabyles; en Egypte elle est travaillée par les Fellahs. ieu de détruire partout les malheureuses populations auxes nous prétendons porter la civilisation, alors que nous apportons la mort, ne ferions-nous pns une besogne à la dus honnête et plus utile on hs élevant à nous, non ronime v'es« mais comme collal>orateurs?
{. ihn,séquencefiu rontnct de la nrtltsntion. — Nous apportons bion rét^lleinent la mort, alors mémo r{u<* nous ks imbus des meilleures intentions. 11 y a lonirtomps Darwin avait roman^ué (pie toutos les fois (ju*un navire éen aborde dans une lie habitée par une de ces |K)pulaprimitives, comme celles de la Polynésie, des maladies nues jusque-là sévissaient dans Tileetquela mort y faularjrement, comme si le navire eût ap|)orté dans s<'s tlan«'s jtfle em[K)isonné. Ia* fait est, qu'il a sutli de notre oontaot. Faire dt?<'roItre X vue d'ieil toutes b's populations autoi'h-
auxquelles nous nous sommes i m {Misés. I^es IN»aux-
M des Ktat.s-fnts étaient au nombre de LMNNMKM) au
du xviii* sièfb»; à la tin de ce même siéde, ï\>
i*nt plus (|ue r)(HMNN); en iKiW» ils étai«*nt tombés à
75; ilnVn n-î»tait plus .jue L^^T.'Nl en ISTO, L>;/«5<MH>en
M L'r»:WHM> «-n \HS{), En Altréne nous avons trou\-
1 1 i.'iMMi<.rv \N r.
ii 000 000 d'indigènes; il n'y en avait plus que ^ô^ôim' 1866 et que 2 125000 en 1872. Aux lies Sandwich U poii-| lation, en moins d'un siècle, est tombée de 300 000 i 550QI;I à Taïti de 240000 à 80000, puis à 7000; à la Nont*] Zélande de 500 000 à 30 000.
En présence de cette dépopulation fatale des pays b lises devant l'homme civilisé, les métaphysiciens, après iiî^l convenablement déploré le fait, se sont contentés de s'incUBS] devant ce qu'ils ont nommé la loi mystérieuse, qui veTit(|*| « Tincivilisé disparaisse devant le civilisé » et, après ctttl explication, leur conscience s'est trouvée tranquille. Les ciM^ de ce phénomène n'ont pourtant rien de mystérieux : d'abori les sauvages n obéissent pas moins que les Européens à lilà inconnue pour eux, mais inflexible cependant, de Véquaiid^ des subsistances. Si, dans nos pays d'industrie et decultvt nous pouvons dire que « Là où nait un homme, nait anpûn»* du moins, jusqu*à un certain degré de densité spécifique ai la population, on ne saurait dire à une population de chur sours que, là où il lui nait un homme, nait une proie; «* c'est le contraire qui est vrai. — Nous avons réduit le tffritoire où les Peaux-Kouges chcissaient le buffalo, on ki Australiens lanraiont leur boumerang et tuaient le kangouroi: nous avons donc réduit le nombre des pains métaphoriqiici c'est-à-dire le nombre réel des kilogrammes de matière alibik dis|)onible ; le nombre des hommes devait donc se rédniR proportionnellement, pour la même cause qui fait que cha nous € quand un pain disparait, un homme disparait. »
Mais nous activons encore l'effet de cette loi de la conca^ rence, moins encore, comme on l'a dit, par Talcool que nov apportons, car la plupart de ces peuples fabriquent depuis longtemps des liqueurs alcooliques, que par les germes àt maladies contagieuses que nous transportons avec nous. Dans nos vieilles races, depuis que tant de générations se sont suc* cédé avant la nôtre, chacun de nous compte, dans ses ancêtres, un certain nombre d'individus qui étaient vaccinés contre
de ces mûkùn -.-Ji.'ûiLri^ii'? . :..
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4t) L*IMMKiRANT.
de leur apprendre, au contraire, quel intérêt ils ont i li cultiver.
Mais, pour cela, il ne faut pas traquer les indigènes comse on Ta fait en Tasmanie ; il ne suffit même pas de les cantcour à côté de nous, suivant des conventions plus ou moins re8pe^ iées. Il faut que le colon se fasse Tami de la famille indigètt. qu*il tende la main au père et lui dise : « Donne-moi ta fille. > Il faut, en un mot, qu*à la méthode de spoliation et de substh tution, on fasse succéder la méthode des crotsemepits.
§ 4. Utilité du croiseynent des immigrants avec les indi- (jcnes, — La femme indigène serait d*autant mieux venie au foyer du colon, que le défaut de la plupart des coloniMi leur début, c'est de manquer de femmes. Il 7 a des colonsqv émigrent précisément pour laisser leur femme, d'antres qiê leur femme ne veut ou ne peut suivre. En 1865 on comptait en Algérie 87 femmes pour 100 hommes, tandis qa*en Fnntt il existe 102 femmes pour 100 hommes ; à la Réunion on m trouvait, à la même é{)oque, que 61 femmes pour 100 homnMt. Dans les colonies qui se recrutent de convicts, la dispropcrtion de nombre entre les deux sexes est bien plus considérable encore.
Les Américains sont des gens trop pratiques, pour n'avoir pas signalé tous les inconvénients de Tabsence relative des femmes : ainsi en 1857, comme on venait de constater din» rétat dlowa, que le nombre des hommes dépassait celai à» femmes de *6\\ (3 10, le journal The loxoa veitortev fit appel à (U's Sabines volontaires, dans un article chaleureux, qui se terminait ainsi : « Nous sommes à court de 60000 femmes. pour établir une balance égale. » Mais ce déficit n*aiirait pas eu lieu si les Anglo-Saxons avaient consenti à s*allier avec la femme peau-rouge.
(-ette infériorité numérique de la femme européenne daos les rolonies n'est pas la seule raison qui milite en fareor (lu croisement : je {K)urrais ajouter, en eflet, la difl^caltè
CKUlSBIilINT AVEC t.KS lyuluk^B». 47
l'éprouve la femme européenne à s'acclimater dans l«s pays luMids : cela a été constaté par les Hollandais comme par les loglais ; aux Indes, les femmes anglaises sont sujettos â de» ertea et le nombre des fausses couches est considérable. En dehors de ces raisons il en est une plus importante ei I» digne de toucher tous ceux qui s'intéressent à l'avenir BS ot^ODÎes, je veux parler de l'acclimatement : les oicscarobennea transportées i Bo^ta, dont je parlais tout à l'heure, it mis 20 ans  s'acclimater à leur nouveau milieu; mais il y avait en déjà des oies à Bogota et qu'on eAt fait des oiaeinents entre les otes indigènes et les oies européennes, m dernières auraient mis beaucoup moins de temps, pour TÏTcr au même degré d'acclimatement. Il on est de même
• hommes : les métis issus du croisement d'une race déjà idïmatée avec une race non encore acclimaU^ naissent avec 1 demi-acclimateinent. de sorte que. si plusieurs (lénératioDR > soooAdent ainsi, l'acclimatemoril complet arrive très rapidetcnt. Les types ne s'améliorent on somme que par les croiselents ; c'nt la sélection qui los porfoctionne. Les Aryens ligrateurs, dont j'ai déjà [arlé, n'ont pas proci'dé autrement : utre qu'ils ne tentaient que lo fK-tit ovvlimntcnwnt, nes'aaoraiit que par étapes, ils so sont, dès lo dobut. fortement roisés avec le» populations onvahios. I^ métissage avec les idigènes est donc la voie la plus rapido, lu houIo (lout-êtro ae doive prendre une population, qui pn'-tcnd h n'acclimater SOS on pays très dilTéront du sien. C.\f,\. d'ailleurs vraimrnt Ce prix, que la colonisation ilt'viont un phénomène ilo ropro- Bction social d'ordre élovt's il s'agit bion vraimont. alors.
• la formation d'un individu social, qui est, on quelquo sorte. , résultante de doux progéniteur.- sociaux ditTéront» : à ce -ix s<>Dlement on crée une race coloniale : autrenit-nt on n'a \f des marchands »-t des fonctionnaires.
Malhi-ureosement r*- cJté vraimont pratique do la colonisa- 9n n'a jamais été compris ni mômt' onoourn^'f )iar lo.< niotroiles : Louis XIV défendait mémo expressément les croise-
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ments à ses sujets des colonies, dans la crainte non dissimnlî que « cessant d'être ennemis , le métis et ses parents de suf blanc ne pussent s'entendre contre la métropole. > Comii on reconnaît bien là la maxime des gouyernants : Ditided imperes^ Diviser pour régner!
Le maréchal Pélissier avait cependant compris que U d^ de notre colonisation en Algérie était dans le croisement te Français avec les races indigènes; encouragés depuis fv M. Ricoux, les partisans de cette méthode avaient mèmepn* posé de permettre aux Français d'Algérie d'acheter des femoci indigènes et de se marier suivant la loi arabe. Malheureuement, ce qui serait plus essentiel que toute loi, les mœurste colons ne sont pas disposées à ce croisement, car de 1867 i 1872, il ne s'est contracté en Algérie que 32 mariages croifli seulement ; cela est regrettable. Il y aurait pourtant un effort à tenter; ce serait non seulement de donner quelques aîutages à ceux qui épouseraient une femme indigène, maïs sa^ tout de rendre par l'éducation et par rinstruction la femat indigène plus capable de charmer le foyer du Français et d j jouer le rôle d'une épouse.
Je n'ignore pas qu'il est un autre obstacle à ces mariages; cet obstacle, qui se trouve surtout du coté des indigèoes. c'est la religion. Il est triste qu'à notre époque on doife encore compter avec un pareil préjugé ; il est cependttt permis d'espérer, que la religion mahométane, pas plusqaeseï rivales, ne résisterait à l'instruction laïque convenableinrat dirigée.
Mais à supposer qu'on triomphât de tous ces obstacles ib croisement, quelques personnes se demanderont peot-étrt. au nom de la science, si le métissage n'est pas un moyen d ob> tenir une race abâtardie; elles seraient d'autant plus excusables de se poser la question, qu'elle a déjà été tranchèt dans le sens de lafTirmation par des savants d'un mérita incontestable. Pour eux le métissage est, dans l'histoire, U cause de la dégénérescence des peuples; l'avenir n appartieii-
AYtC LES l^IrlGLXU. -tlf
tqQ'tDS pDr-smng. Miit lliistoirv &e w diarç«->f^ pu bément de donoer on dèiQ««u à wttic ibéorûf La des civilisations des Aujriens. de l'Iii» «-t de ]'E£T|At
précisément l'œnTre de non mélkiizéec ei non s oike aaiqne. A quel moment l«s Armb» oni-ijt vnti )e fluDde la cÎTitisatioD f A «'lui-li m«De. 'lâ-itht «Mil ii>éluH tTec les Maures et arec ks EspaiiKils enx-mniies ôt'jà ■es. Nous-mêmes Enropéeiu. '^mi ij« cosmes |A( 1&1«fl 1 l'antiquité an point de rue de i» ciTiiiuu'jïi . i>e retwlnons pas d'un mélange de raœs iiri^trical>>- e: vin^ {'>» iveUt Je crois qn'il serait plu^ josi* dt fiiT*. e.. ii Ue matière, les opinions trop i.hvÀuiA i: «taît-Lt ,- yt'M tnt fausses, que l'aTeoir appartieal aux iMiz-mvlf*-. t Qnatrefages a. du re^te. formnJ^ œit* oî-:a4'va e^ di- : < Une race, qui resterait rom{-iéleisei>l yvn. îocr^.ra::. un temps donné, une certaine somaje : ^i-^et de ifjmais elle resterait stationnaire el desû'-'jr'Ta:: f.v vin le même rerde. » Si Ion voulait iiiDKt.™-r f*l> iryyj^.par un exemple, on pourrait '■iler l*-v T:.::,'.- 'j:. .e* es les moins mélangés et <jui. daiis ie »>éi.M>À.-^ ie air, est, je le crois, appelé k jotit-r un roie co.'j'-idersi^le. nous ne nous douions pas a.«i^z en Kun^p*-. I surplus il ne conrient pas plu!^ 'le 'Jir»-. 'ju«- to'j- 1»-» : sont bons, que d'afârmer ']u'il^ u^,iit t<,iis iii4u>^>. mélaiigfrs. on géni-ral, valant plu» ou m<>:ii^. *■'■!'. n 'c raient elles-mêmes W rac— '•'.m|''>'^iit*-« li v n. ■ianlaniti*. d>'s cr*jis'-menls «jui n<- s^m |ia.« fur/en '-m •/"•■-•!. â-dirt- qui ne <loiiiient \ix* '1>-^ proluit- iii-l--ltriitji>'iil f-'i entre eux et avec li-ur» jan-rits ; o-ux-l;i >-,m •^vi'i<-iiiiï éviter. 1^ race austraii'-iitn- n>- M-ml'le yas. [-furcett** n, api»elét' û lîgurer avant iL'fUMmt-nt iLnis U-* rrois*»- «; il f-jtt, au ointrain-. il^-s (.TiiM-nierits ]>;irl'aitt'meut léaiques et dont it-s m>*lis ont <li- la valt-iir : ivux-i.i dotélre entnurafïés.
e^t d'ailleurs un nioven bien simple île ju^er «le la va-