‹ La colonisation scientifique et les colonies françaisesChapitre 39 sur 122 · I. OlKiAMSATIoN IM SKUVK'B MKI)ir\L. — Toutc^ l<S · texte numérisé non relu

I. OlKiAMSATIoN IM SKUVK'B MKI)ir\L. — Toutc^ l<S

mesures d'hygiène in<iividuollo domouroraiont insuffisantos

dans un pays neuf, on tant de causes inhérentes au climat, au sol, au milieu nouveau contribuent à répandre un grand nombre de maladies sur des races inégalement résistantes, qui se trouvent pour la première fois peut-être en contact, si, par une organisation prévoyante du service médical, on n'apportait à l'assainissement des hommes autant de soins qu*à Tassainissement du sol. On devrait s'inspirer de ces paroles du D^" Bonnafont, ancien médecin principal de Tarmée d'Afrique : « Un pays une fois conquis, l'ennemi une fois refoulé et vaincu, l'hygiène devrait être la question dorninafile^ tandis qu'elle ne vient que comme accessoire au milieu des exigences militaires et administratives, comme si la santé n'était pas la première condition de l'homme pour bien remplir tous les autres devoirs. » Malheureusement c*est le côté de la colonisation qu'on néglige le plus. Cette indifférence n'a rien qui doive nous étonner, lorsqu'on songe, combien dans notre pays, pourtant si partisan de la centralisation, qu'il s'immobilise par amour pour elle, la seule chose qu'on n'ait pas centralisée du tout, est précisément celle qui en aurait le plus besoin, la santé publique!

Il est cependant juste de reconnaître les efforts, qui ont été faits en Algérie. Pour assurer la diffusion de la vaccine si utile chez les colons et surtout chez les indigènes, qui ont pendant longtemps refusé de s'y soumettre, on a créé des médecins de colonisation, qui doivent être docteurs, c'est-à-dire avoir fait des études longues et dispendieuses, et auxquels on assure un traitement fixe de 3 000 à 5 000, une indemnité de logement de 500 francs, ainsi que les indemnités réglementaires pour les vacations judiciaires, mais qui doivent, dans un pays peu habité, où les distances à parcourir sont considérables, où les routes font encore souvent défaut^ passer leur vie à cheval, sans pouvoir opérer tout le bien qu'ils désireraient faire.

Les Anglais, dans l'Inde, ont procédé tout autrement et c'est à des indigènes, qu'ils confient le soin de répandre la

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médadne parmi leurs compatriotes, tactique habile, qui donne à rintervention européenne un caractère scientifique, le seul qui soit capable de lutter contre le caractère religieux de leurs pratiques habituelles. Ils ont su attirer les indigènes dans les écoles de médecine de Calcutta, de M&dras, de Bombay, d*Agra et dans les écoles secondaires de Lahore et de N*agpur, tâche difficile, car Tcsprit de routine des Indous se plie mal à l'abandon des vieux traités de médecine sanscrits et à Tinnovation de la dissection des cadavres humains. Un Indou fort heureusement se rencontra, qui , en 1836, sut triompher des préventions de ses correligionnaires ; c'était le pandTt Modoo Soodun Goopta, dont le portrait est aujourd'hui placé dans le grand amphithéâtre du collège médical de Calcutta. Depuis lors les indigènes aflluent dans les écoles de médecine ; chaque année un grand nombre de hakims ou médecins indigènes se répandent dans Tlnde et y sèment les notions de médecine ainsi que d'hygiène, trouvant pour cette tache, dans l'esprit de leurs compatriotes, un crédit et une autorité, que les médecins européens n'obtiennent que difficilement. Ces médecins indigènes distribuent partout du sulfate de quinine et exercent dans les nombreux dispensaires de la colonie. Il existe, en efl'et, dit M. de Fontp^Ttuis, 17<i dispensain^s dans le Bengale proprement dit, 1.^1 hôpitaux du gouvernement ou dis|)ensaire8 dans les provinces du nord-ouc*st, 1 Ui dans le Pendjab, et ces établis.sements ont, pendant l'annt'v lS7*J-7^^ traité ou soulagé

1 r.^7 (KK) iMTsonnes. I)ans Tancien royaume d'Oudh il v a

:^thlis[M»nsain^ et 2 hôpitaux, dont l'un à Larknow et l'autre à Ikihrampur traitant lll(NM) personnes en moyenne annuelle. Les \)2 étal>lis8i»nients du même genre, (|ue |K)ssèdent les provinces centrales, ont donn»'* leurs stûnsiltt)^ SiU malad«*sen Ls7*^-7i] : les il'i hôpitaux et les 1()S dispensaires de la présidence de Ik)inbav ont secouru r)r>lH)4S malades. Ces médecins ont également beaucoup contribué à répandre U vaccine, dont l'usage s'étend de jour en jour davantage, bien

que le tiers seulement des sujets qui devraient la recevoir consente à l'accepter. Dans la présidence de Bombay, en particulier, un service régulier de vaccination fonctionne depuis 1871 : chaque taltik ou groupe de villages doit avoir un vaccinateur ambulant, soldé sur les fonds locaux, et tout collectorate possède un surintendant des vaccinations.

II. Assainissement DU SOL. § 1. Préparation coloniale, — Les Anglais attachent avec raison une grande importance à n'ouvrir, pour ainsi dire, une colonie, que lorsqu'elle est bien préparée pour recevoir les colons. On commence par faire les travaux urgents du port, on trace des routes, on fait Tarpentage exact de la colonie, de manière à pouvoir établir une délimitation géométrique des lots. Quand le colon arrive, le premier bureau venu lui fournit, pour une somme modique, un plan cadastral, où il n'a qu'à faire son choix, en même temps qu'un tableau des demandes d'emploi. On a d'ailleurs commencé par défricher les terres et, comme ces travaux sont généralement dangereux, les Anglais emploient à leur exécution le moins d'hommes et le plus de machines possible: on épuise l'eau avec des machines; on abat les arbres avec le grubber^ instrument qui les saisit .et les arrache du sol ; on retourne la terre avec des charrues à vapeur.

Tous ces travaux préparatoires sont indispensables au succès d'une colonie. Cependant Pondichéry n'a qu'une rade mauvaise ; à la Martinique l'absence de toute viabilité empêche l'exploitation des bois et les meilleures essences sont, sans profit aucun, transformées en charbon. C'est à ces soins, que doit se borner l'action centrale ; quand elle a assuré la viabilité, elle peut s'en remettre à l'initiative individuelle pour fonder des villages et des villes, car il suffit que la sève circule dans un arbre abondante et par de larges canaux, pour que les fruits prennent leur place naturelle le long des branches. La liberté individuelle n'a qu'à perdre \ contraire, lorsque la mère patrie veut trop faire et ce n'est

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