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Pftrtis misérables ils arrivent plus misérables encore; le doeteor Roubaad, qni eut Toccasion d*acoompagner, comme médecin, an convoi de 478 coolies transportés de Pondichéry à la Pointe-à-Pitre, estime que la ventilation des transports est insuffisante et la nourriture précaire. Pendant ce long voyage, qui dura 107 jours, il eut 352 malados, soit 3 220 jour* nées d'hôpital, soit 30 malados par jour. Ces coolies sont de médiocres travailleurs; il est, d ailleurs, d*autant plus imprudent de ne pas apprendre à nous passer d*oux, qu'ils nous manqueront, le jour où cela plaira à 1* Angleterre. Il lui suffira d'einiiécher leur départ do l'Imlo.
Tout le tort, que rosclavage a pu faire aux colonies, les coolios le leur font au moins autant; le trop grand nombre do bras à bas prix amène los mémos inconvénients dans les deux cas : ainsi Maurice, qui n*avait jadis que 23000 nègres esclaves, emploie aujounrhui 91000 coolios. La Jamaïque n*avait. on ISU, que 250 coolios; ollo on avait 1 7.*i5 on 1S15; 2515 on 1840. La Guyano a vu le nombre de ses coolies passer, dans lo môme temps, do 55(3 à 3 4î)7, puis à I 120: la Trinité a élevé lo chiflTro dos siens do 220 à 2083 ot enfin à 2070.
Aux Chinois ot aux Indous ajoutons los Africains libres (?) dont IWnjrletorre, depuis lo 0 février 1S13, no pormot, il est vrai, lo départ que do Siorra-Loono, do I{<^navista ot do Loando <-t nous comprendrons que roxcôs dos bras est à la veille de faire aux colonies une situation comparable à colle que leur rréait Tesclavago. Ih» ISIî) à 1855 soulomont los colonies anglaises ont roru 27 ÎMK> Africains, 20 5iJ,'î .Madérions, 2 170 Chinois et 151101 In. tous, soit 207 737 travailleurs sans racine dans los colonios; ajout«)ns. (|u*à certains points de vuo, ces travailleurs no valent pas b*s anciens esclaves noirs: ainsi tandis qu'on ronstatait ja<lis à la Réunion 1 crime j»our 3 (KM) osolavi's, on en constate aujourd'hui l jiar tî<) Indous ot 1 par 13 Chinois, soit 1 par 73 rt^olies.
A tous les points de vue cet emploi des coolies est donc
regrettable : la profusion des bras à bon marché empêche les progrès industriels et agricoles ; Duval fait observer, avec raison, que la Réunion, qui, depuis huit ans, a dépensé 24 000000 de francs pour se procurer tous ses coolies, aurait beaucoup mieux fait d'employer la même somme à perfectionner son agriculture. Cette immigration de misérables présente Tinconvénient de détourner de Témigration dans les colonies des Européens plus actifs et qui ne demanderaient qu*à se fixer. Le seul avantage de ces coolies est qu'ils appar> tiennent à des races, qui, par leur facile acclimatement, sont précieuses dans les pays chauds ; elles le sont, il est vrai, moins que les nègres d'Afrique ; mais si on savait fixer ces colons, les Chinois surtout, on pourrait obtenir, de leur croisement avec les Européens, des métis, qui, au point de vue intellectuel, auraient des chances d'être bien supérieurs à ceux que le nègre peut nous donner.
L^empirisme et l*hiitoird Daturelle des sociétés. — Pays froids. — Pays chauds. — Altitude. — Le danger des pays chauds réside surtout dans rimpaludisme. — Pays chauds sans impaludisme ; Tentilation. — Géologie. — Configuration géographique. — Climats locaux. — Époque du départ.
§ 1. L'empirisme et V histoire naturelle des sociétés, — Lorsque Ton considère les places vacantes à la surface du globe, on n'a vraiment que l'embarras du choix pour décider d'un point de colonisation : on estime en effet à environ 1391 millions d'habitants la population totale de la planète; or l'Europe, l'Inde et la Chine, qui ne forment que 1/7 de la terre, contiennent les 3/4 de cette population, soit 946 mil-
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r, oe qai donne A ces pays environ 38 habitants par kilomètre carré; les 6 antres septièmes, qui ne contiennent par conséquent que le 1/4 de la population totale, quelque chose comme 445 mt//to;<«, ont donc 1 habitant par kilomètre carré. Nous n*avons pas à craindre, que la place fasse de sitdt défaut à ceux quk voudront coloniser ; mais encore faut-il faire choix d*un pays. Or, en semblable matière, Tempirisme a été jusqu'ici le seul guide. On a profité des occasions, sans méthode, sans plan arrêté d'avance, sans consulter cette science complexe, qui a nom VHistoire naturelle des sociales et qui aurait cependant appris à connaître, quel est le milieu qui convient le mieux «à révolution coloniale de chacune de nos vieilles sociétés. Il ne suffit pas en eflct de montrer beaucoup d'activité, de dépenser beaucoup d'argent et de prétendre à une politique coloniale ; tout cela est perdu, si Ion ne s*inspire pas dos conseils do In sfienco. \jSl colonisation ne peut êtro solide, 4ue si elle repose sur l'hygiène et sur Tanthropologio, sur la connaissance des climats et sur celle des naces. Mais, comme Ta dit Hertillon. << nos gouvernants, gens lettrés quelquefois, n*ont jamais eu la moindre dose dVsprit scientifique et, dans leurs déterminations, ils interrogent leur raison au lieu de s'informer do la raison des choses ; quand il s*agit des hommes, les convenances biologitiues sont le dernier de leurs soucis. »
l.a rolonisalion scirnlifi'/Hr a co|HMidant eu dos précurî^eurs, qui, à défaut d'une science qui n't^xistait pas encore, so préoccupaient au moins do la méthodo. Kn 15T<) Kirhard Hackluyt, géographe éminent, qui fut de son temps loracle des navigateurs, recommandait ;i sos compatriotes de choisir, pour établir leurs colonies, un climat tempén», uno l)onne situation maritime, do s'assurer que l'eau douce est Ininno, quo le pays n'est pas dépourvu tlo provi>ions ou de vivres, enfin qu'il ronf»*rmo, ot à proximité, du c«imbustible et des matériaux de construj'tion; à co sentiment de l'hygièno et du confort. Bacon ajoutait, flans son Essntj on plantations^ qu'il
ne fallait coloniser que sur un sol vierge et non sur une terre, qui ne peut devenir vacante que par Textermination des indigènes. Le dernier de ces conseils n*est pas celui qui a été le plus écouté.
§ 2. Pays froids, — L'idéal des colons c'est un climat chaud ; VEldorado rêvé par tous les voyageurs est toujours sous les tropiques et il semble qu'il n'y ait rien à faire dans les pays froids. L'histoire nous apprend cependant le contraire : la Nouvelle-Ecosse, qui, bien que sous la latitude de 45^ comme la France, se trouve, comme le Danemark, sous risotherme de -)- 5<> ou -f- 6®, a cependant été un terrain favorable pour les 500 émigrés français qui l'abordèrent en 1671 , car le nombre de leurs descendants s'élève à 70000. 11 en a été de même au Canada : Sully, un des hommes cependant les plus utiles à la France que nous présente Thistoire, commettait donc une erreur, lorsqu'il disait : a Je mets au nombre des choses faites contre mon opinion la petite colonie, qui fut envoyée, cette année, au Canada. Il n'y a aucune sorte de richesse à espérer de tous les pays du Nouveau-Monde, qui sont au-delà du 40^" de latitude. » La petite colonie avait cependant produit en 1760 plus de 70000 rejetons et leur nombre est aujourd'hui de 1 600000; elle s'est de 1844 à 1851 accrue de plus de 4,25 <>/o.
Il y a cependant une limite à l'expansion de notre race aryenne vers le nord : bien que les Danois vivent encore sur la côte ouest du Groenland, les colonies, que les Scandinaves ont fondées à diverses reprises sur cette terre du froid, ont en effet disparu; les jaunes Esquimaux vivent seuls i l'aise dans ces parages; les Islandais eux-mêmes supportent mal le climat de leur ile, car la mortalité est énorme chez eux et Ch. Edmond a constaté leur faciès mou, éteint; leur nombre décroît du reste et de 100000 est descendu à 60000. Les Russes s'acclimatent, il est vrai, dans le nord de la Sibérie, mais, outre que la population russe comprend déjà, par suite