‹ La colonisation scientifique et les colonies françaisesChapitre 72 sur 122 · L*ALI1IA · texte numérisé non relu

L*ALI1IA

Le plateau etUre FOgùwé et TAUma. — Entre te ^wé et la rÎTière rAlima, aflSoent du Congo, il fant r QQ pays élevé, plateau sain, fertile, pea accidenté, litade moyenne de 800 mètres, facile à pareonrir à en chariots, ne présentant ancune difficulté i Tétant d*nn chemin de fer et habité par des populations \i pacifiques, les Batékéy les Achicouya^ les Ballali ^ayaka. L*étendue du pays à traverser, depuis Franpour arriver au haut Alima, est d'environ 120 kilo- If. de Brazza j a fait construire une route, qui relie gowé^t TAlima, c'est-à-dire TOcéan et le Congo; le les marchandises s'y pou ra faire facilement au moyen >ie Decauville. Le hardi voyageur nous recommando à points de vue cet espace triangulaire compris entre ( à louest, TAlima au nord, et le Congo à Test : l'isf ne l'a pas encore pénétré et rien n'y entrave jusjournotre influence; le pays est sain et^iflêre consinent des vallées inférieures ouvertes sur la mer, où srature du pays est le plus souvent do + 30*, Thu- •erpétuello, la tension électrique considérable, les maabondants et où la fièvre palustre est en permanence, hauteurs la culture du maïs et du sorgho exige un travail, qui emi)éche les habitants de tomber dans lo tnollissement que ceux du bas pays, qui n'ont qu'à se rivre, comptant sur la trop facile récolte du bananier.

Ijt ririèvt* Alimn. — M. do Urazza, après avoir î le cours de TOgowé, avait quitté ce flouvo, s*était is les ternes, qui forment le plateau quo je viens de et avait rencontré un jrrand flouvo, qui coule du sud ; il lavait suivi jusqu'à environ 30 milles au nord de ur mais il avait pensé, quo continuant son cours vers TAliroa, car c'était elle, allait se perdre dans TOuadai. à .son retour il vit la carte du Congo dressée par , lorsqu'il apprit que le Congo faisait au nord ce coude

considérable au-dessus de Téquateur, il comprit de suite, que rAlima devait être un affluent dq. Congo et qu*il avait sans s*en douter trouvé vers le Congo navigable un chemin plos court et plus sûr que le Congo lui-même avec ses 32 cascades. La découverte était d'autant plus heureuse, que TAlima présente une largeur moyenne de 100 mètres et une profondeur de 5 mètres. L*opinion publique en comprit toute l'importance et, sur la demande du ministère de l'instmctioD publique, de nouveaux fonds furent accordés à MM. de Brazza et Ballav. Arrivés sur le haut Alima les courageux explorateurs fondèrent une nouvelle station, dite du haut Alimi^ qui, avec la station de Franceville près de TOgowé et celle de Brazzaville sur le Congo, forme la troisième des stations françaises dans ces parages.

§ 5. Population de V Alima, — A côté des Batékés et des Achicoiigas vivent les Abomas^ qui sont adonnés, comme leurs voisins, au commerce des esclaves et qui fabriquent des étoffes très fines en fil de palmier. Ces noirs, les plus beaux qu'on rencontre entre le Gabon et le Congo, sont sous li domination du roi Makoko.

§ 6. Les Français au Congo. — Tout en arrivant ao Congo par une voie plus septentrionale et plus directe pour nous, ainsi que nous le verrons, nous nous sommes cependant implantés déjà, grâce à M. Savorgnan de Brazza, dans h région plus inférieure, au point même où le Congo devient navigable. Tout en poursuivant son expédition plus septentrionale, entre TOgowé et l'Âlima, M. de Brazza descendit en effet jusque chez un peuple riverain du Congo, les Oubendjt ou Apfourous, qui avaient déjà reçu Stanley à coups de fusil. L*accueil fait aux Français fut différent et les Oubendji signèrent un traité d*amitié en déployant le drapeau français sur leurs pirogues et leurs villages; le roi Makoko céda i U France le territoire de N'tamo N" cou nia sur le Congo et

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notre compatriote fonda sur cet emplacement nne yiUe, à laquelle la Société de géographie et le comité français de Tassociation internationale africaine donnèrent plus tard le nom de Brazzaville. Cette nonvelle ville française se trouve tout près de Stanley -Pool. Fondée en janvier 1880 sur l'emplacement da village de Nghimi, elle se trouve à 815 kilomètres de l'Atlantique.

Makoko ne se doute peut-être pas, qu*il est le souverain le plus éloigné parmi les amis de la France dans ces régions. Nous devons honorer après tout ce pauvre noir, qui naïvement bien inspiré vient servir, plus qu*il s*en doute probablement, la cause de la civilisation : € Makoko, dit son ambassadeur à M. de Brazza, connaît depuis longtemps le grand chef blanc de rOgôwé ; il sait que ses terribles fusils n*ont jamais servi à Tattaque et que la paix et l'abondance accompagnent ses pas. Il me charge de te porter la parole de paix et de guider son ami. » Quant au roi lui-même, voici comment il s'exprima: < Makoko est heureux de recevoir le fils du grand chef blanc de rOccident, dont les actes sont ceux d*un homme sage. Il le reçoit en conséquence et il veut que, lorsquUl quittera ses États, il puisse dire à ceux qui l'ont envoyé, que Makoko sait bien recevoir les blancs, qui viennent chez lui non en guerriers mais en hommes de paix. » Puis, accordant aux Français une concession sur les rives du Congo, le souverain noir mit dans une boite un peu de terre; le grand féticheur la présenta à M. de Brazza en lui disant : € Prends cette terre et porte-la au grand chef des blancs ; elle lui rappellera que nous lui appartenons. » Discours auquel M. de Brazza, plantant son pavillon devant la case de Makoko, répondit : « Voici le signe d'amitié et de protection que je vous laisse. La France est partout où flotte cet emblème de paix et elle fait respecter les droits de tous ceux qui s*en couvrent. » Depuis cotte époque Makoko ne manque pas, matin et soir, de faire hisser et amener le pavillon sur sa case, comme il Tavait vu faire... Quelques jours plus tard un grand palabre réunissait

toutes les tribus oubendji du bassia occidental da Congo, entre Téquateur et les États de Makoko, celles-là même doa: Stanley n'a pu se faire aimer; on vint en un lieu, où des balk$ avaient été échangées avec les blancs de Stanlej ; on fit eo terre un grand trou, puis chaque chef défila : Tnn j jeta ime balle de plomb, l'autre une pierre à feu ; un troisième rida sa poire à poudre ; M. de Brazza et sa suite jetèrent des cartouches, on y planta le tronc d'un arbre et la terre fut remise; alors un des chefs s'approcha et dit : < Nous enterrons la guerre si profondément, que ni nous ni nos enfants ne pourront la déterrer et l'arbre qui poussera ici témoignera de l'alliance entre les blancs et les noirs. » M. de Brazza s'approcha à son tour et dit : « Puisse la paix durer, tant que l'arbre ne produira pas de balles, de cartouches ni de pondre! > Il y a dans Homère bien des scènes qui ne valent pas celle-là.

§ 7. De Brazza et Stanley. — On saisit toute la différence des projets de chacun de ces deux courageux explorateurs si divers à tant de points de vue.

Stanley rêve de suivre la voie du Congo depuis son embouchure ; mais, comme ce fleuve n'est navigable qu'à partir de Stanley-Pool, il faut faire une route de 500 kilomètres le long du Congo entre Stanlcy-Pool et la mer. Or, dans toute cette région, le Congo s'ouvre un passage semé de cataractes à travers un pays extrêmement accidenté, coupé par des chaînes de montagnes de 200 ou 300 mètres, véritables murailles abruptes; les populations riveraines sont partout hostiles; la distance par ce chemin entre l'Atlantique et l'embouchure de TAlima dans le Congo est d'environ 1230 kilomètres; on estime la déj)onso à faire à 200 millions.

De Brazza a émis deux idées : un premier plan consisterait à réunir, par un chemin de fer, l'Alima d'un côté et de l'autre Libreville sur le Gabon. Los marchandises descendraient ainsi du cœur de l'Afrique sur le Congo, jusqu'au point où il reçoit l'Alima; elles remonteraient cette rivière et s'embarque-

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