‹ La colonisation scientifique et les colonies françaisesChapitre 71 sur 122 · COMMERCE · texte numérisé non relu

COMMERCE

dn Citttie da TAfrique en Earope. Le moaveinent commercial da Gibcm est actaellement de 2 millions par an. Il doit augmenta considérablement: mais il importe que nous conseryions au commerce de ce pays le cachet que lui ont donné les factoreries indépendantes, nées de Tinitiative individuelle. L*idéal du colon au Gabon doit être ce boutiquier, dont le portrait dessiné par Marche et le marquis de la Compiègne, à Tembouchure de TOgowé, peut être regardé moins comme une charge jetée sur Talbum des voyageurs que comme le type, que nous devons chercher à reproduire dans beaucoup de nos colonies : nos deux explorateurs furent toutefois quelque peu surpris de rencontrer ce commerçant idéal au beau milieu des Pahouins. Voici comment ils le décrivent : < On aurait po s'attendre i trouver comme gérant de la factorerie quelque échappé d*un établissement colonial cherchant, après une fuite désespérée i travers les bois, un refuge précaire dans un comptoir d'aventure. Point : c'était un jeune et honnête grocery dealer (traitant en épiceries), qui vint à notre rencontre, les pieds dans des pantoufles en tapisserie, une calotte en velours brodée sur la tête et la plume à Toreille. 11 est hk i sa factorerie, — dont il ne sort jamais, du reste, — pesant son caoutchouc et son ivoire, pliant et dépliant ses étofi*es, comme s*il fonctionnait dans un des magasins de nos boulevards. Il n'a jamais tiré un coup de fusil ; jamais il ne s*est éloigné à un kilomètre de la factorerie; il ignore les mœurs des gens qui l'environnent. Dans trois ans son stage au Gabon sera fini; la maison qui l'emploie l'enverra aux Indes ou en Chine et il reviendra de là comme du Gabon sans autre science que celle des denrées coloniales. L'Angleterre produit des milliers d'exemplaires de cet échantillon. » Mais cette silhouette pacifique ne plaît point aux Français. Dans la fameuse devise du maréchal Bugeaud Enseel aratro, l'épée leur plait toujours plus que la charrue. Que serait-ce si à cette devise on ajoutait el calanio pour désigner la plume à l'oreille de l'employé de commerce! Jamais pourtant un

administrateur commerçant ne se serait avisé de prendre une mesure aussi impolitique que celle qu*on doit depuis un an environ à i*administration de la marine : n*a-trelle pas suspendu, parait-il, le commerce de la poudre et des fusils avec les noirs de Tintérieur, afin d'assurer la sécurité de notre colonie ! Or la poudre et les fusils à pierre sont les principaax articles de commerce et en les frappant d'interdit on empêche tout simplement Tivoire et le caoutchouc de venir à nous. Il est temps d*adopter partout le régime civil et de mettre un commerçant plutôt qu'un soldat ou un marin à la tète d'une colonie, qui est avant tout un comptoir de commerce.

III. L'Afrique cbntralb. — Le Gabon n'est pas seulement le canal, par lequel les marchandises et les richesse des TAfrique centrale pourraient s'écouler, comme le feraient celles du Soudan par le Sénégal ou par l'Algérie ; cette colonie est en outre le chemin, qui doit conduire les Européens i U découverte du centre continental, aussi ignoré que les pôles. On sait en effet, qu*on peut arriver par l'ouest dans les régions que Liyingstone a atteintes par Test et on est convaincu, qu'il y a là, pour le commerce comme pour la science, un avenir gros d*espérances. Les légendes du pays parlent du reste de mers intérieures, sur lesquelles naviguent de grandes barques montées par des blancs; ce sont sans doute des populations arabes. Les légendes citent encore ces contrées comme fertiles, saines, très peuplées et dépeignent les populations. qui s*y pressent, comme douces, agricoles et industrieuses.

Le Gabon est la porte de la France sur ce monde nouveau et nous avons failli Tabandonner en 1873! C*eût été une faute: déjà les résidents allemands avaient fait croire aux indigènes, que tous les Français étaient réduits en esclavage par les Prussiens. La Société de géographie a fait heureusement comprendre toute Timportance de la détermination,, qu'on allait prendre légèrement et le Gabon nous est resté. Il fut plus tard question de réchanger contre la Gambie ; les Anglais

pat Tonla et noot atons eu da bonheur, car, comme je it pour la côte de Guinée, cela eût enrichi» il est Trai, iiégal, mais sans doubler sa yaleur, tandis que la posn d'un poste à Tembouchure du Gabon nous conduira TAfrique centrale.

Lb Conoo. — Une des routes de l'Afrique centrale est région, vers laquelle se tournent actuellement les regards isieurs nations européennes et qui est traversée par le pand fleuve de l'Afrique, le Congo.

1. Le fleuve Congo. — Le fleuve du Congo^ qu'on ne sous le nom de Olumo^ de Zaïre, de Livingstone^ principal de ces grands fleuves, qui amènent i l'Océan lux des grands lacs du centre de l'Afrique. Son cours e indiqué comme étant la voie, qu'il s'agit de remonter arriver dans ces contrées mystérieuses. Ce fleuve gigane diflere de la plupart do ceux de la région par plusieurs ;ularités : il se jette dans la mer par une bouche unique, la largeur dépasse 11 000 mètres; son courant est telleviolent et se prolonge tellement loin dans la mer, qu'il ne it pas de flux et de reflux et que, par conséquent, il ne se I pas de barre alluvionnaire comme à l'embouchure de ipart des fleuves. Vers le milieu de son embouchure sa Ddeurest de plus de >^00 mètres. Des deux côtes les palérs étalent leurs racines fantastiques, mais i mesure qu'on nte le courant, la végétation devient de plus en plus belle coureuse. I» Zaire a été remonté pour la première fois, 'à peu de disUince dos cataractes, par un vapeur français, )rnailo, dont M. Charles do Rouvre a trouvé le nom i sur \v tronc d'un baobab. On sait maintenant, que ce 1 fleuve sort des lacs du centre de l'Afrique, que coulant d au nord il dépasse ré<)uatour; que là il forme un coude cavité australe, à convexité boréale et que, coulant du est au sud-ouest, il repasse au-dessous de l'éiiuateur. Il ouve, en somme, que les cartes d'Afrique imprimées

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dans ce siècle et dans le siècle dernier sont bonnes i déchirer et que, si Ton veut retrouver dans le passé une carie d* Afrique digne des connaissances modernes, il faut prendre i la bibliothèque de Lyon un globe de 1701, sur lequel le Zaïre- Congo se détache d'un grand lac; il faut surtout consulter un globe espagnol en cuivre doré, que Richard Cortambert a trouvé à la Bibliothèque nationale de Paris et qui remonte à 1530 ou I&IO. Ce globe reproduit à peu de chose près le cours du Congo, tel qu'il nous est révélé par Stanley : le fleuve sort d'un lac, se dirige vers le nord, décrit une large coorbe bien au nord de l'équateur, puis tourne à rouest-sud-ooest vers l'Atlantique. Le résumé du dernier voyage de Tintrépide reporter américain est là tout entier.

On sait que c'est par cette voie, que Stanley chercha à pénétrer dans le cœur de l'Afrique. Il a déjà fondé au-dessous du 4"" lat. sud la ville de Stanley-Pool à plus de 500 kilomètres de la côte et a remonté le fleuve jusqu'à 700 kilomètres plus loin, c'est-à-dire à 1 200 kilomètres de la côte, jusqu'au confluent de l'Alima et du Congo. Au-dessus de ce confluent, on pense que le grand fleuve reste navigable, mais au-deesous de Stanley-Pool la navigation est rendue impraticable par les rapides : Stanley n'a pas compté dans cet espace moins de 32 cataractes.

§ 2. Climat. — Deux saisons partagent l'année an Congo: celle des pluies, qui commence en septembre et se continue jusqu'en avril avec un temps d'arrêt vers décembre et janvier; la saison sèche, qui dure de mai en août. Les pluies, qui sont torrentielles, s'accompagnent d'orages violents.

§ 3. Popxilation, — Des deux côtés du fleuve se trouvent de petits Etats indépendants, gouvernés par de petits roitelets autocrates. Cette multiplicité des États, des rois, des souspotentats de tout rang et de tout calibre augmente singulièrement le nombre des redevances ou des impôts, que tout

ooouMffÇttit doit payer en trayenant l'empire de cliaque

Ln Moutterongos sont les principaax peuples de la con* trée; ils habitent sur le littoral, d'Ambrizette an Zaïre. Les Afouchico9iffos oocapent surtout les deux rives du fleuve. Les Cabindos sont pins au sud et les Loangos plus au nord.

Ces peuples semblent appartenir a la famille Banian. Ib ont la peau noire, mais la paume des mains et la plante des pieds très claires; les lèvres ne sont pas retroussées, mais le nez eat épaté, loreille grande.

C'est chez eux, que se rencontrent ces épreuves juridiques, qui rappellent \e jugement de Dieu de nos pères : Fépreuve du couteau rougi au feu, qui appliqué sur le mollet ne brûle que le coupable, on celle de Tanneau plongé dans Thuile bouillante, que les innocents peuvent seuls repécher impunément; répreuve du N'Bôndou écorce d*une strychnée, qui n*empoisonne que le coupable ou bien le maladroit, qui n'a pas su composer avec la justice.

§ 4. Commerce. — Ces populations ne demandent qu*i faire du commerce. M. J. Itouvre a fait cette remarque, que dans peu de pays on respecte autant l'engagement écrit ou uioucamla que dans cette région, où personne ne sait lire ni écrire, fait qui, du reste, est, comme il le dit, à la louange des Européens. Un noir a tellement de confiance dans le papier que le blanc lui a remis, que le nxoxtcanda^ dans les transactions commerciales, circule comme un billet à ordre d«* village en village pour revenir un jour à l'Européen.

Je disais précédemment, combien il était regrettable qu'on eut défendu l'importation des fusils au Gabon. Au Congo cVst là la véritable unité monétaire : on compte par « tant de fusils », < ce qui sous-entend, dit M. Rouvre, un payement effectué partie réellement en fusils, partie en barils de poudre et en pièces de tissu dans la proportion, par compensation, du double des fusils offerts; exemple : pour 30 fusils le blanc

ne donnera réellement que : P 10 fusils avec 20 paquets de baguettes de laiton, en tout 30 articles; 2^ 60 barils de poudre représentés par 20 barils en réalité et 40 pièces de tissu ; 3® 60 pièces de tissu représentées par 30 pièces réelle» et 30 lots d'objets de peu de valeur, tels que cercles de balles, bouteilles vides, etc. » A Âmbrizette le fusil ne s'offre qu'es échange de Tivoire; pour les arachides on compte par paqueU de verroteries de Bohème.

Le commerce consiste d'ailleurs en huile de palme au ooi\i du Congo, caoutchouc, ivoire, arachides au sud du fleaie surtout, café, orseille, cire, gomme, copal, minerai de coivre, écorce de baobab. Il est actuellement aux mains d*ane vingtaine de maisons, dont deux françaises. L'importation consisle en guinées, en eaux-de-vie inférieures, cuvettes (?), coutellerie. vieilles armes, poudre, bijouterie de pacotille, vieux habitt

militaires, sel, quincaillerie J'avoue que je ne partage

nullement l'admiration de certains commerçants pour ce troc des culs de bouteille, des couvercles de boite à sardines et d'une foule d'inutilités contre les marchandises réellemeoi précieuses du pays. Le commerce pourrait être tout ausN lucratif et chercher en même temps à importer des objeU plus civilisateurs et réellement utUes.

Encore ici l'Europe aura beaucoup i faire pour oombatlre la traite des noirs.

Le plan de Stanley, celui qui, selon lui, permettrait as commerce d'utiliser le cours du Congo, consiste à se serrir du fleuve jusqu'à Stanley-Pool et à l'abandonner là pour construire une ligne ferrée de 500 kilomètres, qui irait dire^ tcment à l'embouchure; mais ce trajet aurait l'inconvénient de traverser le territoire de populations peu commodes.

Les nations européennes apprécient hautement tous les avantages du Congo ; aussi l'embouchure de ce fleuve est-elk le théâtre, où leur compétition s'exerce depuis plusieurs années, mais surtout depuis plusieurs mois, avec le plus de violence. L'association africaine internationale, dont Stanlev

ist le coongraz agent, ii*a pas toujours réussi i inspirer oon- Imnœ aux indigènes ; précisément d'ailleurs en raison de son lire d'internationale elle est incapable de trancher les diffilaltés pendantes entre doux nations intéressées : l'Angleterre ait des efforts considérables pour accaparer cette nouvelle oute, comme elle en fait sur le Niger et le Bénoué. Le Porogal avait des droits incontestables à faire valoir ; la Société le géographie de Lisbonne n'a pas manqué de les rappeler [ans un mémorandum, où elle expose : que les droits du Porugal sur la région du bas Zaïre reposent sur plusieurs bases, lotamment sur la découverte du pays faite en 1484 au nom le la nation portugaise, avec l'intention d'en prendre posses- (ion; sur sa possession prouvée soit par des actes publics x>nslatant, revendiquant ou réservant sa souveraineté, soit MU* des établissements politiques ou des actes de juridiction; tur la reconnaissance de ses droits par les puissances euro- ;)éennes exprimée dans les instructions diplomatiques. Après ivoir rappelé ces droits le mémoire portugais ajoute : « Si 'Angleterre avait dans ses parchemins diplomatiques un seul les titres que possède le Portugal, il y a longtemps queledra- >ean britannique flotterait sur les bords du Zaïre. » Cela est absolument certain! « Au commencement du siècle, en effet, V premier consul avait envoyé un navigateur français, le * Mpitaine Baudin, explorer les côtes de l'Australie. L*Angle- ^rre n*y avait alors qu'un seul poste, Hotany-Bay. Néanmoins i* gouverneur de ce poste déclara au capitaine Baudin, qu'il ivait ordre de s'opposer à ce qu'il fût fait aucun établissement étranger sur les côtes du continent australien, attendu que 'Angleterre en réclamait la souveraineté exclusive par suite le la prise de possession, qu'elle en avait faite*. Or, ajoute e mémorandum, la prise de possession tlu Portugal sur la -égion du bas Zaïre est vieille de quatn* siècles et sa domilation n'a cessé de s*y maintenir. » Une convention, signée ivec l'Angleterre depuis la publication du mémorandum, con* :è>le au Portugal le bas Zaïre ; mais elle assure à toutes les

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nations la liberté la plus complète de la navigation da Ziîr et de ses affluents : le Portugal n'établit que des droits de douane; une commission anglo-portugaise fixera ulténeonment les règlements de cette libre navigation.

Au surplus Tintérét direct de la France ne concerne que le haut Zaïre depuis l'embouchure de TÂlima, car c^est sur rOgowe et TAlima que portent nos efforts et que nous soidmes déjà en première situation.

III. L*OoowÉ. L'Alima. — Tandis que le Portugal garde rentrée du Congo et que l'Angleterre s'apprête, par' la route de Stanley, à remonter ce grand fleuve, la France peot lat teindre par son affluent, la rivière l'Alima, qui se jette dans le Congo, au moment où ce fleuve, débarrassé des rapidei, devient navigable et qui est elle-même navigable presque dès sa source. On atteint les sources de TAlima par un grand plateau, sain, fertile, où nous conduisent deux voies françaises: le Gabon et TOgowé. La colonisation du Gabon se trouve dose comporter notre extension vers le centre de TAfrique par un chemin plus court, plus facile et moins éloigné de nos possessions que le chemin du Congo. Les efforts de Marche, de Compiègne, du D"" Ballay et du courageux Savorgnan de Brazza nous auront valu cette conquête précieuse.

% l. Le fleuve Ogowé. — L'Ogowé est le premier, en venant de 1 equateur, de ces grands fleuves, qui se jetteat dans rOcéan sur la côte occidentale de TAfrique. Son estuaire 8*étale en bras nombreux, dont les deux extrêmes sool éloignés lun de l'autre de 120 kilomètres; ses rives sont d'abord plates, couvertes de pandanus et de palétuviers; à 300 kilomètres de la cote son altitude n'est encore que de 120-130 mètres; on rencontre néanmoins sur son cours de nombreux rapides, qui suffisent pour rendre sa navigation très ditlicile.

Le climat de ses rives est malsain. Pendant les 18 mois

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ré km ezpkmtkm de rOgové, MM. Marche et ;ne ont eti trois jours de fièvre par semaine enTiron et 8 absorbé moins de 750 grammes de sulfate de qnî-

iplorations soooessiTes de Walker (1873), de Comt Marche (1874), de de Braiza (1876), dn IV Leia du Dr Ballaj (1877), de de Brazza 0878) nont pas i ce qu'on pensait d*abord. On supposait que TOgové ssi important que le (x>ngo; il n>n est rien. Il ne s comme lui du centre de TAfrique et ne peut conns ce pays tant couToité. que d'une manière indirecte. ( une courbe à ooncarité inférieure, dont le sommet 1 près sous réquateur, tandis que les deux arcs des- I s'inclinent d*enTiron 2* vers le sud, l'un rers l'eme i louest, l'autre i l'est vers la source. On sait ant, que lorsqu'on arrire i remonter l'^Jgové jusqu'à de Poubara, le fleuve n'est plus qu'un faible cours

Populations de VOgoxcé. — A l'embouchure de se trouvent les Oroungous^ population qui parle le lé. Elle habite la rive droite du fleuve et la côte, iangatang jus<iu'à File Lopez; on nomme également ingous Ao/x'j ou CajfLoj/CZ. Lk'puis longtemps en avec les Portugais W Lopez étaient jadis les princiurtiers {lour la traite; c'étaient eux qui, en échange ;handises. remettaient aux Portugais des Iles des et de Saint-Thomas des enclaves, qu'ils se procuraient remise lies Galloas et des Inengas. Mais depuis 187G, >ù les gouverneurs de ces Iles ont reçu des ordres contre la traite, les Cap-I^>pez voient diminuer leur :e f*t leur nombre : ils ne sont plus que 3000 ou Is »e rattrapent sur !«* commerce des volailles et des (||i'S épingles à ch«*v«*ux en dent d'hippopotame ou »t, comme ils voient dans les Européens des concur-

rents, ils ont à plusieurs reprises essayé de nous empiclier de remonter TOgowé.

Les Cammas habitent sur les deux rives du Femand-Yaz. depuis I^IS' jusqu'à 2<>; ils s'étendent aussi sur l'Ogovc. Plus nombreux que les précédents ils faisaient jadis aun eux le métier de courtiers et sont par conséquent leurs I ennemis. Us sont courageux, fabriquent comme les précédents des nattes et des tondos; ils font le commerce do caoutchouc et élèvent des moutons, des poules et des canards. Ils parlent le m'pongué et ont avec les Gabonais la plus grande ressemblance. Ils sont de taille élevée, très musclés ; tous les canetères de leur face soçt ceux des nègres, mais adoucis. Ub grand nombre d'entre eux sont brachycéphales, ce qui suppose, en ces parages, l'existence d'une race analogue aox Negritos.

Okotas. Les Okotas habitaient primitivement sur la riT» droite de l'Ogowé ; ils ont été chassés par les Osjebas et habitent maintenant sur la rive gauche. Ils demeurent dans des cases misérables, vivent mal d'un fruit mucilagineux, sont petits, fort laids et font le commerce des esclaves.

Okandas. Les Okandas, à environ 130 kilomètres de la côte. eurent le même sort que les Okotas : chassés de la rive droite de rOgowé ils sont, comme eux, réfugiés sur la rive gauche où ils vivent misérablement, habitant par petits groupes dans d'immenses prairies. Leurs femmes sont jolies et bien faites.

Les Apingis forment une population douce, industrieuse et de relations faciles, que Marche et Compiègne ont rencontrée sur le haut Ogowé. Elle s'occupe de la récolte du caoutchouc, du miel; elle fait des nattes, des poteries, qui ne manquent pas d'élégance; elle élève des poules et des chèvres. Mais tout cela est souvent pillé par les Osyebas.

Los Gallons^ au nombre de 10000 environ, habitent sur les deux rives ; leurs féticheurs sont renommés au Gabon et leurs femmes le sont pour leur galanterie. D'après M. Foorest c*est le peuple le plus indolent, le plus corrompu et le

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B aooessible i la civilisation, de tout l'Ogowé. Aujourqa*il8 ne font pins, comme par le passé, la traite des res chez les Okandas au compte des Lopez, ils vendent ieux louent leurs femmes. Adonnés à la dipsomanie pluii*à Tivrognerie ils boivent indifféremment, dit M. Foul'eau-de-vie, Thuile de ricin, l'eau de Lubin et Tencre. nt renommés pour leurs casse-téte et leurs pirogues. s Inetigas viennent de Tintérieur et vivent maintenant s avec les Oroungous et les Cammas autour du lac Zilé et » hauteurs de Binda et d*Abanboué. Ils sont en déca- ) comme les Galloas.

B Iwilis habitent uniquement sur les bords de TOgowé, ils ne s'éloignent pas. Us savent bien travailler la terre ; ire des laptots du Sénégal leur langue contiendrait [ues mots arabes.

s Bakalais sont des nouveaux venus sur les bords de »wé. Ils habitaient autrefois les rives du Bambœ, dont it été chassés par les Pahouins, qui, bientôt, les auront *e mis hors de leur nouvel asile. Ils travaillent le fer et ivre.

>ongos. Sur le haut Ogowé MM. de Brazza, Marche et y ont rencontré cette curieuse population de nains, les \gos^ dont la taille ne dépasse pas 1>",50 à l>n,52 chez ommes et 1'b,42 chez la femme.

yehas. Les Osyebas sont lo fléau de la contrée de »wé. Ils envahissent son cours de Test à Touost et de la droite à la rive gauche. Ce sont eux, qui ont chassé les as et les Okandas. Ils semblent très voisins des Pahouins. ibales comme eux ils jouent sur TOgowé le même rôle tx au Gabon. Us portent d'ailleurs la même coiffure, les es ornements, forgent comme eux le fer et font surtout mmerce do Tivoire. Ce sont eux qui, en embuscade le des fleuves, ont plusieurs fois attaqué à coups de fusil he et Compiègne.

s Fans purs ou Pahouins sont les mêmes, que ceux que

nous avons déjà vus au Gabon. Ils viennent des montagnes du sud de TÉthiopie à 2000 kilomètres au nord-est. Ils son; arrivés sur TOgowé, il y a environ 40 ans; ils n'avaient alors pour armes que des arcs, des flèches et des sagaies; les Okandas avaient déjà des fusils : ils les désarmèrent et les chassèrent. Ils s'avancent aujourd'hui vers le Gabon. Lear grande occupation c'est d'empêcher les Européens de passer. parce qu'ils craignent qu'ils portent des fusils aux peuplades de l'intérieur.

Un grand nombre de ces peuples sont misérables. Ils vivent de manioc et de bananes; les hommes seuls mangent des poules, des chèvres et du gibier, plus souvent encore des chenilles fumées, des sauterelles et des papillons de nuit. La guerre est leur état continuel : elle procure des femmes et des esclaves; ces derniers sont échangés contre d^s cotonnades. du cuivre et des verroteries. 1

Ils aiment beaucoup la France. Un des rois de l'Ogowé, | N'Combi (le Roi-Soleil)^ qui d'ailleurs ne le cède en rien en j vanité à Louis XIV, mais qui donnerait certainement tout Versailles pour un tonneau d'eau-de-vie, déposa devant l'amiral de Quilio son bâton de commandement.

Un des côtés des voyages de Brazza, c'est qu'il a procédé par la douceur et, qu'au lieu de se présenter à ces populations en bruyant conquérant, il leur apparaît comme un doux libérateur. Egaux par le courage, par l'énergie, Stanley et de Brazza présentent, à ce point de vue, un singulier codtraste.

Les Européens qui habitent les factoreries, qui sont surtout des Portugais, des Anglais et des Allemands, parmi lesquels cependant figurent des Français, la maison Pilastre de Marseille, par exemple, sont établis sur les alluvions qu'on trouve au milieu des nombreux bras de TOgowé. Ces maisons se transportent maintenant plus haut en amont, parce que le pays est plus sain et que le voisinage des populations de l'intérieur est moins désagréable que celui des populations côUères.

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