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depuis le Japon jusqu'à Madagascar et peuvent devenir de puissants auxiliaires et même d'utiles associés.
§ 3. Age. — Pour affronter toutes les modifications de milieu que suppose le départ d*un colon, l'organisme doit être déjà assez formé pour résister, mais encore assez souple pour pouvoir se transformer suivant les exigences du milieu nouveau. Partout la mortalité de Tenfance est énorme, même lorsqu'on ne Texpose à aucun changement; il ne faut donc pas s*étonner que cet âge ne résiste pas aux efforts de Taoclimatement. Un colon doit avoir plus de 10 ans. Je recommande cette considération à ceux qui s*occupent en ce moment de la réalisation d*uDe pensée généreuse, la colonisation de TAlgérie par les enfants abandonnés : outre qu'il faudra tenir compte de la question de races et se souvenir que les Français du nord ne s*acclimatent pas en Algérie, il ne faudra pas oublier, que le colon doit avoir de 12 à 16 ans. C'est donc fort sagement que ladm in ist ration refusait autrefois le passage gratuit pour TAlgérie à tout jeune colon qui n'avait pas \2 ans. A partir de cet âge le colon semble être dans d'excellentes conditions : ainsi, d'après le D** Cazalas, ancien médecin principal de l'armée d'Afrique, tandis que la colonie agricole de Mettray perdait annuellement 1 enfant sur 43, l'orphelinat de l^n-Aknoun en perdait 1 sur 53 et celui du Bon-Pasteur, ù F!l-Hlar, 1 sur 74. D'une manière générale, la mortalité des pénitenciers de jeunes détenus de la France est à celle des mêmes établissements en Algérie, comme 55 est à 20.
Il ne faut pas que le colon ait plus de 40 ans; car plus tard l'organisme a pris des plis qu'il ne saurait plus penlre, pour on prendre de nouveaux. Si cependant l'organisme est déjà arcliroaté, on peut faire encore un excellent colon. Le maréchal Hugeaud recommandait les vieux soldats de l'armée d'Afrique; le colonel Quinemant a repris cette idée en 1877.
§ 4. État civil. Le colon doit être marié. Bien des raisons lui font du mariage une obligation : d'abord la mortalité des enfants illégitimes est partout considérable; or plus grand sera le nombre des colons mariés et moindre sera le nombre des enfants illégitimes, moindre par conséquent sera le nombre des décès d*enfants toujours considérable dans un pays nouveau; en second lieu, les chances de mort du colon sont déjà assez augmentées par son nouvel état, sans qu'il les augmente encore; or partout la mortalité des célibataires est supérieure à celle des gens mariés; en se mariant le colon augmente donc ses chances de succès et par conséquent sa valeur. J'ajoute qu'il augmente celle de sa propriété, qui sera mieux tenue, mieux cultivée; on l'a bien compris ainsi, en Algérie, lorsque le 16 octobre 1871 on déclara, qu'on n'accoi^ dorait plus de concessions de terrain aux célibataires. J'ai dit plus haut que les colonies manquaient de femmes; la nécessité du mariage est donc un argument de plus en faveur du croisement avec les indigènes ou avec une autre race mieux acclimatée ou plus facilement acclimatable.
§ 5. Condition sociale; état moral. — Le plus important pour une colonie, c'est peut^tre la nature des matériaux vivants avec lesquels on prétend construire une société nouvelle. L^Ëspagne, qui a possédé tant de colonies, peut nous servir i d'exemple, non de modèle ; elle nous montre combien il est mauvais pour une colonie de ne recevoir de la mère patrie que de I vieux matériaux : qu'a-t-elle envoyé au Pérou? des nobles dont le blason pensait s'enrichir des pierreries de l'Amérique ; ils formaient à Lima le tiers de la population blanche, dit Leroy- Heaulieu. Ces nobles étaient les possesseurs jaloux d'autant de majorats, qui mirent, dès le début de la colonie, une en- | trave à la libre disposition du sol; au-dessus de ces nobles, on à roté, un clergé tout-puissant multipliait les biens de mainmorte; au-dessous de ces maîtres de la terre toute une armée de fonctionnaires plus ou moins tarés dans leur patrie, mue