‹ La colonisation scientifique et les colonies françaisesChapitre 27 sur 122 · RACE · texte numérisé non relu

RACE

enoore non cultivées de cette zone, c'est son immunité presque absolue pour la fièvre jaune et Timmunité relativement très grande qu*il présente également pour l'impaludisme ou au moins pour ses accidents graves : les bataillons nègres seuls ont pu résister à la Vera-Cruz, là où nos troupes étaient décimées par la fièvre jaune ; le nègre seul peut vivre dans les terrains marécageux de la cAte occcidentale d*Afrique, précieuse immunité, mais qui lui a valu l'esclavage !

n faut cependant convenir qu*il présente un inconvénient grave, c'est son peu de résistance au froid et au refroidissement. C'est ainsi que, même en Afrique, il supporte mal le déplacement, qu'il s'acclimate mal en Egypte comme en Algérie et qu'il ne s'acclimate pas du tout en Europe.

On aflSrme, il est vrai, que dans la Nouvelle-Ecosse des familles nègres depuis longtemps libérées sont prospères, mais c'est là un fait exceptionnel.

En résumé le nègre n'est un colon précieux que dans les pays très chauds, où régnent la fièvre jaune et la fièvre paludéenne : il est là un travailleur indispensable ; mais sa race, en tant que race pure, exempte de raélange^ semble destinée à rester dans l'Afrique et encore dans les parties les plus chaudes de ce continent.

La race Jaufie s'étend sous des climats bien diflërents, en Asie comme en Amérique, où elle règne de l'extrémité boréale de ce continent à sa pointe australe. Cependant les Tur^s qui appartiennent à l'un des rameaux de la race jaune ne semblent pas s'acclimater dans l'Europe orientale, ni même en Egypte ou en Algérie, car les mameloucks d'Egypte ne se maintenaient que par d'incessants apports, mais n'étaient pas acclimatés. Les Chinois présentent partout une merveilleuse aptitude à l'acclimatemeat, qui se caractérise partout où ils vont, comme chez les Juifs, dont ils ont d'ailleurs les mœurs casanières ainsi que l'aptitude au négoce et à l'épargne, par un excédant constant des naissances sur les décès. La rare jaune a, d'ailleurs, par voie de métissage, fourni de

60 CHOIX DBS COLONS.

vraies races pleines de sève et d*avenir, les Malais, par exemple, et il est permis de penser que, lorsque son expansion au dehors de ses frontières, déjà si prononcée, sera devenue plus générale, elle fournira par un croisement, qui ne s*effectuera plus, comme par le passé, avec des races inférieures, mais avec la race blanche, des générations douées de qualités précieuses pour la colonisation. Dans deux siècles, disait Garnier, nos neveux auront plus d*égards que nous pour la race jaune. Seront-ils même assez forts pour lui résister?

§ 2. Aptitude coloniale. — Il importe de distinguer, dans Taptitude complexe des races à la civilisation, Taptitude à Tacclimatement et l'aptitude intellectuelle et d'ordre social à coloniser. Ces dispositions sont loin de marcher parallèlement.

Ainsi la race blanche^ qui est peut-être la moins facile à acclimater, est la seule qui ait, à proprement parler, le génie colonial ; il semble qu'elle rachète par une force d'expansion considérable, ce que son organisme a de trop rigide; aussi loi est-il permis d'espérer mettre un jour à la disposition de son cerveau colonisateur des organes rendus plus acclimatables par un croisement avec d'autres races, moins bien douées sous le rapport de l'idée coloniale, mais moins sensibles aa changement de climat. On a dit, avec raison, que le sang blanc est l'élément vivace de toute colonisation ; c*est avec la race jaune ou ses dérivés, que son croisement sera quelque jour le plus grand et le plus utile.

La race noire n'a pas, même en Afrique, le génie de Texpansion ; elle est partout envahie et nulle part elle ne 8*étend. Aucune race n'a fourni autant de colons qu'elle, mais aucune n'est moins colonisatrice.

La race jaune pure n'a point encore formé de colonies; elle donne en ce moment de nombreux travailleurs aux colonies, mais elle ne colonise pas, à proprement parler. Il n*en est pas de même de ses dérivés mixtes, les Malais et les Polynésiens^ dont les premiers surtout ont colonisé

Page 1