‹ La colonisation scientifique et les colonies françaisesChapitre 37 sur 122 · DÉPART · texte numérisé non relu

DÉPART

sains ; Marie-Galante a 3 communes, dont 1 senle est malsaine.

§ 10. Époque du départ. — Le oolon doit arriver dans son nouveau pays, dans la saison pendant laquelle le climat s'éloigne le moins de celui qu'il quitte; si, par exemple, le colon part d'un pays tempéré et qu*il émigré vers le Nord, il devra arriver au commencement de l'été ; s'il émigré vers les régions tropicales, il devra s'arranger de manière à arriver à la fin de l'hivernage^ saison humide et chaude qui correspond au passage au zénith du soleil et de l'anneau de nuages dû à révaporation qui le suit d'un tropique à l'autre. Si le colon change d'hémisphère, il ne devra pas perdre de vue, que les saisons de l'hémisphère boréal sont précisément inverses à colles de l'hémisphère austral : il faut donc arriver en décembre ou janvier au Sénégal, dans l'Inde, en Cochinchine, aux Antilles; il faut, au contraire, arriver aux mois de juin et de juillet à la iiéunion, à Maurice, et dans tout l'hémisphère sud.

(^IIAIMTKE VII Hygiène coloniale.

Hjfri*oe indiTitiii^lle. — IlTfrièDe publique. ~ Hygiéoe tociaU.

Ce serait vainement qu'on se s< rait pénétré des données .scientifiques qui iloivent présider au choix du colon, comme iï relui d'une colonie et des rêj;les (ju'on doit observer vis-àvis les indijrtMH'î*» re serait en vain qu'une nation rhen'herait :\ améliorer s«>n sort ««n suivant une [K>litique srieHii/if/Nf\ si, par mé[»ris ou par ijrnoranre de riiygiène, les colons venaient faire naufrage au |K>rt ; or Thygiène (de

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ûyisivo^, sain) est Tensemble des données scientifiques, qui assurent la santé non seulement aux individus considérés isolément mais aux individus réunis en sociétés; c'est la science, qui permet de rendre sai^i et fécond le milieu où doivent vivre ces individus et j'entends parce mot milieu non seulement le sol, où doivent évoluer les sociétés, mais la faune et la flore au moyen desquelles elles augmentent leur empire ainsi que leur puissance, mais aussi l'ensemble de leurs institutions, leur milieu moral, dont Vétsit plus ou moins parfait décide de leur perfectionnement, de leur évolution continue ou de leur dégénérescence. Le mot hygiène ainsi compris embrasse, dans ce cas particulier, tout ce qui peut donner la force et la vigueur aux hommes, aux produits, aux institutions de nos colonies et à la colonie elle-même.

HYGIENE INDIVIDUELLE Genre de vie. — Habitation. — Vêtements. — Alimentation.

§ 1. Genre de vie. — Le premier effort du colon doit consister à moditier ses habitudes, de façon à les rapprocher le plus possible de celle des indigènes.

L'exenûce, dans les pays chauds, est absolument indispensable; aussi Armand Reclus parlant de la vie qu'on mène à Panama a-t-il soin de dire : € Le premier devoir de l'homme qui veut conserver son énergie physique ou normale, c'est de déclarer la guerre au hamac; le hamac c'est l'ennemi.» Eviter tous les excès. Vénus, de composition souvent facile dans les pays chauds, où la nature do costume voire même son absence rendent les bonnes fortunes fréquentes, est particulièrement redoutable pour l'Européen.

S 2. Habitation. — Le D' Nielly a bien résumé l'ensemble des préceptes qu'il importe de suivre aux colonies chaudes : la maison du colon sera construite, autant que

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possible, sur qq terraiD sec, dans un lieu relativement élevé, exposé au vent le plus fréquent et le plus frais ; un rez-dechaussée en pierre évitera Tabsorption de Thumidité du sol pendant les pluies chaudes de Thivcrnage; les fenêtres seront disposées de manière à pouvoir obtenir une bonne aération ; elles seront munies de jalousies ou dé persiennes ; la couleur blanche des maisons est utile : augmentant la chaleur réfléchie par la maison elle diminue d*autant celle des appartements. Une salle de bains et surtout des appareils d'hydrothérapie devront être disposés dans la maison, car Teau froide et Texercice sont les deux sauvegardes du colon européen dans les pays chauds. Les plus grands soins devront être apportés à la construction des égouts et à Técoulement des vidanges. Cela est d'autant plus indispensable, que le pays est plus chaud.

§ 3. Vciements. — Il n'y a point ici de petit détail; tout est important et Tavenir d*une colonie peut dépendre d'une question de tailleur. C'est surtout lorsqu*il s'agit d'une expédition militaire, alors que toute infraction individuelle à rhygiènc est, au nom du règlement, multipliée par le nombre des hommes de l'eflectif, qu'il importe de regarder jusqu'au « moindre bouton de guêtre >.

La forme du vêtement a son importance : un costume trop serré expose dans les pays chauds à être victime de cet état d'asphyxie consécutif à Thyperthermie sanguine et à la gêne de Thématose, (jui a nom le coup de chaleur. Les soldats qui marchent en rangs serrés et pesamment chargés y sont particulièrement exposés ; de là l'indication d*<*spacer les hommes en marche dans les pays chauds. Par une des plus chaudes journées de l'Inde on célébrait les funérailles d'un ofHcier supérieur; les hommes du <>S- de ligne avaient été mis sur pietl, en grande tenue de parade; ils se tenaient rai«les et boutonnés, comme s'il se fût ;vï\ d'un déHIé à Londres ; mais pendant la cérémonie, ^ soldats tumlièrent morts et 15 dunnt être transportés

à rhôpital. C'est pour la même raison, qu'à la prise de Chin-Kiang-Foo, le 98* de ligne anglais eut 15 hommes tués sur place par le coup de chaleur, tandis que le 49« de ligne et le 18« Irlandais, à qui on avait permis d'ouvrir les tuniques et dont les hommes étaient peu chargés, n'eurent pas un seul mort.

Le casque blanc adopté par les Anglais en Afrique et même par les simples touristes, à l'époque des vacances, est de rigueur dans les pays chauds.

La nature du tissu n'est pas non plus indifférente. I^s expériences de Coulier montrent d'ailleurs que la rigueur scientifique n'est jamais déplacée, même dans les questions qui semblent banales. Il prit plusieurs thermomètres préalablement comparés entre eux : les uns étaient exposés simplement au soleil ; les autres, placés à la même exposition, étaient recouverts de tissus divers, superposés les uns aux autres , mais dans un ordre différent : les uns étaient recouverts de laine qui touchait le verre , sur laquelle était superposée une étoffe de coton ; les autres, au contraire, étaient habillés de coton en dessous et de laine en dehors. Or les thermomètres habillés de laine en dehors indiquaient 7^ de plus que le thermomètre nu ; la différence variait, d'ailleurs, suivant la couleur de la laine. Il ressort donc de CCS expériences minutieuses, que le vêtement extérieur, celui qui est, pendant la journée, directement en contact avec l'atmosphère, doit être en coton et qu'il ne doit pas être en drap.

11 n'est ici question que de l'action du tissu sur les rayons lumineux et calorifiques, mais il importe aussi de tenir compte de l'état hygrométrique. Or deux morceaux d'étoffe. l'un (le drap, l'autre de coton, placés dans l'eau montrent (jue le drap absorbe, à poids égal, 2 fois plus d'eau que le coton et, à surface égale, 4 fois plus. Il importe donc d'appliquer de la laine directement sur la peau toujours mouillée de sueur. Pendant les nuits à rayonnement considérable il importe également, que ceux qui sont exposés

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