‹ La colonisation scientifique et les colonies françaisesChapitre 32 sur 122 · C00LIB · texte numérisé non relu

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àe^flrèret noirs d'Océanie à la commisération qai est de mode poar les frères noirs d'Afrique. J'ai parlé plus haut du Kidnapping; le vol des enfants entre tribus de la Nouvelle- Goinee et leur vente comme esclaves sont des institutions quasi-régulières ; l'esclave y est même, à proprement parler, rétalon monétaire. Néanmoins les euphémismes, qui sont employés pour désigner ces sortes de transactions, prouvent assez, que ceux mêmes qui en vivent, les réprouvent et ils permettent d'espérer, que nous assistons à l'évolution dernière d*un phénomène social qui disparait.

§ 8. Coolies. L'esclavage avoué a été ostensiblement remplacé par l'emploi habituel de ce qu'on nomme des coolies. Cette habitude disparaitra à son tour ; elle est le dernier retranchement de la rapacité des races supérieures, mais après tout l'acheminement vers un ét^it meilleur que le siècle prochain verra sans douto.

l)ès le siècle dernier il s était fait pour le Maryland une véritable (raitr des hlnncs : dos racoleurs engageaient principalement en Angleterre et on Allomagno do pauvres diables, qui prenaient aux Etats-Unis le nom iVlntented scf^cants, au Mexique celui de Rrpartinu*ntos ou do tJnc<miidos ; ces hommes étaient libres, moyennant toutefois rongagomont, |M)ur un temps déterminé, d'un service personnel auprès d'un maître qui pouvait donner ou refuser pour leur mariage un consentement indispensable et mémo les roder A un autre maître; c'était voisin de resclavage. Les Intentcd servants n'existent plus; ils sont remplacés par des engagés volontaires ou soi-disant tels, qu'on racole on Chine et dans rimle. C'est même une tribu d«» l'Inde, dont les membres, m«'*laoge de Hhils, d'Indous, de Uadj|K)uts, exercent le plus M>uvenl le métier de portefaix, la tribu des Knles ou Ondes, dont le nom est devenu l'ori^^ino du mot générique de 0>/;lu's «»mplové pour désigner ces travailleurs.

L'émigration chinoise, qui se fait en partie sous celte forme.

preoccape beaucoup, en ce moment, les économistes; elle est réelle et j*en ai parlé plus haut comme d'un phénomène avec lequel il faudra compter quelque jour; mais elle a été beaucoup exagérée, notamment par Hepwort-Dickson, en Angleterre. En réalité le dernier recensement des États-Unis a montré, que, dans cette population de 50 millions d*hommes, les Chinois comptaient pour 105717 en 1880; il est vrai qu'ils n'étaient, en 1870, que 56 157. Ces émigrants ne sont pas, à proprement parler, des colons; ils ne présentent donc aucun avantage. Sobres, économes, vivant de peu, ils abaissent évidemment le prix de la main-d'œuvre sur le marché ; quelques entrepreneurs s'enrichissent à ce métier, mais cela fait concurrence aux habitants du pays. C'est un peu le rôle qui est joué par les Piémontais dans nos départements du sud-est. En outre, ces Chinois retournent toujours dans leur pays, au bout de peu de mois ; leurs compatriotes remportent même leur corps, lorsqu'ils viennent à mourir. Ils choisissent surtout les États qui donnent sur le Pacifique : ainsi la Californie, rOrégon et la Nevada en comptent environ 90000, tandis qu'on n'en trouvait, en 1880, que 942 dans TÉtat de New- York, 252 dans le Massachuset, 483 dans la Louisiane. Ces coolies ne sont pas toujours aussi volontaires qu'on se plait à le dire, car, en 1857, la population de Canton s'indigna des manœuvres de racolage et décapita dix-huit Chinois qui passaient pour embaucher de gré ou de force pour la Havane. La même année le gouverneur de Sang- Haï protesta auprès des consuls des difierentes nations contre les abus de ce recrutement. Dans plusieurs circonstances ce sont les coolies mêmes, qui ont protesté par la force : plusieurs révoltes de Chinois, jaloux de reconquérir leur liberté, ont éclaté en pleine mer, notamment sur la Carmèline (de Bordeaux) en 1868, sur VEspérance (de Nantes) en 1869 et sur la Thérésa, dont l'équipage fut massacré par les Chinois révoltés.

Les coolies indous appartiennent aux castes inférieures.

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