‹ La colonisation scientifique et les colonies françaisesChapitre 59 sur 122 · BAMBOUS · texte numérisé non relu

BAMBOUS

, de loranger, deToIivier; un grand nombre d'espèces )lent devoir être cultivées non seulement à Alger et sur ttoral mais aussi sur les plateaux, où règne uue tempère douce. Telle était Topinion qu'exprimait M. Ch. ère, riiabile directeur du Jardin d*essai au Hamma ger. Les espèces qui ont semblé jusqu'ici le mieux réussir

les Bambusa niacrocubnis^ B. hookeri^ B. mdgaris. faudrait presqu'un volume pour énumérer et décrire les os multiples du bambou; lorsqu'on en parcourt seule- : la liste, on comprend la vénération, que les Indous et liinois ont pour ce chiendent gigantesque, qui pousse tout et (jui, avec le dattier^ est peut-être le plus utile auxi- ?, que riiomme ait parmi les végétaux. Chiefident n'est une image, car les botanistes reconnaissent, qu'il est dif- ' de trouver la ligne de démarcation entre le Trilictim 'US et le bambou nainou Bambusa variegata. M. Rivière, le ceux qui ont le plus ardemment combattu pour son mutation en Algérie, s'est efforcé de faire partager aux •riens cet enthousiasme ; je ne crois pas qu'il ait encore si, tant il est vrai qu'en fait d'acclimatation celle d'une

(•î>l i)out-être ce qu'il y a de plus difficile !

^s Indiens et les Chinois en mangent les jeunes pousses,

ne nous mangeons les asperges fraîches, frites, conser-

(lans la saumure, en confiture, ou desséchées et conser-

par un procédé bien voisin du procédé Cholet. Des baldo pouss4*8 desséchées sont ainsi expédiés de Chine en «K liourie et en Mongolie ; plus d'une famine a été évitée c» à cette précieuse réserve. De la tige s'extrait un liquide é, avec le<juel on fabrique une liqueur; aux nœuds de lins hamlK)U8, et notamment, d'après Roxburgh, sur le jcnntia hauihusindes, il se forme un dépôt de silice, de IX et (lt> matière organique, qui, sous le nom de labas- \ est fort estimé en Orient. Les feuilles de certains bam- » servent dt» fourrage pour les chevaux. Les tiges pourrit en Algérie, où le Iwis manque, servir pour les tuteurs

et pour fabriquer les échalas de la vigne. En Chine et a Japon que ne fait-on pas avec le bambou? Charpentes, poutres, ponts, échelles, hangars, séchoirs, kiosques, conduite (l'eau, vases, ustensiles divers, tout Yarticle de Paris Aeh ' Chine est fait avec le bambou ; le papier de Chipie est fit \ avec lui; les éventails, parapluies, palissades, pipes, toutesi | en bambou ! Avec la moelle séchée et trempée dans rhaiîr on s*éclaire, on fait des instruments de musique et des harpe» éoliennes. M. Rivière cite un curieux emploi : les Chinois. ce peuple si sottement plaisanté en Europe et dont raveair est peut-être aussi riche, que Test son passé, ce qui est iu singulier privilège, ont des pigeons voyageurs depuis longtemps. Pour éloigner du messager les oiseaux de proie, od attache à ses plumes un léger bambou percé de trous, de telle sorte que Tair s y introduisant énergiquement, grâce à b rapidité de son vol, détermine un son prolongé, dont Tétran* geté écarte les gros oiseaux.

Le bambou présente une croissance d*une rapidité incroyable : le Bainbuaa macroctUmis a poussé à Alger de 0",2T en 24 heures, le B, phyllostachys mitis de 0»,56 dans k même temps; on a mesuré des allongements de 0"',62 en 24 heures. Il absorbe donc énormément d*eau et peut ainsi rendre, dans le dess;\chement des terrains, des services du même genre, que ceux que rend Veucalyptus.

La croissance du bambou a été, en Chine, étrangement mise à profit : « D'après les relations de certains voyageurs* dit M. Garrigues dans une communication faite à la Société d'acclimatation, la peine capitale en Chine consiste à faire empaler les suppliciés en les asseyant sur des turions naissants, dont les tiges traversent rapidement le corps humain; j*ai observé pour ma part, ajoute-t-il, une tige souteminf ayant percé un morceau de bois de chêne sous terre, comme le forait une tarière, quand il paraissait lui être facile de dévier à côté; cela prouve le danger qu'il y aurait i Uê

inter près de constructions légères. »

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Grâce à tous ces usages divers, je ne parle pas du dernier, le bambou est donc une culture excellente, qu'on ne saurait trop répandre en Algérie. € Supposons, dit M. Rivière, 1 hectxiro, 10 000 mètres carrés, entièrement planté de bambous; supposons encore que chaque mètre donne seulement deux titres et qu'au lieu de valoir 5 francs, prix actuel, leur valeur soit réduite à 2 francs pour en rendre Técoulement plus facile ot plus sur ; voici donc un hectare de terrain, qui rapporierii ? On n*ose citer les chiffres! Qu'on suppose maintenant quatre tiges au lieu de deux! Et remarquons qu'il n'est pas rare de rencontrer des touffes, qui en portent douze ! >

Coryn nlba. On a conseillé également d'acclimater en Algérie en s'en servant pour le reboisement, le Shelbarh Ilickory-irce (Corya alba et C. glabra). Son bois est d*uno dureté supérieure à tout autre; c'est avec lui, qu'on fabri<{ue les roues minces et légères des voitures américaines. Son fruit est en outre une noix savoureuse, très recherchée pour la table.

Cnrnaufjo, Enfin le Carnauba (Coperntcta ceri/era), :irhre du Brésil, qui résiste aux sécheresses les plus fortes et lt*s plus prolongées et reste toujours vert, rendrait également !«• réels services. Ses racines ont les mêmes propriétés médirinales que la salsepareille; son tronc fournit une fibre forte •t lé^'ère, qui acquiert le plus beau lustre, des poteaux, des «olives el d'autres matériaux de construction civile de même jue d'excellents pieux pour haies. Le cœur de cet arbre est jn aliment apprécié et très nourrissant. On en extrait aussi lu vin. du vinaigre, une substance saccharine et une grande )uantité de fécule semblable au sagou, dont elle possède le :<)ût et les propriétés et qui, dans les longues sécheresses, a kjuvent .servi d'aliment. Le bois du tronc sert A faire des nhtruments de musique, des tubi's et des pompes. La subsancv tendre et fibreuse des tiges et des feuilles remplace faci- «•nient le liè«;e. La pulpe du fruit est agréable au goût et amande assez oléagineuse et émulsive est employée, torré-

fiée et pulvérisée, en guise de café par quelques personnes de Tintérieur du Brésil. Le tronc fournit encore une espèce dr farine assez semblable à la maïzena et un liquide blanchâtre analogue à celui que contient le fruit connu sous le nom d^ coco de Bahia. La paille sèche sert à faire des nattes, ^ chapeaux, des paniers et des balais et Ion en exporte dêji une assez grande quantité pour l'Europe, où elle est eniplovêe dans la fabrication des chapeaux fins.

Ramie. La ramie, ou ortie de Chine, peut être mise an premier rang des plantes industrielles, qu*il importe d'acclimater en Algérie. On Ta nommée le textile de Vateixir, un avenir brillant lui semble en effet réservé, depuis qoe M. Terwangne (de Lille) a découvert un procédé simple et économique de rouir et de tiller ses tiges en donnant à sa filaments Taspect du plus beau lin de Flandre. M. de Landtsheer, ingénieur à Boufarick, qui cultive la ramie, assure que, cette plante donnant en Algérie 4 coupes par an, oo peut obtenir par an et par hectare 90000 kilos de tigei vertes; il estime à 1 920 francs les bénéfices annuels que peat donner 1 hectare de ramie.

Les tissus fabriqués avec cette plante prennent admirablement la teinture: ce sont des batistes, des espèces d'alpagas et enfin cette jolie étoffe lustrée, que les Anglais nous vendent sous le nom de foulard de Chine. Les tiges les iJn* grossières, celles qui sont un peu plus dures peuvent étw transformées en pâte à papier; les feuilles sont emplovêes comme fourrage. Il y a là un grand avenir pour TAlgérte, qui pourra, dans quelques années, alimenter les filatures et les fabriques de tissus de la métropole. Malgré ces espérances la ramie n*a pas en encore Algérie la place qu'elle mérite.

Phormiuni tenax. On a conseillé d'acclimater en Algérie cette liliacée de la Nouvelle-Zélande, où elle pousse sur les berges de la mer, sur les rochers; les Maoris retirent environ un tonneau de fibres textiles de 4 tonneaux de feuilles verUs.

mt à la solidité de ces fibres, on les classe ainsi par rap-

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tx autres textiles : soie 34, phormium 23, chanvre )e IG, lin d*Ëurope 11. On fait du papier avec le iian icnax; plusieurs journaux sont, dans cette . imprimés sur papier de phormium; la graine peut

17 pour 100 d*huile; la fibre s'emploie également pour irrer les matelas ; on en fait des cordes, des sacs à de la toile à voiles. On mélange parfois la fibre du um avec 75 pour 100 de lin du Riga; on retire enfin ' plante une résine et une gomme.

ri. On pourrait tenter d'acclimater un arbre précieux )uvclle-Zélande, l'arbre kauri (Dammara australis). ne est d*un usage très répandu aux États-Unis pour ication dos vernis; or les forets de kauri, arbre jus- 'xclusivement néo-zélandais, auront bientôt disparu

hache. Il y aurait donc lieu d'acclimater chez nous -e, dont le produit fait l'objet d'un commerce impor- 'est en terre, au pied des arbres, que les indigènes t et ramassent de gros amas de résine, qu'on croyait is fossile; elle est même parfois employée dans la e comme de Tambre; les indigènes s'en servaient aucomme d'un combustible. La Néo-Zélande en expédie rmont I (JOO à 5 000 tonnes à New- York et à Boston, lation (les villes d'Amérique ou de Londres... La tonne iviron 43 livres sterling. On voit qu'il s'agit là d'un •coassez important.

On cherche également à développer en Algérie la cullin. M. Alfred Renouard a montré, quel intérêt il y i produira le lin dans notre colonie, puisque nous en s chaque année à la Russie 80 millions de kilogrammes, ijot a, ilu rt^te, établi, dans les plaines de la Mitidja, lisscmontde teillage; il fournit gratuitement la graine i aux colons, qui s'eng«agent i\ apporter les pailles à : elles Nursont payées comptant 10 centimes le kilog. •J la culture du lin du liif/a ne prenait cependant :4 hi^tares et a^lle du lin d'Italie 2521.

Canne à sucre. M. Hardy s'est beaucoup occupé de IV limatation de la canne en Algérie. Il pensait, qu*elle pooTi être cultivée avec un certain succès dans les plaines p« élevées au-dessus du niveau de la mer, qui avoisinent le littoral et qui peuvent être facilement irriguées. Il se bonur. d'ailleurs à souhaiter une production suffisante pour la cwsommation locale; or le chiffre de l'importation du sucre raffiné a été en Algérie de 11 334 453 kilogrammes en 1881, poii qui représente une somme de 13601343 francs. M. Hardj avait spécialement désigné comme propres à la culture de b canne la Mitidjah, la plaine des Issers, la vallée du Sebaot. le bas Chélif, les plaines de la Mina, de THabra, du Sig « beaucoup d'autres localités moins étendues, mais rénnissaot (les conditions analogues à celles de ces contrées.

Les qualités de cannes, qui lui avaient semblé le mieiii réussir, étaient la verte de l'Inde, la rubanée de Batavia, U violette de Saint-Domingue et la grosse blonde de Taîli. En Algérie la canne entre en pleine végétation en avril rt mai et se ralentit vers la fin de novembre: pendant cett* période chaude elle a reçu environ 4650* de chaleur; pendast le repos d*hiver la saccharification s'opère, le maximum de U saccharification a donc lieu en janvier; c'est donc i cette époque qu'il convient, en Algérie, d'extraire le sucre. Le* espérances do M. Hardy ne se sont pas encore réalisées.

Arbre à suif. On a parfaitement réussi, au Jardin d'acd»niatation d'Alger, à «icclimater l'arbre à suif originaire de Chine, mais sa culture ne s'est pas encore répandue. Userait pourtant de nature a faire baisser le prix des suifs animaux et à fournir à la classe pauvre un éclairage brillant, sain et t bon marché.

Dans l'Inde un arbre de dix ans produit en moyenne annuellement de 1 à 2 kilogrammes de suif; à vingt-cinq ans il en donne de 3 à 1. L'arbre à suif n'est pas délicat ; il pousse vîgoureusement dès la première année de la transplantation et nande aucun arrosage. En outre il est très propre â être

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ité en avenues. Ses feuilles caduques ressemblent à celles peuplier tremble et prennentune teinte rouge foncé en aune. Il a le port d'un cerisier; le suif se retire des grains, >n soumet à Taction de la vapeur pendant un quart d*heure. a réussi dans Tlnde à faire avec lui des bougies. Il donne lumière brillante et sans odeur.

'oton. Plusieurs tentatives ont été faites, notamment aux rons do Bone, pour cultiver le coton; une association X été formée entre Européens et indigènes : les premiers iiont fournir les fonds, faire les frais industriels ; les béx's devaient être de moitié. Cette association était indispen-

0 pour se procurer la main d'œuvre nécessaire à la cul- • et îi l'exploitation du coton. La variété longue-soie bla réussir dans les terrains bas, humides; malheureu. ent les indigènes n*ont pas pris goût i cette culture. En

1 a-t-on essayé dans le cercle de Guelma, dans les oasis îiskra et de Laghouat : en 1855, 1 923 hectares étaient ivés en coton, en 1850 on en recueillait 200000 kilos; tâtisti(}ue agricole de T Algérie n*en indique plus pour î que 98 hectares !

nhar. C'est en 1844, qu'on cherché à introduire en Algérie ulture du tabac. En 1851 il n'y avait encore que planteurs, 444 hectares de culture et 309331 kilonmes de produits. En 1857 le nombre des planteurs it élevé à 3279, la surface cultivée en tabac à 9 hectares et le produit à 3430 149 kilogrammes. En J la culture du tabac a produit 2002 560 kilogrammes; >ulletin de la statistique agricole donne, pour 1881, 9 hectares plantés en tabac, dont 0 437 par les indigènes ne récolte de 4 313598 kilos.

îtjne. Dans toutes les combinaisons agricoles, qu'on avait s au sujet de IWIgérie, il est un facteur qu'on n'avait )n'*vu. c'est le phylloxéra de la France. Un grand nombre iticult^urs du midi de la France, ruinés par le terrible •te, ont été en effet demander a l'Algérie de les relever

et ont apporté avec leurs plants leur expérience de la Tinii- . cation. En 1879 il ny avait en Algérie que 6 945 vitico. teurs possédant 17 737 hectares de vigne et produisant 340 (P> hectolitres de vin. En 1881 le nombre des hectares plante^ était de 29 241, dont 1 904 appartenant aux indigènes et i. récolte a été de 432580 hectolitres. On estime, que le nomb.'v I des hectares en vigne s'élèvera un jour à 150 000 ou 2000i«' et que la récolte sera de 7 à 8 millions d*hectolitres. M. Bo=chardat, qui est à la fois un savant distingué et un viticulteur de premier ordre, recommande aux Algériens le ffrenarhe,\': est le plant le plus répandu. Il engage surtout les viticulteon algériens à améliorer leurs plants chez eux par sélection, mais à se méfier de toute importation, qui pourrait leur ! apporter le phylloxéra. Cette extension de la vigne, surtou; chez les indigènes, n'est pas seulement une excellente chos* au point de vue financier : la culture vigneronne est la culture de la petite propriété, c'est celle qui attache le plus « sol et qui civilise le plus. Nous ne pouvions mieux rêver pocr l'avenir do l'Algérie.

Alfff. Cotte précieuse graminée indigène de l'Algérie (Stij"' tcnacissi/na) ou sparte prend dans le commerce un rôle *> jour en jour plus important; elle existe également en E:?pgiio, où ollo somblo avoir été i>ortée par les Maures; ellecroit ! spontanément sur les hauts plateaux arides de l'Algérie, sur uno étendue do près de 4 millions d'hectares. Elle est donc l)ion difléronto du Lf/f/(ri(m sjKirtum ou aounrah des Arab«. qui croit dans los lioux humides ot sur les sols tourbeux. Le 1 sitortc est employé surtout pour faire du papier; il serî ' rncoro à de nombreux usages : cordes, sacs, brosse.s. S.-s <'x portât ion est ronsidorablo ot va progressant chaque annêt : ' ollo était do 4 0(M) tonnes on 18()9, (»lle est devenue succe>s.- \ vomont do 32 (XM), 15 000, 5.^(M)0, (iOOOO, 808^>5 en ISSl. ' Or la tonno vaut lôO francs à C)ran. De 18lj7 à 1nT> inclus l'Algérie a exporté r)30 000 t'>nnos représentant ui-î» valeur do plus do (>(> millions. Le principal preneur est TAb-

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