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pronTè. qne la boas njeas. Is i
sont ceux, qoi fouruMoii k- x
ronséqaent. coAl«at le momt eàis'. Euoat UBfoaxi'iaû Im
compagDiesdiKitdinuRscnâoaiaaa l^innrverimdKqii'fllis
doimcDt aa Séoég*!. d'afcts > Ir btnm^ir'TmaA.
I9S.67 malade*. 1 1 ^ fiOBTKlisoc9ii&. S^J aoru puB- JW,
lo!j fantassios doosuit 17d naladea, l^f i
7,58 morts.
Il serait bon de oe c envoyer ao 5êoèfal. ^oe dis htmamm du midi de la Fnirae. Les déTelof>pem»t<. dau itaqwiê je sni» eubv an sujet de l'acclimatatioo «a féaénl «1 «ti Alçùrie «n partîealier, jn*' tifieot «affisamiDcnt œne frêcavlitis.
Ed tout cas on M- duit envojer dans les troupes oolontalee que des faomi&et ytriailttaeiii bien couEtitoée et c'wt une erreur de peQv>^ '^u^ c^-us. qui ont l'habîtade des pays palodéen». valeLi mieux Ki <jae W autres; c'est le contraire qui Vit vrai.r^-ia ii>iu[<w-!ie pas. 'qu'avant d'enTorer des bomiDes ilans le haut fleuve, a bakel par exemple, il est bon de leor avilir lai!>>é fa:r^. à Saint-Louis on à Corée, un stage d'aerlniiateiD*-nI.
?! :.'. l'ist'tiMioii 'if» pijttes. Travaus d'atsainistf- ,n-:ni. — Toul le long de la c/ile il serait utile, ainsi que la r.)!)-*!)!.'- le l^' lJéreu;.'er-F»Tand, de faire des barrages, qui <'iti)''-<-ii>-rai(-nt l'eau i^al^ de refluer sur le pays. Si notamiii>-:.: l'eau du lac de Omer pouvait rester tonjonn donce, MT» bijrls pourraient donner asile â one végéution rigoareU!*-.
On dwrait ^(raJi-ment planter de» rideaux d'arbres, qui arrèt'-rait-nl l<- vent malsain des marigots; le savant confrère, qoe j>- v>-ii!' de citer et qui a du Sénégal une expérience tonte particulière, ne d'iuu- [os, qu'on puisse ainsi donner à toot l'i-^pa*-»- compris entre le Sénégal et la Gambie, qui sert auj..urd Imi de transition entre l'aridité de la rite droite do
280 SENEGAL.
Sénégal et la fertilité de la rive gauche de la Gambie, 1l^ végétation presque aussi belle que celle qui se dévelop> | spontanément à partir du cap Vert. Des plantations ont dr . été faites avec succès au jardin de Richard-ToU par M. Ltr : card; il a même formulé quelques principes, qu'il serait bo: ^ de mettre à profit : il conseille de placer à l'est de la planu* tion, sous le premier choc du vent de terre, des arbres ires résistants, palmiers ^ cocotiers, cactus; en seconde lir-^ viendraient des végétaux moins rustiques et ainsi de sil> l de Test à Touest. |
Un grand nombre de nos postes se trouvent dans des conditions déplorables : à Dagana la plaine, qui avoisine it poste, devient, à Tépoque des pluies, un immense marais; ^ on pratiquait des canaux aboutissant au fleuve, on faciliirrait ainsi Técoulement de Teau. Il en est de même à Bakel le village, qui renferme 4 000 noirs, est d'une saleté sordi-ir. à Touest du fort sont de vastes marais, qui demandent paiement des travaux d'assainissement. Chaque Européen, d.: encore le D"^ Bérenger-Féraud, y est malade 11 fois par an et possède 25 chances pour 100 de mourir. Le D'' Collio, ac retour d'une expédition à Bakel, constate, qu'au milieu de village se trouve une dépression, qu'il serait facile de combler et qui, pendant la saison des pluies, devient une mare infect^?: à Bakel encore le fleuve fait invasion dans le village sar trois points, où Ton pourrait aisément l'endiguer. A Médium il suflirait d^une coupure au fond du marigot en cul-de-sac. qui se trouve devant le poste, pour le transformer en un bras du fleuve et établir un courant d eau à la place de mares croopissantes. Le poste de Médine est, dit-il, < une construction désastreuse au point de vue hygiénique ». Enfin i Kavt^. tête de ligne ferréee, qui doit aller au Niger, on a commencr la construction des abris « à deux pas d'un dangereux foyer palustre >. A Bakel, comme à Médine, les abattoirs et les parcs à bœufs sont sous les murs mêmes du poste! Tousce5 travaux d'urgence, que des Européens ne peuvent exécuter
FIÈYRB JAUNE. 281
laas un très grand danger, devraient être faits par des corvées d*hommes, que les nègres accepteraient très volontiers.
§ 3. Sanatorium de Kiia. — Ce qui manque au Sénégal, ce sont des altitudes suflSsantes pour permettre aux Européens d'aller se reposer pendant l'hivernage. Néanmoins le I)r Dupouy a réussi à installer près du fort de Kita, dans le tiaut pays, un petit sanatorium^ qui pourra rendre de grands services. Il est situé i 4 kilomètres du fort, sur un plateau de MO mètres de long sur 320 de large, dont l'altitude est de 350 mètres et le relief au-dessus du poste de 250 mètres. La température y est inférieure de 3 degrés à celle de la vallée ; le sol y est couvert de graminées, de hautes herbes et d'épaisses forêts de lianes, de bambous, sous lesquelles règne une grande fraîcheur et où la promenade peut se faire à lombre; l'air y est d'une pureté remarquable.
§ 4. Mesures contre la fièvre jaune. — La situation de noire colonie fait que son avenir dépend absolument des mesures, qu'on saura prendre contre cette redoutable maladie. C'est en effet l'épidémie de 1830 frappant les Européens d'une manière effrayante, puisque sur 650 elle en atteignit (300 et en tua 328, qui fut cause de l'état de langueur, où elle resta jusqu'en 1858 et dont elle ne s'est pas encore n*levée complètement.
Or la iièvre jaune est endémique à la côte de Sierra- Lt^one. Les Anglais en cachent le plus qu'ils peuvent l'existence ; mais, chaque fois que l'endémie prend quelque intensité et une acuité épidéroique, elle arrive i Corée, d'où elle est dispersée dans le Sénégal. Elle n'existe pas i Tétat endémique uniquement à Sierra-Lcone; elle existe également à la côte d'Or, à la côte des Palmes, des Graines, au golfe de Bénin, mais ell(* y passe inaperçue et y. fait peu de victimes, parce [|uc les Européens y sont peu nombreux ; que nos relations avec ces pays deviennent plus actives et ce sera un aliment nou*
282 SENEGAL.
veau pour la fièvre jaune, dont les noirs sont impropres i déceler la présence, puisque, mauvais réactifs de cette maladie, ils jouissent pour elle d*une immunité presque absolae C*est donc toujours de ces régions que la fièvre jaune vient . ; Gorée; elle est toujours importée au Sénégal. On a prétenda. qu'elle pouvait naître à Bakel, mais c'est là une erreur ; Têp:demie de 1878 a semblé en effet naître à Bakel et c*est ù Bakel qu'elle est réellement venue à Saint-Louis ; mais voi:. comment les faits se sont passés : la maladie régnait à Gorêr : \ un médecin, le D' Massola, part seul de Gorée, travers^ 1 Saint-Louis, où il s'arrête à peine et, sans défaire ses maLia arrive à Bakel, où il était envoyé; à Bakel on défait ses | malles, qui n'avaient pas été ouvertes depuis Gorée. L'ordonnance, qui avait déplié ses habits, meurt en 4 jours de 1& fièvre jaune ; le D^ Massola lui-même succombe. Le germe de la maladie avait été transporté en caisse, comme cela $*€&: vu à Saint-Nazaire et dans plusieurs autres épidémies. Le malheur voulut, qu'une expédition sur Saboucéré amenât ec ce moment, dans ces parages, une petite colonne de troupes. La colonne forte de 28 ofiiciers, 350 militaires européens e; 250 indigènes arriva à Bakel. Le commandant du poste déclara que « presque tous les hommes de la garnison avaient succombé en peu de temps, mais qu'il ne croyait point à une maladie contagieuse. » D'après ces renseignements le colonel décida, que l'on pourrait communiquer et descendre à terre. Le 18 les bateaux appareillèrent; le 20 on était à Médine, d où la colonne partit dans la nuit du 21 ; elle arriva le 22 devant Saboucéré, qui fut enlevée d'assaut après une vive canonnado; mais nous avions, outre 14 morts, 53 blessés, qui moururent ultérieurement de fièvre jaune. Le retour à Médine fut pénible; plus de 20 hommes tombèrent en route. Le 27 on s'embarquait pour regagner Saint-Louis. A peine en rouW le nombre des malades devint considérable et les décès se multiplièrent; cependant les sj^mptâmes étaient si peu caractéristiques, que le diagnostic de fièvre jaune ne fut port**
FIÈVRB JAUNE. 283
iu*à Dagana. La flottille fut alors arrêtée ei partagée en leux ; une moitié débarqaa à Dagana et Tantre se rendit A rtichard-Toll. La proportion des décès, par rapport aux atointes, fut de moitié à Dagana et du quart à Richard-Toll ; )lus de la moitié des Européens de la colonne mourut; des ÎS officiers 16 périrent; à Médine, que la colonne avait nfectée, de tous les Européens un seul survécut! La fièvre aune ainsi venue de Bakel à Saint-Loms poursuivit ses *avages.
Voilà un désastre, qu'il eût été bien facile d'éviter. On tombera dans la Qième erreur, tant qu*on n*aura pas pris une nesure générale et permanente. Nous sommes en effet, omme le fait avec raison remarquer le D' Bérenger Féraud, tar rapport à la côte de Sierra-Leone dans les mêmes conlitions que la Louisiane ou le Texas par rapport i cet autre Dver endémique de la fièvre jaune, le golfe du Mexique. Il m|>orte donc d'organiser sur la côte un lazaret sérieux ; ce azaret est d'autant plus urgent à Dakar-Gorée, que c'est là uo semble devoir s'implanter dans l'avenir la tète de la olonie. M. liérenger-Féraud voudrait que le lazaret remlit un double but: préserver la Sénégambie de la fièvre lune apport^V) par les navires et préserver les navires, qui iennent du Cap et s'arrêtent à Dakar, de la fièvre jaune qui ourrait ré^^ner en Sénégambie, c'est-à-dire éviter la quaantaine, que l'Europe serait sans cela autorisée à imposer ux navires venant de Dakar en temps d'épidémie. Pour que 0 lazaret fonctionnât utilement, il importerait d'être exacte* lent renseigné et pour cela il faudrait que nous eussions onstamment un médecin sanitaire en observation en Gambie t à Sierra-IxK)ne.
A ceux, qui craindraient que l'organisation de ce lazaret uisit aux intérêts commerciaux, il suffit de faire lire la dédaation faite par les Américains au sujet du lazaret de New- 'ork.
€ 1>^ soussignés, y est-il dit, affirment, qu'il est univer-
284 SÉNEOAL. i
sellement reconnu aujourd'hui, que Tapplication des r^ ments sanitaires et rétablissement d*une quarantaine ont éw une source de profits incalculables pour New-York, en éloignant la maladie de cette importante cité commerciale, li^ ont, en outre, de puissants motifs de croire, que cette ville a quelquefois payé très chèrement soit les imperfections, qo: existaient primitivement dans notre code sanitaire, soit h négligence, que Ton apportait dans son application. Depuis que notre code convenablement modifié est strictement mis en vigueur, nous avons toujours eu le bonheur d*étre exempts de 1 épidémie et la fièvre jaune, qui ne nous a pas visités depuis vingt ans, n*est aujourd'hui connue que de nom de notre jeunesse médicale. Nous pouvons ajouter que, presque tous les ans il arrive des cas de fièvre jaune dans notre Unret de Staten-Island ; ils sont soumis à la discipline médicsk par les officiers-médecins de cet établissement et, grâce soi dispositions de notre code sanitaire, ils n*en franchissent jamais Tenceinte, bien que la maladie se soit quelquefois propagée aux individus qui donnaient des soins aux malades. » M. Colin, qui cite ce document, ajoute : < Depuis que ceci a été écrit, trente années de plus se sont écoulées et les mêmes médecins de New- York ne pourraient que répéter les mêmes choses. >
II. Croisements. — Cette question des croisements est très importante : ne pouvant s'acclimater eux-mêmes, le» Européens ne peuvent compter, en sus des quelques créoles privilégiés dont le nombre grossit lentement, que sur les métis qu'ils peuvent avoir avec les diverses races. Or, jusqu'à présent, on ne s est occupé que des métis des négresses le plus souvent Yoloves avec les Européens, sans se préoccuper de savoir si ces Européens étaient des Anglais ou des Français du nord. Il est probable cependant, que Tunion de TEuropéen avec une femme Mandingue, Soninké, avec une femme Foulah surtout serait plus féconde qu'avec une femme appar-
CR0I8BMBNTS. 285
lant à la tribu des Bogos ou même avec une Yolove. D'un tre côté Tunion avec une indigène du Sénégal sera sans ute plus féconde, si le père est Espagnol ou Français du idi, que si le père est Anglais ou Français du nord. Tant le les documents ne tiendront pas compte de tous ces faoars importants, il ne faudra faire cas qu'avec mesure des nsoignements, que nous possédons sur la population des mutrès au Sénégal. Dans Tétat actuel de la science ces renseiements ne sont pas favorables : d'après le D' Carbonnel, à int-Louis, le nombre des métis ne dépasse pas 1000; ils mptent par an 32,6 naissances et 32,8 décès; ils ont 2 enfants par mariage, environ 44 enfants pour 100 adultes présentent une prédominance des filles (112) sur les garçons 00). Cela n*est pas le taux d'une population très vivace : la édoroinance des filles, qui est, on le sait, un signe de faiblesse LUS une race, doit même être ancienne, car, alors qu'il existe 1 mot pour désigner la mulâtresse (Signarré)^ le masculin
ce mot n*existe pas. Il est d'ailleurs étonnant, que, dans un .ys où les Européens sont depuis 1364, le nombre des métis it si pou considérable : d'après le D' Bérenger-Féraud les ignarr^cs sont infécondes au bout de trois ou quatre génétions.
C'('i»t là un phénomène regrettable : les mulâtres du Sénéil présontent en efiet des immunités morbides intermédiaires ire celles des créoles et celles des noirs. Ils ont rarement
fièvre jaune; leur immunité pour la fièvre palustre est oindre que chez le noir, mais leur aptitude pour cette malae est moindre que chez le blanc. Comme les créoles ils ont pas U fièvre bilieuse hématurique; il est vrai, qu'ils *nnont du noir la tendance à la phtisie, â l'éléphant iasis et la lèpro; le H^ Chassaniol a même vu, chez un mulâtre, I ra5 de maladie du sommeil.
Au surplus, d*après le D' Borius, cette infériorité numé- L|ue des mulâtres, toutes choses égales d'ailleurs relativeent à l'origine du père et de la mère, ne serait pas sans
286 8ÉMBOAL.
remède, en ce sens que les institutions et les mœurs prêt* (Iraient leur part dans les causes du phénomène.
Il existait autrefois, au Sénégal, une coutume matrimoniale, qui n*était pas notre mariage civil, mais qui était plus que le concubinage : c*était une sorte de mariage temporaire. dont on ne se cachait pas et qui conférait aux enfants des droits d'héritage ; c'était ce qu'on nommait les mariages à b mode de Saint-Louis. Ces mariages sont sans doute inférieurs au mariage tel que notre code civil le reconiiait, nuis comme ce dernier mariage se contracte peu fréquemment entn le blanc et la négresse au Sénégal, et qu'il est remplacé pir un concubinage inavoué, non tutélaire pour les enfants, il s'ensuit, en somme, que la formation d'une race métisse perd de ses chances, car, dit le D^ Borius, la négresse était jadis aère d'avoir un enfant mulâtre, elle relevait; aajourd'hii Tinfanticide devient de plus en plus fréquent. Deux n^n^-esses se disputaient un jour : « Tu as eu commerce avec les blancs, disait Tune, tu as des mulâtres. — Et toi, répond Tautre, t« n'oserais pas dire pourquoi tu n'en as pas ! »
En dehors de l'élément indigène du Sénégal plusieurs pourraient utilement concourir à la formation de métis doute vivaces, ce sont les Indous et les Chinois.
III. Politique ethnique. — Si, même en Europe, la politique doit compter avec l'origine ethnique des groupes humains, témoins les Slaves et si l'expérience montre, combien il est difficile de réunir artificiellement en un seul faisceau les races parfois les plus opposées, l'obligation, pour la politique, de rester ethnique, c'est-à-dire de distinguer dans les noes d*un pays le génie de chacune d'elles, le secours qu*on eo peut attendre et les craintes qu'elle peut inspirer, s'impose à fortiori dans un pays, où, comme au Sénégal, des races nombreuses, à aptitudes très diverses se heurtent depuis des siècles sans être parvenues encore à la fusion réelle. Loin de moi la pensée d'approuver cette maxime machiavélique : />j-
POLITIQUE BTHNIQUB. 287
imperes; mais les divisions existent. Puisque nous |ue la réunion est impossible à obtenir, faisons un ntre certaines races et certaines autres, prenons posi- 1 côté plutôt que de Tautre. Il existe au Sénégal trois i d*importance inégale et de tendanoes différentes : les mes représentés surtout par les Yolofib; les Bambarlinkés et Malinkés forment le second groupe; les nvahisseurs musulmans, forment le troisième. Domireraiers, se faire Tami des seconds, contenir les trolls est la politique inaugurée par le vaillant et savant Faidherbe.
$65 le Cayor, pays par excellence des Yoloffs, a été i notre colonie; en 1871 nous rendîmes ce pays, sauf ^ue de Saint-Louis, celle de Dakar et la province de ; mais le damel s'engageait à laisser poser un fil liquo, dans ses Etats, de Dakar à Saint-Louis; en js eûmes le bon esprit d*aider les YolojQTs à repousser lor Ahmadou, fils du célèbre Omar-El-Hadji; en ssance le damel Yoloff* nous autorisa à construire in de fer dans le Cayor. Sur son refus de tenir ses ents nous le déposons et lui faisons donner un succès-
rassemblée des Diambours; le 16 janvier 1883 le X tout entier soumis i notre protectorat; une de ses 1 est annexée, le chemin de fer est définitivement
enfin rompant avec la tradition et bravant la enace, qui prédisait la mort à tout damel qui verrait *e qui signifiait que les Yolofis devaient résister aux Mnents continentaux en avançant toujours vers Test e r(H:uler, le damel vint à Saint-Louis; mais ce damel,
avons fait nommer, n*est pas populaire; le général e, qui n*a cessé de se préoccuper du Sénégal, croit lit sage de laisser rassemblée des Diambours lui un suca?sseur, qui deviendrait notre ami. Au sur- >c le chemin de fer, la soumission du Cayor est K)ur longtemps.
remède, en ce sens que les institutions et les mœurs près- (iraient leur part dans les causes du phénomène.
Il existait autrefois, au Sénégal, une coutume matrimoniale, qui n'était pas notre mariage civil, mais qui était plus que le concubinage : c'était une sorte de mariage temporaire, dont on ne se cachait pas et qui conférait aux enfants des droits d'héritage ; c'était ce qu'on nommait les mariages à la mode de Saiyit-Louis. Ces mariages sont sans doute inférieurs au mariage tel que notre code civil le reconnaît, mais comme ce dernier mariage se contracte peu fréquemment entre le blanc et la négresse au Sénégal, et qu*il est remplacé par un concubinage inavoué, non tutélaire pour les enfants, il s'ensuit, en somme, que la formation d'une race métisse perd de ses chances, car, dit le D^ Borius, la négresse était jadis ôère d'avoir un enfant mulâtre, elle relevait; aujourd'hui l'infanticide devient de plus en plus fréquent. Deux n^resses se disputaient un jour : « Tu as eu commerce avec les blancs. disait Tune, tu as des mulâtros. — Et toi, répond l'autre, U n'oserais pas dire pourquoi tu n'en as pas ! »
En dehors de l'élément indigène du Sénégal plusieurs races pourraient utilement concourir à la formation de métis sans doute vivaces, ce sont les Indous et les Chinois.
III. Politique ethnique. — Si, même en Europe, la politique doit compter avec l'origine ethnique des groupes humains, témoins les Slaves et si l'expérience montre, combien il est difficile do réunir artificiellement en un seul faisceau les races parfois les plus opposées, l'obligation, pour la politique, do rester ethnique, c'est-à-dire de distinguer dans les races d'un pays le génie de chacune d'elles, le secours qu*on en peut attendre et les craintes qu'elle peut inspirer, s'impose à fortiori dans un pays, où, comme au Sénégal, des races nombreuses, à aptitudes très diverses se heurtent depuis des sit^cles sans être parvenues encore à la fusion réelle. Loin de moi la pensée d'approuver cette maxime machiavélique : Di-
r"I.ITI(,»ri: KTHNIgl K. 2S1
ni le ut imjtrrrs ; mais les divisious existent. Puisque nous savons que la réunion est impossible à obtenir, faisons un départ entre certaines races et certaines autres, prenons posi* tion d*an cAté plutôt qae de l'autre. Il existe au Sénégal trois éléments d'importance inégale et de tendanoes différentes : les autochtones représentés surtout par les Yoloffs; les Bambarras, Soninkés et Malinkés forment le second groupe; les Peuls, envahisseurs musulmans, forment le troisième. Dominer les premiers, se faire Tami des seconds, contenir les troisièmes, c*est la politique inaugurée par le vaillant et savant général Faidherbe.
En 1805 le Cayor, pays par excellence des Yoloffs, a été annexé à notre colonie; en 1871 nous rendîmes ce pays, sauf la banlieue de Saint-Louis, celle de Dakar et la province de Diander; mais le damel s'engageait à laisser poser un fil télégraphique, dans ses États, de Dakar à Saint-Louis; en 1870 nous eûmes le bon esprit d*aider les Yoloffs à repousser lo Tokolor Ahmadou, fils du célèbre Omar-El-Hadji; en reconnaissance le damel Yoloff nous autorisa i construire un chemin de fer dans le Cayor. Sur son refus de tenir ses engagements nous le déposons et lui faisons donner un successeur par rassemblée des Diambours; le 16 janvier 1883 le Cayor est tout entier soumis à notre protectorat ; une de ses provinces est annexée, le chemin de fer est définitivement acompte; enfin rompant avec la tradition et bravant la vieille menace, qui prédisait la mort à tout damel qui verrait la mer, ce qui signifiait que les Yoloffs devaient résister aux «envahissements continentaux en avançant toujours vers Test au lieu de reculer, le damel vint à Saint-Louis; mais ce damel, que nous avons fait nommer, n*est pas populaire; le général Faidherbe, qui n*a cessé de se préoccuper du Sénégal, croit qu*il serait ^ge de laisser rassemblée des Diambours lui désigner un successeur, qui deviendrait notre ami. Au surplus, avec le chemin de fer, la soumission du Cayor est assurée pour longtemps.
Les Bambarras et les Malinkés détestent particulièrement les Tokolors ; il faut les aider et poursuivre avec eux l'abaissement de Tempire d'Âhmadou. Les Bambarras guerriers, bien armes peuvent nous être très utiles ; s*ils ont attaque plusieurs fois les .voyageurs européens, c'est qu'ils les soupçonnaient de porter des cadeaux à Âhmadou et aussi
pour les voler. D'après tous ceux qui les connaissent, l'avenir du haut Niger appartient aux Bambarras. C'est avec eux et à travers leur pays, dit le D*" Bayol, que la France doit aller au Soudan, car nous n'avons rien à attendre des Tokolors de Ségou, auxquels la religion musulmane a enseigné le fanatisme et la haine des Européens ; lempire d'Âhmadou décline du reste de jour en jour. Les Sarracolets ou Soninkés. grands négociants de la Sénégambie, sont les intermédiaires entre notre colonie et le Soudan; ils viennent s'aboucher avec nos comptoirs à Médine, maintenant à Kita ; leurs caravanes de 50-60 individus conduisant « leurs bourriquots > emportent de chez nous sel, verroteries, poudre, fusils à silex, pierres à feu, clous de girofle, les guinées ces tissus grossiers de coton teints en bleu, qui sont fabriqués à Rouen, on Belgique et dans Tlnde, le calicot blanc, l'ambre, le corail. des cornalines, etc.
Quant aux Foulahs et Tokolors, il faut s'opposer au réveil de Tislamisme provoqué par eux dans le Soudan occidental, comme par les amis du Mahdi dans le Soudan égyptien.
Comme objectif général, dit le général Faidherbe, il faut empêcher le haut Niger de tomber en d'autres mains que les nôtres, diriger dans ces contrées une mission pcLcifique^ se mettre en relation avec Sansandig et les marchés situés en aval de Ségou (Sansandig, qui a longtemps su résister aux Torodos, est la ville la plus commerçante du Ségou et une dos plus riches du Soudan), s'efforcer, par les marchands sarracolets dos environs de Bakel, de faire venir à Saini-Loois les notables de Sansandig enchantés de nous servir contre Ahmadou et, à l'aide de ceux-ci, envoyer des missions paci-
LB HAUT NIOBR. 289
fiquet de Sansandig, à Djennè, à Tenenkoii et à Tombouctoii, partout protéger les Mandingaes et rendre Moargoula indépendant des Tokolors. Tel est le programme véritablement scientifique et basé sur Tethnologie, dont le général Faidherbe s*est fait le promoteur. € Le vieux monde africain, dit-il, r^énéré par la demi-civilisation musulmane, galvanisé par le fanatisme, pressent que c*est par la brèche de la vallée du Sénégal, que la race européenne avec son cortège d'idées et d'institutions pénétrera jusqu'au cœur de ce continent et par un instinct de conservation elle cherche à se défendre de cette invasion. » Ce sera en vain.
IV. Lb haut Niger. Le Fouta-Djalon. Chemins de fer DU Sénégal. — Un quadrilatère compris entre le Baffing, le Falèroé affluents du Sénégal à l'ouest, le haut Djoliba ou Niger à lest, le FoutvDjalon au sud, la rive droite du Bakhoy au nord, voilà le pays où doit aboutir notre politique avec l^mako comme objectif et la vallée du Bakhoy comme chemin. Le Fouta-Djalon au sud, le Ségou au nord sont les deux centres de domination foulah et tokolor, qu'il s'agit d'empêcher de se réunir, d'éloigner même et d'amoindrir séparément. Nous devons en outre empêcher le chef du Fouta-Djalon, qui réside à Timbo, de s'étendre sur le liio- Nnnez. 11 est d'autant plus utile que nous occupions quelque jour le Fouta-Djalon, que ce massif montagneux, beaucoup plus sain que les pays environnants, commande aux grands tleuves de l'Afrique occidentale le Niger, le Sénégal, le Falèmé, la Gambie, la Cazamance, le Kio-Grande, le Rio- Nunez. Les Anglais ne tarderaient pas à nous supplanter, si nous perdions l'influence déjà très grande que nous y avo Nos possessions du Rio-Nunez n'ont pas d'ailleurs d tre raison d'être, que de servir d'avant-poste au Fouta-I Jon. Il va quelques années, M. Olivier de Sandervai avait ob i de l'Almanv de Timbo la concession d'un chemin de alL de la cùte à Timbo. C'est par ces pays situés <
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Les Bambarras et les Malinkés détestent particoliènaK les Tokolors ; il faut les aider et poursuivre avec eux Taloisèment de Tempire d'Âhmadou. Les Bambarras guerhen bien armés peuvent nous être très utiles ; s'ils ont atUq% plusieurs fois les voyageurs européens, c'est qu'ils les soup*
Tonnaient de porter des cadeaux à Ahmadou et u&k
pour les voler. D'après tous ceux qui les connaissent, TaTefii: du haut Niger appartient aux Bambarras. C'est avec eux ei li travers leur pays, dit le D^ Bayol, que la France doit iLtf au Soudan, car nous n'avons rien à attendre des Tokoionie Ségou, auxquels la religion musulmane a enseigné le fiiutisme et la haine des Européens; l'empire d'Abmadou déc!i> du reste de jour en jour. Les Sarracolets ou Soninkrt. grands négociants de la Sénégambie, sont les intermédiaires entre notre colonie et le Soudan; ils viennent s'aboachff avec nos comptoirs à Médine, maintenant à Kita; leurs caravanes de 50-60 individus conduisant € leurs bourriquots » emportent de chez nous sel, verroteries, poudre, fusils i silex, pierres à feu, clous de girofle, les guinées ces tissas grossiers de coton teints en bleu, qui sont fabriqués à Rouen. en Belgique et dans Tlnde, le calicot blanc, l'ambre, le coraiL des cornalines, etc.
Quant aux Foulahs et Tokolors, il faut s'opposer au reTeil | de rislamisme provoqué par eux dans le Soudan occideni&l. comme par les amis du Mahdi dans le Soudan égyptien.
Comme objectif général, dit le général Faidherbe, il fad empêcher le haut Niger de tomber en d'autres mains que les nôtres, diriger dans ces contrées une mission pacifique^ « mettre en relation avec Sansandig et les marchés situés en aval de Ségou (Sansandig, qui a longtemps su résister aux Torodos, est la ville la plus commerçante du Ségou et une des plus riches du Soudan), s'efforcer, par les marchands sarracolets des environs de Bakel, de faire venir à Saint^LouL< les notables de Sansandig enchantés de nous servir contre Ahmadou et, à laide de ceux-ci, envoyer des missions paci-
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ti'jiifS i\r Saiisandii:, à Djeiinr, à Tononkou et à Toinbouctou, p.'irluui |»roié;^rr los MandiiiLruos et rendre Moiirgoula indépendant des Tokolors. Tel est le programme véritablement •denUfique et basé sur l*ethnoIogie, dont le général Faidherbe s*68t fait le promoteur. € Le vieux monde africain, dit-il, régénéré par la demi-civilisation musulmane, galvanisé par la fanatisme, pressent que c*est par la brèche de la vallée du S&iégal, que la race européenne avec son cortège d*idées et d*in8titutions pénétrera jusqu'au cœur de ce continent et par an instinct de conservation elle cherche à se défendre de cette invasion. » Ce sera en vain.
IV. Lb haut Niger. Le Fouta-Djalon. Chemins de fer DU SÉNÉGAL. — Un quadrilatère compris entre le Baffing, le Faièmé affluents du Sénégal à Touest. le haut Djoliba ou Niger à Test, le Fouta-Djalon au sud, la rive droite du Bakhoy au nord, voilà le pays où doit aboutir notre politique avec Bamako comme objectif et la vallée du Bakhoj comme chemin. Le Fouta-Djalon au sud, le Ségou au nord sont les deux centres de domination foulah et tokolor, qu'il s'agit d*empécher de se réunir, d'éloigner même et d'amoindrir séparément. Nous devons en outre empêcher le chef du FouUi-Djaloo, qui réside à Timbo, de s'étendre sur le Rio- Nunez. Il est d'autant plus utile que nous occupions quelque jour le Fouta-Djalon, que ce massif montagneux, beaucoup plus sain que les pays environnants, commande aux grands fleuves de l'Afrique occidentale le Niger, le Sénégal, le Faièmé, la Gambie, la Cazamance, le Rio-Grande, le Rio- Nunez. Les Anglais ne tarderaient pas à nous supplanter, si nous perdions l'influence déjà très grande que nous y avons. Nos possessions du Rio-Nunez nont pas d'ailleurs d'autre raison d*étre, que de servir d'avant-poste au Fouta-Djalon. Il va quelques années, M. Olivier de Sanderval avait obtenu de r Almany de Timbo la concession d'un chemin de fer allant de la c6te i Timbo. C'est par ces pays situés entre le haut
Sénégal et le haut Niger, que nous atteindrons le Soudan plus sûrement encore que par TÂlgérie. Le Sénégal cesse d'être navigable à Médine ; le Niger commence A Tétre a Bamako : voilà les deux points qu'il faut réunir par nu chemin de fer. Nous irons alors facilement à Tomboucton par It- Niger et, le jour où l'Algérie sera de son côté reliée à Tombouctou par le transsaharien, la route française de Saint- Louis du Sénégal à Alger sera la grande voie commerciale. Mais, en attendant cette époque, le chemin de fer du Séoégal aurait à lui seul l'avantage de faire refluer sur notre colonie du Sénégal une bonne partie du commerce du Soudan et. ainsi que le pense le général Faidherbe, les populations du Sahara sauraient bien alors forcer leurs chefs, qui trouvent aujourd'hui leur indépendance dans le désert, à descendre dans les riches pays que nous aurons ouverts sur la route du commerce.
Tel est le but qu'ont poursuivi les divers voyageurs. Mage. Quintin, Gallieni, cherchant de l'ouest à l'est à donner la main aux explorateurs du Sahara, qui s'avançaient vers le Soudan du nord au sud.
A l'heure qu'il, en dépit des lenteurs, le chemin de fer de Kaye à Bafoulabé se prolonge ; il ira quelque jour jusqu'à Bamako ; une vingtaine de kilomètres sont faits, cinq fort* sont terminés, une route relie Bafoulabé à Bamako et le colonel Dpsbordes a fait flotter notre drapeau sur cette place. Au surplus, comme l'a dit avec raison l'amiral Jauréguiberry, < tous les gouverneurs du Sénégal sont actuellement favorables à l'idée d'un chemin de fer. Abandonner cette idée ce serait perdre notre influence sur l'esprit des indigènes et il faut toujours nous rappeler, que, si nos colonies n'ont pas prospéré, c'est que nous avons manqué de l'esprit de suite intlisponsable. > Le chemin de fer tant critiqué aurait en (Kilre l'avantage de nous éviter d'entretenir des troupes blanches dans les postas : avec l'assurance d'un transport rapide il sufhrait de les tenir à Dakar ou Saint-Louis, deux points
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d^aOlenrs réunis par un chemin de fer dont les tronçons sont commencés.
An surplus voici comment s'est exprimé le général Faidherbe: < Il ne semble pas possible, que le Parlement persiste à refuser les fonds nécessaires pour terminer la ligne commencée jusqu'à Bafoulabé et que le gouvernement renonce à son projet. Ce serait mériter les reproches d'inconstance, de légèreté, d'incapacité à coloniser, qu'on a l'habitude de nous adresser. Comme cela entraînerait l'abandon de nos postes au-dessus de Médine, les conséquences politiques d'une pareille reculade pourraient être désastreuses pour notre domination au Sénégal et mettraient à néant notre prestige dans toutes nos possessions africaines. Enfin cela serait justifier les paroles du voyageur autrichien Lenz, qui, après son retour par le Sénégal de son voyage à Tombouctou, a t'*crit et dit dans ses diverses conférences en Europe et à moimême: € L*idée de la construction d*une voie ferrée du Séné- < gai au Niger est grandiose, les résultats en seraient magni- « flques, mais il y a des difficultés à vaincre et les Français « ont-ils assez de persévérance et d esprit de suite pour mener « à bonne fin une pareille entreprise i »
V. Tombouctou. Commerce. Traite des noirs. — Par Iv Sénégal et le Niger reliés au moyen d'un chemin de fer, comme par le Sahara, Tombouctou reste l'objectif. Cette ville e>t bien déchue de sa ^nimleur, dit M. Oscar Lenz, qui y est v«»nu par le Maroc en 1879. Klleest située à une |K»tite journée lit' niarciuf au nonl du Djoliba (Niper), mais, dans l'intérieur même de la ville, se trouvent de petits étanj^ ou dhàya^ •lui communiquent avec le fleuve pendant la saison des pluies. I)e vieilles murailles témoignent do Timmense étendue qu'elle avait autrefois; aujourd'hui les maisons basses, blanches, aux ouvertures rares, étroites et garnies d'élégantes grilles ^11 bois sont groupées autour de trois mosquées aux gra- '^leux minarets, où sont conserveras des collections de ma-
nuscrits, qn'il serait bien intéressant d'étudier. Le D^ Lenz estime à 20 000 le nombre dés habitants Arabes, Toaar^. nègres divers. Au moment du passage des caravanes la population flottante est au moins égale. Malgré sa déchéance c'est encore la grande voie, où nous pourrions faire un commerce lucratif de Tor, qui se trouve dans le haut Niger, où les mines sont grossièrement exploitées par les indigènes et dans les alluvionsdu Falèmé qui en contiennent de 10 à 20 gr. par mètre cube, tandis que celles de la Californie n*en contiennent que 4 ; du fer qu*on trouve dans le haut Sénégal ; de Targent; des bestiaux, bœufs, chèvres et moutons, qui sont nombreux et prospèrent à merveille au pays de Bamako; des chevaux que les indigènes élèvent ici comme dans le Kaarta, d'autant plus que les chevaux algériens se portent mal au Niger; de Tivoire; des plumes d'autruche; des peaux: de la noix de Kola fruit du Stercidia; de la gomme dont le? Maures font un commerce important et dont le Sénégal exportait en 1872 plus de 3 millions de kilos; des arachides dont le Cayor fournit à lui seul plus de 30 millions de kilogrammes par an et qui jouent maintenant un grand rôle dans Tindustrie : Ruflisque en expédie chaque année 21 millions de kilogrammes; du riz; du miel; du fruit précieux de l'arbre à bourre (Bassta pnrkii). Par son port cet arbre ressemble à un beau pommier, mais son feuillage rappelle celui du cerisier; sa tige donne un bois rose, très dur et très lourd. qui pourrait être employé dans l'ébénisterie et sert, à Ségou, pour les charpentes et les travaux qui demandent une grande solidité; son fruit, qui a quelque analogie avec l'olive, est, sans contredit, l'une des plus précieuses ressources du priys; sa pulpe tendre et délicieuse en fait le meilleur fniil du Soudan, digne do rivaliser avec beaucoup de ceux d'Europe; son amande, qui contient une sorte de stéarine, sert ix la fabrication d'un beurre très blanc et très ferme, qui, outre ravantage de se garder longtemps sans rancir, a encore celui de pouvoir se transporter sans se fendre. Il est employé aux
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mêmes usages culinaires que le beurre du lait de vaches, mais il a une odeur et un goût, auxquels il faut être habitué. On s'en sert aussi beaucoup pour Téclairage et pour la fabrication d'un savon gris très estimé. S'ils étaient assurés d'avoir un débouché, les Barobarras et les Malinkés, qui sont bons cultivateurs, s'adonneraient immédiatement à l'arachide et à l'arbre à beurre. Nous apporterions le sel, les cotonnades, le corail, le sucre, le thé, le tabac, la farine, le girofle. Lienz regardait le commerce du Soudan à Tombouctou comme représentant un transit de 50000 chameaux, soit, à 150 kilos par chameau, 7 500 000 kilos.
La France, qui se préoccupe avec raison d'empêcher sérieusement le commerce des esclaves, trouvera entre le Sénégal et le Niger une excellente occasion, car le commerce des noirs se fait là au moins autant qu'à la côte orientale. A Yamina, sur le Djoliba, le D' Quintin a vu au marché, qui se tient chaque mercredi sur la place, de grands hangars, où à côté de la viande de boucherie se vend Thomme sur pied; là sont réunis par ordre de taille les esclaves de tout âge et de tout sexe, que leur maître destine à la vente. A Tombouctou même il ^e fait un grand commerce d'esclaves Bambarras, qui sont expédiés sur le Maroc, sur Tunis et sur Tripoli en échange d'autres marchandises. Il en est de même à Bamako, sur le Ni^'er, où les esclaves se trouvent sur le marché à cêté du mil, des arachides, du miel et du maïs. Du reste l'importance capitale du commerce des caravanes pour tout le Soudan est dans l'achat et la vente des esclaves; le reste, l'or et les étofles, n'est qu'un accessoire. Les caravanes portent tout A tête d'homme; or tous ces hommes sortent du Soudan et vont alimenter les marchés du Niger, où ils sont vendus aux Maures et aux Arabes du Sahara. Dans ces pays peuplés < dont le roi, disent avec emphase les habitants, peut, sans sortir de sa capitale, transmettre ses ordres de voix en voix jusqu'aux extrémités de son immense empire, » la moisson humaine est abondante pour ceux qui en vivent : la
guerre est perpétuelle et elle a pour but le rapt des femnMs, des jeunes hommes et des enfants. Le jour où nous sercMis les maîtres dans ces régions, nous ferons cesser ce trafic.
VI. Culture et acclimatation. — Aux plantes que je viens de nommer on peut ajouter, parmi les plantes à cultiver ou à acclimater, la graine du ctcctinnis melOj qui donne, comme Tarachide, une huile utile dans la saponification; le Sénégal en expédie chaque année plus de 30000 tonneaux; le citron et Tindigo, le sorgho, le gonatier (Acacia eutansonii) et le cailcedra {Klaya senegalensis)^ qui servent aux constructions navales et fournissent un bon bois d*ébénisterie.
Il importerait surtout d*empècher au Sénégal la coutume introduite par les Peuls d'incendier les herbes sur pied, ce qui détruit de grandes surfaces en culture. On a recommandé naturellement les Etœalyptus^ le filao (Casuarina indica), qui s'élève verticalement, garantit du soleil et forme un rideau précieux pour couper le vent des marais.
On pourrait cultiver le ricin roxige^ dont les graines donnent 52 *»/o d'huile, qui, outre ses propriétés médicinales, peut être employée dans la savonnerie; elle peut en outre servir pour la fabrication de l'acide sébacique, qui ne fondant qu'à -h 127o et étant d'une extrême blancheur peut être utilisé dans la fabrication des bougies.
Faut-il parler du sésame^ du baobab^ qui sert à faire des cordes et dont certaines parties sont comestibles? Le Sénégal se prêterait en outre à merveille à la culture du café de Libéria.
On pourrait enfin acclimater au Sénégal Vembrevade (Cajanus indiens), légumineuse originaire de l'Inde orientale et cultivée au Brésil, aux Antilles, à Madagascar, dans l'Amérique tropicale. Elle a été introduite i Maurice et en Egypte; elle se plaît dans les terrains sablonneux; ses graines constituent un aliment : on les mange sèches ou vertes, comme les petits pois écossés; elles ont un goût plus fin que celui
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