PAHOUINS
Us flo&t caonibales, c* esi-i-dire qa*ils mangent leur ennemi ; guerriers, toujours armés d*un grand sabre retenn sur répaole, ils se liment les dents en pointes pour se donner Tair féroce. Ce sont avant tout des chasseurs d*éléphants. Ils font, en réalité, le vide devant eux et ont déjà fait tort au commerce de Tivoire, qui sera complètement impossible dans un temps peu éloigné, où le dernier des éléphants aura été tué par eux. Cela est d*autant plus regrettable, qu*en dehors des intérêts commerciaux, qui se rattachent à Tivoire, la domestication de Téléphant africain serait aussi utile que celle de Téléphant de l'Inde.
Ce sont néanmoins des gens intelligents, dont nous avons tout intérêt à faire nos amis et surtout nos instruments dans la colonisation du Gabon. Ils s'y prêteront volontiers, car ils ont, de leur plein gré, demandé à l'amiral Fleuriot de Langle de faire un traité avec la France et d'envoyer leurs enfants dans nos écoles. Ce sont les seuls indigènes qui travaillent volontiers.
Les Pahouins sont d'excellents forgerons; ils se servent d'arbalètes et de flèches empoisonnées avec Vviéc,
Le centre mystérieux de rAfrique ne laisse donc pas uniquement échapper de ses grands lacs de grands fleuves comme le Nil, le Zambèse, le Livingstone. Il y a là des réservoirs d'hommes, que l'Europe n'a pas épuisés malgré la traite, malgré les tribus riveraines de l'Océan, qui allaient chaque jour puiser de nouveaux esclaves dans ce centre pour les vendre aux blancs. Ces torrents humains, qui se déversent sur la côte occidentale, Peuls, Ashantis, Pahouins, accusent un trop-plein dans le centre ; il est temps d'y porter la civilisation.
Ce qui se protiuit vers louest, se produit également i l'est ^t vers la côte de Zanzibar descendent également du centre, c'est-à-dire ici de louest, des peuples dont la langue a les plus grands rapports avec celle des Pahouins.
IV. AccLiMATEMBNT AU Gabon. — Les Buropéms ne s'acclimatent pas au Gabon : ils 7 sont peu nombreux, an nombre de 200 environ; la plupart sont des Portugais. Le D^ Bestion a toutefois remarqué, que les Proyençaux résistaient mieux que les Bretons, ce qui confirme ce que noos savons déjà de Taptitude des méridionaux de France pour ks pays chauds. La plupart des Européens périssent de fiètrt palustre et surtout de cette anémie qui en est, au Gabon spécialement, la conséquence et qu*on nomme Vanémie du Gabon.
Les nègres eux-mêmes ne viennent cas Impunément an Gabon. Ceux du Sénégal, les Laptots^ y donnent 8 malades sur 100; les Krowmenn de la Côte d*Or en donnent beaucoup moins, 2 pour 100 seulement ; ce qui n'a pas empêché Tadministration de défendre aux bâtiments d'engager des Krowmenn et de leur imposer les Laptots. Ajoutez que le Laptot, qui ne résiste pas, coûte 30 francs par mois, tandis que le Krowmenn, qui résiste, n'en coûte que 20!
Il est évident, qu'ici, plus encore qu'ailleurs, on ne peut compter que sur les métis que les Européens pourront avoir avec les femmes pahouines.
Le bœuf d'Europe ne peut lui-même vivre au Gabon.
V. Faune et flore. — § 1 . Faune. — Nous sommes dans le pays du gorille. On trouve aussi des antilopes, des buffles sauvages, quelques panthères, de nombreux éléphants, seuh animaux utiles du pays, le boa python, une grosse vipère de 2 mètres de long {Echidna Gabonica)^ des caïmans, l'hippopotame, le lamantin, des fourmis et des termites redoutables. C est du Gabon qu*a été rapporté le termite de Rochefort.
§ 2. Flore. — La flore contient un grand nombre de plantes oléagineuses, dont nous ne connaissons souvent que les noms indigènes : djavé, qui donne une huile concrète: nounçouj qui renferme une graisse ferme et blanche:
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ovvala^ légnmineuse dont la graine est oléagineuse; m^poga^ arbre élevé qui fournit une huile qu*on dit excellente; le palmier à huile (ochoco)y qui donne 60 pour 100 d'une graisse fusible i -f- ^0^\ lo ditra^ dont la graisse est employée dans la savonnerie fine; enfin Y arachide. Ajoutons à cette liste : le makéié^ gingembre doré; le yanguebei^e^ qu'on désignait jadis sous le nom de malaguelle ou de poivre de Guinée; Viboguây qui jouit, dit-on, de propriétés excitantes, analogues i celles du café; la noix de gourou; le fromager; l'arbre à la gomme-gutte ; Vokoumé ou bois à chandelles^ qui donne une abondante l'ésine; le santal; Yébène; enfin la liane à caoutchouc^ que les indigènes détruisent sans méthode.
On trouve, au Gabon, un grand nombre de plantes toxiques et médicamenteuses, entre autres le physostigma venenosum^ cette redoutable légumineuse qui produit la fève dite de calabar. C'est spécialement au Gabon, qu'on trouve le mboundouy employé par les Pahouins comme Vinée^ redoutable apocynéeet l'atchimé {ignaiia gabonensis). Les aphrodisiaques abondent et sont très recherchés des indigènes: ce sont Tiboga {taberna venir iculosa)\ la sterculia acuminata^ dont l'amande est désignée sous le nom de noix de kola ou gourou ou de noix du Soudan. Le caoutchouc est retiré, au Gabon, soit de la liane à caoutchouc, n'dambo des indigènes, soit du ficus elastica^ dont il existe de véritables forêts.
CîUture. " Commerce. — L'Aftigue centraU, — Le Congo.
VOçoycé et VAlima,
I. CcLTURB. — M. Charles Rivière a donné connaissance à la Société d'acclimatation de tout un programme de plantations, que le département de la marine comprend la nécessité de faire au Gabon, pour assainir le pays. 11 recommande {>articulièrement les eucalyptus et les bambous.
Le café de Libéria figure parmi les coltores, qui semblent devoir être les plus productives dans ce pays. Le manioCj le matSj la canne à sucre doivent être ajoutés i la liste que j*ai donnée tout à Theure en parlant de la flore.
IL Commerce. — Le Gabon n*est pas destiné à devenir une colonie de plantations plus qu'une colonie de peuplement: il doit être une colonie de commerce. Au surplus un peuple civilisé n*a plus le droit d'en envahir un autre, quelque inférieur qu'il le croie, autrement que par des armées de marchands; la colonisation doit être partout pacifique et marchande. Mais encore faut-il ici, que les marchands s'inspirent des principes les plus élémentaires de l'économie politique et ce serait tomber dans la même erreur que les grandes compagnies coloniales de l'ancien régime, que croire que l'intérêt lui-même de la mère-patrie s'accommode de marchés onéreux pour la colonie. Vouloir prélever de trop gros bénéfices sur le colon ou sur l'indigène de la colonie c'est peut-être un bon moyen d'enrichir quelques individus, mais cela ralentit le mouvement des échanges entre la mère-patrie et la colonie. On dit par exemple que le tabac américain revient, tous frais payés, à 1 fr. 80 le kilogramme ; qu'à Libreville (Gabon) il se vend 5 francs; au Fernand-Vaz 10 francs; que les petib miroirs de Hambourg, qui reviennent à 35 centimes pièce, se vendent 3 fr. 75 au Fernand-Vaz et qu'il en est de même de la plupart des objets d'importation. Cela rappelle trop le temps, où les négociants de la compagnie des Indes mettaient des pieds de chevaux avec leurs fers dans les barils de lard. qu'ils envoyaient aux Antilles.
Néanmoins plusieurs maisons au Gabon nous montrent tout ce que peut faire l'initiative individuelle; ces maisons, qui ne sont pas d'ailleurs toutes françaises, ont des vapeurs, qui remontent fort loin dans l'intérieur et des traitants nègres, qui provoquent dans l'intérieur, comme feraient les tentacules d'un poulpe, l'ébranlement qui doit amener les marchandises