‹ La colonisation scientifique et les colonies françaisesChapitre 54 sur 122 · LB SAHARA · texte numérisé non relu

LB SAHARA

néandres d*un fleuve depuis longtemps séché. Les oued ;ont dos rivières, qui depuis longtemps ont cessé de couler, ii*'nie après les orages; leur lit large parfois de 1 ou de l kilomètres forme une dépression d*une trentaine de mètres lu-dessous des terrains environnants ; leur sol est du sable, qui, lar capillarité, jouit de Thumidité du sous-sol et se couvre de 'égétation. Ce sont ces fleuves « qui coulent invisibles, » dont variait déjà Pline d'après le roi Juba. Dans beaucoup de KMiits, en oflot, la région des sables, qui prend alors le nom r/wv/, profite ainsi par capillarité de l'humidité due à des aux souterraines et donne de la végétation. Ainsi, dans la alltH> de Tancion Igharghar, se trouvent des gommiers, des amarix, qui donnent une ombre recherchée; ces arbres sont nlrett^nus par la présence de leau dans le sous-sol à 4 mètres le profondeur. Attirés dans ce qui reste d'une fraîche vallée rautrefois, vivent là les mouflons, les bandes de gazelles, Tantilopes et «l'onairres. Le désert, dans toute Tacception du ii«»l, n'existe en réalité que dans la Ilamnda^ où le sol dur, lU, s«i\ sans tnire «Thiimidité, ne nourrit ni un s«miI animal, li un seul végétal.

Mais il n'en a pas toujours été ainsi : au sud-est d*El-Goleah !. l'ingiMiitur G. Rolland a trouvé, sur le plateau calcaire, des ravertins dêjK)sés par des sources récentes, aujourd'hui disaruts: il en est <le même près de Ouargla. Dans plusieurs ndroils le point iremergence des sources jaillissantes natutiles s*«'st abaissé. Des gravures découvertes par le rabbin Iardo<li«V sur les nx-hers représentent même des éléphants, «•s rhinocéros; or, iH)ur que ces énormes herbivores pussent ivre, il fallait qu'ils trouvass4»nt dans ces régions des fourages abondant**, (|ui ne pouvaient croître que sous un climat oui durèrent du climat acltiel. En outre le bœuf à bosse était \ l>éte lie >omme .l«»s Garamantes et le chameau n'a été mené -les régions plus méridion îles, que lorsque, le Sahara evenant sec. le Upuf à Iwsse a cessé de pouvoir vivre. Us uuaregs ont du reste raconté à M. Duveyrier, que leurs ancé-

très se servaient de bœufs et non de mahara^ et le D*" Nachtigal a retrouvé sur les rochers du Tibesti des gravures, qui représentent des bœufs aux cornes recourbées *en avant, portant des sellettes, des bâts, comme ils le font encore aujourd'hui dans le Soudan. Ce sont ces bœufs aux cornes dirigées en avant, qu*on avait représentés à Hérodote comme marchant à reculons. Enfin Thistorien bien plus moderne Ibn-Kha!- Doura rapporte, que le Sahara était jadis parcouru par une multitude de rivières et de cours d'eau. 11 faut bien qu'il en soit ainsi et que, à une époque reculée, le Sahara ait pu nourrir de nombreuses populations vivant de chasse et de pêche, puisque M. Weissgerber et M. Rabourdin ont pu y trouver do véritables ateliers de silex taillés, du même type que ceux (lo la vallée de la Somme ; d'ailleurs il faut bien que de grands rtouves aient coulé là, pour creuser les vallées considérables qui existent aujourd'hui et que suivent encore les caravanes. Les vallées de Tlgharghar, du Tirhehert et du Taffîissasset donnaient passage, dit le voyageur Duveyrier, à des cours d'eau comparables au Rhin, au Don et au Paraguay. Comment s'est accomplie cette transformation ? Par un enseinl)le de causes assez complexes, dont la principale est le «léboisement des plaines et des plateaux pratiqué par les pasteurs nomades ; les pluies sont devenues rares; l'eau man- (juant, la végétation a diminué ; les terres n*étant plus retenues par elle, le vent a opéré son action de brisement moléculaire sur le gypse et sur le carbonate de chaux abondants dans le sol ; il en est résulté une fine poussière de sable, que le vent charrie sous forme de dunes d'abord mobiles, mais qui^ avec lo temps, finissent par se fixer, après s'être orientées suivant U (lirortion di»s vents, (jui régnent le plus habituellement. U est donc {)ermis d*ontn»voir dans un avenir à coup sûr éloigné, ni.iis l'rjlin dans l'avenir, un temps, où la science de l'homme pratiquant des reboisements, i\\i\ fixeront les dunes et amè* neront dos pluies, aura restauré dans son état premier une région, que l'incurie humaine a laissé déchoir.

rilEUIM l*E FEB TU5M1HABIB5. ?U

Actaellement la rèçioa, qai se prM« le pins i l'Ktka de l'homme, ni cette immense Saisie sTneaise. anx lunls aammots Dpigetix, qui sons les noms de Tooit. de Tidikelt, de lloghar et de Ahaggar, $*étend entre le troptqne do Caawr :>t le '2A* parallèle, entre les longitudes 0* et 5*. an snd-oMit )<' Gadhamt^, au sud de Onargla. an sud-«st de TaflJet, à 'ouest de GluU et au nord-est de Tombonctou. Cestlâ la plus rnimli' naillie. <|u'on tronre entre la Méditeiraoée et le golfe il' Iti-nin : sous un climat rafraichi et assaini par l'altitnde retendent des Torèts de tburag et de myrtes, serpentent des rnlifVK arron-es il'eaui courantes et rivent de nombreuses mpulations touaregs : les principaux rameaux touaregs sont ••s H'i^'har, entre le Tnuât el rihitt. les Axkar. dont la ra- >italf ot CtllAt et i\\Ù s'élemienl vers (îaillianiés. les Keloui laus rii:iM< d'Air, ks Ouelimeniiies au ll0^d-(>^t doToml>ouc- «m. Timi |.' Sahara renfeniie d'ailleurs, tant en Touaregs |u'en n<*L'rfs et i-ii Arabes, près de 2 millions d'habitants, les ins iK^ileiilain-s. les autres nomades.

Si le Siiudau vaut la |>eine iju'on traverse le Sahara pour I' rattaditT de moins loin à notre colonie d'Algérie, le Nihara otTre yar lui-même, on le voit, dans plusieurs de ses ■arties un n'fl mtén'-t.

h- ••fifiiiiH 'II' f'fr On est d'arcnnl pour reconnaître que tans le Sahara l'intén'-t est à l'ouest et que l'objectif doit In- le l(aous>ia et Tnmbouctou : quel que soit le ebemin qu'on •rv-tme. il faut passer par le Touàt et contourner au nord et [ l'iiuent le niassir du lloL'har. H y a là. dans toute cette v^'t'in. jusque non loin île la rive fiauche du .Nip>r. 1 milmil d'hiitiitants et plus de 11 millions de dattiers, ilit d. .'<ab:iiii-r. Jusiiiraii L'.'v de latitude, le chemin de fer. dit- I. n'auntit rju'à passer au milieu de villages pacitl'|iu>s, qui i>nt di-<sémiiiéN au milieu d'une for<'>t de dattiers. l.a pn>du<*> ion des dattes y atteint Jusifu'â MHXHH) tonnes par nn. en ■change desquelles on jinurrait importer le sel très reidierché ians la réicion et très abondant dans la province d'i'rao.

L'eau se trouverait partout, on n'aurait d'ailleurs qu'à rfmonter, de l'Algérie au massif du Hoghar, l'ancieuDe vallê^ de righarghar, qui portait jadis les eaux du Hoghar dans !t golfe de Gabès, et qu'à descendre la vallée du Ahaggar. qu; porte au Niger, au sud et à l'ouest, les eaux du Hoghar, en se divisant vers la côte des Canaries, puis enfin qu*à suivn^ la vallée de l'Oued-Tirejert, qui est la continuation de la grande gouttière de l'Oued-Massaoura, jusqu'aux marais i^ Karouff, voisins du Niger.

Malheureusement nous sommes très mal vus dans le ToDât et notamment à Insalah sa capitale; nous y avons contre nous non seulement les Touaregs, les Ouled-Sidi-Gheick. mais aussi les Arabes, qui ont fui notre domination en Algérie, les trop célèbres Chambaa : c'est là que se fomentent les insurrections du Sud oranais. Les Touatiens redoutent en outre de perdre leur indépendance ; ils se méfient de nous et nous détestent. D'ailleurs les commerçants du Touàt. comme ceux de Ghât et ceux de Gadhamès, qui voient en nous (les concurrents, craignent que notre commerce s etondr dans cette région et ne se rendent pas compte, qu'ils auraient encore plus de bénéfice à être nos intermédiaires et à profiter (1(* nos voies commerciales, (|u'à rester dans le statu quo. Clia(|ue année, en eflet, se tient à Ghât une foire célèbre. quelque chose comme notre ancienne foire de Beaucaire, et plus de .'{0 000 chameaux amènent là les marchaudises dttoutes les parties de l'Afrique, indigo, poudre d'or, plumes d'autruche, ivoire, cire, séné, benjoin, gomme, cuirs, peaux do lion, peaux de kelab ou b(i»uf sauvage. 11 serait donc d'une trraiide utilité d'attirer vers l'Algérie ce commerce, que des inihiences diverses ont réussi à amener sur Tripoli,

(^uant à la difficulté d'établir un chemin de fer dans ces rrc:ions, M. le capitaine liordier. qui a passé vingt ansen Ak'érie et au Séné^ral, la regarde comme beaucoup moins ^'rande qu'on le pense. La force militaire devra, dit-il, être uniquement protectrice et non agressive ; mais il faudra

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oonstroire d'abord non la voie, mais des stations fortifiées servant de dépôt de matériel, avant d'exécuter la voie ellemême, qui se formera par tronçons successifs de 20 à 25 kilomètres, d*Alger jusqu'au Niger. Ils seront immédiatement livrés à la circulation et exploités i mesure de leur construction. A chaque station sera un comptoir commercial, (jostiné à nous mettre en rapport avec les populations; rien que le transport de Talfa et surtout du sel donnera une rémunération suffisante. Des détachements militaires resteront dans ces stations-redoutes, qui seront reliées par des fils télégraphiques ; des puits seront forés d'une station i Tautre. Lo personnel dans le projet du capitaine Bordier sera de deux sortes, Tun temporaire pour la confection de la voie, l'autre {permanent ; le premier s<Ta pris dans les condamnés militaires; le personnel permanent ou d'exploitation sera pris clans un corps militaire, dit des guides-saharicnSy recruté dans l^s oom|)a<rnies de discipline, les chasseurs des bataillons d'infanterie lé'rère d'Afrique et, dans une certaine mesure, parmi les con<laninés militaires libérés. C'est là qu'on prendra le j>ersonnel des chefs de {rare, mécaniciens, chauffeurs, aiiruilleurs, télégraphi.sU»s, ouvriers d'art et de métiers de toute <MtéL^)rie. (es guides-sahariens ne coûteraient que l fr. ."><) par jour, prix très inférieur à celui de tout ouvrier.

MM.(.'hahrier et Lcnrhatellier croient de leur côté, que, pour un «'heuïin «le fer économique à voie étroite, les diflirult«'*s physiques seraient moins ronsidérahles (|u'on le craint. M. KalH)nniin pense, que la plupart des tunnels pourraitMit être p#Tr«'»s dans les dunes fixes et que le plus souvent il n'y aurait qu'à poser les rails devant soi.

< H\ a beaucoup parlé de rob>tacle que présenterait le vent, qui détruirait au fur et à mesure ce véritable travail de Pént*|ope entrepris dans le désert; mais M. (io<lard a retiré, au iM)ntraire. de ses étu<Ies la conviction, que le sable, au heu détre un obstacle, pourrait servir d'auxiliaire : le tratv aurait en effet une direction générale du nord au sud, c'est-

à-dire, qu'il serait perpendiculaire à la direction des venti D'après lui c'est le vent qui ferait au contraire la vo:-. Voici comment M. Godard procéderait : le sol serait creior • sur 3 mètres de large et sur 0^,20 ou 0">,30 de profondeur on rejetterait les déblais en banquette sur les côtés. Dans l'intervalle d'un équinoxe à Tautre, on obtiendrait ams'i ul couche de sable de 0'",20 d'épaisseur, qui serait venue s*a:- j cumuler entre les banquettes. Il n'y aurait qu'à poser le^ ' rails sur elle et le sol serait, selon son expression, ballasi' ' par la nature.

Divers tracés ont d'ailleurs été proposés et plusieurs explorations ont eu lieu dans des directions différentes. Tou: le monde semble d'accord pour aboutir à Tombouctou e*. dans la région riche et peuplée, qui s'étend entre le Niger r le lac Tchad ; mais les uns partent de la province de Consiantine et gagnent le Sahara par Biskra, Tuggurth, Ouargb (Largeau-Choisy-Flatters); les autres partent d'Alger et montent dans le Sahara par Hoghar, Laghouat et ElgoleuL (Duponchel-Choisy): d'autres partant d'Oran gagnent dirtctemont lo Touât par Géryville et Elmaia (Pouyanne-I^>utv .

Dans le tracé intermédiaire, celui qui part du déparUiiionl d'Alger, on a. dit M. Rolland, de Laghouat à Elgol<'ah, (luatrc rhaincs de dunes à traverser, soit en tout 5 kilomètres de tunnels ou viaducs; bonne eau au départ et a l'arrivée, mais point de nappes artésiennes intermédiaires.

Dans le tracé le plus oriental, au contraire, entre Biskra et Ouargla, il n'y aurait «lu'à poser la voie. Le chemin dv U'v lrav(T>erait une contrée habitée par une population [»aisildt», laboritMise et sans fanatisme, capable de concourir à sa «onstructioii et à son entretien. Sur tout le trajet s'échelonnent des oasis, (jui donneraient lieu à un trafic de dattes. I/eau artésienne se rencontre partout; elle est malheurt'use» ment salée, de nature à incruster rapidement les locomotives. mais sulFit aux besoins des j>opulations indigènes. L'insalubrité n'exislv «pie dans les oasis et là elle peut être atténuée

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par des améliorations faciles. Ce tracé offre d'ailleors de nombreux avantages commerciaux, qa*on ne rencontrerait {>as entre Lagouath et Ël-Goleah : en réunissant les produits ()u on trouverait entre Biskra et Ouargla et en y ajoutant ceux (les régions avoisinantes, Toued Souf, le Mzab et les Zihans, on aurait comme matière à enlever, une production agricole annuelle que M. Rolland estime i 33000 tonnes de dattes, 3 000 tonnes dorge, 900 de blé, sans compter la luzorno, la garance, la vigne, le tabac, les fruits et les légumes. Il existe à Tuggurth, à peu près à moitié chemin do la ligne de Biskra à Ouargla, un marché suivi, où les lieni-M/ab achètent de la garance, du tabac, des burnous. L(* Mzab fabrique b<'aucou|) de tissus de laine ; on y importe chaque année 300 000 toisons; des Zibans on exporte chaque année, outre les dattes, des tapis qui représentent, dit M. Rolland, environ 3 000 tonnes. La création de puits arlésii-ns augment^Tait encore la richesse de cos contrées. Il s**rail donc utile, même avant que le chemin de fer transhahari«»n sortit tic la i)ériode d'études, d<» pousser jusquVi «Juargla la Wiinv, (jui est déjà classée* jus<ju*:i Biskra. On s'on^ML'frail plus lanl vrrs louest en suivant la vallée de righar^'liar.

I IIP <l('s grosses objections qui ont été faites au chemin de l'tT Iranssaharien, c'est W manque de houille; M. Roche, iiig«Mii«*ur lies mines et membre <le la mission d'exploration transsaharienne, se demand»» « si un jour on n'arrivera pas à pouvoir remplacer Cl» combustible jwir la ciiîileur solaire, non pa-» dinclenieiil, bim »ntendu, mais en passant pr un inli-rme^liaire, iair coniprinif, par exemple? l)ans le Sahara, r«in|»loi d.* cette clialeur st-rail naturelbment d'une applicaiHiii plus fani»' que partout ailleurs. L'appareil Mouchot ijue nous avions, ilit-il, «'m|K>rté pour fain^b** exiN'rii»nces à ci* Huj«*t a, en etlet, très bi«*n marché; il fonctionnait trois fois plu'* rapidement qu'a Fans. »

guanl à la longueur de cette ligne transsaharienne, elle

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serait de 2 000 kilomètres, longueur moindre que la ligne que les Américains ont construite, en quelques années, de New- York à San-Francisco. Les déserts de l'ouest ne le cèden: ' cependant pas en aridité au Sahara africain; il a fallu même traverser des chaînes de montagnes, qui s*élèvent jusqu'à 2 300 mètres, se maintenir pendant plus de 1 800 kilomètre^ à une altitude de plus de 1 600 mètres, traverser des codtrées couvertes de neiges pendant une partie de Tannée: li ' fallut, pour se préserver des avalanches, creuser dans la Nevada des tunnels de 70 kilomètres de long et cependant c'est en 6 ans, que fut faite et livrée à la circulation la ligne j de 3 080 kilomètres, qui relie San-Francisco sur le Pacifique à Omaha sur le Missouri !

La dépense à effectuer pour rétablissement d'un transsaharien est estimée, par M. Duponchel, le promoteur de ceiugrande idée, à 400 millions de francs; mais le Soudan par k tracé le plus occidental se trouverait à 6 jours d'Oran, i 8 jours de Marseille et à 0 jours de Paris!

L'idée du transsaharion n'a pas tardé à séduire nos concurrt'iits : les Italiens veulent partir de Tripoli pour arriver au lac Tchad; les Anglais veulent de leur coté arriver a Toraboiictou. M. Donald Mackenzie a même émis l'idée de profiter (l'une dépression, (jui se trouve dans le Sahara occidental. à 850 kilomètres du cap Blanc, pour faire là une mer intérieure. L'idée a été mise de côté, pour faire place à celle d'un chemin de fer, qui irait du cap Bogador à Tombouctou; mais ce projet pourrait devenir nôtre, car le général Faidherbe a rappelé, que nous sommes maîtres d'Arguin, sur la côle oori<lentale, depuis 1721 et que nous pourrions roccuper. Kritin les Américains eux-mêmes révent de venir à Tombouctou par un chemin de fer, (|ui partirait de la colonie de Libéria, ^nr la rôle de (iuinée. Nous verrons plus loin que si TAU gérie doit être réunie à Tombouctou par les capitaux el TinitiaiiviMle la France, nous pourrons plus facilement encore relier le Soudan à notre colonie du Sénégal.

OBSTRUCTION DBS AlflMAUX HUISIBLBS. 225

§ 5. Mines. — L*exploitatioa des mines est ane des richesses de l'Algérie : on compte 37 concessions minières importantes; les minerais d*Aln-Mokha s exportent jasqn*en Amérique; l'exploitation des mines occupe prés de 4000 ouvriers; la production des minerais de tonte nature atteignit en 1883. 569902 tonnes. L'Algérie a exporté dans la même année, d'après les documents officiels, 5910768 quintaux de minerais de ter (valeur officielle 9457229 fr.), 179058 quintaux de cuivre (1 796580 fr.), 29313 quintaux de plomb (1 319085 fr.)t soit un total de 6 119739 quintaux de minerais valant ensemble 12572894 francs. Le nombre des concessions augmentera certainement rapidement; il augmente tous les jours, a mesure que de nouvelles fouilles découvrent de nouveaux gisements.

H. — Faune : I^estruction^ Élevage et Acclimatation.

Kn mèmet^'mps qu'on modifie le pays par les travaux publics, il importe d en modifier la faune et la flore» Commençons par la faune.

^ 1 . [Jrslruclion fies animaux nuisihies, — Les ravages causés par lc*s fauvi*8, en Al^^érie, ne sont pas comparables i ceux ({uon re<iou te encore dans l'Inde. Il y a cependant lieu «IVn encourairor la de«$truction : c'est co que fait Tadministration, qui accorde une prime de 40 à (H) francs pour le lion et la |»anthère adulte, do 15 francs \\o\\t les jeunes, de 5 francs |H)iir la hyène et de 1 fr. 54) à 2 francs pour le chacal, sauf dans le département «IWlirer où le conseil général a supprimé crttr prime. L(*s primes pyées se sont montées à 5512 francs vi\ issK à 2 751 en 1SM2. Dans ces «leux années il a été tué I lions, tous les quatre dans la province de Constantine, (i lionnes dans la même région, 119 panthères dont M dans la pmvince de Constantine, 3 jeunes panthères, 100 hyènes et 1 IHili chacals.

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Les serpents ne sont pas rares : àceax qui sont bien connus. il faut ajouter le Zorreg^ animal redoutable que le capitaine Bernard signale comme rougeàtre, gros comme un doigt e: | long de 50 à 60 centimètres. Il a la réputation parmi l€« Arabes de bondir assez loin pour piquer sa victime et de I2 blesser même au travers de vêlements épais; le même auteur signale encore un Naja^ le naja Modje on aspic de Cléopâtre. animal redoutable et très redouté des Arabes, qui, près de Sétif où il n*est pas rare, le nomment Thama. Dans fe^ Zibans existe le Céraste^ dont la piqûre tue en une demiheure un chien de 15 kilogrammes et dont une dent à venin, détachée de la tête depuis plusieurs jours, fit périr en moins d'une minute une pie-grièche (D' Guyon).

Non loin de Tuggurth, dans Toasis de Zaouia, deux natorai is tes de Constantine, le D^ Reboud et le D*" Hénon ont signalé récemment Tapparition de te}*mites; près de 40 maisons se seraient déjà écroulées et le village entier sertit menacé d*étre détruit; les indigènes nomment cet aninul Tiniedi. Il y a lieu de prendre des mesures, pour que c« | rongeurs de maisons ne descendent pas en Algérie.

Certains scorpions sont très dangereux : le plus redontablo est le Butfnis supertus ou Acrab des indigènes. Pline le connaissait comme une plaie de cette région et parle d'une peuplade, qui aurait quitté ses foj'ers chassée par lui; on affirme que Tancienne Tuggurth, dont on retrouve anjoor- «rhui les ruines, aurait été abandonnée pour la même cause. ' Ce scorpion existe du reste encore dans le district de Tagfrurth.

Un autre scorpion {BiUhus occitanns)^ fréquent dans les Zil)ans, se rencontre dans les maisons. C*est lui dont parlo Léon TAfricain : « Il naît, dit-il, dans les maisons de Biskra tant de scorpions et si venimeux, que les habitants vont demeurer Tété dans les villages et qu'ils ne reviennent qu'au mois de novembre. » Il ne se passe pas d*années, dit le I)r Guyon, qu'on n*observe dans la région une soixantaine de

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